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Tariq Ramadan se relance avec… un slam indigéniste

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L’islamologue se dévoile enfin sans fard dans un slam sans âme, pour nous dire que le mal c’est l’occident…


« Cela fait des siècles que vous volez et mentez
Vous seriez venus dites-vous pour nous civiliser
Vous avez méprisé nos langues, nos cultures, nos religions
Humilié nos mémoires, souillé nos traditions »
(…)
Attendez ! attendez ! qu’est-ce que vous croyez?
Que l’on va rester là assis à vous regarder
Piller nos terres, nos richesses, nos minerais,
Vous laisser tranquillement écrire l’histoire et la coloniser,
Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays
Nos continents, nos paysages autant que nos esprits ? »

Voilà ce que chante Tariq Ramadan. L’ancien prédicateur star, mis en examen pour viols en France et en Suisse, n’a pas oublié ses classiques : pour semer la haine, il faut d’abord commencer par réécrire l’histoire, désigner un coupable, des victimes et lancer le grand mercato de la haine et de la vengeance. Avec un tel cocktail, on sème la violence politique en espérant obtenir en retour la guerre civile, tout en faisant semblant de tenir un discours de justice sociale. L’idée est de faire passer la haine pour de la saine révolte afin de culpabiliser ceux que l’on veut détruire, et de trouver des alliés jusqu’au cœur de la cible que l’on vise. Tariq Ramadan n’a jamais fait que cela en France, il y a même trouvé des compagnons prestigieux, Edwy Plenel, Michel Tubiana et la Ligue des Droits de l’Homme, Alain Gresh…


Sans aucun complexe

Aujourd’hui, le voilà donc qui se dévoile enfin sans fard dans un slam sans âme pour nous dire que le mal c’est l’occident, responsable de tout, en tout lieu, et en tout temps. Le degré zéro de la complexité et de la justesse, mais un positionnement efficace quand on veut transformer une jeunesse peu éduquée en chair à canon de l’idéologie des frères musulmans. D’ailleurs, en bon connaisseur des débats qui ont agité notre pays, Tariq Ramadan rameute tous les termes susceptibles de mettre le feu. Cela donne « Vous allez perdre vos privilèges et votre identité, la mixité serait donc votre perte et bientôt vous serez sauvagement remplacé ». Sauvagement, autrement dit dans le sang ?

À écouter en entier la chanson, on comprend vite qu’il ne s’agit pas d’un slam mais d’une marche nuptiale, qui révèle la profondeur des alliances nouées entre islamistes et racialistes sur l’autel de la culture « woke ». D’ailleurs notre nouveau barde n’a de cesse de parler de « Sud éveillé ». On est ici dans l’expression la plus frustre de l’organisation politique, celle qui ne peut se passer du sacrifice du bouc émissaire et qui demande que, régulièrement, un groupe social ou ethnique tienne le rôle du bouc. C’est ce que tente de faire Tariq Ramadan avec nous. Car dans ce texte, le mal personnifié c’est la culture occidentale, la France, l’Europe, les Blancs, nous finalement. En revanche, l’opprimé, celui que l’on noie, méprise, humilie, dépouille et vole, c’est lui, Tariq Ramadan soi-même, érigé en représentant de tous les persécutés. Sa situation personnelle est le miroir de celle de l’Afrique, le décalque de celle de toutes les victimes de racisme. La chanson est une pièce à verser au procès, elle rejoint la défense mise en place face aux accusations de viol : il n’aurait pas été inquiété s’il avait été Blanc… Ce texte a néanmoins un mérite, il expose crûment la logique de vengeance que charrie le projet d’islamisation des frères musulmans : justifier la conquête de l’occident au nom de la réparation de la colonisation.

Une provocation arrogante

En attendant, le discours de l’ancienne star des islamistes puise abondamment dans les éléments de langage du Parti des Indigènes de la République. À écouter la chanson de Tariq Ramadan, on entend les chœurs d’Houria Bouteldja. Colonisation, accusation de pillage, de spoliation, l’histoire du monde selon Tariq Ramadan se résume ainsi : Occident = Grand Satan. On se croirait revenu au temps de la révolution iranienne et de Khomeyni. En tout cas voilà l’expression qui résume la vision que l’ancien prédicateur se fait du monde et le degré de complexité de sa pensée.

