Alors que le Covid s’éloigne et que le président Macron réunit ce vendredi son conseil scientifique pour préparer son allocution de dimanche, un bilan politique peu flatteur désole déjà les Français. Le confinement était une décision lourde de conséquences, mais le pouvoir n’a pas eu d’autre choix. Après la crise sanitaire, l’opposition délétère entre le camp du haut et le monde du bas se confirme.


L’épidémie de covid-19 reflue. Il est trop tôt pour faire le bilan d’une crise qui n’est pas encore derrière nous. Mais déjà, quelques remarques peuvent être formulées.

Quels que soient les pays et les mesures sanitaires adoptées, l’épidémie a connu une évolution comparable. Elle s’est essoufflée au bout de quelques semaines et a diminué bien avant l’obtention de la fameuse « immunité collective », calculée de façon très théorique aux alentours de 60 à 70% de la population. À cela rien d’étonnant : l’immense majorité des épidémies évoluent de cette manière, dépassant rarement un taux de 20 à 30% d’infectés. La raison tient au « polymorphisme phénotypique » de la population, c’est-à-dire à la variété interindividuelle en matière de sensibilité à l’infection. Cette susceptibilité variable d’un individu à l’autre a des causes innées (par exemple le sexe : les hommes sont plus à risque pour le covid que les femmes, l’âge : les enfants sont peu infectés et infectants, ou le groupe sanguin) ou acquises (immunité croisée avec des infections antérieures par d’autres coronavirus, effet protecteur de la nicotine…). Dans le cas du covid-19, le taux de personnes ayant rencontré le virus, donc qui sont désormais immunisées, est très variable d’une région à l’autre. Les 6% d’immunisés à l’échelle du pays se calculent en mélangeant des minimums autour de 1% (dans le Sud-Ouest) et des maximums à près de 20% (Haut-Rhin, Ile-de-France). Notons que le taux de létalité (le nombre de morts par rapport au nombre de contaminés) a été revu à la baisse avec la découverte de nombreux cas peu ou pas symptomatiques. Il serait aux alentours de 0.35% dans notre pays.

Confinement : la pire des décisions à l’exception de toutes les autres

Est-ce à dire que le confinement était inutile ? La réponse est plus nuancée. Elle est à la fois d’ordre pratique, mais aussi et surtout d’ordre psychologique.

Notre jacobinisme idéologue a montré toute son aberration! (…) Le gouvernement a rompu le lien avec les citoyens. Son arrogance, son mépris et sa brutalité lui ont aliéné la confiance du peuple, qui se complait en retour dans des exigences impossibles à satisfaire

Le confinement était « la pire des décisions à l’exception de toutes les autres ». Il a joué son rôle : éviter la catastrophe qu’aurait été l’effondrement du système de santé, submergé par des arrivées massives et concomitantes de malades. Mais ce, au prix de dégâts économiques et sociaux majeurs. Comme l’a dit le président de la République : « quoiqu’il en coûte… » – le coût, effectivement, s’est avéré gigantesque et la facture n’a pas fini de s’alourdir : faillites retardées, augmentation de la pauvreté, explosion du chômage, décrochage scolaire, pathologies psychologiques voire psychiatriques, etc.

On aurait certainement pu faire mieux, et à moindre coût économique et social. Et d’ailleurs, certains pays comparables au nôtre (l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Hongrie, la Tchéquie…) ont effectivement fait mieux. Et même beaucoup mieux ! Ils ont moins de morts et moins de retentissement économique. Leur exemple nous enseigne ce qu’il aurait fallu faire.

Retard à l’allumage

En janvier, l’épidémie faisait rage en Chine. Il fallait reconstituer en urgence les stocks de masques qui avaient été vidés pour des raisons budgétaires par les gouvernements précédents. Et ce, non pas en commandant encore et toujours en Chine (en proie à l’épidémie, elle n’avait d’ailleurs elle-même pas trop de sa propre production qui avait chuté), mais en poussant la filière textile nationale et en encourageant les particuliers à confectionner leurs propres protections. Nul besoin ici de masques FFP2 ; les masques chirurgicaux simples et les masques « artisanaux », sont tout à fait efficaces pour éviter « d’ensemencer » le milieu environnant, notamment par les malades qui s’ignorent. Il fallait aussi acquérir des machines pour les tests PCR et sérologiques, des respirateurs, et augmenter les capacités en réanimation. Au lieu de cela, on a dit « une mystérieuse épidémie touche la Chine… pas étonnant, ce sont des Chinetoques ! », on a glosé sur la fausse alerte de l’épidémie H1N1 de 2009, qui était resté cantonnée en Asie, et on s’est croisé les bras.

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En février, quand l’épidémie s’est propagée de Chine en Italie, tous les doutes étaient levés. On savait dès lors que la France allait être touchée. Il fallait fermer les frontières, annuler les grands rassemblements (y compris les élections municipales), imposer les « gestes barrière », rendre le masque obligatoire dans l’espace public, organiser les tests systématiques et l’isolem

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