On a le droit de critiquer les règles judiciaires qui aboutissent à une décision injuste et nocive pour toutes les parties.


Dans un État de droit, il faut par précaution s’abstenir de faire un procès d’intention aux juges. Mieux vaut donc admettre que c’est seulement par application de certaines règles judiciaires que les juges ont décidé qu’il n’y aurait pas de procès pour le meurtre de Sarah Halimi.

Cela étant posé, on a par contre le droit de critiquer les règles judiciaires qui aboutissent à une décision injuste et nocive pour toutes les parties concernées.

Un procès (aussi) utile à l’accusé

Cette décision est injuste et nocive pour l’auteur d’un crime, qui doit s’entendre dire qu’il est considéré comme l’auteur du crime, si le procès l’a établi. Ne pas le juger reviendrait à lui dire « tu n’y es pour rien. » Sans un procès, quel travail sur lui-même le coupable pourrait-il entreprendre ?

Et quand bien même l’accusé serait hors d’état de comprendre ce qu’on lui dit au moment du procès, (ce qui n’est pas le cas de l’assassin de Sarah Halimi,) il a droit qu’on le traite comme une personne au moment de l’établissement des faits.

La décision de ne pas faire de procès à l’assassin de Sarah Halimi est évidemment ressentie comme une injustice par les proches de la victime, parce que ce non-lieu est un déni de la justice qui leur est due.

La société a droit à la vérité

L’assassinat de Sarah Halimi, tuée en tant que femme juive, par un islamiste antisémite s’inscrit dans une série de crimes de même nature. S’il est juste que la responsabilité individuelle de l’auteur du crime soit reconnue, il est juste aussi que soit établie et reconnue publiquement la responsabilité de l’islamisme dans ces crimes antisémites.

Au-delà de la famille de la victime, et au-delà des Juifs qui vivent sous la menace de cet islamisme antisémite, c’est la société française dans son ensemble qui a droit à ce que la vérité sur cette menace islamiste qui la concerne soit établie dans les règles du droit.

Si donc il faut faire évoluer le droit pour que justice soit faite, le procès de l’assassin de Sarah Halimi pourrait servir de précédent.

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