Sunzi dit :

On ne peut pas ne pas étudier sérieusement la guerre, parce que c’est une grande affaire d’État dont dépendent la survie de l’armée et l’existence de l’État.

(L’art de la guerre)

Nous sommes en guerre, martèle Macron à qui veut l’entendre et même à ceux qui n’en veulent rien savoir. Et les médias de se joindre à ce chœur belliqueux : gros plans sur les hélicoptères de l’armée et ses avions pour transborder les malades d’un point à un autre du territoire dans les hôpitaux où il y a encore un peu de place. Un déploiement impressionnant.

Nous sommes en guerre, et l’on ne cesse d’applaudir ces nouveaux héros que sont les soignants. Héros qui n’en demandaient pas tant, mais insistaient depuis 1990 pour que nos gestionnaires de tout poil cessent de démolir les hôpitaux et que le Président actuel rompe cette politique désastreuse comme il s’y était engagé.

Nous sommes en guerre, mais à ces nouveaux soldats que sont les soignants, mobilisés pour s’en aller risquer de mourir au front, on ajoute les vieux, sacrifiés par avance par manque de moyens comme dans les EHPAD aux soignants aussi rares que décimés. Bas les masques : nous sommes en guerre sans plus d’armes que la mobilisation de tout un chacun pour pallier le manque criant de prévisions. 

Nous sommes en guerre, mais le covid, si bien nommé, plonge la nation dans un vide sans limite où toute loi vacille. Ce n’est pas l’usage imposé et rendu incontournable d’internet qui nous sauvera de ce qui se perd corps et bien de toute tradition, sans égard pour ceux qui sont démunis de ces technologies manipulatrices.

Nous sommes en guerre, et loin de faire l’unanimité, le chacun pour soi pointe son visage grimaçant. Et ceux qui luttent désarmés sont trop souvent agressés, détroussés, exclus par leur voisinage comme certaines infirmières qui se voient refuser l’accès à leur logement par crainte de contamination. Et maintenant les pharmaciens auxquels on vient réclamer les masques qu’ils n’ont pas.

Nous sommes en guerre, et la mafia plus libre que jamais en fait son beurre sans qu’une police épuisée et mal équipée puisse intervenir. Les territoires perdus de la République préfigurent les réserves intouchables de la pandémie. 

Non, nous ne sommes pas en guerre car nous n’avons d’autre ennemi que le déni, par les gouvernements qui se sont succédé, de ce qui est vital pour une nation: le maintien d’une production nationale, de son agriculture, et des services publics qui accompagnent chaque citoyen et font vivre pour tous le lien social.

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