Palais de l’Elysée, 16 mais 2007. Crédit photo : Thomas Coex.

Certes, on ne s’ennuie pas. Et en dépit des mines graves qu’on prend pour observer « la déliquescence »« l’indignité » ou « l’abaissement », les Français savent aussi s’amuser de ce feuilleton plus palpitant que n’importe quelle série télé. Scandales, intrigues, complots, poignards dans le dos et coups tordus, trahisons et ralliements. Les dagues et les fioles ont laissé la place aux dossiers – après tout, le soupçon détruit aussi bien que le poison. Paris bruisse de rumeurs et de conspirations. Encore qu’avec les réseaux sociaux, il faille plutôt parler de vacarme.

Après les attentats islamistes et le délabrement qu’ils ont révélé dans les fondations républicaines de l’islam de France, beaucoup redoutaient une campagne plombée par la question identitaire, dont ils croient qu’elle ne saurait avoir de bonne réponse. D’autres se réjouissaient à l’idée qu’on parle enfin, même pour s’engueuler, de ce qui fait de nous un peuple, examen d’autant plus nécessaire que la réponse est de moins en moins évidente – une histoire commune, des valeurs partagées, fort bien mais lesquelles ? Or il en aura finalement été assez peu question et plutôt sous l’angle fort consensuel du « régalien », terme qui chatouille moins les narines de la gauche délicate qu’« identitaire ». Et même la proposition de Marine Le Pen d’interdire tous les signes religieux dans l’espace public n’a pas fait monter la température, ses concurrents se contentant de quelques formules à prétention morale ou sanitaire, comme « esprit étroit » ou « vision anxiogène », dont les scores frontistes montrent pourtant l’innocui

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Avril 2017 - #45

Article extrait du Magazine Causeur

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