Mais s’il manque de souffle, notre homme ne manque pas d’air : c’est en effet à un deuxième come-back que nous assistons. Sa première tentative de retrouver un peu d’influence en 2020 avait fait flop. Il faut dire qu’ouvrir un centre de formation sur l’éthique et le féminisme quand on est accusé de viol était pour le moins audacieux, on n’ose écrire « couillu ». Du coup, le fait de recruter dans la foulée, un autre théologien, Yacob Mahi reconnu coupable en novembre 2019, en Belgique, d’attentat à la pudeur, d’incitation à la débauche et de harcèlement à l’égard d’un mineur de moins de 16 ans, ainsi que de coups et blessures à l’égard d’un autre élève, n’a pas aidé. La tentative de rédemption a été vue pour ce qu’elle était, une énième provocation mâtinée d’arrogance. 

Autre provocation et travestissement de la réalité, se présenter comme le porte-parole des damnés de la terre quand on a su fructueusement se faire entretenir par le Qatar. Parce que si notre futur crooner ne recule jamais devant le pathos, invoquant les migrants, les êtres déracinés, les bateaux de la honte et du désespoir, la mort au quotidien, la misère… Lui, en revanche, ne s’est jamais oublié. Il a su servir sa cause sans jamais oublier ses intérêts. D’après les « Qatar Papers », de Christian Chesnot et Georges Malbrunot l’homme touchait 35 000 euros par mois en tant que consultant à la Qatar Fondation au temps où prédicateur ne rimait pas avec fornicateur !

Alors, en attendant que cette tentative de retour sur le devant de la scène se solde par un nouvel échec, je vais réécouter les paroles du « Chanteur » de Balavoine, j’aime particulièrement ce passage: « Et partout dans la rue, J’veux qu’on parle de moi, Que les filles soient nues, Qu’elles se jettent sur moi, Qu’elles m’admirent qu’elles me tuent, Qu’elles s’arrachent ma vertu ». Allez savoir si de telles strophes n’auraient pas nourri la vocation du Frank Sinatra islamiste ? Devant tant de ridicule et d’outrance de la part du frère musulman déchu, on aimerait éclater d’un rire franc et joyeux, si la profondeur des liens entre les islamistes, racialistes, décoloniaux et islamogauchistes ne nous promettait pas des aubes tristes et des matins chagrins.

Qatar papers

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Quand la gauche s’éveillera


L’éditorial d’avril d’Elisabeth Lévy


Quand on ne veut pas voir la lune, on s’en prend au doigt. Anne Hidalgo est donc furieuse contre Sonia Mabrouk. Le 17 mars, sur Europe 1, dans un entretien mené comme toujours au canon dans un gant de soie, la journaliste a contraint la malheureuse Mélanie Luce, présidente de l’UNEF, à admettre en bafouillant que son syndicat organisait des réunions « en non-mixité raciale » – comprenez « interdites aux Blancs ». Ce fait était connu depuis longtemps et régulièrement dénoncé. L’aveu a pourtant déclenché une réaction en chaîne, faisant éclater au grand jour un autre secret de polichinelle, à savoir qu’une guerre fratricide divise la gauche. Entre les « laïcards » (pour parler comme Le Monde) et les « islamo-gauchistes » (pour faire simple), les ponts sont désormais coupés. Au grand dam de la maire de Paris qui se croyait capable de faire la synthèse, comme si ses proclamations creuses pour Charlie et la République avaient fait oublier qu’elle gouverne Paris avec l’islamo-écolo-gauche. Curieusement, Yannick Jadot a trouvé le moment opportun pour lancer un appel à l’union de toute la gauche. Au moins, il ne manque pas d’humour.

