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« Ils ne passeront pas », disaient-ils…

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Il est urgent de revoir notre paradigme sécuritaire, alors qu’aucun service spécialisé ne peut vraiment faire face devant ce « terrorisme du couteau ». 


En 1940, l’armée française disposait de moyens assez comparables à ceux de l’Allemagne. En 1932, dans Le Fil de l’épée, le général de Gaulle avait couché par écrit une doctrine d’emploi des forces blindées. En janvier 1940, il préconisait de combiner l’emploi des chars et de l’aviation. Ces doctrines eussent été précieuses pour ce conflit. Elle le furent, mais pour les Allemands, qui les baptisèrent « blitzkrieg » ; car l’état-major français s’en était désintéressé : depuis 1918, il avait jugé plus utile de préparer une nouvelle guerre de 14 en édifiant la ligne Maginot.

C’est à peu près où en est l’État français aujourd’hui face à la menace terroriste. On a renforcé les services de renseignement intérieurs après janvier 2015, alors que l’islamisme de masse n’était plus surveillé depuis 2008, la seule recherche se faisant sur une base individuelle par le fameux « big data », le même qui prévoyait des centaines de milliers de morts de la Covid-19 en France au printemps dernier. Dans un cas comme dans l’autre, on en a vu le résultat.

Les forces d’intervention françaises sont avant tout des « professionnels »

On a acheté des cagoules et des rangers à la tonne pour équiper des forces d’intervention qui s’entraînent d’arrache-pied pour le jour où on aura besoin d’eux pour casser des portes sur ordre, ou faire tomber un nouvel immeuble à force de rafales et de tirs de 12,7mm. Encore faut-il que quelqu’un trouve ces portes et ces immeubles, et donne à ces braves gens – qui se sont récemment dotés d’un béret fantaisiste pour tenter de lier leur image aux troupes d’assaut spécialisées (ça doit faire hurler de rire les commandos Marine et le 1er RPIMA) – de quoi faire le trajet jusqu’à leur objectif. Quand on part de Bièvre, par exemple, il y a forcément des délais de route.

Les médias se complaisent à appeler tout ce beau monde des « policiers d’élite ». Il semble bien plus prudent de simplement les qualifier de « professionnels ». Ils ont une mission spécialisée qu’ils remplissent, selon l’expression consacrée, « à la pleine satisfaction de leur hiérarchie ». Et il existe d’autres professionnels, bien plus nombreux et bien moins considérés : gendarmes et policiers patrouillent au quotidien sur la voie publique pour protéger le peuple français, intervenant indifféremment sur un différend familial comme sur un vol à main armé, une cible sur la poitrine car porteurs d’un uniforme haï par les voyous comme par les antirépublicains, qu’ils soient de La France insoumise (LFI) ou de Daesh ; intervenant aussi, et ils sont souvent les premiers, sur les actes terroristes.

Un « terrorisme du couteau » largement imprévisible

Et c’est bien pour cela que tout comme il aurait dû le faire en 1940 en matière de doctrine militaire, il faudrait que l’État change d’urgence de paradigme sécuritaire face à la criminalité de droit commun comme pour contrer le nouveau terrorisme. En effet, le renseignement ne peut stratégiquement rien contre le terrorisme tel qu’il s’est régénéré depuis le premier attentat de Nice, lorsqu’un islamiste a fini par être abattu par des policiers non spécialisés, mais eux aussi professionnels, après avoir broyé une foule d’innocents avec le camion qu’il conduisait. Des policiers, dont certains ne dorment toujours pas, hantés par les images de ce carnage, mais qui tous les jours reprennent leur service, tel ce policier municipal niçois qui est intervenu sur le massacre de l’Église de Nice. Un policier pleure aussi, de rage, de chagrin, d’horreur. Puis il revient, lorsqu’il le peut encore.

À lire aussi, Nicolas Lévine : France: plutôt la dhimmitude que la guerre?

Devant ce terrorisme du couteau, ce terrorisme de la brute, aucun service spécialisé ne peut faire vraiment face. Il serait déloyal de le lui demander. Le renseignement fonctionne sur le temps long, et ses membres sont incapables d’interventions opérationnelles d’urgence. Quant aux unités d’intervention dépendant du RAID ou du GIGN, leurs délais de projection, sauf hasard heureux, en font des intervenants sur des situations déjà figées.

La riposte face au terrorisme du « coin de la rue »

Vu la masse de gens potentiellement dangereux, l’étendue du territoire et la nature primitive d’attaques qui ne demandent aucun réseau de soutien, les premiers défenseurs de la population ordinaire – qui, tous les jours, parcourt les rues de France et vaque à ses occupations – sont donc les policiers et les gendarmes en charge de la sécurité sur la voie publique. Rappelons-nous d’ailleurs que ce fut déjà le cas lors des attentats de Paris, au cours desquels les soldats de Vigipirate refusèrent de prêter leurs fusils d’assaut aux policiers primo-intervenants de la BAC, qui durent donner l’assaut avec de simples pistolets de service face à des armes automatiques. Si depuis on a doté d’armes longues une partie (seulement) de ces équipages, on a en revanche pas ou peu augmenté le nombre de policiers qui les composent.

Une patrouille de Police lors de la célébration de la messe de la Toussaint, autour de la Basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice, le 1er novembre 2020. ©SYSPEO/SIPA Numéro de reportage : 00988958_000044
Une patrouille de Police lors de la célébration de la messe de la Toussaint, autour de la Basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice, le 1er novembre 2020. ©SYSPEO/SIPA Numéro de reportage : 00988958_000044

Or, ce sont bien eux qui, lors de la plupart des attentats, ont été primo-intervenants, quand ce n’était pas une patrouille de police municipale comme dans l’église de Nice (le RAID n’a fait que venir se greffer à la fin pour avoir son nom sur la photo, et justifier, si l’on peut dire, son existence…). Quand dehors, on porte un uniforme, qu’on a le sens du service et qu’on est requis en urgence, on marche vers le danger, et parfois vers la mort. Il est du devoir de l’État de veiller à ce que ce genre de combat soit gagné aussi souvent que possible. Mais même cet engagement a ses limites. Comme on vient de le voir, le terrorisme du coin de la rue est un phénomène auquel on ne pourra riposter, la plupart du temps, qu’en temps réel, par des unités de voie publique. Mais même eux ont des délais d’intervention qui, sauf lorsque par chance une patrouille est à proximité, ne permettront jamais de limiter les tueries aux premiers instants de leurs commissions.

Chaque seconde, une nouvelle victime peut tomber sous un simple couteau, jusqu’à ce que l’auteur soit abattu. Dans les grandes villes, la concentration urbaine est telle que quelle que soit la rapidité d’intervention de la Police, les victimes s’enchaîneront. En zone rurale, les personnes les plus éloignées des brigades territoriales de Gendarmerie seront assassinées sans espoir de secours.

Un changement de paradigme sécuritaire nécessaire

Le paradigme sécuritaire doit changer. Il faut repenser l’armement défensif de la population, en imaginant un contingent de supplétifs formés, comme cela se fait en Israël, où les vigiles devant les écoles sont armés pour se préparer aux plus atroces attaques terroristes possibles, en particulier celles visant des enfants. Tout policier ou gendarme à la retraite doit pouvoir conserver son arme sous conditions d’entraînement (ou mieux, utiliser une arme régulièrement autorisée pour le tir sportif, ce qui coûterait moins cher à l’État). Tout militaire d’active (d’unités de combat et validé par leur hiérarchie) doit pouvoir être armé hors cantonnement. Cela ferait déjà des dizaines de milliers de personnes supplémentaires, servant ou ayant servi le pays, entraînées, et disposant des connaissances juridiques nécessaires sur la légitime défense, qui pourraient assurer la défense immédiate contre les actions individuelles engageant juste un armement primitif, qui promettent d’être les plus terrorisantes pour la population dans les années qui viennent.

À lire aussi, Alain Finkielkraut: Samuel Paty, le dévoilement et le déni

Et au-delà, il faut se rappeler que l’armement du peuple français fut une conquête de la révolution qui s’est perpétuée jusqu’à l’entre-deux-guerres, non seulement par la chasse, mais aussi par la nécessité de défense de la population isolée : tout paysan avait, jusque dans les années 30, un pistolet chargé dans sa table de nuit, acheté chez Manufrance, pour se protéger des « chauffeurs ».

Certes, on peut hésiter devant les risques à armer la population. Je ne le préconise d’ailleurs pas forcément. Mais les « oui mais » doivent changer de camp : le premier « oui mais » à prendre en compte est celui-ci « oui mais on ne peut pas laisser mourir des innocents sans rien faire, sachant que les mesures actuelles ne suffisent pas. »

Ne poussons pas le Peuple à décider, un jour, de se défendre lui-même. La tache sur l’Histoire du pays serait sanglante.

Le fil de l'épée

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Confinement : Ministères, Cabinets ou chiottes, même résultat

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Les cabinets ministériels sont composés d’une caste complètement déconnectée de la réalité. Comme les toilettes, ils s’apparentent à un lieu clos et secret pour le grand public.


Plusieurs mots désignent ce lieu d’aisance où nous allons soulager nos humeurs physiques ou mentales, lire un magazine, tresser des cordes pour la marine. Les toilettes sont le terme le plus courant. Le vulgaire dira chiottes, le familier suggérera le petit coin. Le cabinet fait aussi partie de cet attirail. Il est drôle d’imaginer que le directeur de cabinet d’un ministère ou de l’Elysée est aussi un directeur des chiottes. Pourquoi utiliser ce terme ? Il suggère l’isolement, le lieu clos, le secret, la retraite. Il convient superbement à ce burlesque carnaval de décisions que nous subissons tous depuis la crise Covid dans une absurdité sans fond, stupide, décalée, irréelle. Des cabinets ou des chiottes, il ne sort décidément que le même matériau dans les tuyaux.

À lire aussi, Jean-Paul Brighelli : Pour une réponse gaullienne aux maux de la France

Dans un processus immuable, tout commence par un orage de communication avec force déclarations. Puis on essaie de mettre les textes en accord avec des mots prononcés à la hâte. Alors entrent en jeu ces cabinets ministériels. Quelques jeunes gens bien instruits confondent instruction et intelligence. Ils s’enivrent à la pratique du pouvoir absolu. Ils vont rédiger dans la nuit des textes abscons qui s’imposeront demain aux Français. La nuit, on est tranquille, pas de maires, de parlementaires ou d’experts pour nous expliquer la réalité du terrain. L’extase de la puissance souveraine les saisit. Ils vont imposer des mesures à tous les Français. Ils savent tout.

Un petit cercle déconnecté des Français

Comme ils sont pressés, ils vont définir à la hâte un scenario qui s’inspire de leur cercle familial, de leurs amis proches, de leurs relations, de leur vie quotidienne. Ils sortent tous du même moule. Et là commence le problème. Ce petit cercle ne vit pas du tout comme les Français et n’en a pas la plus petite notion. Il a découvert les gilets jaunes comme une jacquerie sous Louis XIV. Il lui est difficile d’imaginer la vie quotidienne d’un fleuriste, d’un hôpital, d’un agriculteur, d’un restaurateur, d’un boulanger, d’un routier et même d’un fonctionnaire de terrain. En fait, ces jeunes gens des cabinets ministériels ne savent rien, ni de la France qui travaille et produit, ni de celle qui souffre, ni de celle qui réfléchit et analyse. Ils n’ont jamais fait que de la théorie en chambre, puis en cabinet, suspendus dans une canopée qui ne voit jamais le sol, comme en Amazonie.

Ils sont là le temps de gesticuler suffisamment pour se faire remarquer et atterrir dans un poste confortable où ils commettront d’autres actes aussi absurdes envers leur personnel, leur public. Ceux qui seront lucides parmi eux quitteront rapidement cette folie, soit éliminés car trop dangereux, soit écœurés par cette triste vérité du pouvoir. Nos « élites » des cabinets ministériels ne procèdent plus de la compétence mais de la cooptation selon des circuits obscurs et consanguins.

La crise Covid contribue simplement à révéler à la lumière ce terrible mal français d’une technocratie devenue ridicule à force d’être absurde, clergé sans dieu, robots du pouvoir, déni quotidien de notre démocratie. La France est le dernier pays en Europe à déployer ces aéropages antiques en hôtel particulier, là où un ministre allemand utilise simplement trois personnes pour diriger son administration et en connaitre parfaitement les rouages au contact du public. Les fonctionnaires eux-mêmes seraient-ils de la caste des intouchables au point qu’un ministre ne les contacte que par son cabinet ?

« Il y a un peuple indigène en France et sa capacité d’accueil est dépassée, largement! »

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Le délégué pour les études et argumentaires du Rassemblement national, membre de son bureau national, quitte le parti. Il s’en explique et dévoile ses projets. Enfin, il apporte des précisions utiles sur ses positions dures sur l’immigration, l’islam ou l’identité nationale.


Causeur. Vous avez annoncé la semaine dernière partir du Rassemblement national. Pourquoi ?

Jean Messiha. Il y a des moments dans la vie où on se dit qu’il ne faut pas insister quand on travaille avec et pour des gens que vous gênez parce qu’ils s’attendaient à faire de vous un pondeur de notes et découvrent avec désagrément que vous n’êtes pas que cela. Il est vrai que j’ai acquis au fil des mois une réelle popularité dans les rangs de nos militants et sympathisants et une certaine audience dans les médias. Cela n’était pas prévu et cela a déplu. Par ailleurs j’ai pris des positions franches sur certaines thématiques comme l’Islam et l’identité européenne de la France métropolitaine. Cela n’a pas plu non plus mais ce sont mes convictions profondes.

Dans Valeurs actuelles, vous estimez que vos « compétences et engagement ne sont pas reconnus ». Européennes, Paris, Aisne pour les prochaines régionales, vous avez effectivement attendu des investitures en vain. Pourquoi cela vous était-il refusé, selon vous ?

Un mouvement politique est une organisation humaine avec ses hauts et ses bas, ses grandeurs et ses bassesses. Il y a des jeux d’influence avec des sympathies mais aussi des jalousies voire des haines.

Je suis arrivé au FN sans aucune expérience du monde politique. Mon parcours était principalement celui de la fonction publique qui n’est pas un monde parfait tant s’en faut mais où on fait passer dans une large mesure le travail et les qualités des gens avant d’autres considérations moins objectives. J’ai découvert ce qu’est la vie d’un parti et c’était vraiment intéressant. « Une grande leçon de vie » comme on dit mais ce que j’en ai retiré est bien plus important que les déceptions qui n’ont au fond aucune importance. Marine Le Pen a fait des choix  qui lui appartenaient pleinement. Vous connaissez la formule « gouverner c’est choisir ». La présidente du RN a fait des choix dont j’imagine qu’ils ont été mûrement réfléchi. Vous connaissez l’autre formule « se soumettre ou se démettre ». Je me suis démis. La vie continue et elle est même encore plus excitante et porteuse de promesses. Toutefois, en partant j’ai réitéré à Marine Le Pen mon amitié et ma reconnaissance pour ce qu’elle m’a apporté. Ce n’étaient pas des paroles de convenance, je les ai dites en sincérité.           

