Paris se préoccupe plus de la disparition d’Autolib’ que d’événements autrement plus importants et dramatiques. Dans le journalisme, la loi du kilomètre règne plus que jamais.


 

Ah, le parisianisme médiatique… Dans le jargon journalistique, la loi du « mort kilométrique » désigne le fait, pour le récepteur d’une information, de se sentir plus concerné par celle-ci lorsque l’événement rapporté est géographiquement proche de lui. Nous sommes plus fortement touchés par le décès d’une seule personne, s’il a lieu près de chez nous, que par la mort de plusieurs dizaines de personnes dans un pays lointain.

Plus exactement, comme l’a montré une expérience dont les résultats ont été publiés en 2000 par une équipe de chercheurs que dirigeait le psychologue Jacques-Philippe Leyens, les émotions suscitées ne sont pas les mêmes selon que le mort est proche ou lointain : dans les deux cas, on éprouve de la tristesse et de la colère; mais le chagrin et la culpabilité se manifestent uniquement quand le drame est géographiquement proche du récepteur de l’information.

Or, l’intensité et la nature de l’impact émotionnel influent sur la hiérarchisation de l’information : les journalistes accordent moins de place à une information dramatique qui aurait lieu loin de la France, qu’à des événements mineurs survenus sur le territoire national.

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