Il est même étrange que l’affaire ne fasse pas davantage de bruit… une femme de 98 ans a été sauvagement battue à mort, dans une paisible maison de retraite charentaise. Les enquêteurs ne connaissent pas encore les circonstances exactes de ce drame, mais il est probable que l’arme du crime soit un bougeoir ou un cendrier. On pourrait songer que l’auteur des faits est un « jeune », un junkie, un repris de justice, un monte en l’air, un auvergnat, un skinhead, ou même Benoît XVI en personne… que nenni ! L’étau se resserre autour d’une voisine de chambrée de la victime, âgée de 91 ans. Les deux femmes convoitaient-elles le même infirmer ? Serait-ce plutôt un désaccord sur le choix d’un programme télé ? Y aurait-il eu vol de déambulateur ? La Charente Libre, dans son article délicieusement titré « Altercation tragique de nonagénaires à Rouillac » nous apprend que le préfet prend l’affaire très au sérieux. Agatha Christie l’approuverait certainement. Nicolas Sarkozy viendra t-il à Rouillac pour son prochain déplacement sur le thème de la sécurité ?
La dernière béatitude

Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux (Mt 5, 10). Le croyant ne saurait l’oublier : la tourmente dans laquelle est plongée l’Église se rapporte à une béatitude, et même à la dernière béatitude.
Bien sûr, les crimes perpétrés par des prêtres ne peuvent que susciter l’épouvante. Benoît XVI l’a souligné dans une parole terrible qui ne fut malheureusement pas assez répercutée : « Il faut agir avec urgence pour affronter ces facteurs qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles, et qui ont assombri la lumière de l’Évangile à un degré que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre » (Lettre aux catholiques d’Irlande, n. 4). Nous devons donc nous lamenter de nos péchés, car quand les chrétiens ne luttent pas contre les ténèbres, ils deviennent ses pires complices, et tombent plus bas qu’un tortionnaire païen. Cependant, selon l’étonnante parole du sermon sur la montagne, nous devons aussi nous réjouir de la persécution, car elle n’est pas un obstacle, mais l’espace même où peut se déployer la radicalité du témoignage, c’est-à-dire l’occasion d’une charité surnaturelle à l’égard du persécuteur.
Dans ce qui suit, je voudrais relever sept autres motifs de réjouissance au milieu même du lynchage médiatique :
1. Les médias les plus antipapistes se font malgré eux les apologistes de la foi. Qu’ils soient forcés de déformer les faits, qu’ils s’acharnent à tronquer et à truquer l’information pour attaquer le Pape et salir l’ensemble du clergé, est la preuve qu’ils n’ont pas grand chose à leur reprocher en vérité. Si l’on était dans une controverse lucide et rationnelle, leurs attaques pourraient porter. Mais l’irrationalité de leur réaction joue en leur défaveur et fournit à l’esprit raisonnable des motifs de croire à la vérité du magistère pontifical.
2. Après tout, lorsque parle le pape, l’incroyant ne devrait pas s’inquiéter. Il devrait se dire que cela ne concerne que les catholiques, piégés dans l’obscurantisme et la rigidité. Or, au contraire, le voilà qui tremble, s’énerve et ne décolère pas, comme si la voix du Saint-Père le touchait personnellement. D’une telle réaction, un observateur extérieur peut le déduire sans difficulté : cet incroyant n’est pas si incroyant que cela ; on dirait même qu’il a l’instinct du magistère, de la paternité spirituelle du souverain pontife, de son rôle de témoin universel.
3. Que les violences subies par les enfants nous apparaissent si graves, comment ne pas y reconnaître l’empreinte de l’Évangile ? Dans de nombreuses sociétés, l’enfant apparaît comme un être imparfait, sans intérêt majeur, que l’on peut soumettre au travail et dont on peut même abuser. Mais le Christ a cette parole renversante (et il a fallu des siècles de chrétienté, jusqu’à François de Sales et Don Bosco pour en tirer les conséquences) : Si vous ne devenez comme les enfants, vous n’entrerez pas dans la Royaume des Cieux (Mt 18, 3). L’enfant n’est plus seulement un être imparfait, il est aussi le symbole par excellence de la perfection de la vie spirituelle. De là le respect et l’attention profonde dont il doit bénéficier de la part des adultes. En étant scandalisés par la mal-nommée « pédophilie », les médias prouvent qu’ils sont encore sous la bienheureuse influence de la chrétienté.
4. Et s’ils se scandalisent spécialement que de tels abus soient commis par des prêtres, c’est qu’ils ont en outre l’instinct de la dignité spéciale du sacerdoce. Leurs attaques sont ainsi une contribution involontaire à l’année sacerdotale, et un hommage rendu à la très haute vocation de pureté du prêtre.
5. Qu’est-ce qui favorise aujourd’hui la pente à abuser des enfants ? Le paternalisme ? Non, mais bien une logique de société horizontale, où le sens de la paternité s’estompe, où la hiérarchie des générations est méconnue. Telle est la logique du « contrat social », où la société n’est pas un fait naturel fondé sur la famille, mais un contrat passé par de purs individus, sans appartenance, ni sexe, ni filiation. Tout le monde y paraît au même niveau. Pourquoi dès lors la relation sexuelle de l’adulte et de l’enfant ne serait-elle pas possible ? Le contractualiste répondra : parce que l’enfant n’est pas capable de consentement. Soit ! Mais c’est alors la preuve que la société ne se fonde pas seulement sur le consentement individuel : elle se fonde aussi sur la famille naturelle. Par conséquent, pour sortir de cette impasse, l’enjeu est de restaurer le sens de la paternité, – à partir de la paternité divine jusqu’à la paternité humaine, en passant par la paternité spirituelle du prêtre. L’existence même d’un « Saint Père » marque l’exigence d’un amour radical et vertical pour les enfants, qui interdit tous les abus de l’horizontalité.
6. Comme l’a si bien montré Julián Carrón dans sa lettre à La Repubblica, derrière le scandale et l’effroi, il y a le besoin de justice, et d’une justice infinie. Or une telle justice ne saurait se réduire à un lynchage des coupables et une déploration des victimes. Elle doit ouvrir un avenir de communion et de bonheur, et donc ne pas s’enfoncer dans une posture négative de vengeance ou de remords : une pseudo-justice expéditive et stérile, au lieu de faire refleurir la vie, nous rendrait complices de la destruction. On peut bien punir les coupables, mais à quoi bon, si la vie n’a aucun sens ? La vraie justice ne peut être qu’ordonnée à l’espérance. Il faut condamner les abus sexuels perpétrés sur les enfants, mais si l’on rejette en même temps ceux qui sont auprès d’eux les témoins de l’espérance et de la réconciliation, alors on commet soi-même, sur ces mêmes enfants, un abus spirituel. On les livre à un monde consumériste, sans rédemption ni avenir. Pour cet abus-là, pour cet insidieux massacre des âmes, il faudra bien un jour que nous soyons jugés.
7. La papauté n’est pas une institution humaine. C’est un article de foi, parce que c’est une conséquence ultime de l’Incarnation. Le Verbe s’est fait chair : il convient donc que les croyants ne se rassemblent pas seulement autour d’une série de dogmes, mais encore autour d’un visage, d’une personne ancrée dans leur histoire, image du Christ au milieu de ses apôtres. Sans ce mystère de vicariance, le christianisme tend à se désincarner et se couler dans le vague du spiritualisme. Mais il y a encore autre chose : en se faisant chair, le Verbe est devenu capable de prendre sur lui les souffrances des hommes. Il en va de même avec la papauté : on ne peut pas blesser ni tuer les articles de la foi ; on peut les blesser et les tuer dans le pape. Cette vulnérabilité est nécessaire pour manifester que le christianisme ne se ramène pas à l’intelligibilité anonyme d’un système moral, mais qu’il jaillit d’une rencontre libre et dramatique avec une Personne. Ainsi les attaques que subit Benoît XVI ne font que mieux le conformer au Christ, et permettent au croyant de l’admirer encore plus comme son Vicaire inespéré.
Dieudonné, Zemmour, même combat

La liberté d’opinion est un des principes majeurs de notre démocratie. Eric Zemmour peut recycler les pires idées, en revanche, il doit assumer, sans lâcheté, la critique ainsi que les conséquences de ses propos lorsqu’il ne respecte pas la loi.
Il y a longtemps que M. Zemmour, très apprécié par Minute ou Radio-Courtoisie, développe une monomanie à l’encontre des « Noirs » et des « Arabes » comme un autre provocateur, un humoriste, développe une monomanie à l’encontre des juifs.
En France, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Jean-Paul Sartre, dans Réflexions sur la question juive, disait de cette passion que certains confondent avec une opinion : « Ce mot d’opinion fait rêver. » Sartre refuse de considérer comme opinion une doctrine qui vise expressément une partie de la population et qui tend à supprimer leurs droits. N’en sommes-nous pas là ?
[access capability= »lire_inedits »]Eric Zemmour, dont les propos empruntent à l’extrême droite, peut-il impunément diffuser son poison dans l’espace public et :
- justifier les contrôles au faciès, interdits par la loi, en disant que « les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est un fait ? » (Canal+, 6 mars 2010) ;
- inciter à violer les lois qui interdisent la discrimination en déclarant que les chefs d’entreprise qui disent aux agences d’intérim « Je ne veux pas de Noirs et d’Arabes » ont le droit de le faire ? (France O, 6 mars 2010).
