A la tribune mercredi soir, le leader de LFI s’est amusé devant ses soutiens des polémiques qu’il suscite dans le pays avec ses allusions répétées à la « Nouvelle France », aux « racisés » ou à la créolisation. « Vous avez vu les histoires que je me suis faites avec des réacs en leur disant Ah ben oui, la basilique Saint-Denis, pas moyen de la faire si vous n’aviez pas demandé aux musulmans comment on fait. Ils se sont tous mis à hurler » a-t-il notamment avancé. « Ils ont le front de venir me dire que c’est les Goths qui ont inventé les arcs brisés. Ça ne va pas, les Goths ils étaient juste capables de briser les arcs et c’est tout. (…) Il a bien fallu un jour qu’un, ou une, se mette debout sur ses pattes, à l’autre bout du continent africain, pour qu’à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins, tout blancs, tout moches que vous êtes. »
Pour que sa candidature à l’élection présidentielle soit dûment validée, M. Mélenchon, comme tous les autres candidats, devra être en mesure de se prévaloir du parrainage de cinq-cents élus. Telle est la loi adoptée en 1962, visant à éviter – ou tout au moins limiter – les candidatures trop manifestement fantaisistes.
Selon cette loi, sont habilités à parrainer un candidat un certain nombre d’élus dont les députés, les sénateurs, les maires, les présidents des communautés urbaines, d’agglomération, de communautés de communes, etc…
Nous ne nous abaisserons pas ici à faire le décompte de la proportion parmi eux des « tout blancs, tout moches » et de ceux qui, selon la doctrine mélenchonienne pourraient être classés dans la catégorie toute nouvelle des « tout beaux parce que pas tout blancs ».
S’en trouvera-t-il cinq cents, de ces « tout moches », le moment venu pour oublier et glisser sous le tapis l’avalanche de monstruosités, de mensonges, d’injures, de menaces proférés par le potentiel candidat Mélenchon ces derniers mois, ces dernières années, et, toute honte bue, toute dignité balancée à la poubelle, lui apporter leur soutien ?
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Soutiens qui, convient-il de rappeler, obéissent à certaines règles. Ils doivent émaner d’élus d’au moins trente départements ou collectivités d’outre-mer différents, sans que leur nombre dépasse 10% (soit 50 parrainages) pour un même département ou une même collectivité. De plus, chaque élu ne peut parrainer qu’un seul candidat, et son choix est irrévocable. Non seulement irrévocable mais rendu public. Autrement dit, l’élu soutenant, par exemple M. Mélenchon, aura à assumer ce choix devant ses électeurs, auprès des citoyens. Cela non seulement au moment des élections, mais fort longtemps après. Les soutiens sont rendus publics au fur et à mesure de la réception des parrainages et la liste définitive de ces parrainages – avec nom, prénom et qualité des élus – est publiée dans son intégralité huit jours au moins avant le premier tour du scrutin sur le site du Conseil constitutionnel et au Journal officiel.
Sauf à imaginer que M. Mélenchon puisse obtenir le parrainage de cinq-cents élus créolisés – son rêve éveillé, il est vrai – il lui faudra bien se résigner à aller séduire une bonne palanquée de « tout Blancs, tout moches ».
Et c’est alors que le pays, les citoyens, les électeurs, auront la joie sans pareille de débusquer qui, parmi leurs élus, est soumis à l’Insoumis en chef au point d’accepter de s’abaisser à faire fi des crachats, des insultes reçus, des ignominies et mensonges proférés, comme on l’a constaté encore récemment lors du lynchage du jeune Quentin Deranque.
Non seulement en faire fi, mais, à la vérité, en redemander.
Aussi, se prend-on à espérer quelque chose comme une conjuration des cinq-cents, une fronde, un front du refus. Refus du parrainage anti-blanc, anti-civilisation française, anti-France pour tout dire. Voilà qui constituerait, selon moi, ce qu’on pourrait qualifier à juste titre d’acte de résistance. Pour de bon.





