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6 janvier: ce que les médias américains ne vous diront jamais

6 janvier: ce que les médias américains ne vous diront jamais
Le Capitole à Washington © Brendan Smialowski / AFP

Un an après l’attaque honteuse du Capitole, le parti Démocrate fait feu de tout bois pour accabler Trump et le camp républicain. Pourtant, les dégâts générés par les antifas ou le mouvement Black Lives Matter – soutenu par certains démocrates – sont bien plus importants.


Il y a un an, le grand rassemblement de Donald Trump du 6 janvier 2021 se terminait par l’attaque et la profanation du Capitole, au cœur de la capitale américaine. Nous avons tous vu dans les médias les images effrayantes et scandaleuses de cet événement. Ce jour a choqué tout le pays, mais je peux dire en tant que Républicain que le choc était particulièrement brutal pour les Républicains. C’est la dernière chose que les partisans de Trump voulaient voir. Les auteurs de ces violences devraient en porter la pleine responsabilité et être punis avec toute la force de la loi. Je n’ai pas entendu un seul politicien républicain, un seul commentateur politique républicain ou un seul Républicain patriote soutenir la violation de la capitale. Ces actes de violence sont contraires aux principes de protestation pacifique adoptés par les Républicains et le mouvement MAGA. Par conséquent, les Républicains sont amenés à remettre en question le récit médiatique des événements et de leurs conséquences pour la politique aux États-Unis.

La gauche du Parti démocrate et les médias qui la soutiennent ne cessent de qualifier l’intrusion dans le Capitole d’« insurrection », de tentative de « coup d’État » par de violents terroristes domestiques, autrement dit des suprémacistes blancs supporteurs de Trump. Ils parlent de la plus grande attaque contre notre démocratie depuis la guerre de Sécession, pire que Pearl Harbor ou que le 11 septembre (une insulte aux 3000 personnes qui ont perdu la vie dans les deux tours). Et ils accusent Donald Trump lui-même de l’avoir incitée et soutenue.

Il ne s’agit pas de minimiser l’inacceptable effraction violente du Capitole mais de souligner l’hypocrisie flagrante de la gauche, ses mensonges odieux et ses exagérations à propos du 6 janvier

Mais si cette rhétorique hystérique et hyperbolique était vraie, pourquoi la gauche a-t-elle jugé nécessaire de mentir autant sur ce qui s’est passé ou ne s’est pas passé ? Oui, Trump a tenu un meeting à proximité du Capitole le 6 janvier avec des milliers de partisans, alors que la session conjointe du Congrès était prête à confirmer les résultats de l’élection. L’objectif de ce rassemblement était de convaincre les Républicains du Congrès de se joindre aux Républicains qui avaient prévu de contester la certification des résultats dans certains États qui étaient potentiellement basés sur des votes frauduleux. Cela permettrait de forcer au moins une discussion et un débat au sein du Congrès, ce qui est légal selon la Constitution. Ce que les médias ne vous diront pas, c’est que de nombreux Démocrates ont également contesté les résultats des élections présidentielles passées, y compris celle de 2016 où Trump a battu Hillary Clinton. L’opposition des Démocrates étaient basée sur les accusations – que l’on sait maintenant fausses –  selon lesquelles Trump aurait volé l’élection grâce à une prétendue connivence avec la Russie. Un mensonge que les Démocrates ont maintenu pendant toute la présidence de Trump et jusqu’à aujourd’hui. L’objectif de Trump était donc simplement de montrer aux Républicains du Congrès combien il était soutenu par le peuple américain. Toute violence visant à perturber le processus du 6 janvier ne servait pas du tout ses intérêts. Il est prouvé que Trump a appelé ses partisans à marcher « pacifiquement et patriotiquement » vers le Capitole. Pourtant, il y a eu des violences qui ont bien perturbé le processus. Après que Trump a demandé à tous les émeutiers de quitter le Capitole et que les sénateurs et les membres du Congrès sont revenus, ces derniers ont immédiatement demandé une certification des votes de tous les États, sans discussion. Biden a été confirmé.

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Comme la plupart des Républicains, je suis de l’avis que Trump n’est pas intervenu assez rapidement et avec assez de force, pour demander aux émeutiers de cesser. Mais ses détracteurs vont jusqu’à répandre un mensonge à ce sujet. Liz Cheney, représentante républicaine pour le Wyoming, opposée à Trump, est la vice-présidente de la commission d’enquête sur les événements du 6 janvier. Elle prétend que Trump est resté sans faire de déclaration pendant 187 minutes (plus de trois heures), tandis que les événements se déroulaient au Capitole. Les médias ne vous diront pas que c’est un mensonge et que les faits le prouvent. La chronologie des événements montre clairement que la première déclaration de Trump enjoignant à ses supporteurs de « rester pacifique et soutenir notre police », a été faite sur Twitter 23 minutes après l’effraction initiale. Il a envoyé un deuxième tweet 35 minutes plus tard. Après une heure, il a envoyé un message vidéo demandant à tout le monde de partir. Cela fait deux déclarations et un message vidéo en deux heures.

