Pendant de longues années, Damas a abrité le siège logistique du Hamas en exil. Depuis l’exfiltration de Khaled Mechaal de Jordanie, où il avait échappé in extremis à une tentative d’empoisonnement du Mossad, le terroriste en chef palestinien coulait en effet des jours heureux dans la capitale syrienne. Jusqu’au jour où la révolte grondant, comprenant que la répression massive syrienne n’était pas en odeur de sainteté dans le monde arabo-musulman, Mechaal a décidé de prendre la tangente et de quitter Damas pour une destination plus paisible du Golfe, cette partie du monde arabe où l’on pratique l’esclavagisme moderne contre les travailleurs étrangers mais où l’on ne se révolte pas, manne pétrolière aidant. L’an dernier, son acolyte gazaoui Ismaël Haniyeh avait officiellement condamné l’écrasement de l’insurrection syrienne et ainsi fait voler en éclats l’axe Hamas-Hezbollah, le mouvement chiite libanais de Hassan Nasrallah soutenant indéfectiblement son parrain syrien, sous l’œil bienveillant du grand frère iranien. Dans le même temps, Mechaal s’est rapproché du président égyptien Morsi, issu comme lui de la confrérie des Frères Musulmans.

Un juste retour des choses, diront certains. Il est vrai que l’alliance des chiites pro iraniens et des surgeons palestiniens des Frères avait quelque chose de stratégiquement et théologiquement contre nature.

Aujourd’hui, alors que les insurgés syriens essuient un nouveau revers à Alep, les propagandistes pro Bachar officialisent l’excommunication de Khaled Mechaal, ancien héraut de la « résistance » palestinienne soudainement devenu un traître à la cause arabe (le baathisme a ses raisons que la raison ignore…). Sous la plume assassine d’un certain Nasser Qandil, on lit un portrait au vitriol de Khaled Mechaal sur la page Facebook de Bachar Al-Assad : « ingrat », supplétif de l’axe « Oman-Doha-Ankara-Washington-Israël », parlant de l’Oumma islamique pour « prêter allégeance à l’Empire ottoman et non au Messager de Dieu ». Ne manquent plus que les classiques accusations de pédophilie et de racisme pour incarner un Méphistophélès fait homme.

Ah, on me signale que le chef du Hamas, actuellement sur le départ, aurait des litres de sang israélien sur les mains. Bizarrement, cela n’apparaît pas dans sa notice biographique made in Damascus…

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