Nul n’ignore que les Chewbacca sont des audacieux. Certains partent à l’aventure dans toute la galaxie, aident Obi-Wan Kenobi et Han Solo à repousser les troupes de l’Empire ou combattent les stormtroopers sur Hoth et Jabba le Hutt dans sa motte. D’autres désirent skier en Australie, au mois d’août.

Les « Chewie », de leur petit nom, ont bien des carreaux à leur arbalète. Quand ils ne rendent pas justice aux margoulins de l’univers, ils entretiennent leur forme physique sur les pistes. Ou du moins, essayent-ils. Un « Australian snowboarder », deux qualités assez compromettantes pour l’humanité (la plus contemporaine exclue), a tenté d’entrer sur la station de Thredbo.

« Agression à l’aide d’une arme et l’intention de commettre un crime. »

En état de légitime défonce, notre Chewbacca d’Australie, Keith Melvyn Wass, est apparu sur la piste déguisé comme la bête curieuse de Star Wars. (Dark) Jordan Rogers, le propriétaire de la piste ne l’a pas laissé faire. Pris à rebrousse-poil par cet impérieux refus, Chewbacca aurait sorti les griffes et frappé l’homme avec son snowboard et la force qui était avec lui. Innovation de la phraséologie journalistique, il a aussi, selon le Daily Telegraph, « reconnu les faits », non pas en garde à vue mais « sur son compte Facebook. » Avec lucidité, il admet que « faire du snowboard en Chewbacca, c’est difficile. »

On le croit sur parole. Mais qui ne tente rien n’a rien. Et en la circonstance, l’homme n’a pas perdu sa journée ; ayant obtenu  une mise en examen « pour agression à l’aide d’une arme et l’intention de commettre un crime. » Il ne peut non plus s’approcher de la station à moins de 15 km.

Membre de « l’Eglise parodique du Monstre en spaghetti volant »

Evidemment, et Donald Trump nous l’a magistralement rappelé, la violence d’où qu’elle vienne n’est jamais acceptable. Mais on ignore ce qui a provoqué cette flambée de haine Chewbaccophobe sur les pistes. Bon et courageux, le Chewbacca n’a que des qualités. Il endure toujours moult risques pour protéger ses amis.

En plus, celui-ci n’est pas bigot pour un sou. Le Chewbacca Keith Melvyn Wass est membre de « l’Eglise parodique du Monstre en spaghetti volant » ; une confession branquignole cherchant à nier par l’absurde la valeur scientifique des théories créationnistes. Elle opère par un mode de dérision rationaliste et induit que croire en la Genèse revient à donner foi au dessein intelligent d’un plat de nouilles.