Pas un renversement de gouvernement, plutôt une protestation désorganisée

Les médias vous ont dit que des milliers de Républicains armés et organisés ont envahi le Capitole pour tuer des politiciens et renverser le gouvernement. Les médias ne vous diront pas qu’il s’agissait en fait de centaines de patriotes frustrés qui sont entrés bêtement dans le Capitole, en suivant un groupe d’instigateurs violents. Aucun des manifestants n’a été trouvé avec une arme à feu sur sa personne. De nombreux témoins disent même que certains policiers auraient ouvert les portes de l’intérieur pour laisser entrer les manifestants, comme on peut le voir dans de nombreuses vidéos où la police escortait en fait les manifestants dans les couloirs.

Ashli Babbitt a été abattue dans le Capitole. Image: Twitter.

Cinq personnes tuées, mais pas par des Républicains

Les médias vous ont ensuite dit que des émeutiers républicains avaient provoqué la mort de cinq personnes. Ils vous ont dit que l’une de ces cinq personnes était un agent de la police du Capitole qui a été attaqué par la foule et battu à l’aide d’un extincteur. La vérité est sortie bien plus tard : il n’y a jamais eu d’attaque avec un extincteur et le policier est décédé le lendemain de causes naturelles, ce qui a été confirmé par sa famille. Trois des quatre autres décès concernaient des partisans de Trump qui sont également morts de causes naturelles, comme des crises cardiaques. La cinquième et dernière personne était également une partisane de Trump, la seule victime abattue ce jour-là, et par un officier de police du Capitole. Une ancienne combattante de l’Armée de l’air, elle s’appelait Ashli Babbitt. Elle n’était pas armée et était vêtue d’un drapeau américain. Le policier n’a jamais été reconnu coupable d’un crime. 

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Très malavisés, les supporteurs Républicains qui ont décidé de suivre les instigateurs du crime ont pris une mauvaise décision ; ils n’auraient pas dû se trouver à l’intérieur du Capitole, mais ils n’essayaient pas de renverser le gouvernement et Ashli Babbitt ne méritait pas d’être abattue de sang-froid.

Les Américains ont besoin d’une enquête et de réponses honnêtes

Au cours de l’année écoulée, de nombreuses enquêtes (principalement menées par des Républicains), accompagnées de vidéos et de déclarations de témoins ont maintenu que certains des principaux instigateurs (pas tous) étaient des imposteurs anti-Trump qui se faisaient passer pour des supporters MAGA. Les vidéos en question sont facilement accessibles sur des sites web de droite. Apparemment, les instigateurs filmés n’auraient jamais été arrêtés par le FBI. Je n’affirme pas qu’il s’agissait d’imposteurs anti-Trump, mais le peuple américain mérite des réponses aux questions suivantes : qui étaient vraiment les instigateurs de l’effraction ; pourquoi a-t-on dit aux policiers de se retirer et de ne pas l’empêcher ; et pourquoi la Garde Nationale n’était-elle pas en place pour soutenir la police ?  Toute personne qui soulève ces questions est immédiatement dénoncée comme un dangereux complotiste d’extrême droite.

725 arrestations, aucune pour sédition

Selon le site officiel du ministère de la Justice (DOJ), 725 personnes ont été arrêtées et inculpées dans le cadre de l’effraction du Capitole. Cela a nécessité une chasse à l’homme massive dans les 50 États par le FBI, car une attaque contre un bâtiment fédéral est considérée comme un crime fédéral. Alors que plus de 600 personnes ont été accusées de simple intrusion, selon le site Web du DOJ, « au moins 225 prévenus ont également été accusés d’agression, de résistance ou d’entrave à des officiers des forces de l’ordre, environ 10 personnes ont été arrêtées pour avoir agressé un membre des médias ou détruit leur équipement, et au moins 275 prévenus ont été accusés d’obstruction, ou de tentative d’obstruction, d’une procédure officielle dans une intention malicieuse. » 

Un petit détail : pas une seule personne n’a été accusée de sédition, d’avoir cherché à renverser le gouvernement ! À ce jour, seuls 70 prévenus ont été condamnés à des peines d’un maximum de cinq ans. Les accusations les plus graves d’obstruction sont passibles de peines maximales allant jusqu’à 20 ans de prison.