Non seulement M. Zemmour semble légitimer la délinquance, mais il l’encourage.
On a beaucoup écrit sur les propos qu’il a tenus sur Canal+. Les belles âmes se sont écriées : « Vive la liberté d’expression ! », d’autres, quelquefois les mêmes, ont dit : « Ben, c’est la vérité ! Il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas… » Cela ne vous rappelle personne ?
Un avocat-général a validé sur son blog, l’« intuition » de Zemmour en proposant « à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris ».
On croit rêver !
Une intuition n’est pas un fait ! Pourquoi le magistrat ne parle-t-il pas des audiences de Tulle ou de Guéret ?
Et on oublie de dire que, regardant la délinquance en col blanc, celle des milieux financiers, économiques ou politiques, il semble ne plus y avoir de surreprésentation de Noirs et d’Arabes ! On oublie le lien si évident entre les contrôles au faciès et cette surreprésentation dans certains tribunaux des grandes villes.
On passe sous silence que ces jeunes hommes, (curieusement, il y a peu de vieilles dames jugées pour violence ou vol à la tire !) sont souvent pauvres et au chômage.
Ce que l’on voit dans certains tribunaux ne fait que traduire la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui une partie des Français noirs et arabes. Non, la délinquance n’est pas liée à la couleur de peau. Il n’est pas digne de transformer une conséquence en cause.
Les Français des minorités veulent, peut-être encore plus que les autres, la liberté, l’égalité et la fraternité.[/access]
Pédophilie : du crime au tabou

J’ai passé mon dimanche à chercher des mouchoirs. Pas de vulgaires kleenex, mais des mouchoirs en soie. Quand on est maire de Paris, on n’essuie pas ses larmes dans n’importe quoi et c’est à Bertrand Delanoë que je voulais envoyer un petit paquet enrubanné, afin que, le moment venu, il ait de quoi sécher ses pleurs. Car, le moment viendra, comme il vient pour tout homme, où il plaira à Dieu de rappeler à lui le cardinal Bertone et, ce moment-là, Bertrand Delanoë aura beaucoup de chagrin. Peut-être sera-t-il même inconsolable.
Certes, il y a deux semaines encore, le maire de Paris trouvait « choquants » les propos de ce cardinal qui associait dans une même phrase homosexualité et pédophilie : « De telles prises de position, écrivait le premier magistrat parisien dans le plus indigné des communiqués, sont d’autant plus dangereuses qu’elles stigmatisent délibérément une identité et portent ainsi atteinte au respect de la diversité et de la liberté individuelle. »
Or, depuis – il faut dire qu’une semaine entière a passé, l’éternité quoi ! –, Bertrand Delanoë a changé, puisqu’il salue, dans le plus ému des communiqués, la mémoire de Jean Le Bitoux, grande figure des combats homosexuels français et fondateur de Gai pied, disparu le 21 avril.
Quel rapport entre Jean Le Bitoux et Tarcisio Bertone ? Aucun, évidemment. Enfin, si. Les deux établissent, à leur manière, un lien entre homosexualité et pédophilie. Le premier, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le fait le 12 avril dernier au détour d’une conférence de presse donnée au Chili. Il ose affirmer qu’on lui a rapporté que certains spécialistes lient homosexualité et pédophilie : levée générale de boucliers. Quant au second, Jean Le Bitoux, ses manières sont un peu plus rudes. Il y a quelques années, il affirmait qu’homosexualité et pédophilie avaient partie liée, sans s’attirer autre chose à sa mort que la « gratitude » du maire de Paris pour son « courage militant ». Allez y comprendre quelque chose.
Dans un court entretien donné au magazine gay Illico en mars 2001, Jean Le Bitoux revenait sur l’histoire du mouvement militant homosexuel : « En France, l’homosexualité vient d’une culture pédophile avec André Gide. En 1968, il existait même un comité d’action pédérastique révolutionnaire. Dans le discours du GLH à partir de 1975, il y a tout un héritage du FHAR notamment sur la question pédophile. À l’époque, il s’agissait de libérer son corps, libérer ses fantasmes. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque-là la majorité est à 21 ans, ce qui est bien tard. Dans les années 1970, tout est à libérer y compris l’enfant qui est corseté comme la femme, comme l’homosexuel. Aujourd’hui, on ne parle plus du tout du même enfant. L’enfant des années 1970 était l’esclave d’une vieille civilisation, l’enfant d’aujourd’hui est extrêmement sacralisé. » Il poursuivait : « Tony Duvert tenait une rubrique dans Gai Pied où il affirmait : la question pédophile existe et certains gays sont pédophobes et ils considèrent que l’émancipation des homosexuels se fera sur le dos des pédophiles. On a inventé un homosexuel qui laisse de côté la question pédophile. »
Contrairement à beaucoup de sa génération (dont Bertrand Delanoë), Jean Le Bitoux n’avait pas la mémoire qui flanche. Il se souvenait même très bien des positions de Guy Hocquenghem, de René Schérer ou encore de Michel Foucault.
Dans les années 1970, tous plaident pour une reconnaissance des sexualités que l’on n’appelle pas encore « minoritaires », mais « périphériques ». Et loin de se contenter d’être des militants LBGT (lesbien, bisexuel, gay, trans), ils sont des militants LGBTP. Ils incluent le « P » de la pédophilie dans leurs revendications. Militants homosexuels et pédophiles deviennent compagnons de route et font front commun contre l’« ordre bourgeois » qui tient les « sexualités périphériques » pour des pathologies, des déviances, quand ce n’est pas pour des crimes.
C’est notamment le cas de Michel Foucault au tournant des années 1980 qui défend la pédophilie ou, plutôt, qui refuse qu’on l’enferme dans une monstrueuse figure psychiatrisée : l’auteur de L’Histoire de la sexualité dénonce ce qu’il pressent advenir – et qui adviendra pour connaître son paroxysme à Outreau – : la sacralisation de l’enfant innocent et la condamnation a priori de l’adulte. L’un et l’autre victime et criminel par nature : bourreau, fais ton office ! Cependant, que faire du désir sexuel de l’enfant ? Car pour Foucault, Hocquenghem ou Schérer, l’enfant n’est pas que pure candeur : il est aussi un être sexuellement désirant. Et désirable.
Dans ces années-là, la question de la sexualité de l’enfant n’est pas un tabou. L’intelligentsia française envoie, par exemple, en 1977 une pétition au Parlement réclamant la suppression de la majorité sexuelle et la dépénalisation des actes sexuels avec les moins de 15 ans. Dans les mêmes années, Libération publie des annonces de lecteurs cherchant des partenaires de 12 à 18 ans. Quant à Daniel Cohn-Bendit, il écrit avoir eu des jeux à caractère sexuel avec des enfants et s’en vante même sur le plateau d’Apostrophe, sans d’ailleurs que les gendarmes ne l’attendent à la sortie de l’émission pour lui passer les bracelets.
C’est que la pédophilie n’a pas la connotation nécessairement criminelle qu’elle a aujourd’hui. Le pédophile a encore, si l’on peut dire, des humanités : il s’idéalise en continuateur de l’antique pédéraste, en éraste qui ne serait fait que pour apprendre la vie à un éromène, en pédagogue qui aimerait les enfants. « Alcibiade, monte donc sur les genoux de Socrate, il va te faire réviser ta philo. »
Puis, le chemin des militants homosexuels et pédophiles se sépare. Cela se produit, selon Jean Le Bitoux, en 1982, avec l’affaire du Coral. Une dénonciation calomnieuse à propos de jeunes ados violés, des personnalités impliquées, un grand scandale médiatique : c’est une affaire d’Outreau avant l’heure – mais sans l’empressement de l’instruction à embastiller la terre entière.
Seulement, le « mal » est fait : les militants homosexuels ont obtenu, en août 1982, la dépénalisation de l’homosexualité et ils ont désormais autre chose à faire que de s’occuper de leurs anciens compagnons de route, d’autant plus qu’ils sont devenus, avec cette sale affaire du Coral, passablement encombrants. Et Jean Le Bitoux de conclure de façon cinglante : « Aujourd’hui, je pense que les pédophiles sont toujours les boucs émissaires des homosexuels. Le débat n’est plus du côté d’un espace de liberté que les pédophiles n’ont toujours pas, mais du côté de la jeunesse des homosexuels. »
Mince alors ! Tarcisio Bertone a dû lire Jean Le Bitoux, qui ose le plus odieux des amalgames et établit une relation entre pédophilie et homosexualité.
Qu’a-t-il dit, au fait, de si scandaleux, le cardinal ? « Nombre de psychologues, de psychiatres ont démontré qu’il n’y avait pas de relation entre célibat et pédophilie mais beaucoup d’autres ont démontré, et m’ont dit récemment, qu’il y avait une relation entre homosexualité et pédophilie. » Voilà ce qu’a déclaré Bertone, répondant à une question posée lors d’une conférence de presse au Chili.
À moins de confier à Robert Faurisson la réécriture de l’histoire du mouvement homosexuel en France depuis André Gide jusqu’aux années 1980 et de brûler à Paris-Plage l’œuvre de Michel Foucault, la vérité nous oblige à donner raison à Tarcisio Bertone : la relation entre homosexualité et pédophilie a été posée, depuis fort longtemps, par des intellectuels qui n’étaient ni des « fascistes » ni des « réactionnaires », mais des militants et des théoriciens de l’homosexualité, les tenants d’une avant-garde luttant contre ce qu’ils appelaient la « vieille morale bourgeoise » et une société qui surveille et punit.
