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Statue à la Flotte-en-Ré: des laïques qui ont cent trains de retard!

Le regard libre d’Elisabeth Lévy

Statue à la Flotte-en-Ré: des laïques qui ont cent trains de retard!
Capture d'écran CNews

Sur l’île de Ré, une statue de la Vierge Marie devra être démontée, au nom de la laïcité. Le commentaire d’Elisabeth Lévy.


La statue de la Vierge Marie, qui veille à un carrefour de la Flotte-en-Ré (17), a six mois pour se trouver un autre emplacement. C’est ce que vient de décider la justice administrative.

Cette statue, qui porte la mention «vœux de guerre», a été commandée par une famille reconnaissante parce que père et fils étaient revenus vivants de la Seconde Guerre mondiale. D’abord exposée dans un jardin privé, elle a été offerte à la commune qui l’a installée à un carrefour en 1983. Suite à un accident, elle a été surélevée en 2020. Sa visibilité accrue a dû énerver la « Libre pensée Charente-Maritime ».

Dénonçant une atteinte à la laïcité, cette association a déposé un recours. Le 13 janvier, la Cour administrative de Bordeaux a confirmé la décision du Tribunal administratif de Poitiers. Tout en admettant que «la commune n’avait pas l’intention d’exprimer une préférence religieuse », la Cour estime que « la figure de la Vierge Marie étant un personnage important de la religion chrétienne » (non, sans blague ?),et que « la statue présente par elle-même un caractère religieux». En vertu de la loi de 1905, elle ne peut donc pas être installée ainsi sur le domaine public. C’est le droit, parait-il. Sauf que le droit est évidemment une affaire d’interprétation. Pas sûr que les juges en auraient fait une lecture aussi stricte s’il s’était agi d’un symbole musulman.

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On me dira que, dans ce cas, c’est votre servante et toute la méchante réacosphère qu’on aurait entendu râler contre cette invasion de l’espace public par un symbole religieux. C’est bien possible. C’est qu’au-delà du droit, il y a l’histoire, la culture, l’expérience sensible. Musulmans, juifs athées et autres, sont des citoyens égaux, mais l’islam (et le judaïsme) n’ont pas le même statut que le catholicisme dans notre pays. Ils ont ajouté leur grain de sel au roman national, mais le catholicisme est notre fond de sauce culturel commun. La France est un pays de clochers. D’où que nous venions, nous sommes tous un peu des « cathos-zombies », comme disait Emmanuel Todd. À Marseille, tout le monde aime la Bonne Mère.

Il est vrai que les bouffeurs de curé appartiennent aussi à notre histoire. L’ennui c’est que ceux de La Libre pensée 17 ont 100 trains de retard. Ils se trompent de curés ! Ce ne sont pas des cathos qui menacent aujourd’hui la liberté de pensée, veulent embrigader les croyants et les séparer du reste de la société. Pourtant, pour nos libres penseurs – très soumis à la doxa, le seul séparatisme problématique, c’est dans les écoles cathos qu’ils le voient. Une visite sur leur site suffit à comprendre qu’ils sont monomaniaques. Sur la page d’accueil, on tombe sur un article au titre ronflant : « L’église doit payer, l’Eglise peut payer! », des tartines sur les abus sexuels ou encore les turpitudes de la monarchie. Autant dire que, sous prétexte de laïcité, dont ils se fichent complètement quand d’autres religions sont en jeu, ils sont en guerre contre le catholicisme. Ecrasons l’infâme. Derrière ce fatras très vintage, ce sont des islamo-gauchistes standard. Ainsi, sur la loi séparatisme, ils parlent d’ « ignominies racistes faites au nom de la laïcité », une petite musique bien connue.

Comme Mélenchon ou Cohn-Bendit, ces mal-nommés libres-penseurs veulent déconstruire l’identité française. C’est leur droit. Il est cependant fâcheux que la Justice leur donne un coup de main.


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez Elisabeth Lévy chaque matin après le journal de 8 heures.




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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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