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Une veillée pour Coralie Delaume, à l’Assemblée nationale

Une veillée pour Coralie Delaume, à l’Assemblée nationale
Façade de l'Assemblée nationale, Paris, juillet 2016. SIPA. 00764551_000001

Henri Guaino et Marcel Gauchet ont échangé à cette occasion sur le souverainisme


Mercredi 16 février, l’association des amis de Coralie Delaume organisait une conférence-débat dans le cadre prestigieux de la salle Colbert à l’Assemblée Nationale. Présidée par David Cayla, l’association compte rendre hommage chaque année à l’écrivaine.

« Blogueuse devenue essayiste, essayiste devenue intellectuelle », rappelait David Desgouilles qui organisait les débats, Coralie Delaume s’était imposée comme une figure du courant souverainiste avant de disparaître en décembre 2020, à l’âge de 44 ans. Dans l’assistance, on a pu reconnaître le prince Joachim Murat et Djordje Kuzmanovic, candidat à l’élection présidentielle avec le parti République souveraine.

Marcel Gauchet, David Desgouilles et Henri Guaino, Paris, 16 février 2022.

Un débat entre Gauchet et Guaino

Pour cette première grande conférence-débat, l’association avait invité Marcel Gauchet, co-auteur en 2017 de Comprendre le malheur français, et Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’époque du traité de Lisbonne – événement qui avait forcément quelque peu crispé la galaxie souverainiste à l’époque… Marcel Gauchet face à Henri Guaino, arbitré par David Desgouilles, ça n’était pas tout à fait Zemmour contre Mélenchon chez Hanouna. La discussion entre deux intervenants qui ne se sont pas distingués par des divergences profondes était de haute volée.

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Les deux invités ont pu développer à leur manière le thème de la souveraineté. Marcel Gauchet a proposé une approche historique et a fait remonter aux années 80 le malheur français, quand la France a fait le choix du socialisme au moment même où le reste de l’Occident optait pour le néo-libéralisme. Rapidement dépassé par les événements, François Mitterrand doit alors se résoudre à suivre les tendances lourdes du monde qui l’entoure. Fin stratège, il utilise le projet irénique européen pour faire entrer la France, sans qu’elle ne s’en rende compte, dans le grand bain du libéralisme et de la mondialisation. S’ensuivent 40 ans de « malheur français », et le développement, en réaction, de « pathologies politiques », pas nommément citées mais que chacun devinera en fonction de son imagination.

Les souverainistes invités à plus de pragmatisme

Henri Guaino a pour sa part récusé l’étiquette de « souverainiste » pour défendre une approche pragmatique, qui permettrait à la France de tirer son épingle du jeu sans avoir à claquer la porte de l’Europe ; à condition de contester la primauté des traités européens sur le droit français. Si la remise en cause par la Pologne de la primauté du droit européen à l’automne dernier a paru si inédite au correspondant du Monde, Henri Guaino a rappelé que des pays généralement bien plus sages n’ont pas hésité par le passé à en faire autant : l’Espagne, lorsqu’il a fallu s’assoir sur l’arrêt de la cour de justice de l’UE pour condamner les députés catalans organisateurs du référendum indépendantiste de 2017 ; et l’Allemagne, dont la Cour constitutionnelle a rappelé la primauté du droit national, comme le montrait Marie-France Garaud en 2010 dans le livre Impostures politiques.

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Un aspect intéressant évoqué par les deux personnalités est le caractère magique qui entoure la construction européenne. Marcel Gauchet veut voir les juges européens comme des haruspices d’un genre nouveau, dont les arrêts sont attendus comme était attendue la lecture du vol des oiseaux par les magistrats romains. « Et encore », nuançait Henri Guaino, quand Jules César débarqua en Afrique et trébucha à terre, il embrassa le sol et dit : « Afrique, enfin je te tiens », signe qu’avec un peu de ruse les mauvais présages pouvaient être contournés. Dans un épisode de Répliques en 2014, chez Alain Finkielkraut et face à BHL (émission que l’on ne peut plus écouter malheureusement sur le site de France Culture), Coralie Delaume avait avancé (je cite de mémoire) qu’entre une grosse part de théologie et une autre grosse part de technocratie, il n’y avait plus de place dans l’Union Européenne pour l’action politique et la pensée stratégique.

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Professeur démissionnaire de l'Education nationale

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