Seulement, le mot pédophilie ne peut plus être prononcé sans emporter avec lui tout sens critique. Il vaut condamnation immédiate à celui qui en est suspecté, comme à celui, d’ailleurs, qui oserait interroger et remettre en cause ses présupposés. Surtout ne pas se demander s’il n’existerait pas une légère différence entre un violeur d’enfants et un amateur de beautés adolescentes : non ! à défaut de la tête, on leur coupera indistinctement les couilles. Ne pas se demander non plus ce qu’est la pédophilie, mais enfermer le mot et son indétermination sous le masque monstrueux et infrangible du pédophile, nouvel ogre de la fable contemporaine. La pédophilie n’est plus seulement un crime. Elle est un tabou, la camera oscura d’une sexualité qui s’estime désormais affranchie de toute histoire.
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Allons, enfants du rapatriement
Nos confrères nous indiquaient ce dimanche qu’il y avait encore près de dix mille Français bloqués à l’étranger, plus de dix jours après l’éruption du volcan au nom imprononçable, sauf par les lecteurs de sagas islandaises. Dans la liste donnée des escales critiques où nos compatriotes doivent errer désespérément dans les duty free à contempler des Japonais et des Chinois acheter des parfums et des cravates qu’eux ne peuvent plus s’offrir depuis longtemps, on trouve Saint-Denis-de-la-Réunion, Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, Bangkok, Pékin, Shanghaï et Punta Cana. Cette liste, obligeamment fournie par le ministère des Affaires étrangères, semble cependant oublier Kaboul, où près de trois mille Français avec des Famas et des VAB, escroqués par les voyagistes de l’OTAN, semblent durablement cloués au sol. En effet, seuls 41 d’entre eux ont pu être rapatriés depuis 2001. Dans des cercueils.
Oublier Belgrade

Un lâche soulagement mêlé de honte. La formule – que l’on doit à Blum[1. Après la signature des accords de Munich qui entérinèrent la mainmise d’Hitler sur les Sudètes, avec la fin que l’on connaît.] – décrit le sentiment des pays de l’OTAN après la bien nommée opération Paix Alliée contre la Serbie. L’offensive aérienne menée par la coalition atlantiste en 1999 offre ainsi le prétexte d’un romanquête[2. Ce néologisme constitue la principale contribution de Bernard-Henri Lévy au monde des lettres. A en croire les spécialistes des réseaux islamistes pakistanais, son « romanquête » Qui a tué Daniel Pearl penchait nettement du côté du roman héroïsé.] court et poignant sur la question yougoslave. L’auteur, David di Nota, y fait le récit de ses pérégrinations serbes à la recherche du parc d’attraction que fit construire le fils de Milosevic : Bambibark. Métaphore à ciel ouvert, ce jardin délabré est à l’image de la Serbie d’aujourd’hui : portant les stigmates de la guerre mais toujours debout. Installé dans la ville natale du semi-despote déchu, son théâtre inca à moitié détruit conserve les séquelles des bombardements humanitaires occidentaux. Dans son labyrinthe, seul rescapé des tapis de bombes déversés au nom des droits de l’homme, des enfants jouent en insultant les étrangers de passage. C’est sans doute au ressentiment des jeunes générations qu’on reconnaît les nations meurtries par les aléas de l’histoire. Que le quidam serbe sombre dans l’ultra-nationalisme et justifie la purification ethnique contre les Albanais ou qu’il vitupère Milosevic, le constat reste implacable : l’OTAN n’a pas arrêté l’hémorragie ethnique au Kosovo, bien au contraire.
Après le triste précédent de Srebrenica en 1995[3. Massacre de 8000 Musulmans de Bosnie au nez et à la barbe des forces militaires américaines qui accusèrent… un nuage d’être à l’origine de leur bévue.], quatre ans plus tard, la guerre au nom du Bien m’enraya pas la déportation massive de musulmans, et provoqua une contre-purification ethnique à l’encontre des Serbes du Kosovo. Di Nota note avec acuité le cynisme d’une communauté internationale – dont Védrine répète à l’envi qu’elle n’a d’autre existence que médiatique- prétendant s’affranchir des intérêts nationaux alors même qu’elle n’applique que la volonté du plus fort. Au sein même de l’alliance atlantique, quoiqu’en disent les partisans zélés du retour de la France dans le giron otanien, les grandes orientations stratégiques sont le fait exclusif des chefs d’Etat major étasuniens, y compris lorsque des milliers de vies européennes sont en jeu. D’où l’on réalise que l’intérêt national constitue l’alpha et l’omega de la diplomatie. Aujourd’hui comme hier, le recours rhétorique aux droits de l’homme masque mal le projet géopolitique d’une grande Albanie apte à damer le pion à l’axe Belgrade-Moscou. Et les vies humaines me direz-vous ? Parlons-en justement, deux mois de bombardements intensifs contre les bases militaires puis les infrastructures civiles auront enfermé Albanais et Serbes dans le réduit kosovar. Massacres contre purification ethnique, souvent au sein d’une même communauté. L’un des personnages de di Nota évoque les exactions perpétrées par l’UCK contre les factions albanaises plus modérées, la première passant en quelques semaines de la liste des organisations terroristes dressée par Washington au statut de freedom fighter. Combattant de la liberté : nom masculin breveté par le Pentagone, désigne un terroriste qui accepte la valise de billets otanienne.
Cette hypocrisie larvée se trouve au centre de Bambipark, qui dans une succession de très courts chapitres, ébauche un réquisitoire contre la moraline contemporaine. Le spectre post-moderne d’une guerre dictée par des impératifs moraux et encadrée par le droit trouve dans di Nota l’un de ses plus brillants détracteurs littéraires. Cheminant à travers les anecdotes et les témoignages, le narrateur démontre pas à pas l’aporie de la guerre juste, cette croisade humanitaire contre l’infâme. Déjà, le très controversé Carl Schmitt avait en son temps dénoncé les ravages des guerres justes, nécessairement totales en ce qu’elles visent l’anéantissement de l’ennemi, et non plus la défaite de l’adversaire. Point d’amnistie possible au royaume des cieux : le coupable doit périr dans les flammes du droit, privé de son humanité en sa qualité de salaud éternel. Dans les faits, hormis quelques phytothérapeutes barbus, aucun des principaux hommes de main de Milosevic ne fut traduit en justice à La Haye. Sans parler des criminels de guerre albanais qui purent se draper dans leur vertu de victime ontologique. Comme si, dans cette mosaïque de nations, le Mal avait une frontière et une religion…
La moralisation de la guerre se prête mal à la complexité. Au jeu fixe des identités ethnoculturelles répond l’immuabilité des statuts de bourreaux et de victimes, quitte à fermer les yeux sur quelques charniers mal placés. On accordera à l’auteur que le déclenchement d’un conflit armé motivé par la seule existence d’un massacre ne constitue pas un progrès de la justice internationale. Sans nier la réalité des massacres endurés par les Albanais du Kosovo, on peut a posteriori donner raison à Régis Debray, Thierry Séchan et Patrick Besson[4. A l’époque vilipendés par les Torquemada du politiquement correct, toujours prompts à débusquer un complot rouge-brun derrière tout discours anti-manichéen.] qui alertèrent l’opinion publique contre la diabolisation des Serbes, la déshumanisation qui s’ensuivit et les conséquences délétères de bombardements qui favorisèrent la branche la plus intransigeante du nationalisme serbe.
Une décennie après ce déferlement de feu sur l’ex-Yougoslavie, une fois l’indépendance du Kosovo acquise, plus d’un balkanologue hocherait du bonnet devant le triste constat de di Nota : peut-être qualifierons-nous désormais d’humanitaires les guerres dont nous ne maîtriserons plus le cours politique ? En effet, qui se souvient de Chirac jurant urbi et orbi que l’indépendance du Kosovo ne sera jamais à l’ordre du jour ?
Comme si la moralisation de la guerre ne suffisait pas, son supposé encadrement par le droit s’avère aussi fructueux que la doctrine du zéro mort. Cela va de soi, nous ne saurions nous passer de la nécessité d’un jus gentium apte à réguler les relations internationales. Refuser la loi du plus fort est une chose. Prétendre que le droit arraisonnera la réalité en est une autre. Or les faits sont têtus. L’OTAN aura beau jouer le rôle d’Antigone, les Créon des Nations rappelleront le bienfondé de la raison d’Etat. Tous les Marchiani du monde vous expliqueront que l’intérêt suprême de la patrie exige parfois de s’émanciper du droit, pour ramener des otages au bercail ou assurer le maintien d’un semblant de cohésion nationale. Ce que les zélateurs du droit d’ingérence ne saisiront jamais, c’est l’existence de communautés politiques souveraines seules à mêmes d’assurer la liberté des peuples. Qu’occasionnellement des semi-autocrates du type Milosevic abusent de leurs pouvoirs, commettent des crimes de sang ou de guerre n’annule pas cette vérité. A Rambouillet comme jadis à Versailles, il s’agit avant tout d’humilier une patrie, au mépris des rapports de forces entre pays à forte sismicité ethno-religieuse. A en croire l’auteur, bien que Milosevic fût prêt à tout lâcher, la guerre était déjà programmée en haut lieu, sans passer par la case onusienne.
