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Souvenirs, souvenirs

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On ne va pas non plus ne parler que d’islamisme, de Covid et des élections américaines.



C’est la fin de l’été. Il y a du soleil sur la France et le reste n’a pas (vraiment) d’importance.
Le (premier) confinement est derrière nous. Le deuxième pas encore à l’ordre du jour.
Ma nièce, légère et court vêtue, ayant mis ce jour-là pour être plus agile cotillon simple et souliers plats (et pas de masque) flâne sur les grands boulevards où il y a tant de choses, tant de choses à voir.
Un éphèbe (selon elle), couleur ébène, l’aborde.

Lui, spontané : Dites donc mademoiselle, vous avez vraiment un joli bronzage.

Elle, pas farouche : Mais dites donc, le vôtre n’est pas mal non plus.

Lui, guilleret : Oui, effectivement, sauf que moi j’ai mis moins de temps que vous pour l’avoir.

Sourires complices, cheveux au vent, rêves mouvants.

Moi : Et alors, tu as fait une touche ! Tu devrais être contente.

Elle : Voilà bien une réflexion d’une femme des années 80 ! Tu ne te rends même pas compte des problèmes que ça pose !

Moi : Ah bon !

Elle : Tout d’abord, était-ce du harcèlement de rue ? Si oui, quelle est la réponse appropriée ? Police, réseaux sociaux, association de défense ? Et, si cela ne me déplait (finalement) pas, ne suis-je pas en train de trahir mes convictions et de passer du côté obscur de la force ? Et puis, c’est une personne racisée. Je l’ai peut-être choqué, heurté, blessé. Profondément et durablement. Je lui ai quand même parlé de sa couleur. Ce n’est pas anodin. Surtout de ma part.

Moi : De ta part ?

Elle : Eh bien oui, moi. Au cas où tu ne le saurais pas, je suis blanche, hétérosexuelle, de culture catholique, d’éducation bourgeoise… et bla, bla, bla et bla, bla, bla.

À la fin, pour calmer ses angoisses et nous réconforter, je nous ai servi un petit coup de blanc de derrière les fagots. Et nous avons (en même temps), dégusté le tube de Diane Dufresne (cuvée 1972), sobrement titré « J’ai rencontré l’homme de ma vie ».

Histoire que, quand par hasard, elle recroisera son regard et qu’il lui demandera ce qu’elle fait dans la vie, elle ne soit pas prise au dépourvu.

Interdiction des messes: « Nous le vivons comme une injustice »

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Cinq évêques et plusieurs intellectuels catholiques ont publié une tribune dans le Figaro demandant au gouvernement de lever l’interdiction générale de célébrer la messe avec la participation des fidèles pendant le confinement. Un de ces signataires, Mgr Dominique Rey, l’évêque de Fréjus-Toulon, nous livre le fond de sa pensée sur deux de nos libertés fondamentales: la liberté de culte et la liberté d’expression.


Entretien avec Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon

Causeur. Pensez-vous que le gouvernement, en imposant ces restrictions, se montre trop intransigeant ?

Mgr Rey. Il y a une liberté fondamentale qui est garantie par la Constitution, qui est la liberté de culte. Ce n’est pas simplement se rendre dans une église, mais aussi pouvoir se rendre à des offices. Aller à la messe est structurant et essentiel dans la vie d’un chrétien. La démarche qui a été portée par plusieurs évêques, et notamment par le président de la conférence des évêques, souligne cet attachement fondamental pour les chrétiens dans l’essence de leur foi à ce rassemblement. Je crois qu’on peut prendre, dans le contexte actuel du reconfinement, des dispositions sanitaires et des précautions fondamentales sans que cela ne contrevienne à cette liberté de culte.

Vous avez déposé des recours devant le Conseil d’État au mois de juin, mais sans succès. Pourquoi le gouvernement fait-il la sourde oreille ? 

Je mets cela sur le compte d’une volonté d’éviter que ce reconfinement se traduise par une crise encore plus grande que celle qu’on a connue. Il y a une espèce d’angoisse collective, et le gouvernement multiplie les dispositions pour empêcher la propagation du virus. Ce qui est contradictoire, c’est qu’en même temps les grandes surfaces sont ouvertes pour les besoins vitaux, les écoles aussi, mais les fidèles ne peuvent pas se retrouver, même dans des conditions sanitaires strictes. Il y a une incohérence, et nous le vivons comme une injustice.

Parmi les signataires de la lettre, je remarque qu’il y a surtout des catholiques et pas de protestants. Y a-t-il une raison particulière ?

Non, il n’y a pas eu d’exclusion puisqu’il y a même des associations en dehors de l’Église institutionnelle, dans lesquelles il peut y avoir des personnes d’autres confessions chrétiennes.

Le gouvernement veut-il éviter de donner l’impression de favoriser les chrétiens par rapport à d’autres croyants, notamment les musulmans ?

Effectivement, tous les croyants se retrouvent pour célébrer les offices, que ce soit dans les synagogues, les mosquées ou les salles de prière. Mais la manière de penser le rassemblement est de nature très différente. Dans les églises catholiques jusqu’à présent, il n’y a pas eu de clusters particuliers. La situation spécifique de l’islam entraîne des risques dans certains groupes de radicalisation, cela a peut-être pu jouer pour faire en sorte que le gouvernement veuille traiter de la même manière l’ensemble des communautés croyantes, pour ne pas donner des gages qui seraient, dans le contexte actuel, particulièrement délicats par rapport à un certain nombre de regroupements de fidèles, notamment dans des mosquées de type salafiste. Les églises catholiques sont toujours ouvertes et toujours contrôlées. Dans les églises catholiques nous avons pris beaucoup de précautions qui n’ont peut-être pas été prises dans d’autres lieux de culte.

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Vous avez mis en parallèle la liberté d’expression et la liberté de culte, toutes les deux garanties par la laïcité. Est-ce que vous pensez que la republication de caricatures de Mahomet sont allées trop loin en termes de sensibilité, indépendamment du fait que ce soit garanti par la loi ?

Cela rentre dans un contexte très sensible. La liberté d’expression est elle aussi garantie par la Constitution et il est normal que l’on puisse critiquer et même se gausser de telle ou telle pensée, mais on voit bien qu’il y a des limites. S’il y a des propos ou des publications antisémites, s’il y a des choses qui touchent par exemple au sujet de l’homosexualité ou aux féminicides, on voit bien que la loi est obligée de poser des restrictions à l’expression d’une liberté qui pourrait être aveugle et qui pourrait virer à l’injure et à la calomnie. Qu’on puisse exprimer sa pensée avec de l’ironie, oui, mais attention au fait que, dans la conscience d’un certain nombre de personnes, il y a des images ou des représentations qui relèvent du sacré et les offenser touche à quelque chose de très intime, de très profond, et ainsi être un facteur de violence. Je dirais oui à la liberté d’expression, mais attention à ce que cela n’aille pas jusqu’à de la violence et ne produise de la violence. Voilà la limite que l’on peut tracer. Cette limite est difficile à cerner par la loi, mais je vois bien que dans certaines formes d’expression, il y a une incompréhension de la part de ceux qui émettent ces images, une incompréhension de l’impact extrêmement négatif qu’elles peuvent avoir et qui entraînent une vraie violence. Je ne crois pas que blesser gratuitement, volontairement, des personnes donne une bonne image de notre société. N’avons-nous que l’outrage comme modèle à proposer aux populations musulmanes issues de l’immigration ?

Suite à l’assassinat de Samuel Paty, un musulman britannique a dit sur les réseaux sociaux que, selon lui, la seule raison pour laquelle les chrétiens acceptent aujourd’hui le blasphème, c’est que le christianisme est une religion défaite, vaincue, au moins en Europe.

Je dirais plutôt que c’est dans l’essence notre foi chrétienne : le Christ a été blasphémé, sali, outragé ; il a traversé cette épreuve du blasphème par sa Passion, par la mort. Cela ne s’est pas produit dans l’islam, qui a un Dieu transcendant qui ne peut pas supporter le blasphème. Tandis que notre Christ a été violenté. Nous assumons ce passage par le blasphème, ce qui n’est pas le cas dans l’islam.

Lire la tribune publiée dans le Figaro évoquée en introduction de cet entretien.

Mélenchon, le fossoyeur de l’union des gauches

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Après un suspense difficilement soutenable, Jean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature pour l’élection présidentielle de 2022. Si La France Insoumise suit son candidat, l’annonce crispe dans les autres partis de gauche…


Jamais deux sans trois. Et finies les pudeurs de gazelle à la France Insoumise !

Dimanche 8 novembre, Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature pour l’élection présidentielle de 2022 sur TF1, mettant fin à un faux suspens, tant sa candidature était attendue. Le lider maximo tricolore se lance à nouveau à l’assaut de l’Elysée, rêvant d’imiter François Mitterrand et Jacques Chirac, élus lors de leur troisième candidature. À 69 ans, c’est un jeunot à côté de Joe Biden. Et il est toujours suivi par les cadres de son parti. Originalité: cette fois-ci, il compte s’appuyer sur 150 000 parrainages citoyens, sorte de plébiscite novateur pour légitimer son projet politique, qui contient la fameuse 6ème République et une plus grande participation citoyenne : « Aujourd’hui seuls 500 élus le peuvent (donner les parrainages). Je soutiens l’idée que les citoyens puissent investir un candidat », a-t-il expliqué sur TF1.

Jean-Luc Mélenchon a inventé un truc génial : une primaire où il est le seul candidat avec un seul tour

Mais ce n’est pas le début de la démocratie à la France Insoumise, dont les pratiques autoritaires avaient été dénoncées par Thomas Guénolé, ancien membre du mouvement, et comme vient de le rappeler ironiquement le philosophe Raphaël Enthoven sur Twitter : « Où signe-t-on ? Comment soutenir ce vaste élan démocratique en faveur d’une candidature unique ? #Melenchon2022 ». Mais aussi Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste, sur France Info : « Jean-Luc Mélenchon a inventé un truc génial : une primaire où il est le seul candidat avec un seul tour. »

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De son côté, Adrien Quatennens s’est résigné à vanter ce principe d’investiture populaire. La relève attendra, Clémentine Autain et François Ruffin aussi. Certains à la gauche de la gauche auraient sans doute préféré Clémentine Autain, l’une des rares à avoir critiqué ouvertement Mélenchon. Ou pourquoi pas carrément des islamo-gauchistes assumés comme Danièle Obono ou Éric Coquerel ? Sur Twitter, quelques comptes se désolent du maintien du leadership de Jean-Luc Mélenchon, qui persiste à vouloir s’imposer seul comme l’opposant numéro un du président Macron. « #Melenchon2022 pitié, on ne veut pas voter pour une personne mais pour un programme! On veut une union de la gauche avec Taubira, EELV, le parti socialiste et tous les autres! », écrit une militante de gauche, Marine Dezerces.

Mélenchon fait cavalier seul à gauche, Macron sabre le champagne

Mais c’est surtout au sein des autres partis politiques « progressistes » que l’annonce du leader Insoumis a fait grincer des dents. Particulièrement du côté du PS dont le premier secrétaire Olivier Faure s’est indigné sur LCI : « Pensez-vous que c’était le bon moment ? En pleine crise sanitaire, économique, sociale, avec le terrorisme à son degré maximal d’alerte… » Avant d’asséner : « Emmanuel Macron s’est ouvert une bonne bouteille car la gauche et les écologistes, s’ils veulent gagner, ont besoin de se rassembler. Toutes celles et ceux qui par leurs aventures personnelles, leurs ambitions égoïstes, menacent ce rassemblement, lui déroulent le tapis rouge. »

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Du côté des écologistes, alors qu’Éric Piolle, le maire de Grenoble, s’était un peu rapproché de Jean-Luc Mélenchon cet été, on prend de la distance. Et on insiste sur les régionales et l’union des partis de gauche, comme lors des municipales, qui a permis quelques beaux succès : « Il y a quand même une petite élection avant (les présidentielles), qui sont les régionales.[…] On a bien vu pendant les municipales que c’était les dynamiques collectives qui avaient gagné. Cette lumière au bout du tunnel sera allumée par une démarche collective », a taclé sur France Info Sandrine Rousseau… elle-même candidate à la primaire écologiste. Julien Bayou, secrétaire national des Verts, écrivait déjà en avril, dans une tribune, tout le mal qu’il pensait de l’attitude de Jean-Luc Mélenchon : « La crise que nous traversons révèle que nous avons besoin de collectif et d’humilité.[…] Hier, dans un emportement tu disais, « la République c’est moi ». Désormais dans un entêtement solitaire, tu prétends incarner l’alternative à toi tout seul. Cette pente égoïste est mortifère. » Visiblement cet avertissement printanier n’a pas été écouté. Le Parti communiste a également réservé un accueil glacial à l’annonce de Mélenchon: « Jean-Luc Mélenchon a fait son choix. Je le respecte. Les communistes feront le leur en temps voulu », a écrit Fabien Roussel, le secrétaire général du parti, sur Twitter.

La gauche dans une impasse pour 2022

L’union de la gauche relève donc d’une chimère pour la présidentielle de 2022, d’autant qu’entre Verts et Socialistes ce n’est pas non plus l’amour fou… Une partie de la gauche pourrait tout de même suivre le candidat Mélenchon, lequel tente maladroitement, en pleine pandémie, de devancer les autres leaders de la gauche pour s’imposer à eux. Sur France Info, Adrien Quatennens a incité Arnaud Montebourg, qui entretient le suspens sur une candidature personnelle, à rejoindre LFI pour 2022 : « Je pense que nous pouvons gagner en 2022, alors il y a de la place pour faire équipe. »

Sur TF1 on a pu apprécier un Jean-Luc Mélenchon souriant comme jamais, et voulant montrer combien il était devenu sage. Depuis 2017, “la République c’est moi” a bien des choses à se faire pardonner. Sa ligne politique républicaine a été balayée au profit des indigénistes et son tempérament égocentrique largement critiqué. Mais ses partisans misent sur cette campagne longue pour construire une « majorité d’adhésion » et s’imposer à gauche, avant de s’imposer chez les Français.

La Chute de la Maison Mélenchon

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Vincent Gallo contre les “mutants” démocrates

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L’artiste affiche avec drôlerie et (extrême) mauvais goût ses convictions politiques sur Instagram.