Audrey Pulvar et Anne Hidalgo, mars 2020 © BERTRAND GUAY / AFP
Audrey Pulvar et Anne Hidalgo, mars 2020 © BERTRAND GUAY / AFP

« Les Blancs feraient mieux de se taire » (en l’espèce, les Blancs qui assistent aux réunions fermées). Alors que les balles sifflent de toutes parts, le pas de côté calculé d’Audrey Pulvar est plus significatif que les dérisoires bisbilles municipales auxquelles nous sommes accoutumés. L’adjointe « en charge de l’alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts » (sic), également tête de liste du PS pour les régionales en Île-de-France, a pris le risque d’enrager sa patronne et de dévaster ce qui reste de son parti : pas seulement pour le bénéfice électoral qu’elle escompte d’une alliance avec les Insoumis et les Verts, mais parce qu’elle pense que l’avenir s’écrit là. Le pire, c’est qu’elle a probablement raison.

Cette déclaration ahurissante est peut-être l’acte de naissance de la gauche woke  – une gauche qui se réveillerait d’un long passé d’oppression pour demander des comptes. Elle n’a pas de nom, pas vraiment de parti, même si les boomers de la France insoumise s’emploient à lui complaire. C’est une nébuleuse en formation, une humeur idéologique tissée de ressentiments qui pénètre nombre de lieux où se fabrique l’opinion. Certes, elle n’est pas majoritaire dans son camp, à supposer que celui-ci existe encore, mais elle n’est plus groupusculaire. Et ce qui inquiète, c’est la facilité avec laquelle elle impose son langage et ses réflexes à une partie de la jeunesse, qui parle désormais de personnes racisées comme si ça allait de soi. Inutile d’insister sur l’obsession raciale, marqueur du nouvel esprit progressiste : le « non-Blanc » est exploité, le Blanc est exploiteur, le statut de victime comme celui de coupable se transmettant de génération en génération. Par le sang. Passons sur la complainte anti-discriminations et le chantage au sentiment érigé en méthode politique – « Je suis offensé ». Il faut s’arrêter un instant sur le retournement qui voit le « parti de l’Autre » devenir celui de l’entre-soi. Dans leur pathétique effort pour sauver le soldat Pulvar (qui y est allée un peu fort), les Insoumis et assimilés ont brandi l’argument des groupes de parole, comparant les réunions entre « racisés » à celles des alcooliques anonymes. Il est normal, disent-ils, que les victimes (passées ou futures, réelles ou imaginaires) de discriminations veuillent parler entre elles : les non-discriminés (les Blancs donc) ne peuvent pas comprendre. Cette assertion révèle une véritable reddition de l’esprit et du cœur. Chacun sa souffrance. Comment accepter que tout ce qui est humain – hormis moi-même – me soit étranger ? Que ni l’art, ni l’amour, ni la pensée ne permettent de transmettre une expérience ? Que le partage, l’empathie, la compassion n’aient cours qu’entre membres du même groupe ? Dans la logique de Pulvar, un Blanc ne peut pas comprendre Chester Himes, un homme ne peut pas comprendre (et encore moins écrire) Madame Bovary. Le salut passe par le rétrécissement du monde. C’est gai.

Face à cette force montante, victimiste et différentialiste, la vieille gauche n’a rien d’autre à opposer que des grands mots abstraits et creux. Quand les uns offrent la chaleur du groupe, le réconfort du malheur partagé et de la revanche annoncée, les autres convoquent l’universalisme et la laïcité. La préférence de cette gauche pour un registre idéologiquement inopérant s’explique largement par son obsession de se démarquer de la droite et de l’extrême droite dont elle partage pourtant nombre de points de vue. L’important, c’est de ne pas choisir entre les deux bras de la « tenaille identitaire ». Sauf que MacWorld versus Djihad, le combat est perdu d’avance. La seule chose qui puisse tenir tête aux identités particulières, c’est une identité collective. L’antidote au woke, ce n’est pas la République, c’est la France.

Les Rien-pensants

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Ecologistes et islamistes: l’alliance verte

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Lorsque l’on s’inquiète du péril de l’islamo-gauchisme, on aurait grand tort de ne regarder que du côté de la France Insoumise.