Comme le résume di Nota dans un bel aphorisme, la guerre a ses lois propres que la raison ne connaît pas, parce qu’elle dépasse infiniment en tragédie ce que la raison peut admettre.
N’en déplaise à l’ami Nabe, on saura gré à Philippe Sollers d’avoir publié ce petit bréviaire de la polémologie en temps de paix, pavé dans la mare de l’acédie littéraire…
Pape star
Animé par David Abiker, Parlons Net reçoit cette semaine Vincent Aubin. Normalien, il a traduit l’œuvre de Thomas d’Aquin. Avec lui, Parlons Net évoque la crise qui secoue le Vatican avec les affaires de pédophilie et les maladresse récente de Benoit XVI. Il est également question de la foi sur internet et de Freud, Freud dans le collimateur d’un autre philosophe, Michel Onfray. Pour interroger Vincent Aubin : Chloé Leprince de rue89.com, Vincent Glad de Slate.fr et François Miclo, de Causeur.fr.
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Laissez les rondes en paix !

Je n’ai jamais eu les goûts de mon temps, et je m’en flatte. Qu’il s’agisse des idées, des livres, de l’emploi de nos forces armées, de la cuisine, du cinéma, de la mode, de l’indépendance nationale, du suffrage universel, je ne suis à peu près d’accord sur rien avec personne. J’ai cependant la misanthropie heureuse. Je la partage avec quelques âmes choisies, anciens compagnons d’armes, buveurs émérites et lecteurs de La Fontaine :
« J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n’est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. »
Une fois que l’on a admis que les villes et les campagnes n’existaient plus, que le jeu est devenu synonyme d’abrutissement psychotique devant des consoles électroniques, que les livres ne sont plus lisibles après 1970 et la musique inaudible depuis la mort d’Otis Reding, il nous reste l’amour.
Et même là, il faut bien dire que ce n’est pas gagné. L’amour est devenu un consumérisme comme un autre, sous le signe du bonheur obligatoire. Le divorce a transformé le mariage en CDD. Pour la trentenaire bovaryste branchée, habituée au précariat, c’est une étape presque obligée, et pour le quinquagénaire qui a réussi, c’est un mode de répudiation tellement facile que les rois de France, dans leurs tombeaux, doivent en pâlir de jalousie. Quant au Pacs, il en a terminé avec l’idée de couple, c’est à dire avec l’idée d’engagement. Là où quelques mesures fiscales auraient suffi pour les couples homosexuels, il a fallu faire une loi. Comme d’habitude.
Il n’empêche, on n’imagine mal Daphnis et Chloé, Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, Pédéraste et Médisante, Philémon et Baucis ou Oreste et Pylade, si vraiment on y tient, aller signer un formulaire en trois exemplaires dans une préfecture pour signifier leur refus des codes dominants de leur temps.
Et de l’amour, comme nous ne sommes pas de purs esprits, nous en arrivons assez vite au corps.
En ce qui concerne le corps masculin et sa représentation, les choses sont claires, la publicité est devenue totalement homophile. Les bustes bodybuildés pour eau de toilette, les pectoraux spartiates pour prêts bancaires, les deltoïdes soviétiformes pour grosses cylindrées donnent parfois l’impression que Séguéla et ses rejetons puisent leur inspiration chez Arno Breker. Hors de l’iconologie pédé, point de salut. Tu seras métrosexuel, mon fils…
Pour les femmes, en revanche, c’est évidemment le contraire. La femme de la pub, et en particulier le mannequin qui en est l’aristocratie, comme le mineur formait l’aristocratie de la classe ouvrière, est osseuse, anorexique, maladive. Pour une Laetitia Casta, combien de Kate Moss ? La filiforme aux méplats qui annoncent le cadavre a gagné la guerre du goût, depuis facilement trente ans. Au moins a-t-on passé la pénible période des années 80 où l’androgynie hurlante d’une Grace Jones ou d’une Brigitte Nielsen devait donner l’impression à ceux qui les serraient entre leurs bras d’être tombé sur un garçon avec un vagin.
Seulement, dans la vraie vie, ou dans l’IRL comme disent les nouveaux esclaves du virtuel, les femmes sont parfois rondes, voire grosses. Et comme l’époque se veut d’une impitoyable douceur, pour éviter les suicides narcissiques, on assiste ces temps ci à propagande pro-grosse tout aussi scandaleuse que l’éloge permanent de la maigre. Les magazines féminins les plus branchés ou les plus institutionnels rivalisent dans le bonnet F comme « femme comme les autres » et dans toutes les émissions ce ne sont que rhubarbe et séné pour les tailles 60 et les strings XXL. Et c’est une adorable mannequin qui donne des envies de longs câlins, Lizzie Miller, blonde, ronde et gironde, qui est devenue en un rien de temps, une idole.
Nous disons propagande scandaleuse car il s’agit en fait d’une belle hypocrisie qui masque derrière une fausse tolérance une manière de discours compassionnel, le même qu’on adresse aux myopathes ou aux malades du sida. Gageons que cet engouement durera quelques semaines et que bientôt le totalitarisme étique va revenir en force sur le papier glacé et glossé. La grosse sera simplement, désormais, un marronnier moral qui fera partie, une fois par an, du cahier des charges des magazines aux noms de pétasses. D’ailleurs l’inénarrable Lagerfeld, sec comme un coup de trique protestante, l’a craché haineusement, un peu énervé par ce retour en grâce même éphémère de ce qui lui est totalement étranger à savoir la sensualité du moelleux : « Personne ne veut voir de femmes rondes ! »
Je ne sais pas si monsieur Chanel, version Ruhr a raison mais il faudrait tout de même que tout ce petit monde là, avec son capitalisme esthétique, comprenne que les grosses n’en ont rien à faire de cette faveur éphémère pour solde de tout compte, ni du mépris de Lagerfeld. Elles n’ont pas besoin de cette surexposition suspecte pour savoir qu’il y a des hommes qui, de tout temps, ont préféré Beth Diddo à Amy Winehouse et Jane Mansfield à Jane Birking. Ils ont évidemment minoritaires mais ils existent.
Et j’en fais partie. Fièrement. La bien en chair m’enchante, le bourrelet me console, la callipyge m’affole. Je veux mourir comme Mastroianni dans la Cité des femmes, je veux être celui qui regarde la potelée indécente par le verrou de Fragonard, je veux le cul d’Andréa Ferrol quand elle est au lit avec Jean-Pierre Marielle dans les joyeusement subversives Galettes de Pont-Aven ou qu’elle l’imprime sur un gâteau dans ce requiem nihiliste somptueux qu’est La grande bouffe de Ferreri.
Je ne demande aucune psychanalyse, je ne veux pas qu’on se penche sur ma date de sevrage, je ne veux pas savoir si il reste en moi des lambeaux d’un inconscient collectif jungien venu du moyen âge italien quand le popolo grasso, les riches, s’opposaient au popolo minuto (les pauvres). Je veux simplement qu’on me laisse à ma dilection pour les cuisses un peu trop épaisses, les seins un peu trop lourds, les visages un peu top poupins, les hanches un peu trop larges. Sans qu’on me dise si c’est bien ou mal.
Je veux qu’on me laisse avec la vie, la vie opulente comme un Courbet. D’ailleurs, mon dernier vœu, avant de mourir, serait de pouvoir entrer dans un de ses tableaux, Les Baigneuses, par exemple, et de devenir celui qui les attend sur la rive.
Et je peux vous assurer que notre éternité, on ne la passerait pas à lire des magazines féminins. Des magazines de maigres.
Tank punk
Les pages « styles » du Figaro nous informent de l’existence réjouissante du 4×4 le plus insolent au monde, et le plus indifférent à l’écologie : le Prombron du constructeur Dartz. Présenté au Salon des voitures de luxe de Monaco ce « monstre des steppes » complètement punk, affichant plus de cinq tonnes de muscles et de métal, est vendu 100.000 euros. « Habituellement Dartz s’expose dans les salons de matériel militaire » explique Igor Daleckis, représentant en France de la société contrôlée par des Russes de Lettonie. La marque communique peu sur le bilan carbone de ce luxueux tank, ni sur le développement d’un éventuel modèle hybride kérosène/gazole… Saluons l’existence de ce puissant SUV post-Hummer absolument décomplexé, et prions pour son arrivée massive dans les rues des villes françaises. C’est assurément la meilleure arme pour se réapproprier un espace public infesté de Vélib, de tramways, et de sombres rolleristes tintinnabulant …
Frédéric Marconi
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Frédéric Marconi commença sa carrière comme répétiteur dans une riche famille romaine, avant de se passionner pour la zoologie et d’introduire le perroquet en Italie.
[access capability= »lire_inedits »]Le peintre le représente ici en train de mettre une dernière main à la Missa solemnis de Beethoven. Perfectionniste, Frédéric Marconi corrigeait beaucoup, comme le rapporte Stendhal dans son Voyage en Italie : « Il fait beaucoup de pâtés, Marconi. »
Anonyme, Portrait de Frédéric Marconi en pleine répétition, huile sur toile conservée au musée de la Boétie.
