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Les vaches qui ne rient plus

Il existe plusieurs types de vaches. Les vaches normandes, qui ont des robes tachetées. Les vaches sans imagination, qui regardent passer les trains. Les Prim’Holstein, les Montbéliardes, qui produisent du lait. Les vaches enragées. Les stars du salon de l’agriculture, dont les sourires sont assurés à la Lloyd’s. Les vaches à viande. Les vaches maigres. Les vaches qui rient sur les emballages de fromage industriel à tartiner. Et les vaches qui ne rient pas, celles que visent le “Mort aux vaches !” Sans oublier les vaches nostalgiques, qui regrettent le temps des aurochs d’antan.

À cela il faut naturellement ajouter la vache Limousine, dont le corps est fait de résine (qui est un polymère, sachez-le). Ce sont nos confrères de La Montagne qui nous ont alertés sur un psychodrame syndical creusois d’un niveau international, qui met en lumière la vache limousine en plastique, dans toute la majesté de sa beauté et toute la noblesse de sa race.

Tout commence par une banale manifestation. Une vingtaine de sympathisants de la Confédération paysanne (syndicat de gauche, dont l’une des figures de proue fut José Bové), se saisissent d’une vache en résine exposée dans des locaux de la Chambre d’agriculture de Guéret, afin de la déposer devant la direction départementale des territoires pour protester contre la suppression de la prime à la vache allaitante pour les petits exploitants.

Sauf que… grave impair… la vache sacrée en résine appartient au syndicat agricole concurrent, la Fédération des Syndicats d’Exploitants Agricoles, dont le président département porte plainte illico pour enlèvement. Euh, non, pour vol… Le responsable de la FDSEA explique, plein d’amertume : “Cette vache a été volée et détériorée. Nous allons être obligés de la poncer et de la repeindre car la confédération a marqué son logo dessus.” L’affront ! L’animal – d’une valeur de 1400 euros – ne sera peut-être pas remis sur pattes pour un prochain congrès du syndicat. Ce qui serait un déficit d’image irréparable.

L’affaire suit son cours.

Osons le mot : les vacheries vont bon train dans le syndicalisme agricole creusois.

 


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