Vous dites que c’est Marine Le Pen qui a choisi de ne pas vous offrir les investitures que vous désiriez, que ces choix étaient mûrement réfléchis et que vous ne lui en voulez pas. Cependant, à commencer par le journal le Monde, beaucoup ont effectivement cru voir dans votre départ un mouvement d’aigreur. Mais ce n’est pas interdit d’avoir de l’ambition personnelle, non ?

J’avais déjà indiqué chez vos confrères de Valeurs actuelles que certains feraient circuler le bruit que mon départ reflétait des aigreurs. Si j’étais aigri je ferais ce que d’autres ont fait avant moi, casser du sucre sur Marine Le Pen. Ce n’est pas ce que je fais car comme je l’ai aussi déjà dit j’ai de l’estime pour elle et je pense qu’elle a des qualités incontestables. 

Le pionnier fut Noël Mamère qui passa de la télé à la politique à la fin des années 80. Roselyne Bachelot fut un bon exemple de l’inverse. Mettons cela au débit ou au crédit des changements profonds que les réseaux sociaux et les talk show à l’américaine comme ceux de mon ami Cyril Hanouna ont apporté à notre société. On peut le regretter ou vivre avec, j’ai choisi la seconde solution

La vie serait bien triste sans ambition. On a tous nos ambitions elles vont des plus modestes aux plus hautes. Une sportive veut battre ses records, un patron veut faire croître sa boite, un employé veut voir son travail reconnu et progresser, une chercheuse veut trouver, etc. Un homme politique qui a des convictions veut les faire partager à ses concitoyens. Je suis dans cette démarche et je pense être mieux à même de le faire dans une structure nouvelle, mais ce n’est pas une initiative solitaire. J’ai une équipe qui s’étoffe jour après jour de gens de grande qualité.          

Il se murmure que l’on va vous voir davantage sur Cnews. Si oui, quels sont vos projets sur la chaine ? Faut-il ne pas être encarté dans un parti politique pour travailler sur Cnews ? Ne faut-il pas s’inquiéter des frontières qui s’estompent entre politique et commentateur, journalistes et divertisseurs ? Je ne pense pas forcément à vous, mais je pense à Raquel Garrido, Laurence Sailliet, Jean-Marie Bigard… Aurais-je tort d’y percevoir une sorte de décadence pour la noblesse du politique ?

La noblesse du politique est de parler avec son cœur autant qu’avec sa tête et où qu’on le fasse, dans une réunion publique, au cours d’un dîner avec des militants, sur un plateau de télé ou dans un studio radio. En la matière il y a beaucoup de particules mais pas toujours de vraie noblesse. Passons.

Nous sommes un pays qui adore les débats d’idées et quels que soient nos camps ils sont plutôt de qualité. Quand on a suivi la campagne présidentielle américaine on se rend compte à quel point nous avons en France et dans d’autres pays d’Europe une vie politique dont nous pouvons être raisonnablement fiers.     

Pour répondre à votre question, je suis très heureux d’être un invité régulier de CNews qui à la différence d’autres donne la parole à tout le monde sans parti pris. J’ai l’impression d’un panel très large d’intervenants qui va de la politique à la société civile. Le sujet des frontières entre les genres que vous soulevez est très intéressant. C’est l’honnêteté intellectuelle qui fait la différence. Les téléspectateurs et les auditeurs ont à mon avis acquis une grande maturité. Ils sont parfaitement capables d’apprécier la légitimité et la sincérité de ceux qu’ils regardent ou écoutent. Vous avez cité Laurence Saillet et Raquel Garrido. Leurs prises de position sont partisanes et claires. L’une représente la droite qui se revendique « républicaine » comme si le reste du spectre politique ne l’était pas, Raquel Garrido représente la gauche radicale et immigrationniste et ne s’en cache pas. Jean-Marie Bigard c’est autre chose. Il a voulu suivre brièvement l’exemple de Coluche. C’est un humoriste extrêmement truculent que des millions de Français adorent. Personne ne lui en veut pour cette palinodie.

Toutefois vous avez raison les choses sont devenues plus fluides qu’elles ne l’ont longtemps été. Le pionnier fut Noël Mamère qui passa de la télé à la politique à la fin des années 80. Roselyne Bachelot fut un bon exemple de l’inverse. Mettons cela au débit ou au crédit, comme vous voulez, des changements profonds que les réseaux sociaux et les talk show à l’américaine comme ceux de mon ami Cyril Hanouna ont apporté à notre société. On peut le regretter ou vivre avec, j’ai choisi la seconde solution car tant que l’on a quelque chose d’utile à apporter au débat public, il faut s’exprimer.

L’occupation de cet espace médiatique compte-t-il plus que le militantisme sur le terrain, de nos jours ?

Les deux. Je suis surpris de voir la complémentarité entre les médias et le « terrain ». Très régulièrement quand je suis interpellé dans l’espace public ou dans des réunions militantes, on me rappelle des émissions auxquelles j’ai participé, les propos que j’ai tenus, et cela crée une opportunité d’échanges nouveaux, personnels cette fois-ci.   

Je ne crois pas que le choix identitaire d’un nombre croissant de Français reflète une volonté de rechristianisation des valeurs…

Vous dites avoir pris des positions franches sur certaines thématiques. Pourquoi ne faites-vous pas la distinction convenue entre islam et islamisme ?

Est-ce que vous faites une distinction entre catholicisme et catholicisme intégriste, entre judaïsme et judaïsme ultra, entre hindouisme et hindouisme extremiste ? Non. Tout le monde y voit une question de degré, pas une religion à part. Pour l’Islam et l’islamisme on tente de nous faire croire que ce sont deux espaces de pensées séparés. D’ailleurs que fait-on dans les centres de déradicalisation? On ne tente pas de désislamiser, on tente de faire revenir des gens qui sont dans une lecture littérale et historique du Coran à une remise dans son contexte contemporain d’un texte révélé ou constitué selon les croyances il y a 14 siècles dans un monde nomade, rude, et guerrier. Je fais une différence entre islam et islam radical mais je me refuse à cette pudeur sémantique entre une religion et sa dérive extrémiste. Par contre il faut bien admettre que cette dérive extrémiste est bien plus répandue et plus violente dans l’Islam que dans les autres religions. Y a-t-il un terrorisme chrétien, juif, bouddhiste ou hindouiste à échelle mondiale ? À l’évidence, non. Et cela oblige sinon à conclure du moins à réfléchir.

Beaucoup de militants de votre camp politique attendent le retour de Marion Maréchal. Mais revenons à Marine Le Pen. Vous avez déclaré qu’elle est une femme sympathique, très humaine, qui a du caractère, des convictions et de la constance. Mais vous dites également que les Français attendent d’un présidentiable qu’il maitrise bien les questions économiques. Je retrouve dans cette affirmation une critique régulièrement faite à la patronne de la droite nationale. Avec son positionnement ni droite ni gauche, elle n’est pas parvenue à casser le « plafond de verre ». Une candidate de droite plus assumée, libérale économiquement, inflexible sur les valeurs chrétiennes / familiales ou l’identité de la France serait-elle de nature à emporter davantage l’adhésion de nos compatriotes ? 

C’est une question complexe. 

Je ne crois pas qu’il y ait une appétence majoritaire pour une idéologie de droite. Il y a une aspiration au bon sens. Est-ce que réduire la fraude et les gaspillages qui minent la dépense publique et sociale est une idée de gauche, de droite ou tout simplement de bon sens? Est-ce qu’arrêter des immigrations dont les caractéristiques identitaires rendent leur assimilation à notre société difficile voire impossible relève d’une idéologie ou de la simple intelligence ? Est-ce que constater une parfaite corrélation entre l’inexorable montée du coût du travail par les charges, l’impossibilité de dévaluer après l’euro et notre désindustrialisation dramatique ressort d’un choix idéologique ou d’une réflexion rationnelle?

Est-ce que vouloir financer un modèle social protecteur auquel tout le monde tient par la croissance et la justice fiscale constitue une dangereuse utopie ou une aspiration légitime?    

Par ailleurs, je ne crois pas non plus que le choix identitaire d’un nombre croissant de Français reflète une volonté de rechristianisation des valeurs. Il y a un attachement à notre passé majoritairement chrétien et minoritairement juif, mais il n’y a pas d’appétence pour un retour à une forme d’ordre moral.

Je constate par exemple que le « mariage pour tous » est approuvé par une très franche majorité de nos concitoyens, que la PMA étendue aux couples lesbiens recueille également le soutien de 60% des Français, etc. Toutes ces évolutions sociétales que l’on peut apprécier ou regretter selon ses convictions sont des marqueurs identitaires de notre pays, un pays européen. C’est ce dernier qualificatif qui compte en fait. Ce que veut à mon avis une majorité de Français c’est que la France métropolitaine reste un pays européen et ne devienne pas un bazar multi-ethnique 1/3 « black », 1/3 « blanc » et 1/3 « beur » et un islam devenu première religion de France, auquel nous condamne à long terme les politiques migratoires actuelles. Il n’y a là aucun manque de respect pour ces peuples, mais chacun sa terre. Cela n’exclut ni l’amitié, ni la coopération, ni l’aide de « riches » à « pauvres » si elle va dans les bonnes mains, ni les échanges commerciaux, culturels, scientifiques, touristiques, etc. Mais cela exclut la colonisation de peuplement de la France européenne par le Maghreb, l’Afrique sub-saharienne et le Moyen-Orient. Pour les « progressistes », l’invasion est un progrès mais seulement quand elle frappe les peuples européens, ils dénoncent par contre les colonisations de peuplement qui touchent les terres des peuples indigènes en Amazonie, en Inde, en Indonésie, au Tibet, etc.  Eh bien il faut leur répondre très tranquillement qu’il y a un peuple indigène en France et que sa capacité d’accueil est dépassée, largement.

Le droit à l’IVG est irréversible, ce qui est contesté et à raison c’est sa banalisation totale et l’extension continue de la période d’exercice de ce droit jusqu’à l’âge ou un fœtus deviendrait presque un prématuré viable voulue par les féministes « progressistes”.

Stupéfiant! Le président et François Hollande ont échangé quelques mots…

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Je bats ma coulpe puisque par ce billet j’ajoute une pierre superfétatoire à cette comédie!


L’ancien Premier ministre Edouard Philippe a mis en garde contre le risque pénal qui empêcherait les politiques d’agir. Je ne crois pas qu’il ait raison mais ce sujet est trop sérieux pour être mêlé au badinage qui va suivre.

Badinage certes mais très révélateur de notre étrange conception de la démocratie, de cette République des petites phrases, dont nous raffolons et qui vise à donner à toute force à une indéniable normalité, un tour sulfureux, presque provocateur. Telle une information capitale.

Lors des cérémonies du 11-Novembre à l’Arc de Triomphe, Emmanuel Macron a salué François Hollande après Nicolas Sarkozy et un dialogue de très haut niveau entre les deux premiers a été relevé. Hollande questionne : « Ça va, pas trop dur en ce moment ? » et le président semble avoir répondu, s’il n’y a pas d’erreur : « C’est rien de le dire, merci d’être là, il faudrait qu’on en parle » (Le Point).

Il paraît que Nicolas Sarkozy en est resté interloqué. Il n’y a pas de quoi.

On s’est interrogé sur l’intention de François Hollande en lui prêtant d’emblée un dessein pervers, une jouissance sadique parce qu’il posait une question qui au fond était un pur constat. En effet, c’est « dur » en ce moment.

Il ne fait aucun doute que Hollande qui a été manipulé par Macron au point de ne rien percevoir des agissements ambitieux de quelqu’un qu’il avait pris sous son aile, fera tout ce qu’il pourra pour empêcher en 2022 la réélection de celui qui l’a trahi. Mais il n’en demeure pas moins que leurs échanges d’une extrême banalité, le 11-Novembre, relèvent d’une politesse républicaine et ce n’est pas parce que deux personnalités ne s’aiment pas, ou plus, que tout propos dérisoire émanant de l’une ou de l’autre doit devenir un événement.

Je suis effaré de voir que dans une France qui croule à tous points de vue, ces futilités anecdotiques prennent encore une telle place. Je bats ma coulpe puisque par ce billet j’ajoute une pierre superfétatoire à cette comédie.

Stupéfiant ! Le président et François Hollande ont échangé quelques mots…

Mais on est en France où rien n’est simple.

Le Mur des cons

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Les Français exigent des actes contre les islamistes qui les menacent sur leur sol


Quatre Français ordinaires écrivent à nos dirigeants


Nous sommes des Français ordinaires. Nous n’avons pas habituellement l’occasion d’être publiés dans les journaux à grande diffusion. Nous espérons cette fois-ci que nous le serons. L’assassinat de l’enseignant d’histoire, M. Samuel Paty, nous oblige en effet à porter notre voix de simples parents d’enfants scolarisés dans le système français en France et à l’étranger, non affiliés à des associations de parents d’élèves.

Cela fait à présent huit ans, depuis les odieux assassinats à Toulouse d’écoliers juifs et de militaires français de confession musulmane, que la France est ouvertement attaquée par ceux qui sont communément désignés « islamistes ».

Ces intégristes musulmans sont pour l’essentiel envoyés ou missionnés par des organisations étatiques ou paraétatiques étrangères dont le sinistre dessein politique est de substituer aux valeurs de la République celles de la charia. Ceux qui officient sur le territoire national en faveur de ces organisations extrémistes devraient déjà être poursuivis sur le fondement de l’article 411-4 du Code pénal qui sanctionne l’intelligence avec l’ennemi.

Si les hauts fonctionnaires qui nous gouvernent, plus enclins à la rhétorique qu’à l’analyse du réel, plus investis dans la préservation de leurs positions qu’à l’âme vibrante du pays ne s’y résolvent pas, alors ils devront laisser la place à ceux qui n’acceptent plus de la voir piétinée

Le monde occidental est visé et en Europe la France, à cause de son passé colonial, du poids démographique des musulmans et de son approche assimilatrice constitue la cible privilégiée des islamistes, comme le prouvent hélas les chiffres macabres

Des marches blanches et des bougies allumées au pied des monuments jalonnent les réactions spontanées des Français, auxquels les gouvernants jurent qu’ils combattront l’islamisme, quand ils osent le nommer, puis qu’ils défendront – à raison – la liberté d’expression. 