Jour quatre de l’ère Biden. Les media mainstream et progressistes sont en plein délire propagandiste en faveur du nouveau président des États-Unis. Biden le Messie, Trump le diable. Cela en devient grotesque et rend touchant le président déchu.

On trouve heureusement quelques rares bulles d’air sur internet. Le compte Instagram de Vincent Gallo, le réalisateur-chanteur-acteur culte de l’underground américain est l’une d’elles. Son profil ne compte “que” 14000 followers, ce qui n’est pas énorme, mais tous sont acquis à sa cause. C’est un hymne à l’amour en faveur de Trump et une violente entreprise de démolition des Démocrates et de l’idéologie woke. L’influenceur trumpiste se révèle outrancier dans ses analyses, ou plutôt ses emportements, mais la chape de plomb du politiquement correct est si pesante qu’il fait office de catharsis et j’avoue avoir beaucoup ri.

Un compte Instagram rafraichissant

Gallo, qui a commencé comme peintre au sein de l’underground new-yorkais auprès du sulfureux et talentueux Jean-Michel Basquiat a toujours été un Républicain acharné. Ce natif de Buffalo dans l’état de New-York, ville qui a voté pour Biden, voue à Trump une admiration qui confine à la dévotion. « Je prie pour qu’il gagne. Personne n’a jamais autant aimé l’Amérique que Donald Trump. Cela fut incroyable de l’avoir comme président et j’espère de tout mon cœur qu’il va gagner » peut-on lire sur Instagram. Il dit également vouloir s’opposer aux « mutants » que sont les Démocrates.

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Quel est donc le contenu de ce compte qu’il a ouvert pour soutenir son cher président ? Il se situe entre la performance artistico propagandiste et le site marchand, car Gallo y vend des t-shirts qui sont des pièces uniques en cachemire signées de son nom. Sur ces t-shirts figurent les visages de ses héros : Trump ou l’acteur Morgan Freeman. D’autres arbodent les objets de ses colères : l’élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, qualifiée d’ignorante ou encore Justin Trudeau dont le visage est barré du qualificatif pédé. Oui cela est infantile, mais a provoqué ma franche hilarité. Sous chaque photo de ses victimes désignées, il déroule des diatribes d’une réjouissante grossièreté parsemées de quelques éclairs de génie.

AOC, pas ma personne favorite au monde

Ocasio-Cortez : « La combinaison de son rouge à lèvres super rouge et de sa voix stridente fait qu’elle n’est pas ma personne favorite au monde. Vous vous l’imaginez en mère divorcée avec des enfants à charge ? Vous imaginez si elle était votre voisine ou votre patron ? Elle est étroite d’esprit mais surtout complètement IGNORANTE. »


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“IGNORANT” Vincent Gallo 2020. One of a kind 1 of 1 Tee Shirt Hand made by and signed by Vincent Gallo. Dated 2020 Marked on label #1 of 1 Permanent ink on 100% Cotton size Medium Alexandria Ocasio-Cortez’s combination of super red lipstick and angry screeching voice is not my favorite thing in the world. Try to imagine divorcing her with kids involved? Imagine her as your neighbor? Imagine working for her? That poor ugly redhead she dates. Politically AOC operates on the level of a neurotic Homeowners Association Board member, which would lead anyone to sell their condo. She is petty, small-minded and above all completely IGNORANT. If certain women keep celebrating this type of low level woman it’s gonna be harder for women to make a good case for equality. I sense she doesn’t smell good. @vincentgalloartworks #angry #loudmouth #ignorant #fool #democrat #redhead #servant #boyfriend #lesbo #votedonaldtrump #usa Shout out to Lil Pump. Respect bro #50cent_pussy_whipped_fag #shut_up_cher VOTE TRUMP VOTE TRUMP. #vincentgallo

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Trudeau : « Justin Trudeau pense que la liberté d’expression devrait avoir ses limites ? Vraiment ? Qu’il aille se faire enculer et le Canada avec (…) Ce leader dogmatique de cette nation mineure est clairement un gay refoulé ». Question liberté d’expression, Gallo ne semble pas avoir de limites de son côté…

Bien d’autres en prennent pour leur grade : il souhaite au journaliste de gauche Angelo Carusone un cancer de la bouche, qualifie de fils de pute Frederick W. Smith le patron de Fedex et voit en la sénatrice Démocrate Rashida Tlaib le visage de la haine. Tout cela donne un peu le tournis.

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Mais le clou du spectacle est son traitement de l’affaire Floyd : « George Floyd, le meilleur homme noir de tous les temps : j’ai eu le cœur brisé en le regardant faire une overdose ». En effet, lors de l’autopsie du corps du malheureux Floyd, des traces de Fentonyl, de la morphine de synthèse, auraient été trouvées. C’est l’ultime blasphème de la part de Gallo, car Floyd fait maintenant figure de Messie de la religion woke et des adeptes de la génuflexion. Là, Gallo a sûrement franchi les limites même pour moi. Cependant, il ne fait que pointer du doigt la récupération politique dont a fait l’objet l’assassinat de Floyd, qui n’est pas beaucoup plus reluisante.

Comme Trump, Vincent Gallo ne s’adresse plus à la presse

Le bad boy borderline et sexy est connu depuis toujours comme étant le provocateur en chef du milieu artistique américain. Mais pourquoi une telle violence d’enfant blessé ?

Lors de la sortie en 2003 de son film « The Brown Bunny », road movie hypnotique et expérimental qui se termine par une fellation non simulée, il a été malmené par la critique cannoise. Il se considère depuis comme le Trump du cinéma et refuse maintenant de s’adresser à la presse. À mon grand désespoir. Mais j’aurais essayé.

Son merveilleux film, « Buffalo 66 », sorti en 1998 et qui fit lui l’unanimité nous donne peut-être quelques pistes. En quoi ce film ovniesque, arty, d’une sensibilité tragi-comique exacerbée, fait pour un public exigeant, peut-il bien représenter le « clown orange » devenu bouc émissaire des medias ?

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Ce film nous montre des oubliés du rêve américain, des freaks qui se débattent avec la vie en sachant qu’ils ont déjà perdu. Le personnage de Gallo (qu’il dit inspiré de son père honni) sort de taule, kidnappe une ravissante Marilyn de banlieue (l’adorable Christina Ricci) pour la faire passer pour sa femme auprès de ses parents desquels il essaie en vain de se faire aimer. La galerie de personnages qui défilent sont autant de figures de perdants fracassés dont les médias américains ne parlent jamais : des bookmakers mafieux, son meilleur ami (un jeune homme flasque qui ne sort jamais de son lit), son amour de lycée grimaçante et si commune (formidable Rosanna Arquette). Ils ne sont ni racisés ni gays et n’intéressent donc pas les Démocrates.

Le « clown orange », s’il n’avait pas été à la tête d’une immense fortune et président des États-Unis aurait pu être l’un des leurs.

Et inutile d’être disciple de Freud pour affirmer que Gallo est à la recherche d’une figure paternelle.

Buffalo '66

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Alain Finkielkraut: Samuel Paty, le dévoilement et le déni


Pour Alain Finkielkraut, l’assassin de Samuel Paty a agi seul, mais il n’était pas seul. À ses yeux, cet événement révèle crûment ce que tant, trop, d’observateurs persistent à ne pas voir : la continuité entre l’islamisme ordinaire et l’ultraviolence. L’écrivain craint que certains persistent à criminaliser la clairvoyance. Propos recueillis par Élisabeth Lévy.


Elisabeth Lévy. Depuis le 16 octobre, tout le monde fait du Finkielkraut en moins bien. Que vous inspire ce retournement ?

Alain Finkielkraut. À Berlin, en décembre 2016, un terroriste ayant fait allégeance à Daech s’est jeté sur la foule d’un marché de Noël, bilan : 12 morts et une cinquantaine de blessés. Aussitôt après, Angela Merkel, très digne, annonce : « Nous allons continuer à vivre ensemble » ; et dans ses condoléances à la chancelière, le président français, François Hollande, incrimine le camion : « Un camion s’est jeté sur la foule. » Ce qui fit dire à Renaud Camus : « Salaud de camion ! Je suis sûr que les voisins du camion tombent des nues, comme c’est de coutume en pareilles circonstances. Un peu réservé peut-être, mais toujours bien poli et pas plus religieux que cela. Il faisait toujours des appels de phares quand on le croisait et il ne fréquentait pas spécialement la mosquée, même s’il est vrai que dernièrement il était devenu taciturne et ne supportait plus la musique. Ça aurait dû nous alerter, mais bon, vous savez ce que c’est… »

Avec la décapitation de Samuel Paty, les pieuses métonymies et les proclamations incantatoires ne sont plus de mise : l’assassin a agi seul, mais il n’était pas seul. Une campagne impliquant au moins un parent d’élève, un prédicateur antisémite, et quelques collégiens qu’avait indignés son cours sur la liberté d’expression, a précédé l’assassinat et l’a rendu possible. Cet événement révèle crûment ce que tant d’experts, d’éditorialistes, de responsables politiques et d’universitaires persistaient à ne pas voir : la continuité entre l’islamisme ordinaire et l’ultraviolence. Autrement dit, le vivre-ensemble est une fable, les territoires perdus de la République sont autant de territoires conquis par la haine de la France. Les yeux se sont ouverts, l’évidence ne peut plus être dissimulée.

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Beaucoup de gens, qui dénonçaient l’islamophobie comme le danger principal, ont simplement retourné leur veste en faisant comme s’ils n’avaient jamais varié. Comme l’écrit Milan Kundera dans un passage des Testaments trahis sur lequel vous aviez attiré mon attention, cela revient à tourner avec le vent. Cela ne remet-il pas en cause l’authenticité de leur changement ?

Peut-être avez-vous raison, mais ces conformistes m’inquiètent moins que ceux qui vont persister dans le déni, dans l’aveuglement et dans la criminalisation de la clairvoyance. Edwy Plenel a parlé d’un attentat à motivation terroriste, expression extraordinaire ! Le terrorisme n’a jamais été une motivation, mais un moyen au service d’une cause nationale, révolutionnaire ou religieuse. De même, dans les jours qui ont précédé l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, Ségolène Royal a affirmé qu’elle ne parlerait jamais d’islamisme, parce que, dans islamisme, il y a le mot islam et qu’elle ne voulait pas être coupable de stigmatisation. Il ne faut pas mésestimer aujourd’hui la puissance de l’antifascisme et de l’antiracisme idéologiques. Pour nombre d’éditorialistes, l’extrême droite est le danger suprême et ils continueront de délégitimer toute critique radicale de l’islam radical en vertu de ce principe.

L’islamisme conquérant n’est pas soluble dans l’économie, il ne doit pas être traité comme le symptôme d’autre chose (la misère, l’exploitation, la discrimination)

Les macroniens aussi expliquent à qui veut les entendre que le président n’a jamais varié. Est-ce votre opinion ?

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron proposait le diagnostic suivant : « Le communautarisme notamment religieux a prospéré sur la ruine de nos politiques économiques et sociales. La société statutaire, sans perspectives de mobilité, a créé le désespoir social. » Il était donc lui-même porteur d’une perspective de mobilité, il voulait fluidifier le marché de l’emploi et « ubériser » la société française. Il était l’ennemi des rentes et l’ami de la circulation. À un problème économique en dernière instance, il apportait une solution économique. Ce n’était pas de l’angélisme, c’était à ses yeux du réalisme sonnant et trébuchant. Ce réalisme s’est heurté au réel. L’islamisme conquérant n’est pas soluble dans l’économie, il ne doit pas être traité comme le symptôme d’autre chose (la misère, l’exploitation, la discrimination), il doit être combattu. Ce n’est pas notre création, c’est notre ennemi. Mais je n’ai pas besoin de la repentance du chef de l’État. Je constate avec soulagement qu’il se rapproche de la position de Manuel Valls et s’éloigne, contre une partie de ses troupes, de celle d’Aurélien Taché. La France a perdu du temps, mais Macron n’est pas le seul fautif.

On a beaucoup reparlé, ces jours-ci, de votre appel dans Le Nouvel Observateur, « Profs, ne capitulons pas ! » dans lequel vous dénonciez le Munich de l’école républicaine. Les choses auraient-elles été différentes si on vous avait écouté ?

À l’époque où Élisabeth Badinter, Élisabeth de Fontenay, Régis Debray, Catherine Kintzler et moi-même avons signé ce manifeste de soutien aux professeurs qui refusaient le voile islamique en classe, on nous a beaucoup reproché la référence munichoise et les associations antiracistes ont, avec une belle unanimité, fait feu sur nous. Le ministre de l’Éducation nationale, Lionel Jospin, s’est déchargé de la question sur le Conseil d’État qui, invoquant la liberté de conscience des élèves, a refusé la prohibition du voile. Il a fallu attendre 2004 pour que soit votée la loi interdisant les signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires. Cette loi était nécessaire, mais elle se révèle insuffisante parce que la question des signes religieux cache un phénomène beaucoup plus large et d’une tout autre ampleur, comme l’a montré le rapport Obin paru l’année même du vote de la loi et aussitôt enterré par l’autorité de tutelle. Depuis, le problème n’a fait que s’aggraver, et dans les quartiers sensibles, les élèves sont de plus en plus nombreux à trier les textes étudiés selon les catégories du hallal (autorisé) et du haram (interdit) – exactement comme ce qu’ils trouvent dans leurs assiettes. Les professeurs sont d’autant plus démunis que l’administration refuse très souvent de les soutenir. Elle ne veut pas faire de vagues. Après ce qui s’est passé à Conflans-Sainte-Honorine, on peut espérer que les proviseurs se ressaisissent, et qu’à tous les échelons de l’Éducation nationale, la complaisance cède la place à l’intransigeance.

Cependant, l’identité française n’est pas malheureuse seulement à cause de l’islam radical, mais parce que la norme postnationale et multiculturaliste s’est imposée sur fond de migrations massives. À long terme, le parti de l’Autre, de la déconstruction nationale, du McDo planétaire, n’a-t-il pas gagné ?

