Si la nécessité de contextualiser le Coran existe, elle ne doit en aucun cas servir à justifier certains passages.


ASSEZ ! Assez d’hypocrisie, assez de mensonges, assez de déni ! Après chaque attentat, ce sont les mêmes débats, les mêmes échanges, arguments et contre-arguments, comme des passes d’armes ritualisées dans un film de cape et d’épée. Entre le refus d’admettre la responsabilité de l’islam, les mauvaises excuses, et les réponses presque automatiques à toute critique de cette religion.

Certains nous expliquent pompeusement que des fanatiques tuant au nom de l’islam en hurlant « Allahu Akbar » n’auraient rien à voir avec l’islam – mais, étrangement, les mêmes nous expliquent aussi que ces fanatiques ne feraient que réagir aux « provocations contre l’islam », alors qu’on saisit mal comment quelqu’un pourrait réagir à des provocations envers une chose avec laquelle il n’aurait rien à voir.

Ceux qui affirment que pour mettre fin au jihadisme il faudrait arrêter de « provoquer » les musulmans ne valent pas mieux que ceux qui disent d’une femme violée qu’elle l’a « bien cherché » parce que sa jupe, son décolleté ou son attitude était « provocants ». Aux yeux de la bien-pensance, tout comme on ne saurait reprocher à un moustique d’être attiré par la lumière, on ne saurait reprocher à un musulman de répondre par la violence et la haine à un dessin de son prophète. C’est que, comprenez-vous, pour la doxa de gauche les musulmans ne sont pas tout à fait dotés de libre-arbitre, ils ne sont pas tout à fait humains….

Il y a aussi ceux qui affirment que tout ne serait que la résultante de conditions socio-économiques : trop peu de milliards auraient été injectés dans les multiples « plans banlieues », il n’y aurait pas assez de services publics dans ces quartiers où les agents de ces services sont systématiquement agressés et où même les pompiers se font caillasser, et ainsi de suite. Pour eux, ce ne sont pas les musulmans qui seraient dépourvus de libre-arbitre, mais les « classes populaires ». Ou les « minorités » : nouveau critère à la mode pour tout expliquer à partir du double postulat que les Blancs sont méchants par nature mais néanmoins coupables de l’être, alors que les « racisés » sont nécessairement innocents et le restent quoi qu’ils fassent car ils ne sont jamais vraiment responsables de leurs actes. Un peu comme d’éternels enfants, ou des animaux insuffisamment évolués…. Oui, l’indigénisme est un racisme infâme.

Aux adeptes du « tout sociologique », il est bon de rappeler le travail remarquable de Gabriel Martinez-Gros. Historien, spécialiste d’Ibn Khaldoun et d’Al Andalus, voici ce qu’il écrit :

« Ce choix de l’islam, effectué par des millions de militants dans le monde, n’est ni fortuit ni superficiel. Tout étudiant en sciences humaines sait – ou devrait savoir – qu’il est impossible d’analyser un phénomène – ethnologique, sociologique, historique – hors des mots dans lequels il se donne. Imagine-t-on d’analyser le nazisme comme on prétend aujourd’hui analyser le djihadisme, en détachant sa « base sociale » de son « propos idéologique » ? On en conclurait que les nazis furent des ouvriers malchanceux, des petits commerçants ruinés par la crise, des intellectuels au chômage, des ratés du système capitaliste…. La guerre mondiale, la hiérarchie des races, l’extermination des juifs? Simple habillage infantile d’une violence de deshérités…. »

Et il dénonce l’aveuglement de « la gauche en particulier, qui ne veut voir que problèmes sociaux là où éclate l’évidence d’un choix politique » et de ces états qui « ne permettent à personne d’imaginer que les « barbares » de leurs banlieues sont autre chose que des civilisés potentiels, malheureux d’être privés des bénéfices de la civilisation. Un délinquant, surtout s’il est jeune, a dû manquer d’affection, d’école, de soin, de théâtre, d’art, de salle de sport…. de mille autre choses sans doute à condition qu’on les fasse précéder du verbe « manquer ». »

Il y a, enfin, ceux qui utilisent en boucle des réponses devenues rituelles à toute critique de l’islam et de sa doctrine, notamment telle qu’elle est exposée dans le Coran. Vous les connaissez sûrement : il faut contextualiser ; le Coran serait intraduisible ; l’indémodable « cépaçalislam » ; les musulmans seraient l’équivalent moderne de ce qu’étaient les juifs dans les années 30 ; la fameuse « islamophobie d’état française » ; « oui mais les autres religions » souvent accompagné de « oui mais dans la Bible » et « vous ne critiquez que l’islam » ; et enfin l’invocation de la liberté de culte comme vision totalement dévoyée de la laïcité.

A ces sept mensonges, je répondrai par sept rectifications : sept articles. Plus deux. D’abord cette introduction, bien sûr, puis une conclusion qui je l’espère appuiera encore plus fort là où ça fait le plus mal.

Lorsque vous évoquez le caractère moralement inacceptable de certains versets du Coran, vous êtes à peu près sûr que rapidement un défenseur autoproclamé de la religion musulmane s’invitera dans le débat pour sortir de sa manche ce qu’il croit être un joker absolu : il faut CON-TEX-TU-A-LI-SER ! Et il vous le dira sur le ton pontifiant de celui qui s’imagine avoir tout compris. Pensez donc : vous n’avez étudié que quelques milliers de pages de travaux historiques et théologiques, rencontré des dizaines d’imams, de croyants, d’apostats, mais lui, qui a écouté une conférence de Tariq Ramadan et lu au moins trois fils twitter sur le sujet, il sait.

Contextualis

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