Toutefois, l’heure n’est plus aux discours, au lyrisme ou aux promesses. En tant que citoyens et parents d’élèves, nous exigeons des actes.

En effet, force est de constater qu’après Toulouse, la terreur est de retour dans le milieu scolaire. Force est aussi de constater, comme pour Charlie, que des invectives et des menaces de mort proférées à l’égard de la future victime ont trouvé leur exécutant. Cette fois-ci encore plus rapidement entre le moment où l’enseignant a montré les caricatures du « prophète » en classe et le moment où il a été lâchement assassiné.

Gérald Darmanin doit passer aux actes

Cette évolution, rapide, doit conduire les gouvernants à admettre et à reconnaître publiquement leur échec, plutôt que de tenter de vendre un espoir vain dépourvu de moyens et d’action. 

Oui, comme notre ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, nous souhaitons que la peur change de camp. Mais quelles mesures concrètes, efficaces et immédiates seront prises sur la durée?

Manifestation à Bordeaux le 18 octobre 2020 après l'assassinat du Samuel Paty © SIPA Numéro de reportage: 00986500_000015
Manifestation à Bordeaux le 18 octobre 2020 après l’assassinat du Samuel Paty © SIPA Numéro de reportage: 00986500_000015

Certes, il est impératif de poursuivre les parents d’élèves et toute personne qui, en réclamant la démission de l’enseignant Paty, en l’insultant publiquement ou en colportant des rumeurs infondées, ont participé de près ou de loin à cet assassinat effroyable mais ne doit-il pas en être de même des collègues de M. Paty et des représentants de l’éducation nationale qui, par silence ou action, se seraient rendus coupables de complicité ? 

L’initiative de certains départements d’organiser une journée par an, dans les collèges, consacrée à la liberté d’expression est de bon augure. Elle pourrait offrir aux enseignants l’opportunité de faire réfléchir les enfants sur des caricatures politiques, culturelles ou religieuses (Jésus, Bouddha, Mahomet, Moïse, etc.). Cette initiative devrait être généralisée à l’ensemble du pays et particulièrement à ces zones de non droit où la République n’a plus voix au chapitre. Cet événement constituerait un grand moment républicain et les professeurs se sentiraient protégés par l’État (dans certains quartiers, près de la moitié des professeurs avouent s’autocensurer sur certains sujets en classe !). 

À l’issue de ce cours, tous les élèves sans exception chanteraient la Marseillaise devant le drapeau national pour réapprendre la fierté de leur héritage, qu’il soit filial ou d’adhésion. Il ne s’agit ici que de bon sens, et nous ne voyons pas de meilleure solution pour récupérer l’espace perdu par la République dans les écoles. Toute cérémonie ou autre discours reste superflu et inefficace. 

De plus, nous demandons la suspension immédiate de la mesure annoncée par le président Macron de renforcer l’enseignement de l’arabe dans les écoles. Libre à ceux qui souhaitent apprendre toute langue étrangère de s’y adonner, sans que l’État n’ait à prendre des mesures qui ne relèvent pas de l’intérêt général. La langue arabe, aussi importante soit-elle culturellement et historiquement, est intrinsèquement liée à la culture et à la religion musulmane. C’est la langue du Coran. La difficulté réside dans le fait qu’actuellement, 74 % des Français musulmans de moins de 25 ans affirment que la loi islamique prime sur la loi de la République (sondage Ifop publié le 2 septembre 2020). Une telle mesure ne ferait que renforcer ces jeunes dans leur conviction et étendre le risque de la propagation de l’idéologie islamiste à ceux qui en sont épargnés, voire qui la réprouvent. Ce n’est pas l’enseignement de l’arabe qu’il faut renforcer mais celui du français ! 

Nous réclamons un audit de grande envergure dans l’éducation nationale pour identifier ceux qui, parmi les enseignants et le personnel administratif, cultivent des idées proches des islamistes. 

D’une manière générale, il faut expulser tous les fichés S étrangers, y compris ceux ayant la double-nationalité et suspendre dans cette attente les entrées de réfugiés. Cela doit inclure bien évidemment ceux qui ont fait l’objet d’une reconduction à la frontière mais qui se trouvent toujours inexplicablement présents sur notre territoire.

Accélérons et amplifions le mouvement

Nous exigeons enfin la dissolution des associations et groupuscules islamistes (frères musulmans, salafistes …) qui véhiculent la violence morale ou physique à des fins politiques avérées ou non. Nous nous félicitons des déclarations du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui vont dans le bon sens. Nous demandons que cette action s’inscrive dans la durée. 

Ces mesures n’ont pas pour objectif de s’en prendre aux musulmans. Bien au contraire, elles permettront à l’immense majorité de nos compatriotes musulmans de se sentir protégés par la République. Elles visent plus généralement à protéger les Français, quelle que soit leur foi, d’un ensemble d’actions violentes qui à première vue n’ont aucun lien entre elles mais qui en réalité, sont la conséquences de politiques passives depuis les années 70.

De 1789 à 1873, la République a mis près d’un siècle à s’imposer. Depuis huit ans, celle-ci est contestée et fragilisée dans ses fondements. Les mesures que nous préconisons, si elles sont appliquées, la renforceront davantage que tout discours ou toute manifestation.

Seront-elles mises en œuvre ? Nous l’espérons plus que jamais, car il y a urgence à agir, tout autant qu’à en finir avec la duplicité et la lâcheté à l’œuvre depuis 40 ans. 

Au fond, l’islamisme n’a pu prospérer que parce que de nombreux élus ont acheté la paix sociale par la compromission ou la peur d’être taxés de tous les maux.

Ces élus doivent désormais être dénoncés et combattus.  C’est aujourd’hui qu’il faut résister et répondre avec fierté que les valeurs de la République priment sur toutes autres, dans l’intérêt général et au profit de chacun.

Si les hauts fonctionnaires qui nous gouvernent, plus enclins à la rhétorique qu’à l’analyse du réel, plus investis dans la préservation de leurs positions qu’à l’âme vibrante du pays ne s’y résolvent pas, alors ils devront laisser la place à ceux qui n’acceptent plus de la voir piétinée : intellectuels, artistes, entrepreneurs, enseignants, soignants, artisans, agriculteurs, pompiers, policiers, militaires ; citoyens de droite, de gauche, catholiques, musulmans, juifs, athées, salariés du public et du privé, tous réunis par leur indéfectible attachement à la République et ses valeurs, et pour lesquels la liberté de conscience et d’expression ne sont pas négociables. Ne laissons pas cette opportunité de reprendre la République aux extrémistes de tous bords qui conduiront le pays à la partition.

Des voix anonymes ou plus connues se lèvent, des livres, des articles et des éditoriaux se multiplient. Accélérons ce mouvement, reprenons la main au travers de mesures fortes et de bon sens, pour que nos enfants, libres, puissent continuer à s’épanouir dans un pays Libre, et insoumis à l’obscurantisme.

Jean-Luc Laffineur, Serge Bouganim, Hervé Michelin, Valentin Chantereau.

Emmanuel Macron se serait-il trompé de tombe?


Le chef de l’État a célébré hier l’Armistice de 1918 et l’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon. Ces apparitions se sont inscrites dans une semaine particulièrement symbolique, qui avait débuté avec la commémoration des cinquante ans de la mort du Général. Mais hormis la fonction, il est difficile de trouver un lien unissant les deux hommes, dont les appels à la résilience trahissent une envergure bien inégale.


Un an avant de conquérir l’Élysée, Emmanuel Macron – alors Ministre de l’Économie – disait : « Le poison des nationalismes revient, insidieux, qui consiste à penser que chacune et chacun ferait mieux par lui-même : c’est faux. » Il préconisait même « Nous devons approfondir cette Europe, nous devons aller au-delà de nos précautions traditionnelles» lors d’une intervention au Collège d’Europe. Des propos de nature à froisser le lieutenant puis capitaine de la Grande Guerre, qui fut blessé à plusieurs reprises, emprisonné en 1916, et dont la conception de l’Union européenne n’avait rien à voir avec l’organisation maastrichtienne mise en place durant son dernier sommeil.

Suspicieux face aux traités de Rome, Charles de Gaulle n’a eu de cesse d’exprimer sa défiance vis-à-vis de ce qui finalement se réalisa : extension des pays membres, déséquilibre du marché du travail français consécutif à son ouverture, émergence d’une Europe fédéraliste et supranationale venue se substituer à celle des nations ; le tout sur fond d’infiltration américaine (il opposa deux fois son veto à l’intégration du Royaume-Uni dans la CEE, craignant qu’il soit le « cheval de Troie » des États-Unis, dont l’hégémonie future valida le pressentiment français). Sa « France en grand », grâce au fameux « levier d’Archimède » que devait constituer l’Europe, n’est jamais advenue.

La culture française pour les nuls

Pour Emmanuel Macron, « il n’y a pas une culture française ». À l’opposé, l’homme du 18 juin clamait que « La culture domine tout, elle est la condition sine qua non de notre civilisation. » Lui, qui associait la culture à une arme pour la grandeur du pays, avait créé quelques années auparavant un ministère des Affaires culturelles, dont Malraux – tout premier « ministre de la Culture » – exposait l’ambition : « Le ministère chargé des affaires culturelles a pour mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France ».

A lire aussi, Jean-Frédéric Poisson: Ce n’est pas simplement qu’Emmanuel Macron méprise les corps intermédiaires, c’est qu’ils sont un obstacle à son projet

De Gaulle se passionnait pour la culture, à commencer par les mots ; durant sa captivité, il dévora les livres de la bibliothèque du fort n°IX d’Ingolstadt. Ces mots, qu’il maîtrisait si bien, ne lui étaient pas dictés par un prompteur. Son éloquence et sa capacité à s’improviser – sans notes – porte-voix de la Nation symbolisent une période révolue, qui a désormais fait place à une parole technocratique froide, mécanique, filtrée par une horde de conseillers énarques et biberonnés au management.

Colombey-les-Deux-Mosquées

On jauge un dirigeant à sa capacité à anticiper les écueils et dessiner la France de demain. La politique migratoire des deux hommes nous laisse elle aussi imaginer l’inimitié qu’ils auraient partagée. Durant sa campagne, le candidat Macron a su flatter les populations d’origine étrangère. Dans sa désormais célèbre anaphore où il listait fièrement les nationalités qui d’après lui constituent le peuple marseillais, il ne cachait pas ses penchants immigrationnistes. D’ailleurs, après trois années aux commandes de l’État, l’augmentation des premiers titres de séjour délivrés (274000 en 2019, c’est-à-dire 27000 de plus qu’en 2017) confirme l’accomplissement de sa politique.

Ce mercredi, autour de la flamme éternelle du soldat inconnu, étaient également présents les anciens présidents Sarkozy et Hollande, responsables à eux deux d’une augmentation de près d’un tiers des admissions au séjour. De Gaulle, au contraire, craignait l’immigration massive motivée par des raisons économiques. Tout en soulignant l’identité chrétienne de la France, il mettait en avant l’impossible intégration de minorités qui par le nombre deviendraient inéluctablement discordantes. Sa fameuse phrase rapportée par Alain Peyrefitte « Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! » jure avec les propos du fondateur d’En Marche !.

Je vous conseille plutôt les cendres de Jean Monnet

Dans un souci de cohérence, notre président n’aurait-il pas dû plutôt – profitant de la panthéonisation de Maurice Gevenoix – rendre visite à Jean Monnet, banquier, chantre du libre-échange, et bâtisseur d’une Europe que de Gaulle n’aurait jamais voulu voir éclore ? S’il souhaite inscrire cet hommage à son agenda commémoratif, je l’invite alors à ressasser, lorsqu’il remontera la rue Soufflot pour s’approcher de la nécropole où reposent les cendres de ce père de l’Europe, les mots du général initiateur de la France libre :

“À quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ?”

Thé et sympathie


L’actualité étant particulièrement sinistre, j’ai glissé çà et là dans cette chronique, pour détendre l’atmosphère, quelques digressions personnelles, concernant notamment l’« artiste urbain » Banksy, talentueux fumiste, et mes maux d’estomac. (Ça va mieux, merci.)


MES OVERDOSES

Mardi 6 octobre

La semaine dernière, je me suis réveillé tous les jours barbouillé, quasi nauséeux. Certes, un bon citrate de bétaïne suffisait ordinairement à dissiper le malaise. N’empêche ! À la longue, j’ai fini par m’interroger sur l’étiologie de ce problème d’ennui – avant d’aller consulter.

Au terme d’un rapide examen de conscience alimentaire, il s’est avéré que je n’avais abusé de rien plus que de coutume, sauf du thé. J’en étais à trois litres par jour, et apparemment mon organisme protestait contre cette overdose inattendue. Depuis, je m’en tiens à deux litres par jour, l’un de thé vert, l’autre de thym, et je n’ai que des compliments dudit organisme.

Ma première overdose date des années 1990, et là c’était du sérieux. Va savoir comment, j’étais devenu accro à la Vichy Saint-Yorre, et je ne comptais plus les bouteilles. Après deux ans de ce régime, j’ai commencé à souffrir d’inexplicables douleurs et autres troubles gastriques.

Mon médecin m’a fait subir une pelletée d’examens avant de m’annoncer que je n’avais rien… C’est alors qu’en un éclair m’est revenu le nom du coupable, avec le sourire traître de Patrick Sabatier : « Saint-Yorre, ça va pas fort ».

J’avais trouvé tout seul, d’un seul coup, le diagnostic et le remède ! D’un autre côté, j’aurais pu y penser avant. Après je suis passé à la Châteldon, et du coup j’ai été augmenté.

#NIGHTLIFEMATTERS

Mercredi 14 octobre

Dorénavant, par décision présidentielle, les soirées privées devront durer au moins de 21 h à 6 h. Courage !

LES MALHEURS DE BANKSY

Jeudi 15 octobre

Banksy se dit « artivist », c’est-à-dire « street artist » engagé (par Sotheby’s), et l’un des cinq plus vendus au monde.

Ce qui est beau, dans son cas, c’est que ça ne l’empêche pas de rester au service du peuple. Ainsi, l’été dernier, avait-il dessiné gratuitement dans les rames du métro londonien des rats éternuant, bavant et vomissant – « pour inciter au port du masque », nous expliquaient Les Inrocks.

Tout le monde n’a-t-il pas saisi d’emblée le message ? Le fait est que le jour même, les équipes de nettoyage du Tube ont effacé consciencieusement jusqu’à la queue du dernier rat banksyen : « Elles n’ont pas fait la différence avec un simple graffiti », déplorent Les Inrocks. Et pour cause : ce sont des graffitis.