Le traumatisme causé par la décapitation d’un professeur devant son collège est profond et durable. Face à cette horreur et à tout ce qui l’a rendue possible, les yeux se dessillent et ceux des Français qui l’avaient oublié reprennent conscience qu’ils forment une nation. Mais cela suffira-t-il ? Les trois derniers attentats dont la France a été le théâtre ont été commis par des réfugiés. Le temps semble donc venu de revoir les conditions du droit d’asile, la gestion du regroupement familial et la politique migratoire dans son ensemble, car on aura beau dissoudre quelques associations, fermer des mosquées salafistes, la terreur ne s’arrêtera pas et la transmission de la culture française en France sera de plus en plus contestée, et donc de plus en plus difficile si le processus continue. Mais, comme le dit très fortement Jean-Éric Schoettl, tout durcissement du droit entrerait en délicatesse avec la jurisprudence des cours suprêmes (le Conseil d’État, le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation et la Cour européenne des droits de l’homme). Celles-ci confisquent aux États l’autorité nécessaire à la pratique de leur propre politique d’admission des immigrants. L’intention est bonne, il s’agit d’effacer la tache du refus par l’Europe pendant les sombres temps du xxe siècle d’accueillir les réfugiés juifs qui fuyaient l’Allemagne nazie. Ainsi, ces grandes institutions font le lit du nouvel antisémitisme. Elles ne s’inclinent pas devant la force, à l’image des anciens collaborateurs, elles croient voler au secours de la faiblesse, mais le résultat est exactement le même.

Emmanuel Macron face à la presse, devant le collège du Bois d'Aulne où travaillait Samuel Paty, 16 octobre 2020.© Abdulmonam Eassa/POOL/AFP
Emmanuel Macron face à la presse, devant le collège du Bois d’Aulne où travaillait Samuel Paty, 16 octobre 2020.© Abdulmonam Eassa/POOL/AFP

Si le blasphème est autorisé par la loi, il est largement réprouvé par la société – il ne faut pas se moquer du dieu des autres. La grammaire de la distance critique (et des Lumières) est-elle encore d’actualité à l’âge de la bienveillance ?

Comme le rappelle Thibault de Montbrial dans son dernier livre, Osons l’autorité, les juges de la Cour européenne des droits de l’homme ont donné raison à la justice autrichienne qui avait condamné pour dénigrement d’un culte religieux une femme écrivain et conférencière qui avait parlé de pédophilie en référence au mariage du prophète Mahomet et d’une fillette de six ans. L’argument invoqué par la Cour était la paix religieuse et la tolérance mutuelle. Pour retrouver sa souveraineté et pour défendre la civilisation européenne fondée, en effet, sur la distance critique, la France doit impérativement s’affranchir de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. C’est là qu’on l’attend, et qu’on ne la trouvera pas.

On dit souvent que les musulmans devraient emprunter le modèle juif d’intégration, mais ils devraient peut-être apprendre aussi des juifs le sens de l’autodérision.

Les musulmans auraient besoin que l’esprit du roman pénètre leur culture. Il leur manque un Philip Roth. Espérons que s’il advient, ils sauront le reconnaître malgré la fatwa qui sera immanquablement lancée contre lui.

En attendant, beaucoup de Français se demandent si on peut encore s’en sortir dans le cadre de l’État de droit, c’est-à-dire sans violence.

On s’en sortira dans le cadre de l’État de droit, si l’État de droit redevient un État. Or une certaine idée du droit, sortie de ses gonds, est en train de défaire l’État.

Pourquoi parle-t-on autant de la République et aussi peu de la France ?

La République peut se résumer, aux yeux de ses thuriféraires, à un certain nombre de valeurs universelles. La nation, c’est une langue, des monuments, des bâtiments, une manière d’être, une littérature. Or, en raison de l’usage que nous faisons de la mémoire du xxe siècle, nous ne savons plus articuler le particulier et l’universel. Éloignons le particulier, fauteur de guerre, et réfugions-nous dans l’universel. Voilà, je crois, la raison profonde de cette attitude.

Les musulmans de France ne peuvent pas se contenter de protester contre l’islamophobie, c’est-à-dire de n’exister que pour se plaindre et que pour être plaints

Ce qui complique notre tâche, c’est qu’il n’y a pas de frontière nette entre islam et islamisme. Faut-il considérer qu’un certain nombre de jeunes Français sont irrécupérables pour la République et pour la France ?

Ce n’est pas à moi de livrer un diagnostic aussi définitif, mais c’est aux musulmans eux-mêmes, quel que soit leur âge, de montrer qu’ils adhèrent à la fois au projet républicain et au passé, c’est-à-dire à la civilisation française, par leur attitude à l’école et aussi en manifestant leur horreur, leur dégoût de la terreur islamiste. Après tout, lorsque les Israéliens ont appris le massacre de Sabra et Chatila, commis par des milices chrétiennes, mais avec la complicité passive de l’armée israélienne, ils sont très massivement descendus dans la rue. Les musulmans de France ne peuvent pas se contenter de protester contre l’islamophobie, c’est-à-dire de n’exister que pour se plaindre et que pour être plaints.

Que vous inspire la proposition d’interdire le voile dans la rue ?

C’est une idée absurde, qui risque de conduire des jeunes filles non voilées à revêtir le hijab par défi et par solidarité avec leurs coreligionnaires. En revanche, je pense, pour le salut de l’enseignement, qu’il faut étendre l’interdiction du voile à l’université. Aller aux cours la tête voilée, c’est une manière de dire au professeur que son enseignement est secondaire. C’est une offense faite au savoir. L’école est aussi un temple et dans ce temple, il faut savoir respecter certaines formes, manifester sa disponibilité à ce qui doit être transmis.

À lire aussi, Ferghane Azihari : Islam radical: et si la solution passait par l’apostasie des musulmans?

Cela fait longtemps que vous montrez la lune et que, pour ne pas voir la lune, beaucoup insultent le doigt, c’est-à-dire vous. Êtes-vous en colère ?

Non, mais je crois que je vais continuer sinon à me faire insulter, du moins à figurer sur les listes noires de la gauche dont la vigilance consiste exclusivement à traquer ce qu’elle appelle, d’un signifiant baladeur, l’« extrême droite ». Quelque chose d’ineffaçable s’est produit, une forme de dévoilement a eu lieu. Je n’en suis pas moins sceptique quant à la volonté des gouvernants d’aller au bras de fer, car le souci de ne pas faire le jeu du Rassemblement national reste très présent. Cela limite, de l’intérieur, leur capacité d’action.

L'identité malheureuse

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Les testaments trahis

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Osons l'autorité

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Le couac de Jean-Yves Le Drian doit être corrigé

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La notion de laïcité mérite d’être éclaircie 


La laïcité à la française est la chose du monde la moins comprise à l’étranger. Comparée à nos fromages, nos vins et nos parfums, c’est peu dire qu’elle n’est pas notre meilleur produit d’exportation. Elle est incomprise et durement contestée par nos amis anglo-saxons, qui la trouvent trop répressive, au nom de leur conception de la liberté. Et elle est carrément combattue par les pays musulmans qui la trouvent sacrilège et « islamophobe », au nom de leur conception du sacré qui doit s’imposer à tous.

Manifestations contre la France à Dhaka, Bangladesh, le 28 octobre 2020 © Suvra Kanti Das/Shutterstock/SIPA Numéro de reportage: Shutterstock40801396_000040.
Manifestations contre la France à Dhaka, Bangladesh, le 28 octobre 2020 © Suvra Kanti Das/Shutterstock/SIPA Numéro de reportage: Shutterstock40801396_000040.

Il faut admettre que la laïcité à la française associe génialement deux impératifs complémentaires mais différents : la protection de la liberté des croyants, au nom de la liberté de conscience, et le droit à l’irrespect à l’égard des religions, au nom de la liberté de pensée et d’expression.

Cette difficile compréhension est une bonne raison pour que nos ministres qui l’évoquent à l’étranger – dans le but politiquement louable de calmer le feu – soient au plus clair sur ce sujet dans leurs têtes et dans leurs mots.

A lire aussi: La liberté d’expression de bazar de Justin Trudeau

Ce ne semble pas avoir été le cas de notre apprécié ministre des Affaires étrangères dans son récent discours au Caire.

«J’ai rappelé et je rappelle ici le profond respect que nous avons pour l’islam», a dit le ministre français au cours d’une conférence de presse. «Ce que nous combattons c’est le terrorisme, c’est le détournement de la religion c’est l’extrémisme», a-t-il ajouté en assurant qu’il venait «expliquer, si besoin était, ce combat» ainsi que «le combat (pour le) respect de la liberté de croire».

Faire preuve d’irrespect envers une religion est un droit relevant de la liberté d’expression

Dans ce court message, deux bévues sont à corriger.

En premier lieu, parler du « détournement d’une religion », qui serait donc en elle-même innocente, c’est porter jugement sur elle, ce qui n’est pas du ressort d’un ministre d’une République laïque.

Sur ce point, hélas, le ministre faisait écho au Président de la République qui, dans sa ferme réponse au Financial Times, attribue la terreur islamiste au « dévoiement de la religion », ajoutant que ses crimes sont commis « au nom d’une religion dévoyée. »Répétons que la République française n’a pas à donner quitus à une religion quelle qu’elle soit.

D’autre part mais dans le même sens erroné, affirmer que « la France possède un profond respect de l’Islam », c’est implicitement condamner ceux qui lui manquent de respect. Or faire preuve d’irrespect envers n’importe quelle religion est en France un droit relevant de la liberté de pensée et d’expression. Ce droit n’est pas négociable.

À lire aussi, Jean-Paul Brighelli : Tout compromis est une compromission: réflexions sur la laïcité

Parce qu’elle est laïque, la France, ne « possède un profond respect » pour aucune religion quelle qu’elle soit. Elle éprouve un profond respect pour la liberté de croyance de tous ses citoyens, une liberté qu’elle protège sans discrimination ni privilèges.

Elle éprouve un profond respect pour tous les individus, qu’ils soient catholiques, protestants, juifs, musulmans, bouddhistes, agnostiques ou athées, et particulièrement pour ceux qui respectent la laïcité et les valeurs de la République.

Il importe au plus haut point, tant à la clarté dans nos rapports avec l’étranger, qu’à la paix civile à l’intérieur, qu’un ministre et son Président ne confondent pas publiquement le respect qui s’impose envers les croyants et le respect qui ne s’impose nullement envers une religion.

PS : Dans l’article 1 de la Constitution de 1958, il est dit que la France « respecte toutes les croyances ». Peut-on en conclure que Jean-Yves Le Drian s’en est tenu à ce principe constitutionnel quand il a déclaré que « la France a un profond respect pour l’Islam » ? Il apparait cette fois encore que le mot « respect  » exige toujours d’être précisé, pour éviter qu’il soit brandi comme une injonction plus ou moins menaçante à ne froisser la susceptibilité de personne. Si la formulation utilisée et répétée par Jean-Yves Le Drian était conforme à ce qui est écrit dans notre Constitution, celle-ci affirmerait que  » la France a un profond respect pour toutes les croyances ». Un profond respect pour toutes les croyances, y compris les plus absurdes, les plus dangereuses, les plus contradictoires entre elles ? Cette interprétation est indéfendable. En réalité, le respect de toutes les croyances s’assimile à la liberté de conscience et non à la sacralisation des croyances.

Islamophobie: Intoxication idéologique

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La religion française

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Marché de dupes

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Alors ça y est, ils l’ont fait. Cette fois, ils ont mis le paquet. Ils ont dégagé Donald Trump, enfin. Ils peuvent recommencer à mondialiser, à faire de la trottinette, travailler sur les utérus artificiels, se moquer des classes populaires qui, décidément, ne veulent pas admettre qu’elles doivent disparaître.


Trump n’avait jamais été leur Président. Quatre années durant, ils ont mené une guérilla intellectuelle, morale, publicitaire, juridique permanente. Ils avaient avec eux presque tous les médias, Wall Street, les universités, Hollywood, la Silicon Valley, presque tous les juges, les instituts de sondage, les GAFAM ; pourtant, ils ont failli perdre, une seconde fois. Sans la Covid-19, on les aurait vu pleurer, encore. Ils vont réécrire l’histoire ; ils le font déjà, prétendant que c’était écrit, que le Progrès devait l’emporter contre l’obscurantisme, le racisme, l’inculture, la facilité. Voyez comme ils sont contents, à New York, Paris, Berlin, Londres ; Dark Vador est tombé ; dans tout l’Empire, ils festoient, avec de la bière sans alcool. En plus, rendez-vous compte, le vice-président est une femme, et noire en plus ! C’est « historique ». Communiez, habitants du « monde libre » ! Dites merci à l’Amérique qui, une fois de plus, nous montre le chemin vers la Lumière, la Vérité. De la propagande ? Quelle propagande ? Des fraudes ? Quelles fraudes ? Si vous doutez, c’est que vous êtes de très mauvais perdants ; et si vous insistez, c’est que vous êtes des complotistes. Mais ils vont s’occuper de vous, ne vous inquiétez pas. C’est l’heure de la revanche.

A lire aussi, Gabriel Robin: Les conservateurs du monde entier orphelins

N’ayez pas peur!