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Orange mécanique à Rouillac
Il est même étrange que l’affaire ne fasse pas davantage de bruit… une femme de 98 ans a été sauvagement battue à mort, dans une paisible maison de retraite charentaise. Les enquêteurs ne connaissent pas encore les circonstances exactes de ce drame, mais il est probable que l’arme du crime soit un bougeoir ou un cendrier. On pourrait songer que l’auteur des faits est un « jeune », un junkie, un repris de justice, un monte en l’air, un auvergnat, un skinhead, ou même Benoît XVI en personne… que nenni ! L’étau se resserre autour d’une voisine de chambrée de la victime, âgée de 91 ans. Les deux femmes convoitaient-elles le même infirmer ? Serait-ce plutôt un désaccord sur le choix d’un programme télé ? Y aurait-il eu vol de déambulateur ? La Charente Libre, dans son article délicieusement titré « Altercation tragique de nonagénaires à Rouillac » nous apprend que le préfet prend l’affaire très au sérieux. Agatha Christie l’approuverait certainement. Nicolas Sarkozy viendra t-il à Rouillac pour son prochain déplacement sur le thème de la sécurité ?
La dernière béatitude

Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux (Mt 5, 10). Le croyant ne saurait l’oublier : la tourmente dans laquelle est plongée l’Église se rapporte à une béatitude, et même à la dernière béatitude.
Bien sûr, les crimes perpétrés par des prêtres ne peuvent que susciter l’épouvante. Benoît XVI l’a souligné dans une parole terrible qui ne fut malheureusement pas assez répercutée : « Il faut agir avec urgence pour affronter ces facteurs qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles, et qui ont assombri la lumière de l’Évangile à un degré que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre » (Lettre aux catholiques d’Irlande, n. 4). Nous devons donc nous lamenter de nos péchés, car quand les chrétiens ne luttent pas contre les ténèbres, ils deviennent ses pires complices, et tombent plus bas qu’un tortionnaire païen. Cependant, selon l’étonnante parole du sermon sur la montagne, nous devons aussi nous réjouir de la persécution, car elle n’est pas un obstacle, mais l’espace même où peut se déployer la radicalité du témoignage, c’est-à-dire l’occasion d’une charité surnaturelle à l’égard du persécuteur.
Dans ce qui suit, je voudrais relever sept autres motifs de réjouissance au milieu même du lynchage médiatique :
1. Les médias les plus antipapistes se font malgré eux les apologistes de la foi. Qu’ils soient forcés de déformer les faits, qu’ils s’acharnent à tronquer et à truquer l’information pour attaquer le Pape et salir l’ensemble du clergé, est la preuve qu’ils n’ont pas grand chose à leur reprocher en vérité. Si l’on était dans une controverse lucide et rationnelle, leurs attaques pourraient porter. Mais l’irrationalité de leur réaction joue en leur défaveur et fournit à l’esprit raisonnable des motifs de croire à la vérité du magistère pontifical.
2. Après tout, lorsque parle le pape, l’incroyant ne devrait pas s’inquiéter. Il devrait se dire que cela ne concerne que les catholiques, piégés dans l’obscurantisme et la rigidité. Or, au contraire, le voilà qui tremble, s’énerve et ne décolère pas, comme si la voix du Saint-Père le touchait personnellement. D’une telle réaction, un observateur extérieur peut le déduire sans difficulté : cet incroyant n’est pas si incroyant que cela ; on dirait même qu’il a l’instinct du magistère, de la paternité spirituelle du souverain pontife, de son rôle de témoin universel.
3. Que les violences subies par les enfants nous apparaissent si graves, comment ne pas y reconnaître l’empreinte de l’Évangile ? Dans de nombreuses sociétés, l’enfant apparaît comme un être imparfait, sans intérêt majeur, que l’on peut soumettre au travail et dont on peut même abuser. Mais le Christ a cette parole renversante (et il a fallu des siècles de chrétienté, jusqu’à François de Sales et Don Bosco pour en tirer les conséquences) : Si vous ne devenez comme les enfants, vous n’entrerez pas dans la Royaume des Cieux (Mt 18, 3). L’enfant n’est plus seulement un être imparfait, il est aussi le symbole par excellence de la perfection de la vie spirituelle. De là le respect et l’attention profonde dont il doit bénéficier de la part des adultes. En étant scandalisés par la mal-nommée « pédophilie », les médias prouvent qu’ils sont encore sous la bienheureuse influence de la chrétienté.
4. Et s’ils se scandalisent spécialement que de tels abus soient commis par des prêtres, c’est qu’ils ont en outre l’instinct de la dignité spéciale du sacerdoce. Leurs attaques sont ainsi une contribution involontaire à l’année sacerdotale, et un hommage rendu à la très haute vocation de pureté du prêtre.
5. Qu’est-ce qui favorise aujourd’hui la pente à abuser des enfants ? Le paternalisme ? Non, mais bien une logique de société horizontale, où le sens de la paternité s’estompe, où la hiérarchie des générations est méconnue. Telle est la logique du « contrat social », où la société n’est pas un fait naturel fondé sur la famille, mais un contrat passé par de purs individus, sans appartenance, ni sexe, ni filiation. Tout le monde y paraît au même niveau. Pourquoi dès lors la relation sexuelle de l’adulte et de l’enfant ne serait-elle pas possible ? Le contractualiste répondra : parce que l’enfant n’est pas capable de consentement. Soit ! Mais c’est alors la preuve que la société ne se fonde pas seulement sur le consentement individuel : elle se fonde aussi sur la famille naturelle. Par conséquent, pour sortir de cette impasse, l’enjeu est de restaurer le sens de la paternité, – à partir de la paternité divine jusqu’à la paternité humaine, en passant par la paternité spirituelle du prêtre. L’existence même d’un « Saint Père » marque l’exigence d’un amour radical et vertical pour les enfants, qui interdit tous les abus de l’horizontalité.
6. Comme l’a si bien montré Julián Carrón dans sa lettre à La Repubblica, derrière le scandale et l’effroi, il y a le besoin de justice, et d’une justice infinie. Or une telle justice ne saurait se réduire à un lynchage des coupables et une déploration des victimes. Elle doit ouvrir un avenir de communion et de bonheur, et donc ne pas s’enfoncer dans une posture négative de vengeance ou de remords : une pseudo-justice expéditive et stérile, au lieu de faire refleurir la vie, nous rendrait complices de la destruction. On peut bien punir les coupables, mais à quoi bon, si la vie n’a aucun sens ? La vraie justice ne peut être qu’ordonnée à l’espérance. Il faut condamner les abus sexuels perpétrés sur les enfants, mais si l’on rejette en même temps ceux qui sont auprès d’eux les témoins de l’espérance et de la réconciliation, alors on commet soi-même, sur ces mêmes enfants, un abus spirituel. On les livre à un monde consumériste, sans rédemption ni avenir. Pour cet abus-là, pour cet insidieux massacre des âmes, il faudra bien un jour que nous soyons jugés.
7. La papauté n’est pas une institution humaine. C’est un article de foi, parce que c’est une conséquence ultime de l’Incarnation. Le Verbe s’est fait chair : il convient donc que les croyants ne se rassemblent pas seulement autour d’une série de dogmes, mais encore autour d’un visage, d’une personne ancrée dans leur histoire, image du Christ au milieu de ses apôtres. Sans ce mystère de vicariance, le christianisme tend à se désincarner et se couler dans le vague du spiritualisme. Mais il y a encore autre chose : en se faisant chair, le Verbe est devenu capable de prendre sur lui les souffrances des hommes. Il en va de même avec la papauté : on ne peut pas blesser ni tuer les articles de la foi ; on peut les blesser et les tuer dans le pape. Cette vulnérabilité est nécessaire pour manifester que le christianisme ne se ramène pas à l’intelligibilité anonyme d’un système moral, mais qu’il jaillit d’une rencontre libre et dramatique avec une Personne. Ainsi les attaques que subit Benoît XVI ne font que mieux le conformer au Christ, et permettent au croyant de l’admirer encore plus comme son Vicaire inespéré.
Dieudonné, Zemmour, même combat

La liberté d’opinion est un des principes majeurs de notre démocratie. Eric Zemmour peut recycler les pires idées, en revanche, il doit assumer, sans lâcheté, la critique ainsi que les conséquences de ses propos lorsqu’il ne respecte pas la loi.
Il y a longtemps que M. Zemmour, très apprécié par Minute ou Radio-Courtoisie, développe une monomanie à l’encontre des « Noirs » et des « Arabes » comme un autre provocateur, un humoriste, développe une monomanie à l’encontre des juifs.
En France, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Jean-Paul Sartre, dans Réflexions sur la question juive, disait de cette passion que certains confondent avec une opinion : « Ce mot d’opinion fait rêver. » Sartre refuse de considérer comme opinion une doctrine qui vise expressément une partie de la population et qui tend à supprimer leurs droits. N’en sommes-nous pas là ?
[access capability= »lire_inedits »]Eric Zemmour, dont les propos empruntent à l’extrême droite, peut-il impunément diffuser son poison dans l’espace public et :
- justifier les contrôles au faciès, interdits par la loi, en disant que « les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est un fait ? » (Canal+, 6 mars 2010) ;
- inciter à violer les lois qui interdisent la discrimination en déclarant que les chefs d’entreprise qui disent aux agences d’intérim « Je ne veux pas de Noirs et d’Arabes » ont le droit de le faire ? (France O, 6 mars 2010).