Vous imaginez un des nettoyeurs se figeant soudain : « Attendez les gars ! Ne touchez à rien ! Je crois bien que c’est des Banksy !! »

L’affaire se pimente encore quand l’œuvre effacée par erreur avait été préalablement estimée à un ou plusieurs millions d’euros. C’est ce qui s’est passé récemment dans un hôtel en Jamaïque : l’artiste avait gratifié ses hôtes, en remerciement pour leur accueil, d’un mur de pochoirs. Las ! Quelques années plus tard, l’équipe de maintenance – encore elle – « croyant à un acte de vandalisme », a repeint par-dessus cette œuvre, estimée entre-temps à 4,6 millions d’euros.

Pour remplir leur mission avec le discernement requis, les nettoyeurs municipaux devraient être titulaires d’un mastère d’art contemporain. Il y va de la survie du street art, c’est-à-dire de l’art vivant, c’est-à-dire de l’art tout court. Tout le reste n’est que culture morte.

La meilleure blague qui soit arrivée à notre artiste engagé est, comme il se doit, politique, et elle a une jolie forme de boomerang. En 2014, à l’occasion d’une législative partielle à Clacton (est de l’Angleterre), Super Banksy décide d’« intervenir » pour dénoncer la xénophobie du parti UKIP, dont le candidat menace d’être élu. Il peint donc sur un mur des oiseaux porteurs de pancartes en sommant d’autres de « retourner en Afrique » et autres amabilités.

Bilan des opérations : suite à la plainte d’un résident, qui a visiblement séché l’enseignement du second degré, l’œuvre sera interdite et effacée par la mairie bien-pensante pour… « racisme ».

C’est dur de militer avec des cons. Mais bon, tant que ça paye.

À lire aussi, Pierre Lamalattie : Art contemporain: supercherie en bande organisée

LA DÉFENSE SARKOZY

Jeudi 15 octobre

Nicolas Sarkozy mis en examen pour la quatrième fois dans le dossier dit du « financement libyen » de sa campagne.

Si je compte bien, ça fait quatre présomptions d’innocence dans la même affaire !

LA DÉCAPITATION SELON FRANCE CU

Vendredi 16 octobre

Décapitation d’un enseignant qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. Dans un tweet, France Culture nous livre son analyse du drame : « L’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty pose la question de la résurgence de l’accusation de blasphème dans nos sociétés modernes et laïques. »

Tu le crois, ça ? Comment ils noient le poisson, jusqu’à l’escamoter ! Pas un mot sur l’origine exclusivement islamiste de cette sanguinaire « résurgence ». Mieux ! Avec un culot d’enfer, France Cu illustre son tweet par la photo d’un petit troupeau de cathos tradis, frileusement regroupés sous une banderole « Non aux insultes à Jésus-Christ ».

Il est là, le problème posé par l’assassinat sauvage d’un enseignant ? Décidément, parfois France Culture se fout de notre gueule. C’est dur, aussi, d’être pris pour des cons.

DES NOUVELLES D’ANTOINE

Mercredi 21 octobre

En revanche, ça fait toujours plaisir d’avoir des nouvelles de l’ami Antoine, pas vu depuis tantôt cinq ou dix ans.

Quand je l’ai connu, c’était une sorte de punk sans chien, limite borderline. Aux avant-dernières nouvelles, il s’était enfin fixé, avec sa copine, dans une bâtisse à rénover d’urgence, du côté de Nîmes ou de Poitiers. Et apparemment ça tenait, la bâtisse et le couple.

Antoine est un ami bien fêlé comme j’aime, auprès de qui je me sentais presque équilibré. Une anecdote ? Bien volontiers. Du temps qu’il était cuistot dans un restau très achalandé à Rouen, il avait répondu au chef qui lui proposait de devenir son second : « Je préfère faire la plonge ! » Et de préciser aussitôt, pour lever toute ambiguïté : « Je voudrais le moins de responsabilités possible. » Une philosophie de la vie qui en vaut une autre.

Quant à son meilleur gag, à ma connaissance et sans me vanter, c’est à moi qu’Antoine l’a réservé. Il squattait chez des amis à Paris quand une nuit, vers 4 h du matin il m’appelle, échoué sur un banc, mais raide comme un passe-lacet : « Basile-Basile-Basile, là je ne sais plus du tout où je suis… Le mieux, c’est que tu viennes me chercher. »

CHAT PERCHÉ

Lundi 26 octobre

Marinette : « C’est quoi déjà, le couvre-feu ? »

Delphine : « C’est quand les grandes personnes vont se coucher à la même heure que les enfants. »

Première fois

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Pour la première fois mon compte Twitter a été censuré. Mon crime? Avoir insinué que des centaines de milliers de musulmans comprenaient l’islam comme l’assassin de Samuel Paty.


La première fois est toujours émouvante. Au moins me sera-t-il facile de retenir la date, celle de l’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon. Pouvoir ainsi associer très modestement ma prose à l’auteur de La forêt perdue – hymne sublime à Artémis – du Bestiaire sans oubli, de La chèvre aux loups, est un honneur inespéré et qui me touche. J’ai été temporairement banni de Twitter alors que nous célébrons cet immense écrivain dont l’un des premiers textes, Sous Verdun, fut en son temps censuré. Je remercie ceux qui ont signalé l’un de mes messages : qu’ils en aient pris la peine prouve que je les dérange, et cet encouragement me va droit au cœur.

À lire aussi, Alain Finkielkraut : Samuel Paty, le dévoilement et le déni

À propos d’encouragements, à l’heure où vous lirez ces lignes mon compte sera à nouveau opérationnel, n’hésitez pas à lui rendre visite et à vous y abonner – ceci est un aparté publicitaire.

De quoi s’agit-il ? À quelqu’un écrivant que « Le monde évoluera le jour où les gens comprendront que ce que revendiquent les auteurs de ces attentats n’a complétement rien à voir avec l’Islam et les religions tout court. Ce ne sont que des dégénérés qui croient exprimer la religion correctement. », j’ai répondu : « Quel dommage que des centaines de milliers de musulmans dans le monde manifestent ces jours-ci pour montrer qu’ils comprennent l’islam exactement de la même manière que l’assassin de Samuel Paty. Il faut croire qu’Allah explique très mal. » Crime de lèse-majesté, semble-t-il. Je me dois de faire mon mea culpa. Où ai-je bien pu « déraper », comme on dit ?

Ceux qui manifestent contre la France ont des convergences avec l’assassin de Samuel Paty

Est-ce dans l’idée que ceux qui manifestent contre la France, contre Emmanuel Macron, contre les caricatures et la liberté d’expression, partagent la même vision de l’islam que l’assassin de Samuel Paty ? Ma foi, entre la haine manifeste, la soif de censure et l’apologie de la violence (un prédicateur pakistanais a même demandé un bombardement nucléaire de la France), le tout bien sûr au nom de l’islam, on peut légitimement constater des convergences.

Est-ce le « centaines de milliers » ? Je reconnais ne pas les avoir comptabilisés moi-même. Peut-être Twitter me reproche-t-il d’avoir fait confiance aux journalistes ? Le Monde (serait-il devenu islamophobe ?) parle de « plus de 50.000 musulmans » manifestant contre la France et contre les caricatures au Bangladesh. On évoque aussi le Pakistan, la Cisjordanie, Jérusalem, Istanbul, la Libye…. J’aurais peut-être dû écrire « plus d’une centaine de milliers » et non « des centaines de milliers », mais je doute que ce soit pour cette raison que Twitter m’ait censuré.

Est-ce d’avoir qualifié ces manifestants de musulmans, ainsi que l’a fait Le Monde ? C’est pourtant bien ainsi qu’eux-mêmes se présentent : ils s’opposent à ce qu’ils perçoivent comme un manque de respect envers le prophète de l’islam, invoquent Allah, disent agir pour défendre l’islam et au nom de l’islam. On m’accordera j’espère que ce ne sont probablement pas des bouddhistes !

Est-ce d’avoir commencé par « quel dommage » ? Aurais-je dû me féliciter de ces mouvements de foule éructant la haine de la France et appelant à la suppression de la liberté d’expression ? S’en réjouir serait-il la position officielle de Twitter ? Je n’ose l’imaginer.

Ils sont nombreux, ceux qui expriment mal la religion…

Le problème résiderait-il dans ma seconde phrase ? « Il faut croire qu’Allah explique très mal. » Je reste songeur. Après tout, mon contradicteur parlait de « ces dégénérés qui croient exprimer la religion correctement » : si son hypothèse est exacte, ils sont nombreux ceux qui « n’expriment pas la religion correctement. » Que « plus d’une centaine de milliers » de musulmans soient à ce point égarés après quatorze siècles d’islam impose un jugement peu flatteur sur le talent de pédagogue de celui dont ils suivent l’enseignement. Et celui que l’islam lui-même présente comme l’auteur de ce manuel qu’est le Coran, c’est bien Allah.

Diantre. Aurais-je donc dû affirmer qu’Allah est parfaitement clair dans l’expression de sa volonté, et donc que tous ces manifestants l’ont compris ? Puisque leur sincérité est aussi évidente que leur rage, puisqu’il est certain qu’ils appliquent de bonne foi ce qu’ils ont compris, aurais-je dû affirmer que leurs cris contre la France et contre la liberté sont conformes à la volonté d’Allah ? Twitter m’aurait-il censuré parce que je ne critiquais pas assez sévèrement l’islam ? J’en serais fort surpris.

À lire aussi, Ferghane Azihari : Islam radical: et si la solution passait par l’apostasie des musulmans?

Alors que reste-t-il, sinon l’évidence ? Mon message a été signalé et censuré parce qu’il avait le tort d’attirer l’attention sur une vérité dérangeante. Motif : « hateful conduct », comportement haineux. Détaillé ainsi : « You may not promote violence against, threaten, or harass other people on the basis of etc, etc » soit « encourager à la violence, menacer ou harceler ». N’ayant clairement ni menacé ni harcelé, c’est donc que selon Twitter j’aurais « encouragé à la violence ». J’en conclus que ceux qui ont signalé mon message, ainsi que la modération et les algorithmes de Twitter, ont estimé que dire la vérité au sujet de l’islam et/ou des musulmans encouragerait ceux qui découvriraient cette vérité à la violence, probablement contre l’islam et/ou les musulmans. C’est là une opinion dont je leur laisse l’entière responsabilité.

Divan sur grand écran

 


ADN de Maïwenn, sorti le 28 octobre au cinéma, est un film caricatural qui idéalise l’Algérie au détriment de la France. 


 

L’actrice, scénariste et réalisatrice française Maïwenn considère le cinéma comme une thérapie grâce à laquelle on gagne sa vie. Avec ce nouveau déballage familial indécent, elle prend en otage ses spectateurs sommés de détester avec elle et sa mère, une hystérique égoïste, et son père, un mâle blanc forcément castrateur. Sans oublier le reste de la famille, également ignoble et sans intérêt. Entre deux clips qu’on dirait sortis d’une pub pour un grand magasin de la rive gauche, la cinéaste nous assène sa vision de l’Algérie vue comme une sorte d’éden face au pays natal français dont elle ne peut qu’avoir honte. L’ensemble est à ce point caricatural qu’on se demande comment un tel film a pu être produit en l’état. Il est grand temps que l’on siffle la fin de la récréation pour des cinéastes incapables de la moindre mise à distance, qui confondent manifestement écran et divan.

A lire ensuite: Le blasphème de Maïwenn dans « Paris-Match »

Souvenirs, souvenirs

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On ne va pas non plus ne parler que d’islamisme, de Covid et des élections américaines.



C’est la fin de l’été. Il y a du soleil sur la France et le reste n’a pas (vraiment) d’importance.
Le (premier) confinement est derrière nous. Le deuxième pas encore à l’ordre du jour.
Ma nièce, légère et court vêtue, ayant mis ce jour-là pour être plus agile cotillon simple et souliers plats (et pas de masque) flâne sur les grands boulevards où il y a tant de choses, tant de choses à voir.
Un éphèbe (selon elle), couleur ébène, l’aborde.

Lui, spontané : Dites donc mademoiselle, vous avez vraiment un joli bronzage.

Elle, pas farouche : Mais dites donc, le vôtre n’est pas mal non plus.

Lui, guilleret : Oui, effectivement, sauf que moi j’ai mis moins de temps que vous pour l’avoir.

Sourires complices, cheveux au vent, rêves mouvants.

Moi : Et alors, tu as fait une touche ! Tu devrais être contente.

Elle : Voilà bien une réflexion d’une femme des années 80 ! Tu ne te rends même pas compte des problèmes que ça pose !

Moi : Ah bon !

Elle : Tout d’abord, était-ce du harcèlement de rue ? Si oui, quelle est la réponse appropriée ? Police, réseaux sociaux, association de défense ? Et, si cela ne me déplait (finalement) pas, ne suis-je pas en train de trahir mes convictions et de passer du côté obscur de la force ? Et puis, c’est une personne racisée. Je l’ai peut-être choqué, heurté, blessé. Profondément et durablement. Je lui ai quand même parlé de sa couleur. Ce n’est pas anodin. Surtout de ma part.

Moi : De ta part ?

Elle : Eh bien oui, moi. Au cas où tu ne le saurais pas, je suis blanche, hétérosexuelle, de culture catholique, d’éducation bourgeoise… et bla, bla, bla et bla, bla, bla.

À la fin, pour calmer ses angoisses et nous réconforter, je nous ai servi un petit coup de blanc de derrière les fagots. Et nous avons (en même temps), dégusté le tube de Diane Dufresne (cuvée 1972), sobrement titré « J’ai rencontré l’homme de ma vie ».

Histoire que, quand par hasard, elle recroisera son regard et qu’il lui demandera ce qu’elle fait dans la vie, elle ne soit pas prise au dépourvu.

« Ils ne passeront pas », disaient-ils…

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Dispositif de sécurité devant la basilique Notre-Dame de l'Assomption de Nice pour la messe de la Toussaint, le 1er novembre 2020. ©SYSPEO/SIPA Numéro de reportage : 00988958_000047

Il est urgent de revoir notre paradigme sécuritaire, alors qu’aucun service spécialisé ne peut vraiment faire face devant ce « terrorisme du couteau ». 


En 1940, l’armée française disposait de moyens assez comparables à ceux de l’Allemagne. En 1932, dans Le Fil de l’épée, le général de Gaulle avait couché par écrit une doctrine d’emploi des forces blindées. En janvier 1940, il préconisait de combiner l’emploi des chars et de l’aviation. Ces doctrines eussent été précieuses pour ce conflit. Elle le furent, mais pour les Allemands, qui les baptisèrent « blitzkrieg » ; car l’état-major français s’en était désintéressé : depuis 1918, il avait jugé plus utile de préparer une nouvelle guerre de 14 en édifiant la ligne Maginot.