En être réduit à soutenir Donald Trump… C’est le génie des progressistes : ils sont tellement insupportables que, pour les arrêter, ne serait-ce que les contenir, on en vient à espérer la victoire d’un magnat de la finance, un type dont la vulgarité ferait passer Patrick Sébastien pour la baronne Staffe. En 2016, il les avait bien eus, d’abord en remportant les primaires du Parti républicain, ensuite en battant Hillary, ses compétences, son mépris de classe, ses conférences à plusieurs centaines de milliers de dollars, et son regard de loutre sous coke. Un seul débat, disaient-ils alors, révélerait la supercherie. Les « deplorables » retourneraient jouer du banjo dans leurs caravanes miteuses du Wisconsin. Souvenez-vous de leur effroi, de leurs larmes, à l’instar de celles de notre Laurence Haïm, quand, sur la carte de l’immense Amérique, le rouge avait fini par dominer le bleu. Sur le plateau de Quotidien, ils pleuraient aussi. Ils ne voulaient pas y croire. Comme en 2005, chez nous. Comme le soir du Brexit. Ils ont compris, depuis : c’est à cause des fake news. On veut faire « peur » aux gens. Alors qu’il n’y a aucune raison, n’est-ce pas. Tout va très bien. Il faut vraiment n’avoir que trois neurones pour penser le contraire. Vous ne voyez pas ce que vous voyez, vous n’entendez pas ce que vous entendez. Arrêtez donc de croire que vous avez une culture, une nation, un pays ; reprenez-vous et venez, allez, venez participer à l’érection du gouvernement mondial, avec Soros et Greta. Avez-vous marché « pour le climat », au moins ? Non ? Vous avez eu tort, c’est tellement « sympa » ; vous auriez pu rencontrer des plumeaux qui vous auraient expliqué comment faire pousser des laitues à Paris. Le djihad ? Quel djihad ? Les Gilets jaunes ? Quels Gilets jaunes ? La violence ? Quelle violence ? On disait déjà cela au temps des « blousons noirs », vous savez. Vos « sentiments » vous trompent. Et puis Socrate, hein, il disait, lui aussi, déjà, que la jeunesse athénienne partait en sucette. Rien de nouveau, remugles de vieux cons qui ne veulent pas comprendre que le monde évolue, s’améliore malgré eux, parce que c’est acquis, hein, plus on avance, mieux c’est, même si, en cours de route, ça pique un peu. En marche, ou crève ! Trump, ce crétin de Trump, eh bien, il avait su fédérer sur son nom le vieux peuple américain, l’Amérique WASP, qui avait tout de même de bonnes raisons d’être fière d’elle, ayant fait, en moins d’un siècle, d’une ancienne colonie la première puissance mondiale, et de loin. Face aux calculs d’un Parti démocrate qui s’était livré à tous les lobbys minoritaires, diversitaires, Nike Air, Trump avait fait don de sa personne – très contestable, j’en conviens – afin de ralentir, un peu au moins, la course folle vers le rien, la catabase que les élites, toutes les élites des pays dits développés et en voie de le devenir rejoignent avec un enthousiasme digne d’un Versaillais allant faire oraison à sept heures un dimanche matin. C’était, Trump, un signe de contradiction, un baroud d’honneur face à, comme chez nous, ceux qui s’enorgueillissent de vomir sur leur propre drapeau, de dénoncer leur père, de se mettre à genoux devant ceux qui veulent les soumettre. Qu’il fut mauvais, pas à la hauteur de la fonction n’y change rien ; de toute façon, ce n’est pas tant ce qu’il était mais ce qu’il incarnait qui « posait problème » au système. 

Les médias entérinent la victoire de leur candidat

Du début à la fin, sa présidence aura été contestée par ses opposants. Pas un mois sans qu’on ne remette en cause sa légitimité. Il y eut l’affaire russe. Il y eut les interminables pleurnicheries devant le Mur. Il y eut les tripotages du juge Kavanaugh. Il y eut une tentative d’impeachment vouée à l’échec mais lancée quand même, sous la houlette de Nancy Pelosi et son sourire de prof d’université sadique. Et,  plus récemment, Amy Coney Barrett que les Démocrates trouvaient trop chrétienne pour siéger à la Cour Suprême à la place de Ruth Bader Ginsburg, la Taubira de Brooklyn, impitoyable séide de Big Mother. Ah ! et puis George Floyd, BLM : nous sommes tous les Afro-Américains, il paraît. Tout le complexe médiatico-industriel, des deux côtés de l’Atlantique, s’est échiné à pourrir cette présidence qui bridait ses rêves de grande partouze multiculturelle. L’économie américaine s’était franchement redressée ? Quelle importance ? Pour une fois, les Etats-Unis ne jouaient pas, ou en tout cas beaucoup moins, au gendarme du monde ? Et alors ? Trump devait être puni, et avec lui ses électeurs, ces ploucs qui ne voulaient pas comprendre que l’histoire, pardon, l’Histoire les condamnait à ses oubliettes. Vous avez vu comme ils étaient à nouveau inquiets, la semaine dernière ? Tous nos éditocrates californiens à passeport français ? Ploucland faisait de la résistance ! Mais, grâce à Dieu, enfin celui du vote par correspondance, le sénile Biden, qui ne sait même plus que son fils Beau est décédé, a mis fin au « cauchemar » des bien-pensants, des bien décidés, quitte à mentir et à tricher, à dégager manu militari celui par qui le scandale est arrivé. 

A lire ensuite, Jeremy Stubbs: Le trumpisme avait tout de même du bon

Les « recomptages » sont en cours, la victoire de Biden n’est en rien officielle, et pourtant tous les médias font comme si elle l’était. Les juges, tous, préféreront passer outre plutôt que de créer une instabilité. La vérité des urnes comptera moins, à leurs yeux, que celle d’une Amérique réconciliée sur le corps des « deplorables ». Soit. Que cela nous serve leçon, à nous aussi : avec les progressistes, ce n’est pas le « débat » que nous devons prôner. Eux, ils ne s’en embarrassent que lorsqu’ils sont sûrs de le gagner. Sinon, ils cognent. Jusqu’à quand accepterons-nous ce marché de dupes ?  

L'incident

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Hommage à Philippe Martel, qui nous a quittés ce jeudi 5 novembre

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Par une belle journée marseillaise ensoleillée du 6 janvier 2019 j’avais eu le plaisir de revoir Philippe Martel à une réunion de préparation aux élections européennes de 2019 ou le CNRE – Conseil de la Résistance Européenne- dont il était le secrétaire général avait décidé de présenter une liste.

L’avertissement solennel de son président, Renaud Camus, sur le devenir de l’Europe, le témoignage poignant de Patrick Jardin sur la mort de sa fille au Bataclan, faisaient peser sur cette journée une gravité qu’à son habitude Philippe rendait tout à coup plus légère par une remarque amusante, un regard subtil et distancié.

D’Alain Juppé à Marine le Pen dont il avait été successivement directeur de cabinet entre autres postes prestigieux en France et à l’étranger, ce haut fonctionnaire était le prototype de l’homme de droite attaché à la souveraineté et la liberté de la France.

Déçu par une UMP trop éloignée du gaullisme originel, il ira chercher au Front National puis au CNRE, formation créée en novembre 2017 à Colombey-les-Deux-Eglises, ce qui reste du courage et de l’intransigeance gaullienne sur le chapitre de la résistance à tout Empire et à tout envahisseur.

Aux yeux du journal Libération qui lui a consacré un article, c’était un « soldat perdu de la République ».

À mes yeux c’était un combattant, qui avait résolu de transgresser la bien-pensance – tout en restant rationnel, courtois, et drôle – parce qu’il s’était mis au service de la France, son beau souci.

L’homme qui a eu la peau de Benjamin Griveaux se confie dans un livre

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Piotr Pavlenski est un fou furieux. Et il a un talent de fou. 


 

Il se fit connaitre il y a quelques années en se clouant les testicules sur la place Rouge, pour protester contre Poutine. On l’envoya dans un asile psychiatrique où il fut déclaré sain d’esprit. Puis il obtint l’asile politique en France. 

Son livre Théorème n’est qu’une longue suite d’imprécations. Certains écrivent : Pavlenski hurle. Chacun de ses mots est une insurrection. Et il est une insurrection à lui tout seul.

Un imprécateur possédé

Lisez-le : Pavlenski est un possédé. Dostoïevski a tout dit sur ce type d’homme. Il y a chez lui un aspect Savonarole avec son bûcher des vanités. Et voilà ce que Pavlenski jette dans son bûcher des vanités. 

“Lorsque la tête de Poutine décorera la Place Rouge, Quand Macron aura été guillotiné sur les Champs-Elysées, quand Trump sera pendu sur des lignes à haute tension et que le corps de Merkel flottera dans les eaux du Rhin, alors seulement on enterrera dans les ruines cet ordre qui est comme un nœud coulant autour de nous.”

Vu les cris de mort qui précèdent on s’étonnera quand même que Pavlenski ait vibré à l’unisson du mouvement des Gilets jaunes. Là c’est la partie un peu mièvre de son livre. Il s’arrête de crier, il minaude. Il voit une révolte là où il n’y avait qu’une convulsion poujadiste. On apprend ainsi avec lui que Maxime Nicolle, figure emblématique des Gilets jaunes, est « un grand leader du peuple » (!).

Le gilet jaune Maxime Nicolle dans une manifestation en 2019 à Paris © Yann Bohac/SIPA Numéro de reportage: 00906116_000004
Le gilet jaune Maxime Nicolle dans une manifestation en 2019 à Paris © Yann Bohac/SIPA Numéro de reportage: 00906116_000004

Porno-anarchie

Pavlenski hait l’ordre établi, le Nouvel Ordre Mondial. Il a une religion : l’anarchie. Et il la pratique sous une forme particulière : la porno-anarchie. C’est lui qui a jeté la belle Alexandra dans les bras de Benjamin Griveaux. Et c’est lui qui a balancé sur les réseaux sociaux la vidéo compromettante de l’ancien porte-parole du gouvernement. 

C’est raconté avec force détails dans Théorème. Tout comme le séjour à Fleury-Mérogis qui s’en est suivi. De cet exploit Pavlenski n’est pas peu fier. Pour lui Griveaux est un petit pion sur l’échiquier mondial du libéralisme. Et l’abattre était une bonne chose. En dehors de cette intéressante péripétie, tout dans Théorème n’est que violence, haine et rage. Un témoignage éclairant sur ce que peuvent être les passions de l’extrême gauche radicalisée. Rien que pour ça, ça vaut la peine de lire Pavlenski.

Théorème. Piotr Pavlenski. Editions Exils.

Théorème

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Ce n’est pas simplement qu’Emmanuel Macron méprise les corps intermédiaires, c’est qu’ils sont un obstacle à son projet


Une tribune libre de Jean-Frédéric Poisson, président de VIA, la voie du peuple


Ah, Monsieur le président ! Comme votre vision de la démocratie était enthousiasmante en 2011, à l’époque où vous pouviez encore écrire dans la revue Esprit la chose suivante: « La décision politique ne peut plus avoir un locuteur unique. Parce que l’action est complexe et le terrain d’application multiple, elle doit se discuter, s’amender, se corriger, se décliner au niveau le plus adapté »[tooltips content= »Emmanuel Macron, Les labyrinthes du politique, Revue Esprit, 2011. »](1)[/tooltips]Où sont ces belles convictions aujourd’hui Monsieur le président ? Enterrées au nom du pragmatisme et de l’efficacité ? Et pourtant, vous aviez raison: sans ces principes, il n’y a pas de démocratie.

Car, quel est l’état de notre démocratie aujourd’hui ? Un reconfinement prétendument « aménagé » est exigé des Français. Dans ce cadre, les commerces dits « non essentiels » sont sommés de fermer boutique, quel que soit l’état sanitaire de leur région. Bel aménagement ! Et quand des maires tentent, par de vains arrêtés pris comme autant de cris de désespoir, d’autoriser les commerces de proximité de leurs villes à rester ouverts, la justice dénonce logiquement et sans délai leur irrégularité. Comme si vous aviez voulu égratigner leur crédit en les entrainant vers la seule issue qui leur restait pour apparaître encore utile aux yeux de leurs administrés et des commerçants de leur commune: poser un acte réglementairement injustifiable. Ces élus de terrain ne sont-ils pourtant pas « au niveau le plus adapté » ? Pourquoi ne pas avoir demandé aux maires de décider au cas par cas de la nécessité d’imposer ou non une fermeture à ces établissements ? Pourquoi le Premier ministre en est-il à lister ce que les Français ont le droit de considérer comme essentiel ou non pour eux, allant jusqu’à faire interdire tout achat de livres dans toute sorte de commerces sauf ceux de l’e-commerce, tout en garantissant aux libraires exsangues que l’État leur viendra financièrement en aide? Dans cette crise gravissime qui distend le peuple de ses représentants, les élus locaux sont ceux qui ont encore la confiance des Français. Pourquoi la Macronie n’en fait-elle pas de même? Pour redonner la parole au peuple, notre appareil d’État doit changer de logiciel et permettre l’avènement d’une société réellement subsidiaire.

A lire aussi: Les arrêtés municipaux en faveur du petit commerce sont légitimes

Aujourd’hui, même la représentation nationale est méprisée. Inquiets que la démocratie soit mise sous cloche jusqu’en février, les députés de l’opposition ont voté le 3 novembre dernier un amendement n’autorisant la prorogation de l’état d’urgence que jusqu’au 14 décembre et non jusqu’au 16 février. Il aurait alors été possible de faire un point sur la situation le moment venu et d’agir en conséquence. Pensez-vous que le vote des représentants de la Nation a été respecté par la majorité? Non! Il a fallu revoter de manière à ce que l’avis du gouvernement soit respecté. Ce qui aboutit au vote final ce samedi du projet de loi prolongeant effectivement l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 16 février 2021, l’instauration d’un régime transitoire jusqu’au 1 avril 2021, et le recours aux ordonnances.

Ce n’est pas simplement qu’Emmanuel Macron méprise les corps intermédiaires que sont les élus, les syndicats, les communes, les associations, les familles, les entreprises, mais aussi les acteurs des territoires, les forces-vives des bassins de vie… C’est qu’ils sont un obstacle à son projet : il ne doit exister entre lui et la multitude des administré-consommateurs français aucune interférence. Il est, selon lui, leur unique mandataire représentant. Mais aucune vie démocratique n’est possible ainsi. Si seulement Emmanuel Macron pouvait incarner ce qu’il promouvait en 2011 quand il écrivait : « Loin du pouvoir charismatique et de la crispation césariste de la rencontre entre un homme et son peuple, ce sont les éléments de reconstruction de la responsabilité et de l’action politique qui pourraient être utilement rebâtis. »

Malheureusement, nous y sommes maintenant habitués. Avec lui, ce sera toujours la cohabitation du tout avec son contraire, la suprématie d’un relativisme concentré dans cette formule « en même temps » qui signe le projet de déconstruction voulue de la France, de l’unité du peuple, de la crédibilité de notre nation, des libertés fondamentales des Français. En réponse à ce délabrement programmé, rien ne sera vraiment possible dans l’ordre de la restauration ou de la reconstruction sans que le lien, le pacte même de confiance soit rétabli entre gouvernants et gouvernés, par des actes forts et des réformes institutionnelles de fond. C’est le sens de mon projet pour la France[tooltips content= »Jean-Frédéric Poisson, La voix du peuple, éditions du Rocher, 2020. »](2)[/tooltips] : redonner la voix au peuple et le pouvoir aux Français.

 

Souvenirs, souvenirs

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Image d'illustration Unsplash

 


On ne va pas non plus ne parler que d’islamisme, de Covid et des élections américaines.



C’est la fin de l’été. Il y a du soleil sur la France et le reste n’a pas (vraiment) d’importance.
Le (premier) confinement est derrière nous. Le deuxième pas encore à l’ordre du jour.
Ma nièce, légère et court vêtue, ayant mis ce jour-là pour être plus agile cotillon simple et souliers plats (et pas de masque) flâne sur les grands boulevards où il y a tant de choses, tant de choses à voir.
Un éphèbe (selon elle), couleur ébène, l’aborde.

