La députée insoumise Mathilde Panot s’est illustrée en éteignant les lumières d’une devanture de bijouterie Tiffany, enseigne coupable d’empêcher les Parisiens de voir les étoiles! Au lieu de diaboliser la fortune de Bernard Arnault, saluons plutôt les réussites hexagonales: elles contribuent au rayonnement de notre pays à l’étranger.


Le ressentiment, ce mal si français

Éteindre les lumières d’une boutique Tiffany pour mieux « voir les étoiles » depuis Paris : c’est l’action « coup de poing » dont s’est récemment enorgueillie la députée de la France insoumise Mathilde Panot qui, avec quelques complices, entendait en débranchant l’alimentation électrique de la bijouterie attirer l’attention du public sur les effets de la pollution lumineuse due aux décorations de Noël. Dont acte : quelle que soit la période de l’année, nos villes et leurs commerces consomment trop d’énergie, et il importe sans le moindre doute possible de tout faire pour réduire leur empreinte environnementale. Mais l’élue du Val-de-Marne ne s’arrête pas là; elle accompagne son coup de com’ d’une mention explicite à Bernard Arnault, le fondateur du groupe de luxe LVMH, qui vient précisément de racheter Tiffany pour 16,2 milliards d’euros. Dans la bouche de Mathilde Panot, c’est donc un peu de la faute de celui qu’elle qualifie d’homme « le plus riche du monde » si les Parisiens ne peuvent contempler les étoiles à leur guise.

Attaques enfantines

Ce fut ensuite le tour de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, de dénoncer l’opacité comptable des grands groupes. Ces attaques sur la prétendue absence de transparence dans les comptes de certaines sociétés relevant, comme l’ont confirmé bon nombre d’experts, d’une méconnaissance profonde des règles de comptabilité d’un groupe consolidé. Par leur côté quasi-enfantin, ces attaques bruyantes, et parfois mises en scène, ne sont pas sans rappeler cet enregistrement gênant – qui vient de ressortir des archives de la presse – où l’on entend un député insoumis et opposant historique de M. Arnault, François Ruffin, s’arranger en 2016 avec le candidat Macron pour mettre en scène leur opposition à propos des difficultés rencontrées par les salariés d’une entreprise iséroise.

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Si certains éteignent les lumières tout en attirant les projecteurs sur eux, d’autres répandent celles de la France.

Historique par son montant, le rachat de Tiffany par le numéro un mondial du luxe l’est aussi au regard des évolutions récentes du secteur. Pour les géants du luxe, l’heure est en effet à la consolidation. Deuxième marque mondiale de bijouterie-joaillerie après Cartier, Tiffany ne pouvait échapper à LVMH qui, à la différence d’autres acquéreurs potentiels comme les banques et fonds d’investissement, apporte tout son savoir-faire, ses talents, sa puissance de négociation et la créativité de ses employés afin de renforcer la désirabilité de ses maisons. Comme il l’a fait pour Bulgari, le géant français du luxe va désormais s’atteler à réhabiliter le passé et les valeurs de Tiffany, pour mieux les sublimer et les projeter vers le futur, tout en adaptant la marque au monde globalisé qui est aujourd’hui le nôtre… qu’on le veuille ou non. C’est cette expérience démontrée qui a achevé de convaincre les Américains et Wall Street, qui a favorablement réagi au lendemain de l’annonce du rachat.

Les Français mettent la main sur une icône américaine

Et c’est une icône de l’Amérique qui devient un peu française. L’exploit est suffisamment rare pour être salué, notre pays étant davantage habitué à voir ses plus beaux fleurons absorbés, dévorés et laissés en miettes par leurs concurrents américains – un sujet qui tient, à raison, particulièrement au cœur de nos collègues insoumis, qui seraient bien avisés de célébrer cette bonne nouvelle.

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« La haute joaillerie se développe (…) paradoxalement dans un monde où il y a un certain nombre de problèmes économiques, analyse M. Arnault. (…) Les produits les plus qualitatifs, les plus artisanaux, attirent de plus en plus de clients, c’est à mettre en parallèle avec la hausse globale du niveau de vie dans toute une série de pays qui étaient loin de pouvoir acquérir ce genre de produits il y a vingt ans ». Autrement dit, on ne peut pas déplorer, d’un côté, les difficultés de l’économie française et se plaindre, de l’autre, que les clients chinois ou américains apprécient les produits « made in France » et contribuent ainsi au rayonnement de notre pays. D’autant que, pour ce qui concerne Tiffany, on parle comme le rappelle Bernard Arnault dans le même entretien de bijoux intemporels, qui ont vocation, à la différence des vêtements, à être transmis de génération en génération. Rien à voir, donc, avec la « fast fashion » et ses dérives bien connues.

Enfin, faut-il conspuer un groupe qui a effectué presque 15 000 embauches en 2019 et qui est devenu le 2ème recruteur de France après SNCF ?

Restons donc humbles face à la réussite de certains et sachons nous réjouir collectivement des succès tricolores qui peuvent nous rendre fiers d’être Français.

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