Bachar Al-Assad est en passe de gagner la guerre civile en Syrie. Et le pire, c’est que ça arrange tout le monde – plus précisément ce qu’on appelle la « communauté internationale ». Il y a seulement quelques mois, l’usage d’armes chimiques déclenchait une salve (justifiée) de proclamations indignées, assorties de la promesse de frappes occidentales imminentes. Aujourd’hui, dans les chancelleries, on est convaincu que le régime tiendra. Et beaucoup, à l’image de l’ancien directeur de la CIA Michael Hayden, soutiennent ouvertement que la victoire d’Assad est non seulement le scénario le plus probable, mais aussi le plus souhaitable, toutes les autres options – victoire des rebelles ou plongée dans l’anarchie – s’apparentant à des cauchemars pour la Syrie et l’ensemble de la région. Ce double revirement, du diagnostic autant que du remède suggéré, invite tous ceux qui, comme votre serviteur, estimaient la chute du clan Assad quasi inéluctable, à revisiter leurs analyses passées.

*Photo : Uncredited/AP/SIPA. AP21522596_000006.

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