Lui, spontané : Dites donc mademoiselle, vous avez vraiment un joli bronzage.

Elle, pas farouche : Mais dites donc, le vôtre n’est pas mal non plus.

Lui, guilleret : Oui, effectivement, sauf que moi j’ai mis moins de temps que vous pour l’avoir.

Sourires complices, cheveux au vent, rêves mouvants.

Moi : Et alors, tu as fait une touche ! Tu devrais être contente.

Elle : Voilà bien une réflexion d’une femme des années 80 ! Tu ne te rends même pas compte des problèmes que ça pose !

Moi : Ah bon !

Elle : Tout d’abord, était-ce du harcèlement de rue ? Si oui, quelle est la réponse appropriée ? Police, réseaux sociaux, association de défense ? Et, si cela ne me déplait (finalement) pas, ne suis-je pas en train de trahir mes convictions et de passer du côté obscur de la force ? Et puis, c’est une personne racisée. Je l’ai peut-être choqué, heurté, blessé. Profondément et durablement. Je lui ai quand même parlé de sa couleur. Ce n’est pas anodin. Surtout de ma part.

Moi : De ta part ?

Elle : Eh bien oui, moi. Au cas où tu ne le saurais pas, je suis blanche, hétérosexuelle, de culture catholique, d’éducation bourgeoise… et bla, bla, bla et bla, bla, bla.

À la fin, pour calmer ses angoisses et nous réconforter, je nous ai servi un petit coup de blanc de derrière les fagots. Et nous avons (en même temps), dégusté le tube de Diane Dufresne (cuvée 1972), sobrement titré « J’ai rencontré l’homme de ma vie ».

Histoire que, quand par hasard, elle recroisera son regard et qu’il lui demandera ce qu’elle fait dans la vie, elle ne soit pas prise au dépourvu.

Interdiction des messes: « Nous le vivons comme une injustice »

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Mgr Dominique Rey, église Saint Roch Paris, France 1 octobre 2020. //03HAEDRICHJM_013JMH/2010011121/ Credit:J.M. HAEDRICH/SIPA/2010011124 00983835_000013

Cinq évêques et plusieurs intellectuels catholiques ont publié une tribune dans le Figaro demandant au gouvernement de lever l’interdiction générale de célébrer la messe avec la participation des fidèles pendant le confinement. Un de ces signataires, Mgr Dominique Rey, l’évêque de Fréjus-Toulon, nous livre le fond de sa pensée sur deux de nos libertés fondamentales: la liberté de culte et la liberté d’expression.


Entretien avec Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon

Causeur. Pensez-vous que le gouvernement, en imposant ces restrictions, se montre trop intransigeant ?

Mgr Rey. Il y a une liberté fondamentale qui est garantie par la Constitution, qui est la liberté de culte. Ce n’est pas simplement se rendre dans une église, mais aussi pouvoir se rendre à des offices. Aller à la messe est structurant et essentiel dans la vie d’un chrétien. La démarche qui a été portée par plusieurs évêques, et notamment par le président de la conférence des évêques, souligne cet attachement fondamental pour les chrétiens dans l’essence de leur foi à ce rassemblement. Je crois qu’on peut prendre, dans le contexte actuel du reconfinement, des dispositions sanitaires et des précautions fondamentales sans que cela ne contrevienne à cette liberté de culte.

Vous avez déposé des recours devant le Conseil d’État au mois de juin, mais sans succès. Pourquoi le gouvernement fait-il la sourde oreille ? 

Je mets cela sur le compte d’une volonté d’éviter que ce reconfinement se traduise par une crise encore plus grande que celle qu’on a connue. Il y a une espèce d’angoisse collective, et le gouvernement multiplie les dispositions pour empêcher la propagation du virus. Ce qui est contradictoire, c’est qu’en même temps les grandes surfaces sont ouvertes pour les besoins vitaux, les écoles aussi, mais les fidèles ne peuvent pas se retrouver, même dans des conditions sanitaires strictes. Il y a une incohérence, et nous le vivons comme une injustice.

Parmi les signataires de la lettre, je remarque qu’il y a surtout des catholiques et pas de protestants. Y a-t-il une raison particulière ?

Non, il n’y a pas eu d’exclusion puisqu’il y a même des associations en dehors de l’Église institutionnelle, dans lesquelles il peut y avoir des personnes d’autres confessions chrétiennes.

Le gouvernement veut-il éviter de donner l’impression de favoriser les chrétiens par rapport à d’autres croyants, notamment les musulmans ?

Effectivement, tous les croyants se retrouvent pour célébrer les offices, que ce soit dans les synagogues, les mosquées ou les salles de prière. Mais la manière de penser le rassemblement est de nature très différente. Dans les églises catholiques jusqu’à présent, il n’y a pas eu de clusters particuliers. La situation spécifique de l’islam entraîne des risques dans certains groupes de radicalisation, cela a peut-être pu jouer pour faire en sorte que le gouvernement veuille traiter de la même manière l’ensemble des communautés croyantes, pour ne pas donner des gages qui seraient, dans le contexte actuel, particulièrement délicats par rapport à un certain nombre de regroupements de fidèles, notamment dans des mosquées de type salafiste. Les églises catholiques sont toujours ouvertes et toujours contrôlées. Dans les églises catholiques nous avons pris beaucoup de précautions qui n’ont peut-être pas été prises dans d’autres lieux de culte.

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Vous avez mis en parallèle la liberté d’expression et la liberté de culte, toutes les deux garanties par la laïcité. Est-ce que vous pensez que la republication de caricatures de Mahomet sont allées trop loin en termes de sensibilité, indépendamment du fait que ce soit garanti par la loi ?

Cela rentre dans un contexte très sensible. La liberté d’expression est elle aussi garantie par la Constitution et il est normal que l’on puisse critiquer et même se gausser de telle ou telle pensée, mais on voit bien qu’il y a des limites. S’il y a des propos ou des publications antisémites, s’il y a des choses qui touchent par exemple au sujet de l’homosexualité ou aux féminicides, on voit bien que la loi est obligée de poser des restrictions à l’expression d’une liberté qui pourrait être aveugle et qui pourrait virer à l’injure et à la calomnie. Qu’on puisse exprimer sa pensée avec de l’ironie, oui, mais attention au fait que, dans la conscience d’un certain nombre de personnes, il y a des images ou des représentations qui relèvent du sacré et les offenser touche à quelque chose de très intime, de très profond, et ainsi être un facteur de violence. Je dirais oui à la liberté d’expression, mais attention à ce que cela n’aille pas jusqu’à de la violence et ne produise de la violence. Voilà la limite que l’on peut tracer. Cette limite est difficile à cerner par la loi, mais je vois bien que dans certaines formes d’expression, il y a une incompréhension de la part de ceux qui émettent ces images, une incompréhension de l’impact extrêmement négatif qu’elles peuvent avoir et qui entraînent une vraie violence. Je ne crois pas que blesser gratuitement, volontairement, des personnes donne une bonne image de notre société. N’avons-nous que l’outrage comme modèle à proposer aux populations musulmanes issues de l’immigration ?

Suite à l’assassinat de Samuel Paty, un musulman britannique a dit sur les réseaux sociaux que, selon lui, la seule raison pour laquelle les chrétiens acceptent aujourd’hui le blasphème, c’est que le christianisme est une religion défaite, vaincue, au moins en Europe.

Je dirais plutôt que c’est dans l’essence notre foi chrétienne : le Christ a été blasphémé, sali, outragé ; il a traversé cette épreuve du blasphème par sa Passion, par la mort. Cela ne s’est pas produit dans l’islam, qui a un Dieu transcendant qui ne peut pas supporter le blasphème. Tandis que notre Christ a été violenté. Nous assumons ce passage par le blasphème, ce qui n’est pas le cas dans l’islam.

Lire la tribune publiée dans le Figaro évoquée en introduction de cet entretien.

Mélenchon, le fossoyeur de l’union des gauches

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Intervention de Jean Luc Melenchon a l'agora de la France Insoumise qui a eu lieu au cabaret sauvage, dans le nord de Paris le 10 octobre 2020 © CEDRIC BUFKENS/SIPA Numéro de reportage : 00985299_000023

Après un suspense difficilement soutenable, Jean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature pour l’élection présidentielle de 2022. Si La France Insoumise suit son candidat, l’annonce crispe dans les autres partis de gauche…


Jamais deux sans trois. Et finies les pudeurs de gazelle à la France Insoumise !

Dimanche 8 novembre, Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature pour l’élection présidentielle de 2022 sur TF1, mettant fin à un faux suspens, tant sa candidature était attendue. Le lider maximo tricolore se lance à nouveau à l’assaut de l’Elysée, rêvant d’imiter François Mitterrand et Jacques Chirac, élus lors de leur troisième candidature. À 69 ans, c’est un jeunot à côté de Joe Biden. Et il est toujours suivi par les cadres de son parti. Originalité: cette fois-ci, il compte s’appuyer sur 150 000 parrainages citoyens, sorte de plébiscite novateur pour légitimer son projet politique, qui contient la fameuse 6ème République et une plus grande participation citoyenne : « Aujourd’hui seuls 500 élus le peuvent (donner les parrainages). Je soutiens l’idée que les citoyens puissent investir un candidat », a-t-il expliqué sur TF1.

Jean-Luc Mélenchon a inventé un truc génial : une primaire où il est le seul candidat avec un seul tour

Mais ce n’est pas le début de la démocratie à la France Insoumise, dont les pratiques autoritaires avaient été dénoncées par Thomas Guénolé, ancien membre du mouvement, et comme vient de le rappeler ironiquement le philosophe Raphaël Enthoven sur Twitter : « Où signe-t-on ? Comment soutenir ce vaste élan démocratique en faveur d’une candidature unique ? #Melenchon2022 ». Mais aussi Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste, sur France Info : « Jean-Luc Mélenchon a inventé un truc génial : une primaire où il est le seul candidat avec un seul tour. »

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De son côté, Adrien Quatennens s’est résigné à vanter ce principe d’investiture populaire. La relève attendra, Clémentine Autain et François Ruffin aussi. Certains à la gauche de la gauche auraient sans doute préféré Clémentine Autain, l’une des rares à avoir critiqué ouvertement Mélenchon. Ou pourquoi pas carrément des islamo-gauchistes assumés comme Danièle Obono ou Éric Coquerel ? Sur Twitter, quelques comptes se désolent du maintien du leadership de Jean-Luc Mélenchon, qui persiste à vouloir s’imposer seul comme l’opposant numéro un du président Macron. « #Melenchon2022 pitié, on ne veut pas voter pour une personne mais pour un programme! On veut une union de la gauche avec Taubira, EELV, le parti socialiste et tous les autres! », écrit une militante de gauche, Marine Dezerces.

Mélenchon fait cavalier seul à gauche, Macron sabre le champagne

Mais c’est surtout au sein des autres partis politiques « progressistes » que l’annonce du leader Insoumis a fait grincer des dents. Particulièrement du côté du PS dont le premier secrétaire Olivier Faure s’est indigné sur LCI : « Pensez-vous que c’était le bon moment ? En pleine crise sanitaire, économique, sociale, avec le terrorisme à son degré maximal d’alerte… » Avant d’asséner : « Emmanuel Macron s’est ouvert une bonne bouteille car la gauche et les écologistes, s’ils veulent gagner, ont besoin de se rassembler. Toutes celles et ceux qui par leurs aventures personnelles, leurs ambitions égoïstes, menacent ce rassemblement, lui déroulent le tapis rouge. »

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Du côté des écologistes, alors qu’Éric Piolle, le maire de Grenoble, s’était un peu rapproché de Jean-Luc Mélenchon cet été, on prend de la distance. Et on insiste sur les régionales et l’union des partis de gauche, comme lors des municipales, qui a permis quelques beaux succès : « Il y a quand même une petite élection avant (les présidentielles), qui sont les régionales.[…] On a bien vu pendant les municipales que c’était les dynamiques collectives qui avaient gagné. Cette lumière au bout du tunnel sera allumée par une démarche collective », a taclé sur France Info Sandrine Rousseau… elle-même candidate à la primaire écologiste. Julien Bayou, secrétaire national des Verts, écrivait déjà en avril, dans une tribune, tout le mal qu’il pensait de l’attitude de Jean-Luc Mélenchon : « La crise que nous traversons révèle que nous avons besoin de collectif et d’humilité.[…] Hier, dans un emportement tu disais, « la République c’est moi ». Désormais dans un entêtement solitaire, tu prétends incarner l’alternative à toi tout seul. Cette pente égoïste est mortifère. » Visiblement cet avertissement printanier n’a pas été écouté. Le Parti communiste a également réservé un accueil glacial à l’annonce de Mélenchon: « Jean-Luc Mélenchon a fait son choix. Je le respecte. Les communistes feront le leur en temps voulu », a écrit Fabien Roussel, le secrétaire général du parti, sur Twitter.

La gauche dans une impasse pour 2022

L’union de la gauche relève donc d’une chimère pour la présidentielle de 2022, d’autant qu’entre Verts et Socialistes ce n’est pas non plus l’amour fou… Une partie de la gauche pourrait tout de même suivre le candidat Mélenchon, lequel tente maladroitement, en pleine pandémie, de devancer les autres leaders de la gauche pour s’imposer à eux. Sur France Info, Adrien Quatennens a incité Arnaud Montebourg, qui entretient le suspens sur une candidature personnelle, à rejoindre LFI pour 2022 : « Je pense que nous pouvons gagner en 2022, alors il y a de la place pour faire équipe. »

Sur TF1 on a pu apprécier un Jean-Luc Mélenchon souriant comme jamais, et voulant montrer combien il était devenu sage. Depuis 2017, “la République c’est moi” a bien des choses à se faire pardonner. Sa ligne politique républicaine a été balayée au profit des indigénistes et son tempérament égocentrique largement critiqué. Mais ses partisans misent sur cette campagne longue pour construire une « majorité d’adhésion » et s’imposer à gauche, avant de s’imposer chez les Français.

La Chute de la Maison Mélenchon

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Vincent Gallo contre les “mutants” démocrates

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Vincent Gallo © CATUFFE/SIPA Numéro de reportage: SIPAUSA30005769_000050.