Ils partagent une couleur : le vert. Mais pas seulement. Ils partagent aussi une approche totalitaire de la société.  

Les uns veulent nous soumettre à la Nature. Les autres veulent nous soumettre à Allah et aux préceptes du Coran. 

Ils ont en commun un anti-occidentalisme marqué car à leurs yeux l’Occident, et en creux le Blanc, est responsable de tous les malheurs du monde. 

Les écolos nous accusent du saccage de la planète. Mais pas que. Ils ont, depuis des années, rejoint le camp de l’indigénisme et du communautarisme, épousant la cause de ceux qui accusent la France de racisme systémique, de discrimination globale anti-noire et arabe. À ce titre, ils vont plus loin que la gauche républicaine qui, elle, tente de maintenir un équilibre précaire entre dénonciation d’actes individuels de racisme et défense d’une république universaliste. 

La drôle d’alliance

Les islamistes eux s’en foutent royalement de la planète. Mais la lutte anti-occidentale et l’exploitation des frustrations de certaines minorités en proie à la rude compétition de la mobilité sociale en Europe çà leur parle, ça leur sert. Et c’est ainsi que s’est forgée une alliance informelle, tacite mais tangible. 

Prenons par exemple Esther Benbassa, sénatrice Europe Écologie-Les Verts, présente à la manifestation contre l’islamophobie du 10 novembre 2019, en compagnie d’une poignée de manifestants portant sur leurs manteaux une étoile jaune qui rappelle celle que devaient porter les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale – bien qu’elle n’ait que cinq branches et non six comme l’étoile de David. Au centre de l’étoile, le mot « muslim ». Et, à côté, un croissant jaune. Elle n’en était pas à sa première provocation islamophile. En avril 2016, elle publiait une tribune dans Libération, dans laquelle elle affirme : « Le voile n’est pas plus aliénant que la minijupe ».

A lire aussi: Léonore Moncond’huy, la maire EELV de Poitiers, trie les déchets et les rêves des enfants

Tollé dans une grande partie de la classe politique. Mais soutien total de son parti qui n’y voit rien de choquant.

Mais les choses s’emballent ces derniers mois. 

En septembre 2020, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, défendait devant le conseil fédéral du parti le port du burkini dans les piscines municipales.

Autre date, autre exemple. Conseil de Paris le 17 novembre 2020. Anne Hidalgo, peu suspecte d’islamophobie, propose de rebaptiser une rue de notre capitale du nom d’un héros de la lutte pour la laïcité, décapité par un immigré tchétchène islamiste : Samuel Paty. 

Hidalgo demande à ce que les Verts sortent de l’ambiguïté

Qui s’y oppose « pour des raisons techniques » ? Le groupe « Les Verts » menés par Fatoumata Koné, une Ivoirienne d’origine, qui revendique son identité musulmane. Gros malaise dans la classe politique, y compris chez Anne Hidalgo, qui demande aux écolos qu’ils « sortent de leur ambiguïté ».

Mais restons à Paris. Qui se souvient que ce groupe « Les Verts » avait, en novembre 2018, formulé une proposition visant à faire adopter des créneaux non-mixtes dans les installations sportives de la capitale ?

Le 14 février dernier, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, demande une étude sur l’islamo-gauchisme à l’université. Un secret de polichinelle sur lequel un ministre consent enfin à jeter un regard furtif. Énorme bronca dans une partie du monde universitaire, gangréné depuis longtemps par le gauchisme et plus récemment par l’islamisme. D’où, d’ailleurs, la fusion de ces deux concepts dans le néologisme « islamo-gauchisme » qui met les gauchos en furie. Les appels à la démission de Madame Vidal fusent. Mais qui sont les plus virulents parmi les politiques ? Jean-Luc Mélenchon bien sûr car l’islamo-gauchisme des « Insoumis » n’est plus un mystère pour personne. Mais aussi Yannick Jadot, le très « propre sur lui » patron des Verts et candidat à la présidentielle de 2022.  