C’est à peu près où en est l’État français aujourd’hui face à la menace terroriste. On a renforcé les services de renseignement intérieurs après janvier 2015, alors que l’islamisme de masse n’était plus surveillé depuis 2008, la seule recherche se faisant sur une base individuelle par le fameux « big data », le même qui prévoyait des centaines de milliers de morts de la Covid-19 en France au printemps dernier. Dans un cas comme dans l’autre, on en a vu le résultat.

Les forces d’intervention françaises sont avant tout des « professionnels »

On a acheté des cagoules et des rangers à la tonne pour équiper des forces d’intervention qui s’entraînent d’arrache-pied pour le jour où on aura besoin d’eux pour casser des portes sur ordre, ou faire tomber un nouvel immeuble à force de rafales et de tirs de 12,7mm. Encore faut-il que quelqu’un trouve ces portes et ces immeubles, et donne à ces braves gens – qui se sont récemment dotés d’un béret fantaisiste pour tenter de lier leur image aux troupes d’assaut spécialisées (ça doit faire hurler de rire les commandos Marine et le 1er RPIMA) – de quoi faire le trajet jusqu’à leur objectif. Quand on part de Bièvre, par exemple, il y a forcément des délais de route.

Les médias se complaisent à appeler tout ce beau monde des « policiers d’élite ». Il semble bien plus prudent de simplement les qualifier de « professionnels ». Ils ont une mission spécialisée qu’ils remplissent, selon l’expression consacrée, « à la pleine satisfaction de leur hiérarchie ». Et il existe d’autres professionnels, bien plus nombreux et bien moins considérés : gendarmes et policiers patrouillent au quotidien sur la voie publique pour protéger le peuple français, intervenant indifféremment sur un différend familial comme sur un vol à main armé, une cible sur la poitrine car porteurs d’un uniforme haï par les voyous comme par les antirépublicains, qu’ils soient de La France insoumise (LFI) ou de Daesh ; intervenant aussi, et ils sont souvent les premiers, sur les actes terroristes.

Un « terrorisme du couteau » largement imprévisible

Et c’est bien pour cela que tout comme il aurait dû le faire en 1940 en matière de doctrine militaire, il faudrait que l’État change d’urgence de paradigme sécuritaire face à la criminalité de droit commun comme pour contrer le nouveau terrorisme. En effet, le renseignement ne peut stratégiquement rien contre le terrorisme tel qu’il s’est régénéré depuis le premier attentat de Nice, lorsqu’un islamiste a fini par être abattu par des policiers non spécialisés, mais eux aussi professionnels, après avoir broyé une foule d’innocents avec le camion qu’il conduisait. Des policiers, dont certains ne dorment toujours pas, hantés par les images de ce carnage, mais qui tous les jours reprennent leur service, tel ce policier municipal niçois qui est intervenu sur le massacre de l’Église de Nice. Un policier pleure aussi, de rage, de chagrin, d’horreur. Puis il revient, lorsqu’il le peut encore.

À lire aussi, Nicolas Lévine : France: plutôt la dhimmitude que la guerre?

Devant ce terrorisme du couteau, ce terrorisme de la brute, aucun service spécialisé ne peut faire vraiment face. Il serait déloyal de le lui demander. Le renseignement fonctionne sur le temps long, et ses membres sont incapables d’interventions opérationnelles d’urgence. Quant aux unités d’intervention dépendant du RAID ou du GIGN, leurs délais de projection, sauf hasard heureux, en font des intervenants sur des situations déjà figées.

La riposte face au terrorisme du « coin de la rue »

Vu la masse de gens potentiellement dangereux, l’étendue du territoire et la nature primitive d’attaques qui ne demandent aucun réseau de soutien, les premiers défenseurs de la population ordinaire – qui, tous les jours, parcourt les rues de France et vaque à ses occupations – sont donc les policiers et les gendarmes en charge de la sécurité sur la voie publique. Rappelons-nous d’ailleurs que ce fut déjà le cas lors des attentats de Paris, au cours desquels les soldats de Vigipirate refusèrent de prêter leurs fusils d’assaut aux policiers primo-intervenants de la BAC, qui durent donner l’assaut avec de simples pistolets de service face à des armes automatiques. Si depuis on a doté d’armes longues une partie (seulement) de ces équipages, on a en revanche pas ou peu augmenté le nombre de policiers qui les composent.

Une patrouille de Police lors de la célébration de la messe de la Toussaint, autour de la Basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice, le 1er novembre 2020. ©SYSPEO/SIPA Numéro de reportage : 00988958_000044
Une patrouille de Police lors de la célébration de la messe de la Toussaint, autour de la Basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice, le 1er novembre 2020. ©SYSPEO/SIPA Numéro de reportage : 00988958_000044

Or, ce sont bien eux qui, lors de la plupart des attentats, ont été primo-intervenants, quand ce n’était pas une patrouille de police municipale comme dans l’église de Nice (le RAID n’a fait que venir se greffer à la fin pour avoir son nom sur la photo, et justifier, si l’on peut dire, son existence…). Quand dehors, on porte un uniforme, qu’on a le sens du service et qu’on est requis en urgence, on marche vers le danger, et parfois vers la mort. Il est du devoir de l’État de veiller à ce que ce genre de combat soit gagné aussi souvent que possible. Mais même cet engagement a ses limites. Comme on vient de le voir, le terrorisme du coin de la rue est un phénomène auquel on ne pourra riposter, la plupart du temps, qu’en temps réel, par des unités de voie publique. Mais même eux ont des délais d’intervention qui, sauf lorsque par chance une patrouille est à proximité, ne permettront jamais de limiter les tueries aux premiers instants de leurs commissions.

Chaque seconde, une nouvelle victime peut tomber sous un simple couteau, jusqu’à ce que l’auteur soit abattu. Dans les grandes villes, la concentration urbaine est telle que quelle que soit la rapidité d’intervention de la Police, les victimes s’enchaîneront. En zone rurale, les personnes les plus éloignées des brigades territoriales de Gendarmerie seront assassinées sans espoir de secours.

Un changement de paradigme sécuritaire nécessaire

Le paradigme sécuritaire doit changer. Il faut repenser l’armement défensif de la population, en imaginant un contingent de supplétifs formés, comme cela se fait en Israël, où les vigiles devant les écoles sont armés pour se préparer aux plus atroces attaques terroristes possibles, en particulier celles visant des enfants. Tout policier ou gendarme à la retraite doit pouvoir conserver son arme sous conditions d’entraînement (ou mieux, utiliser une arme régulièrement autorisée pour le tir sportif, ce qui coûterait moins cher à l’État). Tout militaire d’active (d’unités de combat et validé par leur hiérarchie) doit pouvoir être armé hors cantonnement. Cela ferait déjà des dizaines de milliers de personnes supplémentaires, servant ou ayant servi le pays, entraînées, et disposant des connaissances juridiques nécessaires sur la légitime défense, qui pourraient assurer la défense immédiate contre les actions individuelles engageant juste un armement primitif, qui promettent d’être les plus terrorisantes pour la population dans les années qui viennent.

À lire aussi, Alain Finkielkraut: Samuel Paty, le dévoilement et le déni

Et au-delà, il faut se rappeler que l’armement du peuple français fut une conquête de la révolution qui s’est perpétuée jusqu’à l’entre-deux-guerres, non seulement par la chasse, mais aussi par la nécessité de défense de la population isolée : tout paysan avait, jusque dans les années 30, un pistolet chargé dans sa table de nuit, acheté chez Manufrance, pour se protéger des « chauffeurs ».

Certes, on peut hésiter devant les risques à armer la population. Je ne le préconise d’ailleurs pas forcément. Mais les « oui mais » doivent changer de camp : le premier « oui mais » à prendre en compte est celui-ci « oui mais on ne peut pas laisser mourir des innocents sans rien faire, sachant que les mesures actuelles ne suffisent pas. »

Ne poussons pas le Peuple à décider, un jour, de se défendre lui-même. La tache sur l’Histoire du pays serait sanglante.

Le fil de l'épée

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Confinement : Ministères, Cabinets ou chiottes, même résultat

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Olivier Veran, Jean Michel Blanquer et Jean Castex, le 27 octobre 2020 avenue de Segur, lors de la réunion des forces politiques du pays.© Louise MERESSE/SIPA Numéro de reportage : 00987940_000026

Les cabinets ministériels sont composés d’une caste complètement déconnectée de la réalité. Comme les toilettes, ils s’apparentent à un lieu clos et secret pour le grand public.


Plusieurs mots désignent ce lieu d’aisance où nous allons soulager nos humeurs physiques ou mentales, lire un magazine, tresser des cordes pour la marine. Les toilettes sont le terme le plus courant. Le vulgaire dira chiottes, le familier suggérera le petit coin. Le cabinet fait aussi partie de cet attirail. Il est drôle d’imaginer que le directeur de cabinet d’un ministère ou de l’Elysée est aussi un directeur des chiottes. Pourquoi utiliser ce terme ? Il suggère l’isolement, le lieu clos, le secret, la retraite. Il convient superbement à ce burlesque carnaval de décisions que nous subissons tous depuis la crise Covid dans une absurdité sans fond, stupide, décalée, irréelle. Des cabinets ou des chiottes, il ne sort décidément que le même matériau dans les tuyaux.

À lire aussi, Jean-Paul Brighelli : Pour une réponse gaullienne aux maux de la France

Dans un processus immuable, tout commence par un orage de communication avec force déclarations. Puis on essaie de mettre les textes en accord avec des mots prononcés à la hâte. Alors entrent en jeu ces cabinets ministériels. Quelques jeunes gens bien instruits confondent instruction et intelligence. Ils s’enivrent à la pratique du pouvoir absolu. Ils vont rédiger dans la nuit des textes abscons qui s’imposeront demain aux Français. La nuit, on est tranquille, pas de maires, de parlementaires ou d’experts pour nous expliquer la réalité du terrain. L’extase de la puissance souveraine les saisit. Ils vont imposer des mesures à tous les Français. Ils savent tout.

Un petit cercle déconnecté des Français

Comme ils sont pressés, ils vont définir à la hâte un scenario qui s’inspire de leur cercle familial, de leurs amis proches, de leurs relations, de leur vie quotidienne. Ils sortent tous du même moule. Et là commence le problème. Ce petit cercle ne vit pas du tout comme les Français et n’en a pas la plus petite notion. Il a découvert les gilets jaunes comme une jacquerie sous Louis XIV. Il lui est difficile d’imaginer la vie quotidienne d’un fleuriste, d’un hôpital, d’un agriculteur, d’un restaurateur, d’un boulanger, d’un routier et même d’un fonctionnaire de terrain. En fait, ces jeunes gens des cabinets ministériels ne savent rien, ni de la France qui travaille et produit, ni de celle qui souffre, ni de celle qui réfléchit et analyse. Ils n’ont jamais fait que de la théorie en chambre, puis en cabinet, suspendus dans une canopée qui ne voit jamais le sol, comme en Amazonie.

Ils sont là le temps de gesticuler suffisamment pour se faire remarquer et atterrir dans un poste confortable où ils commettront d’autres actes aussi absurdes envers leur personnel, leur public. Ceux qui seront lucides parmi eux quitteront rapidement cette folie, soit éliminés car trop dangereux, soit écœurés par cette triste vérité du pouvoir. Nos « élites » des cabinets ministériels ne procèdent plus de la compétence mais de la cooptation selon des circuits obscurs et consanguins.

La crise Covid contribue simplement à révéler à la lumière ce terrible mal français d’une technocratie devenue ridicule à force d’être absurde, clergé sans dieu, robots du pouvoir, déni quotidien de notre démocratie. La France est le dernier pays en Europe à déployer ces aéropages antiques en hôtel particulier, là où un ministre allemand utilise simplement trois personnes pour diriger son administration et en connaitre parfaitement les rouages au contact du public. Les fonctionnaires eux-mêmes seraient-ils de la caste des intouchables au point qu’un ministre ne les contacte que par son cabinet ?

« Il y a un peuple indigène en France et sa capacité d’accueil est dépassée, largement! »

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Jean Messiha © JOEL SAGET / AFP.

Le délégué pour les études et argumentaires du Rassemblement national, membre de son bureau national, quitte le parti. Il s’en explique et dévoile ses projets. Enfin, il apporte des précisions utiles sur ses positions dures sur l’immigration, l’islam ou l’identité nationale.


Causeur. Vous avez annoncé la semaine dernière partir du Rassemblement national. Pourquoi ?

Jean Messiha. Il y a des moments dans la vie où on se dit qu’il ne faut pas insister quand on travaille avec et pour des gens que vous gênez parce qu’ils s’attendaient à faire de vous un pondeur de notes et découvrent avec désagrément que vous n’êtes pas que cela. Il est vrai que j’ai acquis au fil des mois une réelle popularité dans les rangs de nos militants et sympathisants et une certaine audience dans les médias. Cela n’était pas prévu et cela a déplu. Par ailleurs j’ai pris des positions franches sur certaines thématiques comme l’Islam et l’identité européenne de la France métropolitaine. Cela n’a pas plu non plus mais ce sont mes convictions profondes.

Dans Valeurs actuelles, vous estimez que vos « compétences et engagement ne sont pas reconnus ». Européennes, Paris, Aisne pour les prochaines régionales, vous avez effectivement attendu des investitures en vain. Pourquoi cela vous était-il refusé, selon vous ?

Un mouvement politique est une organisation humaine avec ses hauts et ses bas, ses grandeurs et ses bassesses. Il y a des jeux d’influence avec des sympathies mais aussi des jalousies voire des haines.

Je suis arrivé au FN sans aucune expérience du monde politique. Mon parcours était principalement celui de la fonction publique qui n’est pas un monde parfait tant s’en faut mais où on fait passer dans une large mesure le travail et les qualités des gens avant d’autres considérations moins objectives. J’ai découvert ce qu’est la vie d’un parti et c’était vraiment intéressant. « Une grande leçon de vie » comme on dit mais ce que j’en ai retiré est bien plus important que les déceptions qui n’ont au fond aucune importance. Marine Le Pen a fait des choix  qui lui appartenaient pleinement. Vous connaissez la formule « gouverner c’est choisir ». La présidente du RN a fait des choix dont j’imagine qu’ils ont été mûrement réfléchi. Vous connaissez l’autre formule « se soumettre ou se démettre ». Je me suis démis. La vie continue et elle est même encore plus excitante et porteuse de promesses. Toutefois, en partant j’ai réitéré à Marine Le Pen mon amitié et ma reconnaissance pour ce qu’elle m’a apporté. Ce n’étaient pas des paroles de convenance, je les ai dites en sincérité.           