L’artiste affiche avec drôlerie et (extrême) mauvais goût ses convictions politiques sur Instagram.


Jour quatre de l’ère Biden. Les media mainstream et progressistes sont en plein délire propagandiste en faveur du nouveau président des États-Unis. Biden le Messie, Trump le diable. Cela en devient grotesque et rend touchant le président déchu.

On trouve heureusement quelques rares bulles d’air sur internet. Le compte Instagram de Vincent Gallo, le réalisateur-chanteur-acteur culte de l’underground américain est l’une d’elles. Son profil ne compte “que” 14000 followers, ce qui n’est pas énorme, mais tous sont acquis à sa cause. C’est un hymne à l’amour en faveur de Trump et une violente entreprise de démolition des Démocrates et de l’idéologie woke. L’influenceur trumpiste se révèle outrancier dans ses analyses, ou plutôt ses emportements, mais la chape de plomb du politiquement correct est si pesante qu’il fait office de catharsis et j’avoue avoir beaucoup ri.

Un compte Instagram rafraichissant

Gallo, qui a commencé comme peintre au sein de l’underground new-yorkais auprès du sulfureux et talentueux Jean-Michel Basquiat a toujours été un Républicain acharné. Ce natif de Buffalo dans l’état de New-York, ville qui a voté pour Biden, voue à Trump une admiration qui confine à la dévotion. « Je prie pour qu’il gagne. Personne n’a jamais autant aimé l’Amérique que Donald Trump. Cela fut incroyable de l’avoir comme président et j’espère de tout mon cœur qu’il va gagner » peut-on lire sur Instagram. Il dit également vouloir s’opposer aux « mutants » que sont les Démocrates.

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Quel est donc le contenu de ce compte qu’il a ouvert pour soutenir son cher président ? Il se situe entre la performance artistico propagandiste et le site marchand, car Gallo y vend des t-shirts qui sont des pièces uniques en cachemire signées de son nom. Sur ces t-shirts figurent les visages de ses héros : Trump ou l’acteur Morgan Freeman. D’autres arbodent les objets de ses colères : l’élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, qualifiée d’ignorante ou encore Justin Trudeau dont le visage est barré du qualificatif pédé. Oui cela est infantile, mais a provoqué ma franche hilarité. Sous chaque photo de ses victimes désignées, il déroule des diatribes d’une réjouissante grossièreté parsemées de quelques éclairs de génie.

AOC, pas ma personne favorite au monde

Ocasio-Cortez : « La combinaison de son rouge à lèvres super rouge et de sa voix stridente fait qu’elle n’est pas ma personne favorite au monde. Vous vous l’imaginez en mère divorcée avec des enfants à charge ? Vous imaginez si elle était votre voisine ou votre patron ? Elle est étroite d’esprit mais surtout complètement IGNORANTE. »


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“IGNORANT” Vincent Gallo 2020. One of a kind 1 of 1 Tee Shirt Hand made by and signed by Vincent Gallo. Dated 2020 Marked on label #1 of 1 Permanent ink on 100% Cotton size Medium Alexandria Ocasio-Cortez’s combination of super red lipstick and angry screeching voice is not my favorite thing in the world. Try to imagine divorcing her with kids involved? Imagine her as your neighbor? Imagine working for her? That poor ugly redhead she dates. Politically AOC operates on the level of a neurotic Homeowners Association Board member, which would lead anyone to sell their condo. She is petty, small-minded and above all completely IGNORANT. If certain women keep celebrating this type of low level woman it’s gonna be harder for women to make a good case for equality. I sense she doesn’t smell good. @vincentgalloartworks #angry #loudmouth #ignorant #fool #democrat #redhead #servant #boyfriend #lesbo #votedonaldtrump #usa Shout out to Lil Pump. Respect bro #50cent_pussy_whipped_fag #shut_up_cher VOTE TRUMP VOTE TRUMP. #vincentgallo

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Trudeau : « Justin Trudeau pense que la liberté d’expression devrait avoir ses limites ? Vraiment ? Qu’il aille se faire enculer et le Canada avec (…) Ce leader dogmatique de cette nation mineure est clairement un gay refoulé ». Question liberté d’expression, Gallo ne semble pas avoir de limites de son côté…

Bien d’autres en prennent pour leur grade : il souhaite au journaliste de gauche Angelo Carusone un cancer de la bouche, qualifie de fils de pute Frederick W. Smith le patron de Fedex et voit en la sénatrice Démocrate Rashida Tlaib le visage de la haine. Tout cela donne un peu le tournis.

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Mais le clou du spectacle est son traitement de l’affaire Floyd : « George Floyd, le meilleur homme noir de tous les temps : j’ai eu le cœur brisé en le regardant faire une overdose ». En effet, lors de l’autopsie du corps du malheureux Floyd, des traces de Fentonyl, de la morphine de synthèse, auraient été trouvées. C’est l’ultime blasphème de la part de Gallo, car Floyd fait maintenant figure de Messie de la religion woke et des adeptes de la génuflexion. Là, Gallo a sûrement franchi les limites même pour moi. Cependant, il ne fait que pointer du doigt la récupération politique dont a fait l’objet l’assassinat de Floyd, qui n’est pas beaucoup plus reluisante.

Comme Trump, Vincent Gallo ne s’adresse plus à la presse

Le bad boy borderline et sexy est connu depuis toujours comme étant le provocateur en chef du milieu artistique américain. Mais pourquoi une telle violence d’enfant blessé ?

Lors de la sortie en 2003 de son film « The Brown Bunny », road movie hypnotique et expérimental qui se termine par une fellation non simulée, il a été malmené par la critique cannoise. Il se considère depuis comme le Trump du cinéma et refuse maintenant de s’adresser à la presse. À mon grand désespoir. Mais j’aurais essayé.

Son merveilleux film, « Buffalo 66 », sorti en 1998 et qui fit lui l’unanimité nous donne peut-être quelques pistes. En quoi ce film ovniesque, arty, d’une sensibilité tragi-comique exacerbée, fait pour un public exigeant, peut-il bien représenter le « clown orange » devenu bouc émissaire des medias ?

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Ce film nous montre des oubliés du rêve américain, des freaks qui se débattent avec la vie en sachant qu’ils ont déjà perdu. Le personnage de Gallo (qu’il dit inspiré de son père honni) sort de taule, kidnappe une ravissante Marilyn de banlieue (l’adorable Christina Ricci) pour la faire passer pour sa femme auprès de ses parents desquels il essaie en vain de se faire aimer. La galerie de personnages qui défilent sont autant de figures de perdants fracassés dont les médias américains ne parlent jamais : des bookmakers mafieux, son meilleur ami (un jeune homme flasque qui ne sort jamais de son lit), son amour de lycée grimaçante et si commune (formidable Rosanna Arquette). Ils ne sont ni racisés ni gays et n’intéressent donc pas les Démocrates.

Le « clown orange », s’il n’avait pas été à la tête d’une immense fortune et président des États-Unis aurait pu être l’un des leurs.

Et inutile d’être disciple de Freud pour affirmer que Gallo est à la recherche d’une figure paternelle.

Buffalo '66

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Alain Finkielkraut: Samuel Paty, le dévoilement et le déni

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Alain Finkielkraut.© Hannah Assouline

Pour Alain Finkielkraut, l’assassin de Samuel Paty a agi seul, mais il n’était pas seul. À ses yeux, cet événement révèle crûment ce que tant, trop, d’observateurs persistent à ne pas voir : la continuité entre l’islamisme ordinaire et l’ultraviolence. L’écrivain craint que certains persistent à criminaliser la clairvoyance. Propos recueillis par Élisabeth Lévy.


Elisabeth Lévy. Depuis le 16 octobre, tout le monde fait du Finkielkraut en moins bien. Que vous inspire ce retournement ?

Alain Finkielkraut. À Berlin, en décembre 2016, un terroriste ayant fait allégeance à Daech s’est jeté sur la foule d’un marché de Noël, bilan : 12 morts et une cinquantaine de blessés. Aussitôt après, Angela Merkel, très digne, annonce : « Nous allons continuer à vivre ensemble » ; et dans ses condoléances à la chancelière, le président français, François Hollande, incrimine le camion : « Un camion s’est jeté sur la foule. » Ce qui fit dire à Renaud Camus : « Salaud de camion ! Je suis sûr que les voisins du camion tombent des nues, comme c’est de coutume en pareilles circonstances. Un peu réservé peut-être, mais toujours bien poli et pas plus religieux que cela. Il faisait toujours des appels de phares quand on le croisait et il ne fréquentait pas spécialement la mosquée, même s’il est vrai que dernièrement il était devenu taciturne et ne supportait plus la musique. Ça aurait dû nous alerter, mais bon, vous savez ce que c’est… »

Avec la décapitation de Samuel Paty, les pieuses métonymies et les proclamations incantatoires ne sont plus de mise : l’assassin a agi seul, mais il n’était pas seul. Une campagne impliquant au moins un parent d’élève, un prédicateur antisémite, et quelques collégiens qu’avait indignés son cours sur la liberté d’expression, a précédé l’assassinat et l’a rendu possible. Cet événement révèle crûment ce que tant d’experts, d’éditorialistes, de responsables politiques et d’universitaires persistaient à ne pas voir : la continuité entre l’islamisme ordinaire et l’ultraviolence. Autrement dit, le vivre-ensemble est une fable, les territoires perdus de la République sont autant de territoires conquis par la haine de la France. Les yeux se sont ouverts, l’évidence ne peut plus être dissimulée.

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Beaucoup de gens, qui dénonçaient l’islamophobie comme le danger principal, ont simplement retourné leur veste en faisant comme s’ils n’avaient jamais varié. Comme l’écrit Milan Kundera dans un passage des Testaments trahis sur lequel vous aviez attiré mon attention, cela revient à tourner avec le vent. Cela ne remet-il pas en cause l’authenticité de leur changement ?

Peut-être avez-vous raison, mais ces conformistes m’inquiètent moins que ceux qui vont persister dans le déni, dans l’aveuglement et dans la criminalisation de la clairvoyance. Edwy Plenel a parlé d’un attentat à motivation terroriste, expression extraordinaire ! Le terrorisme n’a jamais été une motivation, mais un moyen au service d’une cause nationale, révolutionnaire ou religieuse. De même, dans les jours qui ont précédé l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, Ségolène Royal a affirmé qu’elle ne parlerait jamais d’islamisme, parce que, dans islamisme, il y a le mot islam et qu’elle ne voulait pas être coupable de stigmatisation. Il ne faut pas mésestimer aujourd’hui la puissance de l’antifascisme et de l’antiracisme idéologiques. Pour nombre d’éditorialistes, l’extrême droite est le danger suprême et ils continueront de délégitimer toute critique radicale de l’islam radical en vertu de ce principe.

L’islamisme conquérant n’est pas soluble dans l’économie, il ne doit pas être traité comme le symptôme d’autre chose (la misère, l’exploitation, la discrimination)

Les macroniens aussi expliquent à qui veut les entendre que le président n’a jamais varié. Est-ce votre opinion ?

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron proposait le diagnostic suivant : « Le communautarisme notamment religieux a prospéré sur la ruine de nos politiques économiques et sociales. La société statutaire, sans perspectives de mobilité, a créé le désespoir social. » Il était donc lui-même porteur d’une perspective de mobilité, il voulait fluidifier le marché de l’emploi et « ubériser » la société française. Il était l’ennemi des rentes et l’ami de la circulation. À un problème économique en dernière instance, il apportait une solution économique. Ce n’était pas de l’angélisme, c’était à ses yeux du réalisme sonnant et trébuchant. Ce réalisme s’est heurté au réel. L’islamisme conquérant n’est pas soluble dans l’économie, il ne doit pas être traité comme le symptôme d’autre chose (la misère, l’exploitation, la discrimination), il doit être combattu. Ce n’est pas notre création, c’est notre ennemi. Mais je n’ai pas besoin de la repentance du chef de l’État. Je constate avec soulagement qu’il se rapproche de la position de Manuel Valls et s’éloigne, contre une partie de ses troupes, de celle d’Aurélien Taché. La France a perdu du temps, mais Macron n’est pas le seul fautif.

On a beaucoup reparlé, ces jours-ci, de votre appel dans Le Nouvel Observateur, « Profs, ne capitulons pas ! » dans lequel vous dénonciez le Munich de l’école républicaine. Les choses auraient-elles été différentes si on vous avait écouté ?

À l’époque où Élisabeth Badinter, Élisabeth de Fontenay, Régis Debray, Catherine Kintzler et moi-même avons signé ce manifeste de soutien aux professeurs qui refusaient le voile islamique en classe, on nous a beaucoup reproché la référence munichoise et les associations antiracistes ont, avec une belle unanimité, fait feu sur nous. Le ministre de l’Éducation nationale, Lionel Jospin, s’est déchargé de la question sur le Conseil d’État qui, invoquant la liberté de conscience des élèves, a refusé la prohibition du voile. Il a fallu attendre 2004 pour que soit votée la loi interdisant les signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires. Cette loi était nécessaire, mais elle se révèle insuffisante parce que la question des signes religieux cache un phénomène beaucoup plus large et d’une tout autre ampleur, comme l’a montré le rapport Obin paru l’année même du vote de la loi et aussitôt enterré par l’autorité de tutelle. Depuis, le problème n’a fait que s’aggraver, et dans les quartiers sensibles, les élèves sont de plus en plus nombreux à trier les textes étudiés selon les catégories du hallal (autorisé) et du haram (interdit) – exactement comme ce qu’ils trouvent dans leurs assiettes. Les professeurs sont d’autant plus démunis que l’administration refuse très souvent de les soutenir. Elle ne veut pas faire de vagues. Après ce qui s’est passé à Conflans-Sainte-Honorine, on peut espérer que les proviseurs se ressaisissent, et qu’à tous les échelons de l’Éducation nationale, la complaisance cède la place à l’intransigeance.

Cependant, l’identité française n’est pas malheureuse seulement à cause de l’islam radical, mais parce que la norme postnationale et multiculturaliste s’est imposée sur fond de migrations massives. À long terme, le parti de l’Autre, de la déconstruction nationale, du McDo planétaire, n’a-t-il pas gagné ?