Non seulement M. Zemmour semble légitimer la délinquance, mais il l’encourage.
On a beaucoup écrit sur les propos qu’il a tenus sur Canal+. Les belles âmes se sont écriées : « Vive la liberté d’expression ! », d’autres, quelquefois les mêmes, ont dit : « Ben, c’est la vérité ! Il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas… » Cela ne vous rappelle personne ?
Un avocat-général a validé sur son blog, l’« intuition » de Zemmour en proposant « à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris ».
On croit rêver !
Une intuition n’est pas un fait ! Pourquoi le magistrat ne parle-t-il pas des audiences de Tulle ou de Guéret ?
Et on oublie de dire que, regardant la délinquance en col blanc, celle des milieux financiers, économiques ou politiques, il semble ne plus y avoir de surreprésentation de Noirs et d’Arabes ! On oublie le lien si évident entre les contrôles au faciès et cette surreprésentation dans certains tribunaux des grandes villes.
On passe sous silence que ces jeunes hommes, (curieusement, il y a peu de vieilles dames jugées pour violence ou vol à la tire !) sont souvent pauvres et au chômage.
Ce que l’on voit dans certains tribunaux ne fait que traduire la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui une partie des Français noirs et arabes. Non, la délinquance n’est pas liée à la couleur de peau. Il n’est pas digne de transformer une conséquence en cause.
Les Français des minorités veulent, peut-être encore plus que les autres, la liberté, l’égalité et la fraternité.[/access]
Pédophilie : du crime au tabou

J’ai passé mon dimanche à chercher des mouchoirs. Pas de vulgaires kleenex, mais des mouchoirs en soie. Quand on est maire de Paris, on n’essuie pas ses larmes dans n’importe quoi et c’est à Bertrand Delanoë que je voulais envoyer un petit paquet enrubanné, afin que, le moment venu, il ait de quoi sécher ses pleurs. Car, le moment viendra, comme il vient pour tout homme, où il plaira à Dieu de rappeler à lui le cardinal Bertone et, ce moment-là, Bertrand Delanoë aura beaucoup de chagrin. Peut-être sera-t-il même inconsolable.
Certes, il y a deux semaines encore, le maire de Paris trouvait « choquants » les propos de ce cardinal qui associait dans une même phrase homosexualité et pédophilie : « De telles prises de position, écrivait le premier magistrat parisien dans le plus indigné des communiqués, sont d’autant plus dangereuses qu’elles stigmatisent délibérément une identité et portent ainsi atteinte au respect de la diversité et de la liberté individuelle. »
Or, depuis – il faut dire qu’une semaine entière a passé, l’éternité quoi ! –, Bertrand Delanoë a changé, puisqu’il salue, dans le plus ému des communiqués, la mémoire de Jean Le Bitoux, grande figure des combats homosexuels français et fondateur de Gai pied, disparu le 21 avril.
Quel rapport entre Jean Le Bitoux et Tarcisio Bertone ? Aucun, évidemment. Enfin, si. Les deux établissent, à leur manière, un lien entre homosexualité et pédophilie. Le premier, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le fait le 12 avril dernier au détour d’une conférence de presse donnée au Chili. Il ose affirmer qu’on lui a rapporté que certains spécialistes lient homosexualité et pédophilie : levée générale de boucliers. Quant au second, Jean Le Bitoux, ses manières sont un peu plus rudes. Il y a quelques années, il affirmait qu’homosexualité et pédophilie avaient partie liée, sans s’attirer autre chose à sa mort que la « gratitude » du maire de Paris pour son « courage militant ». Allez y comprendre quelque chose.
Dans un court entretien donné au magazine gay Illico en mars 2001, Jean Le Bitoux revenait sur l’histoire du mouvement militant homosexuel : « En France, l’homosexualité vient d’une culture pédophile avec André Gide. En 1968, il existait même un comité d’action pédérastique révolutionnaire. Dans le discours du GLH à partir de 1975, il y a tout un héritage du FHAR notamment sur la question pédophile. À l’époque, il s’agissait de libérer son corps, libérer ses fantasmes. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque-là la majorité est à 21 ans, ce qui est bien tard. Dans les années 1970, tout est à libérer y compris l’enfant qui est corseté comme la femme, comme l’homosexuel. Aujourd’hui, on ne parle plus du tout du même enfant. L’enfant des années 1970 était l’esclave d’une vieille civilisation, l’enfant d’aujourd’hui est extrêmement sacralisé. » Il poursuivait : « Tony Duvert tenait une rubrique dans Gai Pied où il affirmait : la question pédophile existe et certains gays sont pédophobes et ils considèrent que l’émancipation des homosexuels se fera sur le dos des pédophiles. On a inventé un homosexuel qui laisse de côté la question pédophile. »
Contrairement à beaucoup de sa génération (dont Bertrand Delanoë), Jean Le Bitoux n’avait pas la mémoire qui flanche. Il se souvenait même très bien des positions de Guy Hocquenghem, de René Schérer ou encore de Michel Foucault.
Dans les années 1970, tous plaident pour une reconnaissance des sexualités que l’on n’appelle pas encore « minoritaires », mais « périphériques ». Et loin de se contenter d’être des militants LBGT (lesbien, bisexuel, gay, trans), ils sont des militants LGBTP. Ils incluent le « P » de la pédophilie dans leurs revendications. Militants homosexuels et pédophiles deviennent compagnons de route et font front commun contre l’« ordre bourgeois » qui tient les « sexualités périphériques » pour des pathologies, des déviances, quand ce n’est pas pour des crimes.
C’est notamment le cas de Michel Foucault au tournant des années 1980 qui défend la pédophilie ou, plutôt, qui refuse qu’on l’enferme dans une monstrueuse figure psychiatrisée : l’auteur de L’Histoire de la sexualité dénonce ce qu’il pressent advenir – et qui adviendra pour connaître son paroxysme à Outreau – : la sacralisation de l’enfant innocent et la condamnation a priori de l’adulte. L’un et l’autre victime et criminel par nature : bourreau, fais ton office ! Cependant, que faire du désir sexuel de l’enfant ? Car pour Foucault, Hocquenghem ou Schérer, l’enfant n’est pas que pure candeur : il est aussi un être sexuellement désirant. Et désirable.
Dans ces années-là, la question de la sexualité de l’enfant n’est pas un tabou. L’intelligentsia française envoie, par exemple, en 1977 une pétition au Parlement réclamant la suppression de la majorité sexuelle et la dépénalisation des actes sexuels avec les moins de 15 ans. Dans les mêmes années, Libération publie des annonces de lecteurs cherchant des partenaires de 12 à 18 ans. Quant à Daniel Cohn-Bendit, il écrit avoir eu des jeux à caractère sexuel avec des enfants et s’en vante même sur le plateau d’Apostrophe, sans d’ailleurs que les gendarmes ne l’attendent à la sortie de l’émission pour lui passer les bracelets.
C’est que la pédophilie n’a pas la connotation nécessairement criminelle qu’elle a aujourd’hui. Le pédophile a encore, si l’on peut dire, des humanités : il s’idéalise en continuateur de l’antique pédéraste, en éraste qui ne serait fait que pour apprendre la vie à un éromène, en pédagogue qui aimerait les enfants. « Alcibiade, monte donc sur les genoux de Socrate, il va te faire réviser ta philo. »
Puis, le chemin des militants homosexuels et pédophiles se sépare. Cela se produit, selon Jean Le Bitoux, en 1982, avec l’affaire du Coral. Une dénonciation calomnieuse à propos de jeunes ados violés, des personnalités impliquées, un grand scandale médiatique : c’est une affaire d’Outreau avant l’heure – mais sans l’empressement de l’instruction à embastiller la terre entière.
Seulement, le « mal » est fait : les militants homosexuels ont obtenu, en août 1982, la dépénalisation de l’homosexualité et ils ont désormais autre chose à faire que de s’occuper de leurs anciens compagnons de route, d’autant plus qu’ils sont devenus, avec cette sale affaire du Coral, passablement encombrants. Et Jean Le Bitoux de conclure de façon cinglante : « Aujourd’hui, je pense que les pédophiles sont toujours les boucs émissaires des homosexuels. Le débat n’est plus du côté d’un espace de liberté que les pédophiles n’ont toujours pas, mais du côté de la jeunesse des homosexuels. »
Mince alors ! Tarcisio Bertone a dû lire Jean Le Bitoux, qui ose le plus odieux des amalgames et établit une relation entre pédophilie et homosexualité.
Qu’a-t-il dit, au fait, de si scandaleux, le cardinal ? « Nombre de psychologues, de psychiatres ont démontré qu’il n’y avait pas de relation entre célibat et pédophilie mais beaucoup d’autres ont démontré, et m’ont dit récemment, qu’il y avait une relation entre homosexualité et pédophilie. » Voilà ce qu’a déclaré Bertone, répondant à une question posée lors d’une conférence de presse au Chili.