Vous dites que c’est Marine Le Pen qui a choisi de ne pas vous offrir les investitures que vous désiriez, que ces choix étaient mûrement réfléchis et que vous ne lui en voulez pas. Cependant, à commencer par le journal le Monde, beaucoup ont effectivement cru voir dans votre départ un mouvement d’aigreur. Mais ce n’est pas interdit d’avoir de l’ambition personnelle, non ?

J’avais déjà indiqué chez vos confrères de Valeurs actuelles que certains feraient circuler le bruit que mon départ reflétait des aigreurs. Si j’étais aigri je ferais ce que d’autres ont fait avant moi, casser du sucre sur Marine Le Pen. Ce n’est pas ce que je fais car comme je l’ai aussi déjà dit j’ai de l’estime pour elle et je pense qu’elle a des qualités incontestables. 

Le pionnier fut Noël Mamère qui passa de la télé à la politique à la fin des années 80. Roselyne Bachelot fut un bon exemple de l’inverse. Mettons cela au débit ou au crédit des changements profonds que les réseaux sociaux et les talk show à l’américaine comme ceux de mon ami Cyril Hanouna ont apporté à notre société. On peut le regretter ou vivre avec, j’ai choisi la seconde solution

La vie serait bien triste sans ambition. On a tous nos ambitions elles vont des plus modestes aux plus hautes. Une sportive veut battre ses records, un patron veut faire croître sa boite, un employé veut voir son travail reconnu et progresser, une chercheuse veut trouver, etc. Un homme politique qui a des convictions veut les faire partager à ses concitoyens. Je suis dans cette démarche et je pense être mieux à même de le faire dans une structure nouvelle, mais ce n’est pas une initiative solitaire. J’ai une équipe qui s’étoffe jour après jour de gens de grande qualité.          

Il se murmure que l’on va vous voir davantage sur Cnews. Si oui, quels sont vos projets sur la chaine ? Faut-il ne pas être encarté dans un parti politique pour travailler sur Cnews ? Ne faut-il pas s’inquiéter des frontières qui s’estompent entre politique et commentateur, journalistes et divertisseurs ? Je ne pense pas forcément à vous, mais je pense à Raquel Garrido, Laurence Sailliet, Jean-Marie Bigard… Aurais-je tort d’y percevoir une sorte de décadence pour la noblesse du politique ?

La noblesse du politique est de parler avec son cœur autant qu’avec sa tête et où qu’on le fasse, dans une réunion publique, au cours d’un dîner avec des militants, sur un plateau de télé ou dans un studio radio. En la matière il y a beaucoup de particules mais pas toujours de vraie noblesse. Passons.

Nous sommes un pays qui adore les débats d’idées et quels que soient nos camps ils sont plutôt de qualité. Quand on a suivi la campagne présidentielle américaine on se rend compte à quel point nous avons en France et dans d’autres pays d’Europe une vie politique dont nous pouvons être raisonnablement fiers.     

Pour répondre à votre question, je suis très heureux d’être un invité régulier de CNews qui à la différence d’autres donne la parole à tout le monde sans parti pris. J’ai l’impression d’un panel très large d’intervenants qui va de la politique à la société civile. Le sujet des frontières entre les genres que vous soulevez est très intéressant. C’est l’honnêteté intellectuelle qui fait la différence. Les téléspectateurs et les auditeurs ont à mon avis acquis une grande maturité. Ils sont parfaitement capables d’apprécier la légitimité et la sincérité de ceux qu’ils regardent ou écoutent. Vous avez cité Laurence Saillet et Raquel Garrido. Leurs prises de position sont partisanes et claires. L’une représente la droite qui se revendique « républicaine » comme si le reste du spectre politique ne l’était pas, Raquel Garrido représente la gauche radicale et immigrationniste et ne s’en cache pas. Jean-Marie Bigard c’est autre chose. Il a voulu suivre brièvement l’exemple de Coluche. C’est un humoriste extrêmement truculent que des millions de Français adorent. Personne ne lui en veut pour cette palinodie.

Toutefois vous avez raison les choses sont devenues plus fluides qu’elles ne l’ont longtemps été. Le pionnier fut Noël Mamère qui passa de la télé à la politique à la fin des années 80. Roselyne Bachelot fut un bon exemple de l’inverse. Mettons cela au débit ou au crédit, comme vous voulez, des changements profonds que les réseaux sociaux et les talk show à l’américaine comme ceux de mon ami Cyril Hanouna ont apporté à notre société. On peut le regretter ou vivre avec, j’ai choisi la seconde solution car tant que l’on a quelque chose d’utile à apporter au débat public, il faut s’exprimer.

L’occupation de cet espace médiatique compte-t-il plus que le militantisme sur le terrain, de nos jours ?

Les deux. Je suis surpris de voir la complémentarité entre les médias et le « terrain ». Très régulièrement quand je suis interpellé dans l’espace public ou dans des réunions militantes, on me rappelle des émissions auxquelles j’ai participé, les propos que j’ai tenus, et cela crée une opportunité d’échanges nouveaux, personnels cette fois-ci.   

Je ne crois pas que le choix identitaire d’un nombre croissant de Français reflète une volonté de rechristianisation des valeurs…

Vous dites avoir pris des positions franches sur certaines thématiques. Pourquoi ne faites-vous pas la distinction convenue entre islam et islamisme ?

Est-ce que vous faites une distinction entre catholicisme et catholicisme intégriste, entre judaïsme et judaïsme ultra, entre hindouisme et hindouisme extremiste ? Non. Tout le monde y voit une question de degré, pas une religion à part. Pour l’Islam et l’islamisme on tente de nous faire croire que ce sont deux espaces de pensées séparés. D’ailleurs que fait-on dans les centres de déradicalisation? On ne tente pas de désislamiser, on tente de faire revenir des gens qui sont dans une lecture littérale et historique du Coran à une remise dans son contexte contemporain d’un texte révélé ou constitué selon les croyances il y a 14 siècles dans un monde nomade, rude, et guerrier. Je fais une différence entre islam et islam radical mais je me refuse à cette pudeur sémantique entre une religion et sa dérive extrémiste. Par contre il faut bien admettre que cette dérive extrémiste est bien plus répandue et plus violente dans l’Islam que dans les autres religions. Y a-t-il un terrorisme chrétien, juif, bouddhiste ou hindouiste à échelle mondiale ? À l’évidence, non. Et cela oblige sinon à conclure du moins à réfléchir.

Beaucoup de militants de votre camp politique attendent le retour de Marion Maréchal. Mais revenons à Marine Le Pen. Vous avez déclaré qu’elle est une femme sympathique, très humaine, qui a du caractère, des convictions et de la constance. Mais vous dites également que les Français attendent d’un présidentiable qu’il maitrise bien les questions économiques. Je retrouve dans cette affirmation une critique régulièrement faite à la patronne de la droite nationale. Avec son positionnement ni droite ni gauche, elle n’est pas parvenue à casser le « plafond de verre ». Une candidate de droite plus assumée, libérale économiquement, inflexible sur les valeurs chrétiennes / familiales ou l’identité de la France serait-elle de nature à emporter davantage l’adhésion de nos compatriotes ? 

C’est une question complexe. 

Je ne crois pas qu’il y ait une appétence majoritaire pour une idéologie de droite. Il y a une aspiration au bon sens. Est-ce que réduire la fraude et les gaspillages qui minent la dépense publique et sociale est une idée de gauche, de droite ou tout simplement de bon sens? Est-ce qu’arrêter des immigrations dont les caractéristiques identitaires rendent leur assimilation à notre société difficile voire impossible relève d’une idéologie ou de la simple intelligence ? Est-ce que constater une parfaite corrélation entre l’inexorable montée du coût du travail par les charges, l’impossibilité de dévaluer après l’euro et notre désindustrialisation dramatique ressort d’un choix idéologique ou d’une réflexion rationnelle?

Est-ce que vouloir financer un modèle social protecteur auquel tout le monde tient par la croissance et la justice fiscale constitue une dangereuse utopie ou une aspiration légitime?    

Par ailleurs, je ne crois pas non plus que le choix identitaire d’un nombre croissant de Français reflète une volonté de rechristianisation des valeurs. Il y a un attachement à notre passé majoritairement chrétien et minoritairement juif, mais il n’y a pas d’appétence pour un retour à une forme d’ordre moral.

Je constate par exemple que le « mariage pour tous » est approuvé par une très franche majorité de nos concitoyens, que la PMA étendue aux couples lesbiens recueille également le soutien de 60% des Français, etc. Toutes ces évolutions sociétales que l’on peut apprécier ou regretter selon ses convictions sont des marqueurs identitaires de notre pays, un pays européen. C’est ce dernier qualificatif qui compte en fait. Ce que veut à mon avis une majorité de Français c’est que la France métropolitaine reste un pays européen et ne devienne pas un bazar multi-ethnique 1/3 « black », 1/3 « blanc » et 1/3 « beur » et un islam devenu première religion de France, auquel nous condamne à long terme les politiques migratoires actuelles. Il n’y a là aucun manque de respect pour ces peuples, mais chacun sa terre. Cela n’exclut ni l’amitié, ni la coopération, ni l’aide de « riches » à « pauvres » si elle va dans les bonnes mains, ni les échanges commerciaux, culturels, scientifiques, touristiques, etc. Mais cela exclut la colonisation de peuplement de la France européenne par le Maghreb, l’Afrique sub-saharienne et le Moyen-Orient. Pour les « progressistes », l’invasion est un progrès mais seulement quand elle frappe les peuples européens, ils dénoncent par contre les colonisations de peuplement qui touchent les terres des peuples indigènes en Amazonie, en Inde, en Indonésie, au Tibet, etc.  Eh bien il faut leur répondre très tranquillement qu’il y a un peuple indigène en France et que sa capacité d’accueil est dépassée, largement.

Le droit à l’IVG est irréversible, ce qui est contesté et à raison c’est sa banalisation totale et l’extension continue de la période d’exercice de ce droit jusqu’à l’âge ou un fœtus deviendrait presque un prématuré viable voulue par les féministes « progressistes”.

Stupéfiant! Le président et François Hollande ont échangé quelques mots…

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Le président Macron et François Hollande près de la tombe du soldat inconnu, le 11 novembre 2020 © Yoan Valat/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22512709_000005

Je bats ma coulpe puisque par ce billet j’ajoute une pierre superfétatoire à cette comédie!


L’ancien Premier ministre Edouard Philippe a mis en garde contre le risque pénal qui empêcherait les politiques d’agir. Je ne crois pas qu’il ait raison mais ce sujet est trop sérieux pour être mêlé au badinage qui va suivre.

Badinage certes mais très révélateur de notre étrange conception de la démocratie, de cette République des petites phrases, dont nous raffolons et qui vise à donner à toute force à une indéniable normalité, un tour sulfureux, presque provocateur. Telle une information capitale.

Lors des cérémonies du 11-Novembre à l’Arc de Triomphe, Emmanuel Macron a salué François Hollande après Nicolas Sarkozy et un dialogue de très haut niveau entre les deux premiers a été relevé. Hollande questionne : « Ça va, pas trop dur en ce moment ? » et le président semble avoir répondu, s’il n’y a pas d’erreur : « C’est rien de le dire, merci d’être là, il faudrait qu’on en parle » (Le Point).

Il paraît que Nicolas Sarkozy en est resté interloqué. Il n’y a pas de quoi.

On s’est interrogé sur l’intention de François Hollande en lui prêtant d’emblée un dessein pervers, une jouissance sadique parce qu’il posait une question qui au fond était un pur constat. En effet, c’est « dur » en ce moment.

Il ne fait aucun doute que Hollande qui a été manipulé par Macron au point de ne rien percevoir des agissements ambitieux de quelqu’un qu’il avait pris sous son aile, fera tout ce qu’il pourra pour empêcher en 2022 la réélection de celui qui l’a trahi. Mais il n’en demeure pas moins que leurs échanges d’une extrême banalité, le 11-Novembre, relèvent d’une politesse républicaine et ce n’est pas parce que deux personnalités ne s’aiment pas, ou plus, que tout propos dérisoire émanant de l’une ou de l’autre doit devenir un événement.

Je suis effaré de voir que dans une France qui croule à tous points de vue, ces futilités anecdotiques prennent encore une telle place. Je bats ma coulpe puisque par ce billet j’ajoute une pierre superfétatoire à cette comédie.

Stupéfiant ! Le président et François Hollande ont échangé quelques mots…

Mais on est en France où rien n’est simple.

Le Mur des cons

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Les Français exigent des actes contre les islamistes qui les menacent sur leur sol

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Rassemblement en souvenir de Samuel Paty à Douai, le 21 octobre 2020 © FRANCOIS GREUEZ/SIPA Numéro de reportage : 00987105_000007.

Quatre Français ordinaires écrivent à nos dirigeants


Nous sommes des Français ordinaires. Nous n’avons pas habituellement l’occasion d’être publiés dans les journaux à grande diffusion. Nous espérons cette fois-ci que nous le serons. L’assassinat de l’enseignant d’histoire, M. Samuel Paty, nous oblige en effet à porter notre voix de simples parents d’enfants scolarisés dans le système français en France et à l’étranger, non affiliés à des associations de parents d’élèves.

Cela fait à présent huit ans, depuis les odieux assassinats à Toulouse d’écoliers juifs et de militaires français de confession musulmane, que la France est ouvertement attaquée par ceux qui sont communément désignés « islamistes ».

Ces intégristes musulmans sont pour l’essentiel envoyés ou missionnés par des organisations étatiques ou paraétatiques étrangères dont le sinistre dessein politique est de substituer aux valeurs de la République celles de la charia. Ceux qui officient sur le territoire national en faveur de ces organisations extrémistes devraient déjà être poursuivis sur le fondement de l’article 411-4 du Code pénal qui sanctionne l’intelligence avec l’ennemi.

Si les hauts fonctionnaires qui nous gouvernent, plus enclins à la rhétorique qu’à l’analyse du réel, plus investis dans la préservation de leurs positions qu’à l’âme vibrante du pays ne s’y résolvent pas, alors ils devront laisser la place à ceux qui n’acceptent plus de la voir piétinée

Le monde occidental est visé et en Europe la France, à cause de son passé colonial, du poids démographique des musulmans et de son approche assimilatrice constitue la cible privilégiée des islamistes, comme le prouvent hélas les chiffres macabres

Des marches blanches et des bougies allumées au pied des monuments jalonnent les réactions spontanées des Français, auxquels les gouvernants jurent qu’ils combattront l’islamisme, quand ils osent le nommer, puis qu’ils défendront – à raison – la liberté d’expression. 