Aucune comparaison avec les dégâts et les décès provoqués par Black Lives Matter et les antifa en 2020

Suite à l’attaque du Capitole, il y aura des centaines de procès en 2022 et certainement jusqu’en 2024. Pourtant, les trois mois d’émeutes en 2020 provoquées par Black Lives Matter et les antifa ont vu commettre des crimes comparables et même pires, mais leurs auteurs ont souvent été libérés sous caution grâce à des fonds auxquels des politiciens démocrates ont contribué, y compris la vice-présidente, Kamala Harris. Pendant trois mois, BLM et les antifa sont à l’origine de près de 570 émeutes violentes, dans 220 lieux aux États-Unis, provoquant la mort de plus de 30 citoyens américains dont au moins un policier en retraite et blessant plus que 2000 autres agents. En termes de dommages matériels, le Capitole a vu 1,5 million de dollars de dégâts, tandis que les émeutes BLM/antifa sont responsables de dégâts valant 2 milliards de dollars (les émeutes les plus coûteuses de l’histoire des États-Unis, selon une étude de l’université de Princeton). Parmi ces émeutes BLM/antifa, une attaque soutenue de quatre mois contre un bâtiment fédéral à Portland, dans l’Oregon. Le palais de justice fédéral a été incendié et endommagé. Comme l’attaque du Capitole, ne s’agit-il pas d’un crime fédéral ? Lorsque le gouverneur démocrate a finalement autorisé Trump à envoyer la Garde nationale, les émeutiers ont tenté de mettre le feu au bâtiment alors que la Garde était encore à l’intérieur. Les politiciens démocrates ont critiqué la Garde nationale et l’ont comparée aux « Sturmtruppen » nazis.  Jamais, pendant les trois ou quatre mois d’émeutes contre des Américains ordinaires et un tribunal fédéral, les Démocrates n’ont dit que notre démocratie était attaquée. Avec les médias qui les soutiennent, ils ont répété le mensonge selon lequel il s’agissait principalement de « protestations pacifiques ». Il ne s’agit pas de minimiser l’inacceptable effraction violente du Capitole mais de souligner l’hypocrisie flagrante de la gauche, ses mensonges odieux et ses exagérations à propos du 6 janvier.

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Un comité politiquement biaisé s’apprête à dénoncer les Républicains comme des « insurgés »

Nous attendons donc maintenant le rapport de la commission spéciale de la Chambre des représentants sur l’« insurrection » du 6 janvier, dirigée par des démocrates. Comme la plupart des Américains, je serais heureux de voir une enquête vraiment bipartisane, transparente et approfondie sur les événements du 6 janvier. Malheureusement, dans le contexte actuel de polarisation politique du Congrès, ce n’est pas possible. La commission spéciale est orientée politiquement contre Trump et les Républicains. Son verdict est prédéterminé, son objectif étant de condamner Trump (une fois de plus) et d’essayer de le mettre en prison. Lorsque la commission a été constituée en juin 2021, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, devait choisir huit Démocrates et le leader de la minorité républicaine, Kevin McCarthy, cinq Républicains. Lorsque McCarthy a soumis ses cinq noms, Pelosi a pris la mesure sans précédent d’en refuser deux qui étaient des partisans déclarés de Trump. Elle les a refusés pour avoir diffusé de prétendues « fausses informations », car bien sûr, seule Nancy Pelosi est l’arbitre de la vérité. En fait, elle a refusé tout Républicain qui, selon elle, ne serait pas d’accord avec les conclusions des démocrates.

Washington, le 6 janvier 2020 © Julio Cortez/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22527680_000006

McCarthy a donc retiré les cinq républicains en signe de protestation en disant qu’il ne voulait pas faire partie d’une commission politique bidon. Pelosi a ensuite pris une autre mesure sans précédent en demandant à deux Républicains notoirement anti-Trump, Lynn Cheney et Adam Kinzinger de rejoindre la commission, afin de pouvoir la qualifier de « bipartisane ». Cheney et Kinzinger ont tous deux voté pour la destitution de Trump. Ils ont naturellement accepté et Cheney a même été nommé vice-présidente. Tous deux ont été mis à l’écart par le Parti républicain dans son ensemble et surtout dans leurs États respectifs. McCarthy a promis de mener sa propre enquête en parallèle. Malheureusement, il reste de nombreuses questions qui n’ont pas reçu de réponses honnêtes et transparentes. Les démocrates continueront à qualifier tous les partisans de Trump d’« insurrectionnels » pour tenter de détourner l’attention générale des échecs de l’administration Biden/Harris.

Mais aucune propagande politique, aucune commission bidon, aucun mensonge médiatique ne pourra jamais masquer les dysfonctionnements d’une telle administration.


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