Nos médias devraient être contents.

Il n’y a pas eu de « surprise Muharrem Ince ». La Turquie n’a pas « sauté dans l’inconnu ». On se souvient que ces deux expressions s’appliquent en langage médiatique à des situations où les peuples optent pour un changement jugé mauvais et, par conséquent (cette logique est étrange mais c’est celle des journalistes), impossible. Un changement qui ne s’inscrit pas dans la grande et inexorable marche vers le Bien et perturbe donc le sens de l’histoire.

En Turquie, c’est l’inverse. La couverture médiatique de l’élection présidentielle nous avait laissé penser que la « surprise » serait qu’il n’y eût pas de changement.

On en était à se poser des questions comme :


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On ne se demande pas si le principal opposant peut gagner mais si le président qu’on déteste peut perdre. Ce choix de formulation relève de la prophétie autoréalisatrice : on se pose la question parce qu’on voudrait que la question se pose. Il y a quelque chose du « ah si seulement… » dans le choix de l’angle.

Les médias n’ont pas encore compris qu’on ne leur demande pas de lire dans le marc de café ni de se/nous faire croire que la Turquie vit « la fin de l’ère Erdogan » (tout souhaitable que cela fût), quand ce n’est pas vrai !

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Un examen des forces en présence, une présentation rigoureuse de la situation politique en Turquie, c’est déjà très bien. C’est même tout ce que nous attendons d’eux.

Au lieu de cela, les projecteurs étaient braqués sur les opposants à Erdogan, avec une telle insistance que le président turc apparaissait affaibli et impopulaire. Telle est la force de suggestion du discours médiatique : ce qu’on ne voit pas n’existe pas. Si on ne nous montre pas les soutiens d’Erdogan, c’est qu’il…

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