Toutefois, l’heure n’est plus aux discours, au lyrisme ou aux promesses. En tant que citoyens et parents d’élèves, nous exigeons des actes.

En effet, force est de constater qu’après Toulouse, la terreur est de retour dans le milieu scolaire. Force est aussi de constater, comme pour Charlie, que des invectives et des menaces de mort proférées à l’égard de la future victime ont trouvé leur exécutant. Cette fois-ci encore plus rapidement entre le moment où l’enseignant a montré les caricatures du « prophète » en classe et le moment où il a été lâchement assassiné.

Gérald Darmanin doit passer aux actes

Cette évolution, rapide, doit conduire les gouvernants à admettre et à reconnaître publiquement leur échec, plutôt que de tenter de vendre un espoir vain dépourvu de moyens et d’action. 

Oui, comme notre ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, nous souhaitons que la peur change de camp. Mais quelles mesures concrètes, efficaces et immédiates seront prises sur la durée?

Manifestation à Bordeaux le 18 octobre 2020 après l'assassinat du Samuel Paty © SIPA Numéro de reportage: 00986500_000015
Manifestation à Bordeaux le 18 octobre 2020 après l’assassinat du Samuel Paty © SIPA Numéro de reportage: 00986500_000015

Certes, il est impératif de poursuivre les parents d’élèves et toute personne qui, en réclamant la démission de l’enseignant Paty, en l’insultant publiquement ou en colportant des rumeurs infondées, ont participé de près ou de loin à cet assassinat effroyable mais ne doit-il pas en être de même des collègues de M. Paty et des représentants de l’éducation nationale qui, par silence ou action, se seraient rendus coupables de complicité ? 

L’initiative de certains départements d’organiser une journée par an, dans les collèges, consacrée à la liberté d’expression est de bon augure. Elle pourrait offrir aux enseignants l’opportunité de faire réfléchir les enfants sur des caricatures politiques, culturelles ou religieuses (Jésus, Bouddha, Mahomet, Moïse, etc.). Cette initiative devrait être généralisée à l’ensemble du pays et particulièrement à ces zones de non droit où la République n’a plus voix au chapitre. Cet événement constituerait un grand moment républicain et les professeurs se sentiraient protégés par l’État (dans certains quartiers, près de la moitié des professeurs avouent s’autocensurer sur certains sujets en classe !). 

À l’issue de ce cours, tous les élèves sans exception chanteraient la Marseillaise devant le drapeau national pour réapprendre la fierté de leur héritage, qu’il soit filial ou d’adhésion. Il ne s’agit ici que de bon sens, et nous ne voyons pas de meilleure solution pour récupérer l’espace perdu par la République dans les écoles. Toute cérémonie ou autre discours reste superflu et inefficace. 

De plus, nous demandons la suspension immédiate de la mesure annoncée par le président Macron de renforcer l’enseignement de l’arabe dans les écoles. Libre à ceux qui souhaitent apprendre toute langue étrangère de s’y adonner, sans que l’État n’ait à prendre des mesures qui ne relèvent pas de l’intérêt général. La langue arabe, aussi importante soit-elle culturellement et historiquement, est intrinsèquement liée à la culture et à la religion musulmane. C’est la langue du Coran. La difficulté réside dans le fait qu’actuellement, 74 % des Français musulmans de moins de 25 ans affirment que la loi islamique prime sur la loi de la République (sondage Ifop publié le 2 septembre 2020). Une telle mesure ne ferait que renforcer ces jeunes dans leur conviction et étendre le risque de la propagation de l’idéologie islamiste à ceux qui en sont épargnés, voire qui la réprouvent. Ce n’est pas l’enseignement de l’arabe qu’il faut renforcer mais celui du français ! 

Nous réclamons un audit de grande envergure dans l’éducation nationale pour identifier ceux qui, parmi les enseignants et le personnel administratif, cultivent des idées proches des islamistes. 

D’une manière générale, il faut expulser tous les fichés S étrangers, y compris ceux ayant la double-nationalité et suspendre dans cette attente les entrées de réfugiés. Cela doit inclure bien évidemment ceux qui ont fait l’objet d’une reconduction à la frontière mais qui se trouvent toujours inexplicablement présents sur notre territoire.

Accélérons et amplifions le mouvement

Nous exigeons enfin la dissolution des associations et groupuscules islamistes (frères musulmans, salafistes …) qui véhiculent la violence morale ou physique à des fins politiques avérées ou non. Nous nous félicitons des déclarations du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui vont dans le bon sens. Nous demandons que cette action s’inscrive dans la durée. 

Ces mesures n’ont pas pour objectif de s’en prendre aux musulmans. Bien au contraire, elles permettront à l’immense majorité de nos compatriotes musulmans de se sentir protégés par la République. Elles visent plus généralement à protéger les Français, quelle que soit leur foi, d’un ensemble d’actions violentes qui à première vue n’ont aucun lien entre elles mais qui en réalité, sont la conséquences de politiques passives depuis les années 70.

De 1789 à 1873, la République a mis près d’un siècle à s’imposer. Depuis huit ans, celle-ci est contestée et fragilisée dans ses fondements. Les mesures que nous préconisons, si elles sont appliquées, la renforceront davantage que tout discours ou toute manifestation.

Seront-elles mises en œuvre ? Nous l’espérons plus que jamais, car il y a urgence à agir, tout autant qu’à en finir avec la duplicité et la lâcheté à l’œuvre depuis 40 ans. 

Au fond, l’islamisme n’a pu prospérer que parce que de nombreux élus ont acheté la paix sociale par la compromission ou la peur d’être taxés de tous les maux.

Ces élus doivent désormais être dénoncés et combattus.  C’est aujourd’hui qu’il faut résister et répondre avec fierté que les valeurs de la République priment sur toutes autres, dans l’intérêt général et au profit de chacun.

Si les hauts fonctionnaires qui nous gouvernent, plus enclins à la rhétorique qu’à l’analyse du réel, plus investis dans la préservation de leurs positions qu’à l’âme vibrante du pays ne s’y résolvent pas, alors ils devront laisser la place à ceux qui n’acceptent plus de la voir piétinée : intellectuels, artistes, entrepreneurs, enseignants, soignants, artisans, agriculteurs, pompiers, policiers, militaires ; citoyens de droite, de gauche, catholiques, musulmans, juifs, athées, salariés du public et du privé, tous réunis par leur indéfectible attachement à la République et ses valeurs, et pour lesquels la liberté de conscience et d’expression ne sont pas négociables. Ne laissons pas cette opportunité de reprendre la République aux extrémistes de tous bords qui conduiront le pays à la partition.

Des voix anonymes ou plus connues se lèvent, des livres, des articles et des éditoriaux se multiplient. Accélérons ce mouvement, reprenons la main au travers de mesures fortes et de bon sens, pour que nos enfants, libres, puissent continuer à s’épanouir dans un pays Libre, et insoumis à l’obscurantisme.

Jean-Luc Laffineur, Serge Bouganim, Hervé Michelin, Valentin Chantereau.

Emmanuel Macron se serait-il trompé de tombe?

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La président Macron devant le cercueil de Maurice Genevoix au Panthéon, le 11 novembre 2020 © Ludovic Marin/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22512709_000040.

Le chef de l’État a célébré hier l’Armistice de 1918 et l’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon. Ces apparitions se sont inscrites dans une semaine particulièrement symbolique, qui avait débuté avec la commémoration des cinquante ans de la mort du Général. Mais hormis la fonction, il est difficile de trouver un lien unissant les deux hommes, dont les appels à la résilience trahissent une envergure bien inégale.


Un an avant de conquérir l’Élysée, Emmanuel Macron – alors Ministre de l’Économie – disait : « Le poison des nationalismes revient, insidieux, qui consiste à penser que chacune et chacun ferait mieux par lui-même : c’est faux. » Il préconisait même « Nous devons approfondir cette Europe, nous devons aller au-delà de nos précautions traditionnelles» lors d’une intervention au Collège d’Europe. Des propos de nature à froisser le lieutenant puis capitaine de la Grande Guerre, qui fut blessé à plusieurs reprises, emprisonné en 1916, et dont la conception de l’Union européenne n’avait rien à voir avec l’organisation maastrichtienne mise en place durant son dernier sommeil.

Suspicieux face aux traités de Rome, Charles de Gaulle n’a eu de cesse d’exprimer sa défiance vis-à-vis de ce qui finalement se réalisa : extension des pays membres, déséquilibre du marché du travail français consécutif à son ouverture, émergence d’une Europe fédéraliste et supranationale venue se substituer à celle des nations ; le tout sur fond d’infiltration américaine (il opposa deux fois son veto à l’intégration du Royaume-Uni dans la CEE, craignant qu’il soit le « cheval de Troie » des États-Unis, dont l’hégémonie future valida le pressentiment français). Sa « France en grand », grâce au fameux « levier d’Archimède » que devait constituer l’Europe, n’est jamais advenue.

La culture française pour les nuls

Pour Emmanuel Macron, « il n’y a pas une culture française ». À l’opposé, l’homme du 18 juin clamait que « La culture domine tout, elle est la condition sine qua non de notre civilisation. » Lui, qui associait la culture à une arme pour la grandeur du pays, avait créé quelques années auparavant un ministère des Affaires culturelles, dont Malraux – tout premier « ministre de la Culture » – exposait l’ambition : « Le ministère chargé des affaires culturelles a pour mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France ».

A lire aussi, Jean-Frédéric Poisson: Ce n’est pas simplement qu’Emmanuel Macron méprise les corps intermédiaires, c’est qu’ils sont un obstacle à son projet

De Gaulle se passionnait pour la culture, à commencer par les mots ; durant sa captivité, il dévora les livres de la bibliothèque du fort n°IX d’Ingolstadt. Ces mots, qu’il maîtrisait si bien, ne lui étaient pas dictés par un prompteur. Son éloquence et sa capacité à s’improviser – sans notes – porte-voix de la Nation symbolisent une période révolue, qui a désormais fait place à une parole technocratique froide, mécanique, filtrée par une horde de conseillers énarques et biberonnés au management.

Colombey-les-Deux-Mosquées

On jauge un dirigeant à sa capacité à anticiper les écueils et dessiner la France de demain. La politique migratoire des deux hommes nous laisse elle aussi imaginer l’inimitié qu’ils auraient partagée. Durant sa campagne, le candidat Macron a su flatter les populations d’origine étrangère. Dans sa désormais célèbre anaphore où il listait fièrement les nationalités qui d’après lui constituent le peuple marseillais, il ne cachait pas ses penchants immigrationnistes. D’ailleurs, après trois années aux commandes de l’État, l’augmentation des premiers titres de séjour délivrés (274000 en 2019, c’est-à-dire 27000 de plus qu’en 2017) confirme l’accomplissement de sa politique.

Ce mercredi, autour de la flamme éternelle du soldat inconnu, étaient également présents les anciens présidents Sarkozy et Hollande, responsables à eux deux d’une augmentation de près d’un tiers des admissions au séjour. De Gaulle, au contraire, craignait l’immigration massive motivée par des raisons économiques. Tout en soulignant l’identité chrétienne de la France, il mettait en avant l’impossible intégration de minorités qui par le nombre deviendraient inéluctablement discordantes. Sa fameuse phrase rapportée par Alain Peyrefitte « Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! » jure avec les propos du fondateur d’En Marche !.

Je vous conseille plutôt les cendres de Jean Monnet

Dans un souci de cohérence, notre président n’aurait-il pas dû plutôt – profitant de la panthéonisation de Maurice Gevenoix – rendre visite à Jean Monnet, banquier, chantre du libre-échange, et bâtisseur d’une Europe que de Gaulle n’aurait jamais voulu voir éclore ? S’il souhaite inscrire cet hommage à son agenda commémoratif, je l’invite alors à ressasser, lorsqu’il remontera la rue Soufflot pour s’approcher de la nécropole où reposent les cendres de ce père de l’Europe, les mots du général initiateur de la France libre :

“À quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ?”

Thé et sympathie

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Les services de nettoyage du métro londonien ont effacé cette fresque anti-Covid signée Banksy, "prise pour un simple graffiti". © D.R.

L’actualité étant particulièrement sinistre, j’ai glissé çà et là dans cette chronique, pour détendre l’atmosphère, quelques digressions personnelles, concernant notamment l’« artiste urbain » Banksy, talentueux fumiste, et mes maux d’estomac. (Ça va mieux, merci.)


MES OVERDOSES

Mardi 6 octobre

La semaine dernière, je me suis réveillé tous les jours barbouillé, quasi nauséeux. Certes, un bon citrate de bétaïne suffisait ordinairement à dissiper le malaise. N’empêche ! À la longue, j’ai fini par m’interroger sur l’étiologie de ce problème d’ennui – avant d’aller consulter.

Au terme d’un rapide examen de conscience alimentaire, il s’est avéré que je n’avais abusé de rien plus que de coutume, sauf du thé. J’en étais à trois litres par jour, et apparemment mon organisme protestait contre cette overdose inattendue. Depuis, je m’en tiens à deux litres par jour, l’un de thé vert, l’autre de thym, et je n’ai que des compliments dudit organisme.

Ma première overdose date des années 1990, et là c’était du sérieux. Va savoir comment, j’étais devenu accro à la Vichy Saint-Yorre, et je ne comptais plus les bouteilles. Après deux ans de ce régime, j’ai commencé à souffrir d’inexplicables douleurs et autres troubles gastriques.

Mon médecin m’a fait subir une pelletée d’examens avant de m’annoncer que je n’avais rien… C’est alors qu’en un éclair m’est revenu le nom du coupable, avec le sourire traître de Patrick Sabatier : « Saint-Yorre, ça va pas fort ».

J’avais trouvé tout seul, d’un seul coup, le diagnostic et le remède ! D’un autre côté, j’aurais pu y penser avant. Après je suis passé à la Châteldon, et du coup j’ai été augmenté.

#NIGHTLIFEMATTERS

Mercredi 14 octobre

Dorénavant, par décision présidentielle, les soirées privées devront durer au moins de 21 h à 6 h. Courage !

LES MALHEURS DE BANKSY

Jeudi 15 octobre

Banksy se dit « artivist », c’est-à-dire « street artist » engagé (par Sotheby’s), et l’un des cinq plus vendus au monde.

