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Lettre ouverte d’un “triste clown” à un mandarin mal élevé

Lettre ouverte d’un “triste clown” à un mandarin mal élevé
Manifestation du 17 juillet pour protester contre le passe sanitaire, suite aux annonces d’Emmanuel Macron et le vaccin obligatoire contre le covid-19 pour certains professionnels, Paris, 17 juillet 2021 ©  ISA HARSIN/SIPA Numéro de reportage  : 01028440_000038

Une réponse au Professeur Gilbert Deray, chef de service à la Pitié-Salpêtrière, qui a écrit dans le Journal du Dimanche que les “anti-vaccins s’imaginent en De Gaulle, [alors qu’] ils ne sont que des tristes clowns”.


Monsieur le professeur Gilbert Deray,

Dans le JDD du 17 juillet 2021, vous adressant à ceux qui manifestent contre le « passe sanitaire » et l’obligation « vaccinale » coercitive ou sournoise, vous n’hésitez pas à écrire un article empli d’invectives, intitulé “Ces anti-vaccins s’imaginent en De Gaulle, ils ne sont que de tristes clowns.”

Qualifiant leurs protestations de propos obscènes, ceux qui protestent de tristes clowns, profiteurs de la guerre, petites personnes, profitant de la misère de la peur et de l’ignorance, minables mais dangereux, clowns grotesques et grossiers, les apostrophant de “vous êtes des criminels et vous avez déjà perdu” vous répétez en conclusion : “Politiciens véreux, médecins sans âme et commerçants de la peur, vous êtes des criminels et vous avez déjà perdu.” Un tel déferlement de haine rappelle les invectives de la presse extrémiste de l’entre-deux-guerres, en moins bien écrit.

J’étais à la manifestation de samedi 17, pour la liberté, organisée, notamment, autant que je sache, par MM. Philippot et Dupont-Aignan, dont je ne partage pas les opinions. Le sujet n’était pour les dizaines de milliers de personnes qui se sont déplacées (et pas quelques milliers, comme écrit l’Obs, avec une pointe de mépris), pas les revendications politiques de ces leaders, mais la liberté. Cette liberté, régulièrement clamée et acclamée par le cortège, cette liberté qui domine la devise républicaine au fronton de nos édifices officiels, cette liberté pour laquelle tant de braves gens ont donné leur vie depuis des millénaires, flamme vacillante, toujours menacée par les gens de pouvoir, toujours renaissante, toujours vivante.

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N’étant plus un jouvenceau – je suis de quelques années votre aîné – je n’avais pas participé à une manifestation depuis un demi-siècle. J’y ai vu une foule calme et déterminée de gens représentatifs de la société française, de tous âges, beaucoup de femmes, de jeunes, des artistes, des bourgeois, des ouvriers, des personnes issues de la diversité, un sympathique couple gay, deux Américaines adorables venues apporter leur soutien, des reporters de profession (pas beaucoup) ou improvisés, des soignants en blouse blanche ou bleue, bref des gens qui n’ont ni appartenance ni allégeance commune et qui se sont unis dans cette marche (trois heures dans la chaleur et pour partie au soleil) pour défendre leur bien le plus précieux : leur liberté.

C’est cette partie de la population, celle qui est attachée à sa liberté, celle qui résiste à la servitude décrétée « pour son bien » par mandarins et énarques, que vous attaquez en termes blessants. Oui, Monsieur le professeur, je me suis senti blessé par vos invectives. L’invective est une violence. L’injure publique (« criminels ») est un délit.

Venons au fond du débat. Il s’agit d’un conflit de valeurs. Ce que, d’ailleurs, tôt ou tard, les plus hautes juridictions devront arbitrer. Quelle valeur doit l’emporter : le droit de l’individu à disposer de son propre corps ou un impératif collectiviste allégué de santé publique ?

