Le général publie L’équilibre est un courage. Il y fait le lien entre immigration et « séparatisme », chose que n’osent pas les macronistes


Dans son troisième livre, L’équilibre est un courage, le général Pierre de Villiers propose avec humanité et intelligence des pistes pour recoller les morceaux de la France. On retrouve là tout ce qui caractérise son regard sur le monde : le refus du fatalisme, l’alliance de la réflexion et du concret, la foi en l’homme et en la France. L’équilibre que vise Pierre de Villiers n’est pas un « en même temps » fade et indécis, mais une ligne de crête résolument choisie. Le courage auquel il appelle n’est pas un aveuglement, mais une détermination. « Ce livre est un appel au calme » écrit-il aussi. Mais en est-il encore temps ? Dans ces morceaux de France que le général veut recoller, voit-il bien que certains ne sont plus la France, si tant est qu’ils l’ont un jour été ? Voit-il bien que ceux-là devront être vaincus, peut-être même détruits, avant d’espérer recoller tous les autres ? 

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Faut-il lire L’équilibre est un courage ?  Oui sans hésiter, mais il faudrait le compléter – oserais-je dire l’équilibrer ? – avec l’œuvre d’un autre grand soldat : Contre-insurrection, de David Galula.

Un bon diagnostic

Pierre de Villiers sait voir l’espoir là où beaucoup l’ignorent : il en tire des raisons de choisir, plutôt que la passivité du renoncement ou la brutalité de la rage, l’équilibre courageux de l’action. Il sait tendre la main là où d’autres restent les bras ballants ou brandissent systématiquement le poing. Il est de ces chefs militaires qui savent découvrir des alliés inattendus.

Ne lui reprochons pas de voir l’espoir, ne lui reprochons pas de vouloir retisser les liens déchirés. Mais n’oublions pas qu’il faudra aussi combattre et vaincre…

Mais sa force est sans doute aussi sa faiblesse : soucieux de ne pas laisser passer la chance de gagner un ami, il ne voit pas toujours l’ennemi dissimulé derrière certains sourires de façade, ni l’instrumentalisation qui peut être faite de son humanisme. Devrait-il renoncer à cet humanisme ? Certainement pas ! Seulement l’équilibrer….

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Ainsi, le Général fait un très bon diagnostic des lignes de fracture qui déchirent notre pays (ce qu’il écrit sur les gilets jaunes est remarquable, à la fois dans son analyse et dans ses solutions), mais il sous-estime de toute évidence certaines des forces qui creusent ces lignes. Il rappelle qu’en Libye nous avons gagné la guerre, mais perdu la paix : attention à ne pas vouloir maintenant gagner la paix trop tôt, au risque d’oublier qu’il faut d’abord gagner la guerre, et donc la faire. Bien sûr, Pierre de Villiers lui-même ne risque pas de sombrer dans ce travers ! Mais l’influence aujourd’hui de l’état d’esprit munichois est tel qu’un militaire parlant d’apaisement risque de ne pas être compris comme un appel à anticiper l’après, mais comme un prétexte pour prôner la paix à tout prix.

Soif d’un ordre qui ne soit ni celui des bandes, ni celui des salafistes

Prenons un exemple : les cités. Le général fait une différence intéressante entre « banlieues » et « cités » : « Dans la banlieue, on trouve la mairie, le supermarché, la pharmacie ; la cité est parfois plus le royaume des dealers, qui sont les vrais leaders d’une économie souterraine prépondérante. » Le regard que Pierre de Villiers porte sur les habitants de ces cités est précieux : il parle de rencontres magnifiques, il sait voir la volonté de s’en sortir, le courage d’entreprendre, la soif d’un ordre qui ne soit ni celui des bandes, ni celui d

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