Le traumatisme causé par la décapitation d’un professeur devant son collège est profond et durable. Face à cette horreur et à tout ce qui l’a rendue possible, les yeux se dessillent et ceux des Français qui l’avaient oublié reprennent conscience qu’ils forment une nation. Mais cela suffira-t-il ? Les trois derniers attentats dont la France a été le théâtre ont été commis par des réfugiés. Le temps semble donc venu de revoir les conditions du droit d’asile, la gestion du regroupement familial et la politique migratoire dans son ensemble, car on aura beau dissoudre quelques associations, fermer des mosquées salafistes, la terreur ne s’arrêtera pas et la transmission de la culture française en France sera de plus en plus contestée, et donc de plus en plus difficile si le processus continue. Mais, comme le dit très fortement Jean-Éric Schoettl, tout durcissement du droit entrerait en délicatesse avec la jurisprudence des cours suprêmes (le Conseil d’État, le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation et la Cour européenne des droits de l’homme). Celles-ci confisquent aux États l’autorité nécessaire à la pratique de leur propre politique d’admission des immigrants. L’intention est bonne, il s’agit d’effacer la tache du refus par l’Europe pendant les sombres temps du xxe siècle d’accueillir les réfugiés juifs qui fuyaient l’Allemagne nazie. Ainsi, ces grandes institutions font le lit du nouvel antisémitisme. Elles ne s’inclinent pas devant la force, à l’image des anciens collaborateurs, elles croient voler au secours de la faiblesse, mais le résultat est exactement le même.

Emmanuel Macron face à la presse, devant le collège du Bois d'Aulne où travaillait Samuel Paty, 16 octobre 2020.© Abdulmonam Eassa/POOL/AFP
Emmanuel Macron face à la presse, devant le collège du Bois d’Aulne où travaillait Samuel Paty, 16 octobre 2020.© Abdulmonam Eassa/POOL/AFP

Si le blasphème est autorisé par la loi, il est largement réprouvé par la société – il ne faut pas se moquer du dieu des autres. La grammaire de la distance critique (et des Lumières) est-elle encore d’actualité à l’âge de la bienveillance ?

Comme le rappelle Thibault de Montbrial dans son dernier livre, Osons l’autorité, les juges de la Cour européenne des droits de l’homme ont donné raison à la justice autrichienne qui avait condamné pour dénigrement d’un culte religieux une femme écrivain et conférencière qui avait parlé de pédophilie en référence au mariage du prophète Mahomet et d’une fillette de six ans. L’argument invoqué par la Cour était la paix religieuse et la tolérance mutuelle. Pour retrouver sa souveraineté et pour défendre la civilisation européenne fondée, en effet, sur la distance critique, la France doit impérativement s’affranchir de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. C’est là qu’on l’attend, et qu’on ne la trouvera pas.

On dit souvent que les musulmans devraient emprunter le modèle juif d’intégration, mais ils devraient peut-être apprendre aussi des juifs le sens de l’autodérision.

Les musulmans auraient besoin que l’esprit du roman pénètre leur culture. Il leur manque un Philip Roth. Espérons que s’il advient, ils sauront le reconnaître malgré la fatwa qui sera immanquablement lancée contre lui.

En attendant, beaucoup de Français se demandent si on peut encore s’en sortir dans le cadre de l’État de droit, c’est-à-dire sans violence.

On s’en sortira dans le cadre de l’État de droit, si l’État de droit redevient un État. Or une certaine idée du droit, sortie de ses gonds, est en train de défaire l’État.

Pourquoi parle-t-on autant de la République et aussi peu de la France ?

La République peut se résumer, aux yeux de ses thuriféraires, à un certain nombre de valeurs universelles. La nation, c’est une langue, des monuments, des bâtiments, une manière d’être, une littérature. Or, en raison de l’usage que nous faisons de la mémoire du xxe siècle, nous ne savons plus articuler le particulier et l’universel. Éloignons le particulier, fauteur de guerre, et réfugions-nous dans l’universel. Voilà, je crois, la raison profonde de cette attitude.

Les musulmans de France ne peuvent pas se contenter de protester contre l’islamophobie, c’est-à-dire de n’exister que pour se plaindre et que pour être plaints

Ce qui complique notre tâche, c’est qu’il n’y a pas de frontière nette entre islam et islamisme. Faut-il considérer qu’un certain nombre de jeunes Français sont irrécupérables pour la République et pour la France ?

Ce n’est pas à moi de livrer un diagnostic aussi définitif, mais c’est aux musulmans eux-mêmes, quel que soit leur âge, de montrer qu’ils adhèrent à la fois au projet républicain et au passé, c’est-à-dire à la civilisation française, par leur attitude à l’école et aussi en manifestant leur horreur, leur dégoût de la terreur islamiste. Après tout, lorsque les Israéliens ont appris le massacre de Sabra et Chatila, commis par des milices chrétiennes, mais avec la complicité passive de l’armée israélienne, ils sont très massivement descendus dans la rue. Les musulmans de France ne peuvent pas se contenter de protester contre l’islamophobie, c’est-à-dire de n’exister que pour se plaindre et que pour être plaints.

Que vous inspire la proposition d’interdire le voile dans la rue ?

C’est une idée absurde, qui risque de conduire des jeunes filles non voilées à revêtir le hijab par défi et par solidarité avec leurs coreligionnaires. En revanche, je pense, pour le salut de l’enseignement, qu’il faut étendre l’interdiction du voile à l’université. Aller aux cours la tête voilée, c’est une manière de dire au professeur que son enseignement est secondaire. C’est une offense faite au savoir. L’école est aussi un temple et dans ce temple, il faut savoir respecter certaines formes, manifester sa disponibilité à ce qui doit être transmis.

À lire aussi, Ferghane Azihari : Islam radical: et si la solution passait par l’apostasie des musulmans?

Cela fait longtemps que vous montrez la lune et que, pour ne pas voir la lune, beaucoup insultent le doigt, c’est-à-dire vous. Êtes-vous en colère ?

Non, mais je crois que je vais continuer sinon à me faire insulter, du moins à figurer sur les listes noires de la gauche dont la vigilance consiste exclusivement à traquer ce qu’elle appelle, d’un signifiant baladeur, l’« extrême droite ». Quelque chose d’ineffaçable s’est produit, une forme de dévoilement a eu lieu. Je n’en suis pas moins sceptique quant à la volonté des gouvernants d’aller au bras de fer, car le souci de ne pas faire le jeu du Rassemblement national reste très présent. Cela limite, de l’intérieur, leur capacité d’action.

L'identité malheureuse

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Les testaments trahis

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Osons l'autorité

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Le couac de Jean-Yves Le Drian doit être corrigé

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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d'une conférence de presse au Caire, le 8 novembre 2020 ©Nariman El-Mofty/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22511886_000002

La notion de laïcité mérite d’être éclaircie 


La laïcité à la française est la chose du monde la moins comprise à l’étranger. Comparée à nos fromages, nos vins et nos parfums, c’est peu dire qu’elle n’est pas notre meilleur produit d’exportation. Elle est incomprise et durement contestée par nos amis anglo-saxons, qui la trouvent trop répressive, au nom de leur conception de la liberté. Et elle est carrément combattue par les pays musulmans qui la trouvent sacrilège et « islamophobe », au nom de leur conception du sacré qui doit s’imposer à tous.

Manifestations contre la France à Dhaka, Bangladesh, le 28 octobre 2020 © Suvra Kanti Das/Shutterstock/SIPA Numéro de reportage: Shutterstock40801396_000040.
Manifestations contre la France à Dhaka, Bangladesh, le 28 octobre 2020 © Suvra Kanti Das/Shutterstock/SIPA Numéro de reportage: Shutterstock40801396_000040.

Il faut admettre que la laïcité à la française associe génialement deux impératifs complémentaires mais différents : la protection de la liberté des croyants, au nom de la liberté de conscience, et le droit à l’irrespect à l’égard des religions, au nom de la liberté de pensée et d’expression.

Cette difficile compréhension est une bonne raison pour que nos ministres qui l’évoquent à l’étranger – dans le but politiquement louable de calmer le feu – soient au plus clair sur ce sujet dans leurs têtes et dans leurs mots.

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Ce ne semble pas avoir été le cas de notre apprécié ministre des Affaires étrangères dans son récent discours au Caire.

«J’ai rappelé et je rappelle ici le profond respect que nous avons pour l’islam», a dit le ministre français au cours d’une conférence de presse. «Ce que nous combattons c’est le terrorisme, c’est le détournement de la religion c’est l’extrémisme», a-t-il ajouté en assurant qu’il venait «expliquer, si besoin était, ce combat» ainsi que «le combat (pour le) respect de la liberté de croire».

Faire preuve d’irrespect envers une religion est un droit relevant de la liberté d’expression

Dans ce court message, deux bévues sont à corriger.

En premier lieu, parler du « détournement d’une religion », qui serait donc en elle-même innocente, c’est porter jugement sur elle, ce qui n’est pas du ressort d’un ministre d’une République laïque.

Sur ce point, hélas, le ministre faisait écho au Président de la République qui, dans sa ferme réponse au Financial Times, attribue la terreur islamiste au « dévoiement de la religion », ajoutant que ses crimes sont commis « au nom d’une religion dévoyée. »Répétons que la République française n’a pas à donner quitus à une religion quelle qu’elle soit.

D’autre part mais dans le même sens erroné, affirmer que « la France possède un profond respect de l’Islam », c’est implicitement condamner ceux qui lui manquent de respect. Or faire preuve d’irrespect envers n’importe quelle religion est en France un droit relevant de la liberté de pensée et d’expression. Ce droit n’est pas négociable.

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Parce qu’elle est laïque, la France, ne « possède un profond respect » pour aucune religion quelle qu’elle soit. Elle éprouve un profond respect pour la liberté de croyance de tous ses citoyens, une liberté qu’elle protège sans discrimination ni privilèges.

Elle éprouve un profond respect pour tous les individus, qu’ils soient catholiques, protestants, juifs, musulmans, bouddhistes, agnostiques ou athées, et particulièrement pour ceux qui respectent la laïcité et les valeurs de la République.

Il importe au plus haut point, tant à la clarté dans nos rapports avec l’étranger, qu’à la paix civile à l’intérieur, qu’un ministre et son Président ne confondent pas publiquement le respect qui s’impose envers les croyants et le respect qui ne s’impose nullement envers une religion.

PS : Dans l’article 1 de la Constitution de 1958, il est dit que la France « respecte toutes les croyances ». Peut-on en conclure que Jean-Yves Le Drian s’en est tenu à ce principe constitutionnel quand il a déclaré que « la France a un profond respect pour l’Islam » ? Il apparait cette fois encore que le mot « respect  » exige toujours d’être précisé, pour éviter qu’il soit brandi comme une injonction plus ou moins menaçante à ne froisser la susceptibilité de personne. Si la formulation utilisée et répétée par Jean-Yves Le Drian était conforme à ce qui est écrit dans notre Constitution, celle-ci affirmerait que  » la France a un profond respect pour toutes les croyances ». Un profond respect pour toutes les croyances, y compris les plus absurdes, les plus dangereuses, les plus contradictoires entre elles ? Cette interprétation est indéfendable. En réalité, le respect de toutes les croyances s’assimile à la liberté de conscience et non à la sacralisation des croyances.

Islamophobie: Intoxication idéologique

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La religion française

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Marché de dupes

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Joe Biden en 2008 © Paul Sancya/AP/SIPA Numéro de reportage: AP20754467_000001

 


Alors ça y est, ils l’ont fait. Cette fois, ils ont mis le paquet. Ils ont dégagé Donald Trump, enfin. Ils peuvent recommencer à mondialiser, à faire de la trottinette, travailler sur les utérus artificiels, se moquer des classes populaires qui, décidément, ne veulent pas admettre qu’elles doivent disparaître.


Trump n’avait jamais été leur Président. Quatre années durant, ils ont mené une guérilla intellectuelle, morale, publicitaire, juridique permanente. Ils avaient avec eux presque tous les médias, Wall Street, les universités, Hollywood, la Silicon Valley, presque tous les juges, les instituts de sondage, les GAFAM ; pourtant, ils ont failli perdre, une seconde fois. Sans la Covid-19, on les aurait vu pleurer, encore. Ils vont réécrire l’histoire ; ils le font déjà, prétendant que c’était écrit, que le Progrès devait l’emporter contre l’obscurantisme, le racisme, l’inculture, la facilité. Voyez comme ils sont contents, à New York, Paris, Berlin, Londres ; Dark Vador est tombé ; dans tout l’Empire, ils festoient, avec de la bière sans alcool. En plus, rendez-vous compte, le vice-président est une femme, et noire en plus ! C’est « historique ». Communiez, habitants du « monde libre » ! Dites merci à l’Amérique qui, une fois de plus, nous montre le chemin vers la Lumière, la Vérité. De la propagande ? Quelle propagande ? Des fraudes ? Quelles fraudes ? Si vous doutez, c’est que vous êtes de très mauvais perdants ; et si vous insistez, c’est que vous êtes des complotistes. Mais ils vont s’occuper de vous, ne vous inquiétez pas. C’est l’heure de la revanche.

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N’ayez pas peur!

