Retrouvez la première partie de l’entretien ici.

Votre analyse du phénomène migratoire semble dénuée de toute passion, surtout mauvaise. Mais la conclusion implacable est que si nous accueillons plus vite que nous intégrons ça ne peut pas marcher. Pourquoi nos élites peinent-elles tant à comprendre ce phénomène ?

Leur cadre intellectuel spontané le leur interdit. Pour elles, il est simplement inconcevable que l’immigration pose un problème. À leurs yeux, seuls les individus existent. Dès lors, les cultures, considérées comme une réalité qui précède les individus et s’impose à eux, relèvent de l’impensable. C’est cette logique qui conduit à sous-estimer la complexité du processus culturel que suppose l’intégration, c’est-à-dire l’adoption d’une autre société que celle dont on vient. Notre société s’étant convertie à la religion des droits illimités de l’individu, nous voilà désarmés. La pression sociale très forte qu’on appliquait aussi bien aux petits Bretons qu’aux petits Polonais est en effet devenue un symbole d’autoritarisme insupportable. Au point que les nouveaux venus sont désormais supposés s’intégrer automatiquement en fonction d’un credo élémentaire : « Chacun selon sa liberté et chacun selon son intérêt. »

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