Et puis arrive la mère de tous les scandales islamo-gauchistes. Le principe d’une subvention de la mairie EELV de Strasbourg en faveur de la construction de la mosquée pro-Erdogan de l’association Millî Görüs qui a refusé de signer la « charte des principes pour l’islam de France » votée le 22 mars par la majorité verte-rose-rouge. Une nouvelle polémique encore plus énorme que les précédentes. Nouveau soutien inconditionnel de la direction des Verts en faveur de leur maire et qui va jusqu’à un dépôt de plainte en diffamation contre Gérald Darmanin et Marlène Schiappa, deux membres du gouvernement qui s’étaient légitimement émus de la complaisance des écolos avec l’islam politique.  

Drôles de cultures!

Mais ce que cette affaire a masqué, c’est la décision de la maire verte de refuser la définition de l’antisémitisme proposée par l’Alliance Internationale de la Mémoire de l’Holocauste et pourtant déjà adoptée par les mairies de Paris, Nice, l’Assemblée nationale, le Conseil de l’Europe, le Parlement européen.  

Pensez donc ! Cette définition considère comme antisémite le fait de nier au peuple juif son droit à l’autodétermination ou d’affirmer que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste ou encore le fait de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis. Définition qui percute le logiciel antisémite et antisioniste de toute une partie de l’électorat islamique et indigéniste que cultivent les verts, sans jeu de mots bien sûr.

A lire aussi: Islamo-gauchisme: comment la société française en est arrivée là

Mais gardons-nous de penser que ce phénomène est purement français. Chez nos voisins Belges, et plus particulièrement les Wallons francophones, c’est pareil. Et même pire. Le parti « Ecolo », alter-ego de notre parti EELV outre-Quievrain défend le port du voile par les agents publics. Il a mis ses actes en concordance avec ses paroles en élisant, pas plus tard que le 2 avril dernier, Farida Tahar, une belgo-marocaine voilée, comme présidente du groupe vert au parlement francophone de Bruxelles. 

Les Verts ont une image plus sympathique que Mélenchon

Mais l’islamo-gauchisme des Verts est bien plus grave que celui de l’extrême-gauche de la France Insoumise. Il associe, en effet, une cause sympathique, la défense de la nature, avec une cause mortifère pour la France et sa civilisation, à savoir l’islamisation de notre pays.

Mais ce qui précède ne signifie nullement que nous devons nous détourner de la protection de notre environnement et de la lutte contre le dérèglement climatique qui sont absolument cruciaux. Ne jetons pas avec l’eau du bain putride de l’islamo-gauchisme le beau bébé que nous ont légué des pionniers remarquables de l’écologie comme Brice Lalonde, Antoine Waechter, Corinne Lepage et, disons-le, un Nicolas Hulot qui est certes excessif, mais sincère et très éloigné des dérives délétères de ceux qui ont kidnappé l’écologie au profit du gauchisme et de l’islam politique. Le combat du camp de la France c’est aussi, bien sûr, le combat pour préserver et améliorer notre cadre de vie. C’est-à-dire de vivre Français en France.

Au menu du Français anxieux, «tout vaccin» et «bien mourir»


Une tribune libre de Jean-Frédéric Poisson, président de VIA la voie du peuple et candidat à la présidentielle 2022


Primum non nocere : d’abord, ne pas nuire. Dans le monde de la médecine, ce principe de prudence est fondamental. Il est hélas victime dans nos sociétés modernes d’une affection grave – mais sans doute pas incurable : le mépris. Entre la gestion dangereuse de la crise sanitaire, la pression en faveur d’une vaccination généralisée sans préoccupation des effets secondaires, et la nouvelle proposition de loi à l’initiative de parlementaires radicaux et LREM, examinée actuellement à l’Assemblée nationale, et visant à légaliser l’euthanasie, on ne voit plus ce qui lie la médecine moderne à cette précaution hippocratique.