Ce qui est beau, dans son cas, c’est que ça ne l’empêche pas de rester au service du peuple. Ainsi, l’été dernier, avait-il dessiné gratuitement dans les rames du métro londonien des rats éternuant, bavant et vomissant – « pour inciter au port du masque », nous expliquaient Les Inrocks.

Tout le monde n’a-t-il pas saisi d’emblée le message ? Le fait est que le jour même, les équipes de nettoyage du Tube ont effacé consciencieusement jusqu’à la queue du dernier rat banksyen : « Elles n’ont pas fait la différence avec un simple graffiti », déplorent Les Inrocks. Et pour cause : ce sont des graffitis.

Vous imaginez un des nettoyeurs se figeant soudain : « Attendez les gars ! Ne touchez à rien ! Je crois bien que c’est des Banksy !! »

L’affaire se pimente encore quand l’œuvre effacée par erreur avait été préalablement estimée à un ou plusieurs millions d’euros. C’est ce qui s’est passé récemment dans un hôtel en Jamaïque : l’artiste avait gratifié ses hôtes, en remerciement pour leur accueil, d’un mur de pochoirs. Las ! Quelques années plus tard, l’équipe de maintenance – encore elle – « croyant à un acte de vandalisme », a repeint par-dessus cette œuvre, estimée entre-temps à 4,6 millions d’euros.

Pour remplir leur mission avec le discernement requis, les nettoyeurs municipaux devraient être titulaires d’un mastère d’art contemporain. Il y va de la survie du street art, c’est-à-dire de l’art vivant, c’est-à-dire de l’art tout court. Tout le reste n’est que culture morte.

La meilleure blague qui soit arrivée à notre artiste engagé est, comme il se doit, politique, et elle a une jolie forme de boomerang. En 2014, à l’occasion d’une législative partielle à Clacton (est de l’Angleterre), Super Banksy décide d’« intervenir » pour dénoncer la xénophobie du parti UKIP, dont le candidat menace d’être élu. Il peint donc sur un mur des oiseaux porteurs de pancartes en sommant d’autres de « retourner en Afrique » et autres amabilités.

Bilan des opérations : suite à la plainte d’un résident, qui a visiblement séché l’enseignement du second degré, l’œuvre sera interdite et effacée par la mairie bien-pensante pour… « racisme ».

C’est dur de militer avec des cons. Mais bon, tant que ça paye.

À lire aussi, Pierre Lamalattie : Art contemporain: supercherie en bande organisée

LA DÉFENSE SARKOZY

Jeudi 15 octobre

Nicolas Sarkozy mis en examen pour la quatrième fois dans le dossier dit du « financement libyen » de sa campagne.

Si je compte bien, ça fait quatre présomptions d’innocence dans la même affaire !

LA DÉCAPITATION SELON FRANCE CU

Vendredi 16 octobre

Décapitation d’un enseignant qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. Dans un tweet, France Culture nous livre son analyse du drame : « L’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty pose la question de la résurgence de l’accusation de blasphème dans nos sociétés modernes et laïques. »

Tu le crois, ça ? Comment ils noient le poisson, jusqu’à l’escamoter ! Pas un mot sur l’origine exclusivement islamiste de cette sanguinaire « résurgence ». Mieux ! Avec un culot d’enfer, France Cu illustre son tweet par la photo d’un petit troupeau de cathos tradis, frileusement regroupés sous une banderole « Non aux insultes à Jésus-Christ ».

Il est là, le problème posé par l’assassinat sauvage d’un enseignant ? Décidément, parfois France Culture se fout de notre gueule. C’est dur, aussi, d’être pris pour des cons.

DES NOUVELLES D’ANTOINE

Mercredi 21 octobre

En revanche, ça fait toujours plaisir d’avoir des nouvelles de l’ami Antoine, pas vu depuis tantôt cinq ou dix ans.

Quand je l’ai connu, c’était une sorte de punk sans chien, limite borderline. Aux avant-dernières nouvelles, il s’était enfin fixé, avec sa copine, dans une bâtisse à rénover d’urgence, du côté de Nîmes ou de Poitiers. Et apparemment ça tenait, la bâtisse et le couple.

Antoine est un ami bien fêlé comme j’aime, auprès de qui je me sentais presque équilibré. Une anecdote ? Bien volontiers. Du temps qu’il était cuistot dans un restau très achalandé à Rouen, il avait répondu au chef qui lui proposait de devenir son second : « Je préfère faire la plonge ! » Et de préciser aussitôt, pour lever toute ambiguïté : « Je voudrais le moins de responsabilités possible. » Une philosophie de la vie qui en vaut une autre.

Quant à son meilleur gag, à ma connaissance et sans me vanter, c’est à moi qu’Antoine l’a réservé. Il squattait chez des amis à Paris quand une nuit, vers 4 h du matin il m’appelle, échoué sur un banc, mais raide comme un passe-lacet : « Basile-Basile-Basile, là je ne sais plus du tout où je suis… Le mieux, c’est que tu viennes me chercher. »

CHAT PERCHÉ

Lundi 26 octobre

Marinette : « C’est quoi déjà, le couvre-feu ? »

Delphine : « C’est quand les grandes personnes vont se coucher à la même heure que les enfants. »

Première fois

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Manifestation au Bangladesh contre la France après les déclarations d'Emmanuel Macron sur le droit à caricaturer le prophète Mohammed, après l’assassinat de Samuel Paty © Suvra Kanti Das/Shutterstock/SIPA Numéro de reportage: 40804436_000002.

Pour la première fois mon compte Twitter a été censuré. Mon crime? Avoir insinué que des centaines de milliers de musulmans comprenaient l’islam comme l’assassin de Samuel Paty.


La première fois est toujours émouvante. Au moins me sera-t-il facile de retenir la date, celle de l’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon. Pouvoir ainsi associer très modestement ma prose à l’auteur de La forêt perdue – hymne sublime à Artémis – du Bestiaire sans oubli, de La chèvre aux loups, est un honneur inespéré et qui me touche. J’ai été temporairement banni de Twitter alors que nous célébrons cet immense écrivain dont l’un des premiers textes, Sous Verdun, fut en son temps censuré. Je remercie ceux qui ont signalé l’un de mes messages : qu’ils en aient pris la peine prouve que je les dérange, et cet encouragement me va droit au cœur.

À lire aussi, Alain Finkielkraut : Samuel Paty, le dévoilement et le déni

À propos d’encouragements, à l’heure où vous lirez ces lignes mon compte sera à nouveau opérationnel, n’hésitez pas à lui rendre visite et à vous y abonner – ceci est un aparté publicitaire.

De quoi s’agit-il ? À quelqu’un écrivant que « Le monde évoluera le jour où les gens comprendront que ce que revendiquent les auteurs de ces attentats n’a complétement rien à voir avec l’Islam et les religions tout court. Ce ne sont que des dégénérés qui croient exprimer la religion correctement. », j’ai répondu : « Quel dommage que des centaines de milliers de musulmans dans le monde manifestent ces jours-ci pour montrer qu’ils comprennent l’islam exactement de la même manière que l’assassin de Samuel Paty. Il faut croire qu’Allah explique très mal. » Crime de lèse-majesté, semble-t-il. Je me dois de faire mon mea culpa. Où ai-je bien pu « déraper », comme on dit ?

Ceux qui manifestent contre la France ont des convergences avec l’assassin de Samuel Paty

Est-ce dans l’idée que ceux qui manifestent contre la France, contre Emmanuel Macron, contre les caricatures et la liberté d’expression, partagent la même vision de l’islam que l’assassin de Samuel Paty ? Ma foi, entre la haine manifeste, la soif de censure et l’apologie de la violence (un prédicateur pakistanais a même demandé un bombardement nucléaire de la France), le tout bien sûr au nom de l’islam, on peut légitimement constater des convergences.

Est-ce le « centaines de milliers » ? Je reconnais ne pas les avoir comptabilisés moi-même. Peut-être Twitter me reproche-t-il d’avoir fait confiance aux journalistes ? Le Monde (serait-il devenu islamophobe ?) parle de « plus de 50.000 musulmans » manifestant contre la France et contre les caricatures au Bangladesh. On évoque aussi le Pakistan, la Cisjordanie, Jérusalem, Istanbul, la Libye…. J’aurais peut-être dû écrire « plus d’une centaine de milliers » et non « des centaines de milliers », mais je doute que ce soit pour cette raison que Twitter m’ait censuré.

Est-ce d’avoir qualifié ces manifestants de musulmans, ainsi que l’a fait Le Monde ? C’est pourtant bien ainsi qu’eux-mêmes se présentent : ils s’opposent à ce qu’ils perçoivent comme un manque de respect envers le prophète de l’islam, invoquent Allah, disent agir pour défendre l’islam et au nom de l’islam. On m’accordera j’espère que ce ne sont probablement pas des bouddhistes !

Est-ce d’avoir commencé par « quel dommage » ? Aurais-je dû me féliciter de ces mouvements de foule éructant la haine de la France et appelant à la suppression de la liberté d’expression ? S’en réjouir serait-il la position officielle de Twitter ? Je n’ose l’imaginer.

Ils sont nombreux, ceux qui expriment mal la religion…

Le problème résiderait-il dans ma seconde phrase ? « Il faut croire qu’Allah explique très mal. » Je reste songeur. Après tout, mon contradicteur parlait de « ces dégénérés qui croient exprimer la religion correctement » : si son hypothèse est exacte, ils sont nombreux ceux qui « n’expriment pas la religion correctement. » Que « plus d’une centaine de milliers » de musulmans soient à ce point égarés après quatorze siècles d’islam impose un jugement peu flatteur sur le talent de pédagogue de celui dont ils suivent l’enseignement. Et celui que l’islam lui-même présente comme l’auteur de ce manuel qu’est le Coran, c’est bien Allah.

Diantre. Aurais-je donc dû affirmer qu’Allah est parfaitement clair dans l’expression de sa volonté, et donc que tous ces manifestants l’ont compris ? Puisque leur sincérité est aussi évidente que leur rage, puisqu’il est certain qu’ils appliquent de bonne foi ce qu’ils ont compris, aurais-je dû affirmer que leurs cris contre la France et contre la liberté sont conformes à la volonté d’Allah ? Twitter m’aurait-il censuré parce que je ne critiquais pas assez sévèrement l’islam ? J’en serais fort surpris.

À lire aussi, Ferghane Azihari : Islam radical: et si la solution passait par l’apostasie des musulmans?

Alors que reste-t-il, sinon l’évidence ? Mon message a été signalé et censuré parce qu’il avait le tort d’attirer l’attention sur une vérité dérangeante. Motif : « hateful conduct », comportement haineux. Détaillé ainsi : « You may not promote violence against, threaten, or harass other people on the basis of etc, etc » soit « encourager à la violence, menacer ou harceler ». N’ayant clairement ni menacé ni harcelé, c’est donc que selon Twitter j’aurais « encouragé à la violence ». J’en conclus que ceux qui ont signalé mon message, ainsi que la modération et les algorithmes de Twitter, ont estimé que dire la vérité au sujet de l’islam et/ou des musulmans encouragerait ceux qui découvriraient cette vérité à la violence, probablement contre l’islam et/ou les musulmans. C’est là une opinion dont je leur laisse l’entière responsabilité.

Divan sur grand écran

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Maïwenn dans son dernier film ADN. © Le Pacte

 


ADN de Maïwenn, sorti le 28 octobre au cinéma, est un film caricatural qui idéalise l’Algérie au détriment de la France. 


 

L’actrice, scénariste et réalisatrice française Maïwenn considère le cinéma comme une thérapie grâce à laquelle on gagne sa vie. Avec ce nouveau déballage familial indécent, elle prend en otage ses spectateurs sommés de détester avec elle et sa mère, une hystérique égoïste, et son père, un mâle blanc forcément castrateur. Sans oublier le reste de la famille, également ignoble et sans intérêt. Entre deux clips qu’on dirait sortis d’une pub pour un grand magasin de la rive gauche, la cinéaste nous assène sa vision de l’Algérie vue comme une sorte d’éden face au pays natal français dont elle ne peut qu’avoir honte. L’ensemble est à ce point caricatural qu’on se demande comment un tel film a pu être produit en l’état. Il est grand temps que l’on siffle la fin de la récréation pour des cinéastes incapables de la moindre mise à distance, qui confondent manifestement écran et divan.

A lire ensuite: Le blasphème de Maïwenn dans « Paris-Match »

Souvenirs, souvenirs

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Image d'illustration Unsplash

 


On ne va pas non plus ne parler que d’islamisme, de Covid et des élections américaines.



C’est la fin de l’été. Il y a du soleil sur la France et le reste n’a pas (vraiment) d’importance.
Le (premier) confinement est derrière nous. Le deuxième pas encore à l’ordre du jour.
Ma nièce, légère et court vêtue, ayant mis ce jour-là pour être plus agile cotillon simple et souliers plats (et pas de masque) flâne sur les grands boulevards où il y a tant de choses, tant de choses à voir.
Un éphèbe (selon elle), couleur ébène, l’aborde.

Lui, spontané : Dites donc mademoiselle, vous avez vraiment un joli bronzage.

Elle, pas farouche : Mais dites donc, le vôtre n’est pas mal non plus.

Lui, guilleret : Oui, effectivement, sauf que moi j’ai mis moins de temps que vous pour l’avoir.

Sourires complices, cheveux au vent, rêves mouvants.

Moi : Et alors, tu as fait une touche ! Tu devrais être contente.

Elle : Voilà bien une réflexion d’une femme des années 80 ! Tu ne te rends même pas compte des problèmes que ça pose !

Moi : Ah bon !

Elle : Tout d’abord, était-ce du harcèlement de rue ? Si oui, quelle est la réponse appropriée ? Police, réseaux sociaux, association de défense ? Et, si cela ne me déplait (finalement) pas, ne suis-je pas en train de trahir mes convictions et de passer du côté obscur de la force ? Et puis, c’est une personne racisée. Je l’ai peut-être choqué, heurté, blessé. Profondément et durablement. Je lui ai quand même parlé de sa couleur. Ce n’est pas anodin. Surtout de ma part.

Moi : De ta part ?

Elle : Eh bien oui, moi. Au cas où tu ne le saurais pas, je suis blanche, hétérosexuelle, de culture catholique, d’éducation bourgeoise… et bla, bla, bla et bla, bla, bla.

À la fin, pour calmer ses angoisses et nous réconforter, je nous ai servi un petit coup de blanc de derrière les fagots. Et nous avons (en même temps), dégusté le tube de Diane Dufresne (cuvée 1972), sobrement titré « J’ai rencontré l’homme de ma vie ».

Histoire que, quand par hasard, elle recroisera son regard et qu’il lui demandera ce qu’elle fait dans la vie, elle ne soit pas prise au dépourvu.