En être réduit à soutenir Donald Trump… C’est le génie des progressistes : ils sont tellement insupportables que, pour les arrêter, ne serait-ce que les contenir, on en vient à espérer la victoire d’un magnat de la finance, un type dont la vulgarité ferait passer Patrick Sébastien pour la baronne Staffe. En 2016, il les avait bien eus, d’abord en remportant les primaires du Parti républicain, ensuite en battant Hillary, ses compétences, son mépris de classe, ses conférences à plusieurs centaines de milliers de dollars, et son regard de loutre sous coke. Un seul débat, disaient-ils alors, révélerait la supercherie. Les « deplorables » retourneraient jouer du banjo dans leurs caravanes miteuses du Wisconsin. Souvenez-vous de leur effroi, de leurs larmes, à l’instar de celles de notre Laurence Haïm, quand, sur la carte de l’immense Amérique, le rouge avait fini par dominer le bleu. Sur le plateau de Quotidien, ils pleuraient aussi. Ils ne voulaient pas y croire. Comme en 2005, chez nous. Comme le soir du Brexit. Ils ont compris, depuis : c’est à cause des fake news. On veut faire « peur » aux gens. Alors qu’il n’y a aucune raison, n’est-ce pas. Tout va très bien. Il faut vraiment n’avoir que trois neurones pour penser le contraire. Vous ne voyez pas ce que vous voyez, vous n’entendez pas ce que vous entendez. Arrêtez donc de croire que vous avez une culture, une nation, un pays ; reprenez-vous et venez, allez, venez participer à l’érection du gouvernement mondial, avec Soros et Greta. Avez-vous marché « pour le climat », au moins ? Non ? Vous avez eu tort, c’est tellement « sympa » ; vous auriez pu rencontrer des plumeaux qui vous auraient expliqué comment faire pousser des laitues à Paris. Le djihad ? Quel djihad ? Les Gilets jaunes ? Quels Gilets jaunes ? La violence ? Quelle violence ? On disait déjà cela au temps des « blousons noirs », vous savez. Vos « sentiments » vous trompent. Et puis Socrate, hein, il disait, lui aussi, déjà, que la jeunesse athénienne partait en sucette. Rien de nouveau, remugles de vieux cons qui ne veulent pas comprendre que le monde évolue, s’améliore malgré eux, parce que c’est acquis, hein, plus on avance, mieux c’est, même si, en cours de route, ça pique un peu. En marche, ou crève ! Trump, ce crétin de Trump, eh bien, il avait su fédérer sur son nom le vieux peuple américain, l’Amérique WASP, qui avait tout de même de bonnes raisons d’être fière d’elle, ayant fait, en moins d’un siècle, d’une ancienne colonie la première puissance mondiale, et de loin. Face aux calculs d’un Parti démocrate qui s’était livré à tous les lobbys minoritaires, diversitaires, Nike Air, Trump avait fait don de sa personne – très contestable, j’en conviens – afin de ralentir, un peu au moins, la course folle vers le rien, la catabase que les élites, toutes les élites des pays dits développés et en voie de le devenir rejoignent avec un enthousiasme digne d’un Versaillais allant faire oraison à sept heures un dimanche matin. C’était, Trump, un signe de contradiction, un baroud d’honneur face à, comme chez nous, ceux qui s’enorgueillissent de vomir sur leur propre drapeau, de dénoncer leur père, de se mettre à genoux devant ceux qui veulent les soumettre. Qu’il fut mauvais, pas à la hauteur de la fonction n’y change rien ; de toute façon, ce n’est pas tant ce qu’il était mais ce qu’il incarnait qui « posait problème » au système. 

Les médias entérinent la victoire de leur candidat

Du début à la fin, sa présidence aura été contestée par ses opposants. Pas un mois sans qu’on ne remette en cause sa légitimité. Il y eut l’affaire russe. Il y eut les interminables pleurnicheries devant le Mur. Il y eut les tripotages du juge Kavanaugh. Il y eut une tentative d’impeachment vouée à l’échec mais lancée quand même, sous la houlette de Nancy Pelosi et son sourire de prof d’université sadique. Et,  plus récemment, Amy Coney Barrett que les Démocrates trouvaient trop chrétienne pour siéger à la Cour Suprême à la place de Ruth Bader Ginsburg, la Taubira de Brooklyn, impitoyable séide de Big Mother. Ah ! et puis George Floyd, BLM : nous sommes tous les Afro-Américains, il paraît. Tout le complexe médiatico-industriel, des deux côtés de l’Atlantique, s’est échiné à pourrir cette présidence qui bridait ses rêves de grande partouze multiculturelle. L’économie américaine s’était franchement redressée ? Quelle importance ? Pour une fois, les Etats-Unis ne jouaient pas, ou en tout cas beaucoup moins, au gendarme du monde ? Et alors ? Trump devait être puni, et avec lui ses électeurs, ces ploucs qui ne voulaient pas comprendre que l’histoire, pardon, l’Histoire les condamnait à ses oubliettes. Vous avez vu comme ils étaient à nouveau inquiets, la semaine dernière ? Tous nos éditocrates californiens à passeport français ? Ploucland faisait de la résistance ! Mais, grâce à Dieu, enfin celui du vote par correspondance, le sénile Biden, qui ne sait même plus que son fils Beau est décédé, a mis fin au « cauchemar » des bien-pensants, des bien décidés, quitte à mentir et à tricher, à dégager manu militari celui par qui le scandale est arrivé. 

A lire ensuite, Jeremy Stubbs: Le trumpisme avait tout de même du bon

Les « recomptages » sont en cours, la victoire de Biden n’est en rien officielle, et pourtant tous les médias font comme si elle l’était. Les juges, tous, préféreront passer outre plutôt que de créer une instabilité. La vérité des urnes comptera moins, à leurs yeux, que celle d’une Amérique réconciliée sur le corps des « deplorables ». Soit. Que cela nous serve leçon, à nous aussi : avec les progressistes, ce n’est pas le « débat » que nous devons prôner. Eux, ils ne s’en embarrassent que lorsqu’ils sont sûrs de le gagner. Sinon, ils cognent. Jusqu’à quand accepterons-nous ce marché de dupes ?  

L'incident

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Hommage à Philippe Martel, qui nous a quittés ce jeudi 5 novembre

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Photo D.R.

Par une belle journée marseillaise ensoleillée du 6 janvier 2019 j’avais eu le plaisir de revoir Philippe Martel à une réunion de préparation aux élections européennes de 2019 ou le CNRE – Conseil de la Résistance Européenne- dont il était le secrétaire général avait décidé de présenter une liste.

L’avertissement solennel de son président, Renaud Camus, sur le devenir de l’Europe, le témoignage poignant de Patrick Jardin sur la mort de sa fille au Bataclan, faisaient peser sur cette journée une gravité qu’à son habitude Philippe rendait tout à coup plus légère par une remarque amusante, un regard subtil et distancié.

D’Alain Juppé à Marine le Pen dont il avait été successivement directeur de cabinet entre autres postes prestigieux en France et à l’étranger, ce haut fonctionnaire était le prototype de l’homme de droite attaché à la souveraineté et la liberté de la France.

Déçu par une UMP trop éloignée du gaullisme originel, il ira chercher au Front National puis au CNRE, formation créée en novembre 2017 à Colombey-les-Deux-Eglises, ce qui reste du courage et de l’intransigeance gaullienne sur le chapitre de la résistance à tout Empire et à tout envahisseur.

Aux yeux du journal Libération qui lui a consacré un article, c’était un « soldat perdu de la République ».

À mes yeux c’était un combattant, qui avait résolu de transgresser la bien-pensance – tout en restant rationnel, courtois, et drôle – parce qu’il s’était mis au service de la France, son beau souci.

L’homme qui a eu la peau de Benjamin Griveaux se confie dans un livre

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Il vous avait manqué ? Piotr Pavlenski sort un livre. © Eric Dessons/JDD/SIPA Numéro de reportage: 00984279_000005

Piotr Pavlenski est un fou furieux. Et il a un talent de fou. 


 

Il se fit connaitre il y a quelques années en se clouant les testicules sur la place Rouge, pour protester contre Poutine. On l’envoya dans un asile psychiatrique où il fut déclaré sain d’esprit. Puis il obtint l’asile politique en France. 

Son livre Théorème n’est qu’une longue suite d’imprécations. Certains écrivent : Pavlenski hurle. Chacun de ses mots est une insurrection. Et il est une insurrection à lui tout seul.

Un imprécateur possédé

Lisez-le : Pavlenski est un possédé. Dostoïevski a tout dit sur ce type d’homme. Il y a chez lui un aspect Savonarole avec son bûcher des vanités. Et voilà ce que Pavlenski jette dans son bûcher des vanités. 

“Lorsque la tête de Poutine décorera la Place Rouge, Quand Macron aura été guillotiné sur les Champs-Elysées, quand Trump sera pendu sur des lignes à haute tension et que le corps de Merkel flottera dans les eaux du Rhin, alors seulement on enterrera dans les ruines cet ordre qui est comme un nœud coulant autour de nous.”

Vu les cris de mort qui précèdent on s’étonnera quand même que Pavlenski ait vibré à l’unisson du mouvement des Gilets jaunes. Là c’est la partie un peu mièvre de son livre. Il s’arrête de crier, il minaude. Il voit une révolte là où il n’y avait qu’une convulsion poujadiste. On apprend ainsi avec lui que Maxime Nicolle, figure emblématique des Gilets jaunes, est « un grand leader du peuple » (!).

Le gilet jaune Maxime Nicolle dans une manifestation en 2019 à Paris © Yann Bohac/SIPA Numéro de reportage: 00906116_000004
Le gilet jaune Maxime Nicolle dans une manifestation en 2019 à Paris © Yann Bohac/SIPA Numéro de reportage: 00906116_000004

Porno-anarchie

Pavlenski hait l’ordre établi, le Nouvel Ordre Mondial. Il a une religion : l’anarchie. Et il la pratique sous une forme particulière : la porno-anarchie. C’est lui qui a jeté la belle Alexandra dans les bras de Benjamin Griveaux. Et c’est lui qui a balancé sur les réseaux sociaux la vidéo compromettante de l’ancien porte-parole du gouvernement. 

C’est raconté avec force détails dans Théorème. Tout comme le séjour à Fleury-Mérogis qui s’en est suivi. De cet exploit Pavlenski n’est pas peu fier. Pour lui Griveaux est un petit pion sur l’échiquier mondial du libéralisme. Et l’abattre était une bonne chose. En dehors de cette intéressante péripétie, tout dans Théorème n’est que violence, haine et rage. Un témoignage éclairant sur ce que peuvent être les passions de l’extrême gauche radicalisée. Rien que pour ça, ça vaut la peine de lire Pavlenski.

Théorème. Piotr Pavlenski. Editions Exils.

Théorème

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Ce n’est pas simplement qu’Emmanuel Macron méprise les corps intermédiaires, c’est qu’ils sont un obstacle à son projet

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Jean-Frédéric Poisson. Photo: D.R.

Une tribune libre de Jean-Frédéric Poisson, président de VIA, la voie du peuple


Ah, Monsieur le président ! Comme votre vision de la démocratie était enthousiasmante en 2011, à l’époque où vous pouviez encore écrire dans la revue Esprit la chose suivante: « La décision politique ne peut plus avoir un locuteur unique. Parce que l’action est complexe et le terrain d’application multiple, elle doit se discuter, s’amender, se corriger, se décliner au niveau le plus adapté »[tooltips content= »Emmanuel Macron, Les labyrinthes du politique, Revue Esprit, 2011. »](1)[/tooltips]Où sont ces belles convictions aujourd’hui Monsieur le président ? Enterrées au nom du pragmatisme et de l’efficacité ? Et pourtant, vous aviez raison: sans ces principes, il n’y a pas de démocratie.

Car, quel est l’état de notre démocratie aujourd’hui ? Un reconfinement prétendument « aménagé » est exigé des Français. Dans ce cadre, les commerces dits « non essentiels » sont sommés de fermer boutique, quel que soit l’état sanitaire de leur région. Bel aménagement ! Et quand des maires tentent, par de vains arrêtés pris comme autant de cris de désespoir, d’autoriser les commerces de proximité de leurs villes à rester ouverts, la justice dénonce logiquement et sans délai leur irrégularité. Comme si vous aviez voulu égratigner leur crédit en les entrainant vers la seule issue qui leur restait pour apparaître encore utile aux yeux de leurs administrés et des commerçants de leur commune: poser un acte réglementairement injustifiable. Ces élus de terrain ne sont-ils pourtant pas « au niveau le plus adapté » ? Pourquoi ne pas avoir demandé aux maires de décider au cas par cas de la nécessité d’imposer ou non une fermeture à ces établissements ? Pourquoi le Premier ministre en est-il à lister ce que les Français ont le droit de considérer comme essentiel ou non pour eux, allant jusqu’à faire interdire tout achat de livres dans toute sorte de commerces sauf ceux de l’e-commerce, tout en garantissant aux libraires exsangues que l’État leur viendra financièrement en aide? Dans cette crise gravissime qui distend le peuple de ses représentants, les élus locaux sont ceux qui ont encore la confiance des Français. Pourquoi la Macronie n’en fait-elle pas de même? Pour redonner la parole au peuple, notre appareil d’État doit changer de logiciel et permettre l’avènement d’une société réellement subsidiaire.

A lire aussi: Les arrêtés municipaux en faveur du petit commerce sont légitimes

Aujourd’hui, même la représentation nationale est méprisée. Inquiets que la démocratie soit mise sous cloche jusqu’en février, les députés de l’opposition ont voté le 3 novembre dernier un amendement n’autorisant la prorogation de l’état d’urgence que jusqu’au 14 décembre et non jusqu’au 16 février. Il aurait alors été possible de faire un point sur la situation le moment venu et d’agir en conséquence. Pensez-vous que le vote des représentants de la Nation a été respecté par la majorité? Non! Il a fallu revoter de manière à ce que l’avis du gouvernement soit respecté. Ce qui aboutit au vote final ce samedi du projet de loi prolongeant effectivement l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 16 février 2021, l’instauration d’un régime transitoire jusqu’au 1 avril 2021, et le recours aux ordonnances.

Ce n’est pas simplement qu’Emmanuel Macron méprise les corps intermédiaires que sont les élus, les syndicats, les communes, les associations, les familles, les entreprises, mais aussi les acteurs des territoires, les forces-vives des bassins de vie… C’est qu’ils sont un obstacle à son projet : il ne doit exister entre lui et la multitude des administré-consommateurs français aucune interférence. Il est, selon lui, leur unique mandataire représentant. Mais aucune vie démocratique n’est possible ainsi. Si seulement Emmanuel Macron pouvait incarner ce qu’il promouvait en 2011 quand il écrivait : « Loin du pouvoir charismatique et de la crispation césariste de la rencontre entre un homme et son peuple, ce sont les éléments de reconstruction de la responsabilité et de l’action politique qui pourraient être utilement rebâtis. »

Malheureusement, nous y sommes maintenant habitués. Avec lui, ce sera toujours la cohabitation du tout avec son contraire, la suprématie d’un relativisme concentré dans cette formule « en même temps » qui signe le projet de déconstruction voulue de la France, de l’unité du peuple, de la crédibilité de notre nation, des libertés fondamentales des Français. En réponse à ce délabrement programmé, rien ne sera vraiment possible dans l’ordre de la restauration ou de la reconstruction sans que le lien, le pacte même de confiance soit rétabli entre gouvernants et gouvernés, par des actes forts et des réformes institutionnelles de fond. C’est le sens de mon projet pour la France[tooltips content= »Jean-Frédéric Poisson, La voix du peuple, éditions du Rocher, 2020. »](2)[/tooltips] : redonner la voix au peuple et le pouvoir aux Français.

La voix du peuple

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