Le docteur Sanchez a prévenu les membres de la famille que les soins allaient être arrêtés ce mardi 2 juillet. Je n’espère plus que la vie de Vincent Lambert soit sauvée mais…


J’ai compris qu’il fallait que cet homme meure, que l’Etat, la médecine et une partie de ses proches le voulaient. Ils ont gagné.

Un autre point de vue : Il faut soutenir Rachel Lambert!

Mais de grâce, par pitié, par humanité, si vous tenez à ce point à ce qu’il meure, ayez au moins le courage de le tuer rapidement et proprement. Faites un acte positif, au lieu de vous cacher derrière un « Nous on ne fait rien, on arrête juste de faire » ; en l’occurrence l’hydrater et l’alimenter par sonde, puisque cet homme, coupable d’être handicapé tétraplégique depuis un accident de voiture en septembre 2008, n’est plus en mesure de le faire lui-même.

Un légume, vraiment ?

Un aréopage d’experts médicaux nous a expliqué, ces derniers temps, qu’ils savaient, qu’ils étaient sûrs que cet homme ne ressentait plus rien, aucune pensée, rien. Le vide. Pas plus qu’un légume. Ils ont probablement sondé son âme, une première dans l’histoire de l’humanité. Ces experts médicaux disposent du savoir absolu, et nous l’ignorions. Jusqu’à eux, il était convenu de considérer que le savoir, en médecine comme dans les autres domaines scientifiques, était relatif. C’était un processus qui avançait, toujours plus riche, plus précis, plus efficace, mais toujours limité aux connaissances du temps, du moment. Maintenant on sait absolument, et on affirme absolument. On peut s’en féliciter, ou peut-être trouver cela terrifiant… Il ne s’agit pas ici de dire que ces experts médicaux ne savent rien. Ils savent beaucoup de choses, énormément de choses, et c’est bien. Mais ils ne disposent que d’un savoir relatif. Pas d’un savoir absolu.

Du même auteur : Personne ne sait ce que ressent Vincent Lambert

Et, je l’écris à nouveau, au fond du fond, ce qui se passe, ou ne se passe pas, dans les secrètes profondeurs de l’esprit à électroencéphalogramme plat de Vincent Lambert, personne ne le sait vraiment, c’est un mystère. Nous ne supportons plus les mystères.

Assumez de débrancher Vincent Lambert

Dans ce cas, alors, qu’on fasse les choses bien. Depuis ce matin mardi 2 juillet, on a de nouveau cessé d’hydrater et de nourrir Vincent Lambert. On l’a mis sous sédation profonde, afin de ne pas voir, de ne pas observer les souffrances de son corps qui va lentement, douloureusement, mourir de soif et de faim, mort particulièrement atroce. Même aux condamnés à mort, aux criminels les plus monstrueux, on n’inflige pas cela. On prend la peine, dans les pays où la peine de mort est en vigueur, de les pendre, de les fusiller, de leur faire des injections. De leur offrir au moins une mort rapide, presque ou quasi indolore. Vincent Lambert n’est pas un criminel. C’est un handicapé. Il mérite lui aussi une mise à mort rapide et indolore. C’est très important, pas seulement pour Vincent Lambert, mais pour ceux qui suivront. Vincent Lambert n’est que le premier de ceux que l’on va à l’avenir décider de mettre à mort par consensus raisonnable, au nom d’un savoir présenté comme absolu. Et au nom du bien.

Mesdames et messieurs les soignants, faites le partir en une demi-heure, sans souffrance. S’il vous plaît. Assumez votre geste.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Pierre Brunet
est écrivain.
Lire la suite