Les comparaisons, que vous critiquez, avec des régimes totalitaires ou des crimes passés du pouvoir, sont légitimes, car il est normal que, lorsque le pouvoir s’attaque à une liberté fondamentale, on se réfère à d’autres attaques contre la liberté, historiquement connues.

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Peu importe que les opposants au vaccin obligatoire aient scientifiquement raison ou tort. Bien présomptueux d’ailleurs (ne l’êtes-vous pas un peu ?) celui qui pourrait prédire ce qu’on dira dans dix ou vingt ans du bien – ou mal fondé de cette campagne de « vaccination » à marches forcées.

Ce qui est en cause n’est pas un débat scientifique dans lequel on a entendu tout et le contraire de tout. Un seul exemple : lors du démarrage de la « pandémie » la vérité officielle sur l’origine du virus était qu’une chauve-souris avait mordu un pangolin, après quoi ce mammifère à écailles contaminé avait été boulotté par un chinois vorace, ce qui avait permis le passage du virus à l’homme. Des voix se sont élevées, y compris des plus éminentes pour mettre en doute cette fable en faisant ressortir que l’ADN du virus n’était pas naturel et qu’il s’agissait beaucoup plus probablement d’un accident du fameux laboratoire P4 de Wuhan, dont les protocoles de sécurité n’étaient pas correctement respectés. Le professeur Montagner, prix Nobel de médecine, a été traité de tous les noms et traîné dans la boue pour avoir publié cette hypothèse… qui est aujourd’hui reconnue comme étant vraisemblable.

La science, celle que vous prétendez incarner, c’est celle qui, à côté de découvertes ayant contribué à améliorer le sort des humains, affirmait dans le chef des docteurs de l’Inquisition, que le soleil tournait autour de la Terre et obligeait Galilée à abjurer l’héliocentrisme, c’est, plus près de nous, celle qui, dans le « comité permanent amiante », très officiel et peuplé de quelques éminents universitaires comme vous, affirmait la totale innocuité de ce produit reconnu cancérigène. Votre science c’est aussi les découvertes fabuleuses de Lyssenko en URSS, la psychiatrie soviétique un moment prise en considération par des scientifiques occidentaux, la thalidomide, le Médiator et quelques autres ratages pharmaceutiques homicides.

Alors, de grâce, un peu d’humilité. Ce doute, dont on m’a appris à l’Université que c’était l’âme de l’esprit scientifique, vous le refusez au vulgum pecus que nous sommes. Si nous doutons, nous sommes de tristes clowns. Voilà un propos strictement contraire à l’esprit scientifique.

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Cette « science », contre laquelle il ne faut pas miner la confiance et créer la suspicion et le désordre, est, comme vous le soulignez implicitement, dans le chef de l’immense majorité qui n’est pas en mesure de vérifier les affirmations faites en son nom, du domaine de la croyance. La liberté de croire ou de ne pas croire est au cœur des droits de l’homme. C’est ce que vous entendez stigmatiser et en termes guerriers, éliminer.

Le débat se situe donc à un niveau supérieur qui a apparemment échappé à votre entendement : la liberté de l’individu de ne pas croire ce qu’on lui raconte, y compris, le cas échéant, en se trompant ! Cette foule de braves gens a manifesté plus de sagesse que vous, en posant la seule question qui se pose ici : non celle d’une santé publique collectiviste ayant perdu ses repères, mais celle, fondamentale, de la liberté.   

À une époque où la liberté de disposer de son corps est au cœur de toutes les évolutions, de la PMA à l’avortement en passant par la théorie du genre et l’accompagnement de la fin de vie, le droit de refuser une injection à l’utilité de laquelle il ne croit pas, serait le seul droit – immémorial – sur son corps, que l’individu aurait perdu ?

Votre proclamation, Monsieur le professeur, est une mauvaise action et le triste clown, que je suis, ne vous salue pas.


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est docteur en droit, chef d’entreprises et auteur de l'essai "Le Ve Empire ou la face obscure de l’exception française".

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