On le mesure comment, le degré de civilisation ou de développement d’un pays ? À l’équilibre de ses comptes ? Au montant de son PIB ? À l’aménagement de son territoire ? À son système éducatif ? À sa politique d’accueil des personnes âgées ? De la petite enfance ?

Une des phrases les plus énervantes, un des lieux communs les plus rebattus à propos de la Dette est qu’il ne faut pas la laisser à nos enfants et que nous vivons à crédit sur leur pauvre petit dos qui n’en pourra mais. Cela a justifié le redécoupage au hachoir sous le précédent quinquennat des cartes médicale, judiciaire, fiscale, postale, policière, scolaire. On ne compte plus le nombre de commissariats, de tribunaux, de perceptions, d’écoles qui ont fermé dans un souci de rationalisation. Seulement, maintenant, on entre dans le dur. Et il y a déjà un enfant qui n’aura pas à supporter le poids de la Dette puisqu’il est mort.

Le 19 octobre, vers midi, sur l’autoroute A-20 qui mène à Brive, une femme a accouché sur la bande d’arrêt d’urgence. Les pompiers ont constaté la mort du nouveau-né à 12h00. La femme venait du Lot, du côté de Figeac. Il n’y a plus qu’une maternité dans le département du Lot, pour 170 000 habitants. Elle se trouve à Cahors. Figeac était plus près de Brive que de Cahors. Pas assez près tout de même, une fois que le gynécologue a constaté qu’il y avait urgence.
Un médecin du cru attribue ce drame au « désert médical » qui s’installe dans certaines zones de France et l’association Que Choisir estime que 3, 7 millions les Français touchés par « la fracture sanitaire ».

Sinon, l’objectif des 3% de déficit est maintenu pour 2013 par le gouvernement. On est bien content.

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