À moins de confier à Robert Faurisson la réécriture de l’histoire du mouvement homosexuel en France depuis André Gide jusqu’aux années 1980 et de brûler à Paris-Plage l’œuvre de Michel Foucault, la vérité nous oblige à donner raison à Tarcisio Bertone : la relation entre homosexualité et pédophilie a été posée, depuis fort longtemps, par des intellectuels qui n’étaient ni des « fascistes » ni des « réactionnaires », mais des militants et des théoriciens de l’homosexualité, les tenants d’une avant-garde luttant contre ce qu’ils appelaient la « vieille morale bourgeoise » et une société qui surveille et punit.
Seulement, le mot pédophilie ne peut plus être prononcé sans emporter avec lui tout sens critique. Il vaut condamnation immédiate à celui qui en est suspecté, comme à celui, d’ailleurs, qui oserait interroger et remettre en cause ses présupposés. Surtout ne pas se demander s’il n’existerait pas une légère différence entre un violeur d’enfants et un amateur de beautés adolescentes : non ! à défaut de la tête, on leur coupera indistinctement les couilles. Ne pas se demander non plus ce qu’est la pédophilie, mais enfermer le mot et son indétermination sous le masque monstrueux et infrangible du pédophile, nouvel ogre de la fable contemporaine. La pédophilie n’est plus seulement un crime. Elle est un tabou, la camera oscura d’une sexualité qui s’estime désormais affranchie de toute histoire.
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Allons, enfants du rapatriement
Nos confrères nous indiquaient ce dimanche qu’il y avait encore près de dix mille Français bloqués à l’étranger, plus de dix jours après l’éruption du volcan au nom imprononçable, sauf par les lecteurs de sagas islandaises. Dans la liste donnée des escales critiques où nos compatriotes doivent errer désespérément dans les duty free à contempler des Japonais et des Chinois acheter des parfums et des cravates qu’eux ne peuvent plus s’offrir depuis longtemps, on trouve Saint-Denis-de-la-Réunion, Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, Bangkok, Pékin, Shanghaï et Punta Cana. Cette liste, obligeamment fournie par le ministère des Affaires étrangères, semble cependant oublier Kaboul, où près de trois mille Français avec des Famas et des VAB, escroqués par les voyagistes de l’OTAN, semblent durablement cloués au sol. En effet, seuls 41 d’entre eux ont pu être rapatriés depuis 2001. Dans des cercueils.
Oublier Belgrade

Un lâche soulagement mêlé de honte. La formule – que l’on doit à Blum[1. Après la signature des accords de Munich qui entérinèrent la mainmise d’Hitler sur les Sudètes, avec la fin que l’on connaît.] – décrit le sentiment des pays de l’OTAN après la bien nommée opération Paix Alliée contre la Serbie. L’offensive aérienne menée par la coalition atlantiste en 1999 offre ainsi le prétexte d’un romanquête[2. Ce néologisme constitue la principale contribution de Bernard-Henri Lévy au monde des lettres. A en croire les spécialistes des réseaux islamistes pakistanais, son « romanquête » Qui a tué Daniel Pearl penchait nettement du côté du roman héroïsé.] court et poignant sur la question yougoslave. L’auteur, David di Nota, y fait le récit de ses pérégrinations serbes à la recherche du parc d’attraction que fit construire le fils de Milosevic : Bambibark. Métaphore à ciel ouvert, ce jardin délabré est à l’image de la Serbie d’aujourd’hui : portant les stigmates de la guerre mais toujours debout. Installé dans la ville natale du semi-despote déchu, son théâtre inca à moitié détruit conserve les séquelles des bombardements humanitaires occidentaux. Dans son labyrinthe, seul rescapé des tapis de bombes déversés au nom des droits de l’homme, des enfants jouent en insultant les étrangers de passage. C’est sans doute au ressentiment des jeunes générations qu’on reconnaît les nations meurtries par les aléas de l’histoire. Que le quidam serbe sombre dans l’ultra-nationalisme et justifie la purification ethnique contre les Albanais ou qu’il vitupère Milosevic, le constat reste implacable : l’OTAN n’a pas arrêté l’hémorragie ethnique au Kosovo, bien au contraire.
Après le triste précédent de Srebrenica en 1995[3. Massacre de 8000 Musulmans de Bosnie au nez et à la barbe des forces militaires américaines qui accusèrent… un nuage d’être à l’origine de leur bévue.], quatre ans plus tard, la guerre au nom du Bien m’enraya pas la déportation massive de musulmans, et provoqua une contre-purification ethnique à l’encontre des Serbes du Kosovo. Di Nota note avec acuité le cynisme d’une communauté internationale – dont Védrine répète à l’envi qu’elle n’a d’autre existence que médiatique- prétendant s’affranchir des intérêts nationaux alors même qu’elle n’applique que la volonté du plus fort. Au sein même de l’alliance atlantique, quoiqu’en disent les partisans zélés du retour de la France dans le giron otanien, les grandes orientations stratégiques sont le fait exclusif des chefs d’Etat major étasuniens, y compris lorsque des milliers de vies européennes sont en jeu. D’où l’on réalise que l’intérêt national constitue l’alpha et l’omega de la diplomatie. Aujourd’hui comme hier, le recours rhétorique aux droits de l’homme masque mal le projet géopolitique d’une grande Albanie apte à damer le pion à l’axe Belgrade-Moscou. Et les vies humaines me direz-vous ? Parlons-en justement, deux mois de bombardements intensifs contre les bases militaires puis les infrastructures civiles auront enfermé Albanais et Serbes dans le réduit kosovar. Massacres contre purification ethnique, souvent au sein d’une même communauté. L’un des personnages de di Nota évoque les exactions perpétrées par l’UCK contre les factions albanaises plus modérées, la première passant en quelques semaines de la liste des organisations terroristes dressée par Washington au statut de freedom fighter. Combattant de la liberté : nom masculin breveté par le Pentagone, désigne un terroriste qui accepte la valise de billets otanienne.
Cette hypocrisie larvée se trouve au centre de Bambipark, qui dans une succession de très courts chapitres, ébauche un réquisitoire contre la moraline contemporaine. Le spectre post-moderne d’une guerre dictée par des impératifs moraux et encadrée par le droit trouve dans di Nota l’un de ses plus brillants détracteurs littéraires. Cheminant à travers les anecdotes et les témoignages, le narrateur démontre pas à pas l’aporie de la guerre juste, cette croisade humanitaire contre l’infâme. Déjà, le très controversé Carl Schmitt avait en son temps dénoncé les ravages des guerres justes, nécessairement totales en ce qu’elles visent l’anéantissement de l’ennemi, et non plus la défaite de l’adversaire. Point d’amnistie possible au royaume des cieux : le coupable doit périr dans les flammes du droit, privé de son humanité en sa qualité de salaud éternel. Dans les faits, hormis quelques phytothérapeutes barbus, aucun des principaux hommes de main de Milosevic ne fut traduit en justice à La Haye. Sans parler des criminels de guerre albanais qui purent se draper dans leur vertu de victime ontologique. Comme si, dans cette mosaïque de nations, le Mal avait une frontière et une religion…
La moralisation de la guerre se prête mal à la complexité. Au jeu fixe des identités ethnoculturelles répond l’immuabilité des statuts de bourreaux et de victimes, quitte à fermer les yeux sur quelques charniers mal placés. On accordera à l’auteur que le déclenchement d’un conflit armé motivé par la seule existence d’un massacre ne constitue pas un progrès de la justice internationale. Sans nier la réalité des massacres endurés par les Albanais du Kosovo, on peut a posteriori donner raison à Régis Debray, Thierry Séchan et Patrick Besson[4. A l’époque vilipendés par les Torquemada du politiquement correct, toujours prompts à débusquer un complot rouge-brun derrière tout discours anti-manichéen.] qui alertèrent l’opinion publique contre la diabolisation des Serbes, la déshumanisation qui s’ensuivit et les conséquences délétères de bombardements qui favorisèrent la branche la plus intransigeante du nationalisme serbe.
Une décennie après ce déferlement de feu sur l’ex-Yougoslavie, une fois l’indépendance du Kosovo acquise, plus d’un balkanologue hocherait du bonnet devant le triste constat de di Nota : peut-être qualifierons-nous désormais d’humanitaires les guerres dont nous ne maîtriserons plus le cours politique ? En effet, qui se souvient de Chirac jurant urbi et orbi que l’indépendance du Kosovo ne sera jamais à l’ordre du jour ?
Comme si la moralisation de la guerre ne suffisait pas, son supposé encadrement par le droit s’avère aussi fructueux que la doctrine du zéro mort. Cela va de soi, nous ne saurions nous passer de la nécessité d’un jus gentium apte à réguler les relations internationales. Refuser la loi du plus fort est une chose. Prétendre que le droit arraisonnera la réalité en est une autre. Or les faits sont têtus. L’OTAN aura beau jouer le rôle d’Antigone, les Créon des Nations rappelleront le bienfondé de la raison d’Etat. Tous les Marchiani du monde vous expliqueront que l’intérêt suprême de la patrie exige parfois de s’émanciper du droit, pour ramener des otages au bercail ou assurer le maintien d’un semblant de cohésion nationale. Ce que les zélateurs du droit d’ingérence ne saisiront jamais, c’est l’existence de communautés politiques souveraines seules à mêmes d’assurer la liberté des peuples. Qu’occasionnellement des semi-autocrates du type Milosevic abusent de leurs pouvoirs, commettent des crimes de sang ou de guerre n’annule pas cette vérité. A Rambouillet comme jadis à Versailles, il s’agit avant tout d’humilier une patrie, au mépris des rapports de forces entre pays à forte sismicité ethno-religieuse. A en croire l’auteur, bien que Milosevic fût prêt à tout lâcher, la guerre était déjà programmée en haut lieu, sans passer par la case onusienne.
