Grâce au Brexit, la France a l’occasion d’accomplir sa mission historique : défendre sa langue au sein de l’Europe. Dans un bel essai, Jean-Michel Delacomptée nous exhorte au réveil linguistique face à l’hégémonie du globish. Paris gagnerait à suivre l’exemple québécois.


Nous l’avons bien noté le 20 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie : la République entend faire du français une priorité en se tournant davantage vers l’Afrique, ce continent qui redonne à notre langue une place enviable pour les générations futures… Fallait-il pour autant que ces annonces solennelles ignorent résolument – et symptomatiquement – la question essentielle sur laquelle le pouvoir politique devrait effectivement peser : celle de la place du français dans l’Union européenne ? Là-dessus pas un mot, pas un engagement. Car il est plus simple de célébrer le développement naturel de la langue par la démographie que de défendre son statut au sein des institutions communautaires et, à travers ce combat, la vision qu’on se fait du monde futur. Ainsi, ce français qui se développe quantitativement se trouve-t-il face à deux destinées possibles : devenir l’une des langues locales qui survivront à l’ombre du tout anglais, ou constituer le fer de lance du plurilinguisme en Europe et dans le monde.

Cause perdue ? Not at all !

On va dire que je m’attache à une cause perdue, que les faits sont là, que l’anglais est devenu la langue internationale, acceptée partout et par tous ; bref, que ma lutte pour le français est une lubie du même genre que celle de la souveraineté dans la société mondialisée. Or, il

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Causeur #57 - Mai 2018

Article extrait du Magazine Causeur

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