Comme le résume di Nota dans un bel aphorisme, la guerre a ses lois propres que la raison ne connaît pas, parce qu’elle dépasse infiniment en tragédie ce que la raison peut admettre.
N’en déplaise à l’ami Nabe, on saura gré à Philippe Sollers d’avoir publié ce petit bréviaire de la polémologie en temps de paix, pavé dans la mare de l’acédie littéraire…
Pape star
Animé par David Abiker, Parlons Net reçoit cette semaine Vincent Aubin. Normalien, il a traduit l’œuvre de Thomas d’Aquin. Avec lui, Parlons Net évoque la crise qui secoue le Vatican avec les affaires de pédophilie et les maladresse récente de Benoit XVI. Il est également question de la foi sur internet et de Freud, Freud dans le collimateur d’un autre philosophe, Michel Onfray. Pour interroger Vincent Aubin : Chloé Leprince de rue89.com, Vincent Glad de Slate.fr et François Miclo, de Causeur.fr.
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Laissez les rondes en paix !

Je n’ai jamais eu les goûts de mon temps, et je m’en flatte. Qu’il s’agisse des idées, des livres, de l’emploi de nos forces armées, de la cuisine, du cinéma, de la mode, de l’indépendance nationale, du suffrage universel, je ne suis à peu près d’accord sur rien avec personne. J’ai cependant la misanthropie heureuse. Je la partage avec quelques âmes choisies, anciens compagnons d’armes, buveurs émérites et lecteurs de La Fontaine :
« J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n’est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. »
Une fois que l’on a admis que les villes et les campagnes n’existaient plus, que le jeu est devenu synonyme d’abrutissement psychotique devant des consoles électroniques, que les livres ne sont plus lisibles après 1970 et la musique inaudible depuis la mort d’Otis Reding, il nous reste l’amour.
Et même là, il faut bien dire que ce n’est pas gagné. L’amour est devenu un consumérisme comme un autre, sous le signe du bonheur obligatoire. Le divorce a transformé le mariage en CDD. Pour la trentenaire bovaryste branchée, habituée au précariat, c’est une étape presque obligée, et pour le quinquagénaire qui a réussi, c’est un mode de répudiation tellement facile que les rois de France, dans leurs tombeaux, doivent en pâlir de jalousie. Quant au Pacs, il en a terminé avec l’idée de couple, c’est à dire avec l’idée d’engagement. Là où quelques mesures fiscales auraient suffi pour les couples homosexuels, il a fallu faire une loi. Comme d’habitude.
Il n’empêche, on n’imagine mal Daphnis et Chloé, Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, Pédéraste et Médisante, Philémon et Baucis ou Oreste et Pylade, si vraiment on y tient, aller signer un formulaire en trois exemplaires dans une préfecture pour signifier leur refus des codes dominants de leur temps.
Et de l’amour, comme nous ne sommes pas de purs esprits, nous en arrivons assez vite au corps.
En ce qui concerne le corps masculin et sa représentation, les choses sont claires, la publicité est devenue totalement homophile. Les bustes bodybuildés pour eau de toilette, les pectoraux spartiates pour prêts bancaires, les deltoïdes soviétiformes pour grosses cylindrées donnent parfois l’impression que Séguéla et ses rejetons puisent leur inspiration chez Arno Breker. Hors de l’iconologie pédé, point de salut. Tu seras métrosexuel, mon fils…
Pour les femmes, en revanche, c’est évidemment le contraire. La femme de la pub, et en particulier le mannequin qui en est l’aristocratie, comme le mineur formait l’aristocratie de la classe ouvrière, est osseuse, anorexique, maladive. Pour une Laetitia Casta, combien de Kate Moss ? La filiforme aux méplats qui annoncent le cadavre a gagné la guerre du goût, depuis facilement trente ans. Au moins a-t-on passé la pénible période des années 80 où l’androgynie hurlante d’une Grace Jones ou d’une Brigitte Nielsen devait donner l’impression à ceux qui les serraient entre leurs bras d’être tombé sur un garçon avec un vagin.
Seulement, dans la vraie vie, ou dans l’IRL comme disent les nouveaux esclaves du virtuel, les femmes sont parfois rondes, voire grosses. Et comme l’époque se veut d’une impitoyable douceur, pour éviter les suicides narcissiques, on assiste ces temps ci à propagande pro-grosse tout aussi scandaleuse que l’éloge permanent de la maigre. Les magazines féminins les plus branchés ou les plus institutionnels rivalisent dans le bonnet F comme « femme comme les autres » et dans toutes les émissions ce ne sont que rhubarbe et séné pour les tailles 60 et les strings XXL. Et c’est une adorable mannequin qui donne des envies de longs câlins, Lizzie Miller, blonde, ronde et gironde, qui est devenue en un rien de temps, une idole.
Nous disons propagande scandaleuse car il s’agit en fait d’une belle hypocrisie qui masque derrière une fausse tolérance une manière de discours compassionnel, le même qu’on adresse aux myopathes ou aux malades du sida. Gageons que cet engouement durera quelques semaines et que bientôt le totalitarisme étique va revenir en force sur le papier glacé et glossé. La grosse sera simplement, désormais, un marronnier moral qui fera partie, une fois par an, du cahier des charges des magazines aux noms de pétasses. D’ailleurs l’inénarrable Lagerfeld, sec comme un coup de trique protestante, l’a craché haineusement, un peu énervé par ce retour en grâce même éphémère de ce qui lui est totalement étranger à savoir la sensualité du moelleux : « Personne ne veut voir de femmes rondes ! »
Je ne sais pas si monsieur Chanel, version Ruhr a raison mais il faudrait tout de même que tout ce petit monde là, avec son capitalisme esthétique, comprenne que les grosses n’en ont rien à faire de cette faveur éphémère pour solde de tout compte, ni du mépris de Lagerfeld. Elles n’ont pas besoin de cette surexposition suspecte pour savoir qu’il y a des hommes qui, de tout temps, ont préféré Beth Diddo à Amy Winehouse et Jane Mansfield à Jane Birking. Ils ont évidemment minoritaires mais ils existent.
Et j’en fais partie. Fièrement. La bien en chair m’enchante, le bourrelet me console, la callipyge m’affole. Je veux mourir comme Mastroianni dans la Cité des femmes, je veux être celui qui regarde la potelée indécente par le verrou de Fragonard, je veux le cul d’Andréa Ferrol quand elle est au lit avec Jean-Pierre Marielle dans les joyeusement subversives Galettes de Pont-Aven ou qu’elle l’imprime sur un gâteau dans ce requiem nihiliste somptueux qu’est La grande bouffe de Ferreri.
Je ne demande aucune psychanalyse, je ne veux pas qu’on se penche sur ma date de sevrage, je ne veux pas savoir si il reste en moi des lambeaux d’un inconscient collectif jungien venu du moyen âge italien quand le popolo grasso, les riches, s’opposaient au popolo minuto (les pauvres). Je veux simplement qu’on me laisse à ma dilection pour les cuisses un peu trop épaisses, les seins un peu trop lourds, les visages un peu top poupins, les hanches un peu trop larges. Sans qu’on me dise si c’est bien ou mal.
Je veux qu’on me laisse avec la vie, la vie opulente comme un Courbet. D’ailleurs, mon dernier vœu, avant de mourir, serait de pouvoir entrer dans un de ses tableaux, Les Baigneuses, par exemple, et de devenir celui qui les attend sur la rive.
Et je peux vous assurer que notre éternité, on ne la passerait pas à lire des magazines féminins. Des magazines de maigres.
Tank punk
Les pages « styles » du Figaro nous informent de l’existence réjouissante du 4×4 le plus insolent au monde, et le plus indifférent à l’écologie : le Prombron du constructeur Dartz. Présenté au Salon des voitures de luxe de Monaco ce « monstre des steppes » complètement punk, affichant plus de cinq tonnes de muscles et de métal, est vendu 100.000 euros. « Habituellement Dartz s’expose dans les salons de matériel militaire » explique Igor Daleckis, représentant en France de la société contrôlée par des Russes de Lettonie. La marque communique peu sur le bilan carbone de ce luxueux tank, ni sur le développement d’un éventuel modèle hybride kérosène/gazole… Saluons l’existence de ce puissant SUV post-Hummer absolument décomplexé, et prions pour son arrivée massive dans les rues des villes françaises. C’est assurément la meilleure arme pour se réapproprier un espace public infesté de Vélib, de tramways, et de sombres rolleristes tintinnabulant …
Frédéric Marconi
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Frédéric Marconi commença sa carrière comme répétiteur dans une riche famille romaine, avant de se passionner pour la zoologie et d’introduire le perroquet en Italie.
[access capability= »lire_inedits »]Le peintre le représente ici en train de mettre une dernière main à la Missa solemnis de Beethoven. Perfectionniste, Frédéric Marconi corrigeait beaucoup, comme le rapporte Stendhal dans son Voyage en Italie : « Il fait beaucoup de pâtés, Marconi. »
Anonyme, Portrait de Frédéric Marconi en pleine répétition, huile sur toile conservée au musée de la Boétie.
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