Est-ce objectivement le meilleur moment pour faire adopter cette loi que celui de la saturation massive de notre système de santé ? Les inlassables et déterminés promoteurs de l’euthanasie font preuve d’un certain opportunisme, même si l’ordre du jour des séances ne dépend pas totalement d’eux. Maintenir l’examen parlementaire d’un pareil texte au moment même où les Français craignent qu’un tri soit effectué dans les hôpitaux pour l’entrée des patients en réanimation paraît déplacé. Et pourtant, la première étape sur la voie de la légalisation de l’euthanasie a bel et bien été franchie le 31 mars dernier à l’Assemblée nationale avec l’adoption en Commission des Affaires Sociales de cette proposition de loi « Droit à une fin de vie libre et choisie », ce qui ouvre la voie à la discussion en séance publique ce jeudi 8 avril 2021.

En 2016, la loi Claeys-Leonetti avait déjà légalisé la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès. Cinq ans plus tard, il faudrait encore aller plus loin

Deux arguments principaux se dégagent des discussions. D’abord l’argument immanquable du progressisme : puisque c’est autorisé ailleurs, il faudrait absolument que ce le soit également en France pour rattraper notre retard. Sans cela, nous serions non seulement un pays d’arriérés mais aussi d’hypocrites, laissant à nos voisins belges et suisses la responsabilité de permettre cette « ultime liberté ».

A lire aussi, du même auteur: Non à cette société qui confine pour protéger d’une mort hypothétique…

Car tel est le second argument : l’accès à l’euthanasie laisserait à l’individu libre, la possibilité de rester maître de son destin jusqu’à la fin. Les promoteurs de l’euthanasie – et de la fausse bioéthique en générale – ne se posent pas la question de savoir si les barrières légales qui régissent encore la fin de vie ne présentent pas des vertus protectrices malgré leur aspect contraignant. Qui peut garantir que les personnes concernées, par principe déjà soumises à une grande détresse existentielle, ne subiront pas la pression de leur proches ou des établissements de santé, eux-mêmes soumis à des exigences de rentabilité ?

Depuis 2016, la loi Claeys-Leonetti avait déjà légalisé la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès, pour les personnes dont le pronostic vital est engagé à court terme. Cinq ans plus tard, il faudrait encore aller plus loin au motif que cette procédure serait trop passive. Il faudrait permettre un droit « actif » à l’euthanasie avec, pour seule condition, la reconnaissance du caractère « grave et incurable » de l’affection subie. Le propre du progressisme étant de vouloir aller toujours plus loin, il faut s’interroger sur la suite, l’étape suivante, et celle d’après… Jusqu’où ? Dans quel but ? Là n’est pas la question semble-t-il. Et pourtant.

Cette proposition de loi appelle un double motif d’opposition. Opposition sur le fond comme évoqué précédemment, mais aussi opposition sur la forme. La situation sociale et politique de la France ne permet pas que cette question soit assortie du débat public qu’elle mérite. Les Français sont plongés dans un état d’anxiété patente depuis un an. Sans certitude d’en sortir prochainement, préoccupés de mille sujets, et privés des liens sociaux propices à l’information et à la délibération démocratique, ils ne sont actuellement pas armés pour prendre sereinement la mesure de ce sujet. La décence voudrait que ce débat soit, au minimum, reporté.

La voix du peuple

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La Commune selon Arte: copie à revoir


Célébrer la Commune, pourquoi pas? Mais pourquoi le faire à la manière d’Arte avec « Les Damnés de la Commune » de Raphaël Meyssan, un film au kitsch indigent?


La Commune ne réussit pas à Arte. Il y a 20 ans, Peter Watkins accouchait douloureusement d’un film de près de 5 heures à leur intention, sobrement intitulé La Commune (Paris, 1871). Conçu tout au long d’un processus démocratique et participatif, des amateurs recrutés pour leurs affinités avec les deux camps (communards et versaillais) y pratiquaient une sorte de jeu de rôle immersif dans un hangar, filmés en noir et blanc. On en a gardé le souvenir de deux blocs de didactisme s’affrontant de loin, avec ces fameux effets anachroniques de micros tendus aux interviewés qu’affectionne Watkins, quelque siècle où l’on se trouve. La Commune, c’était ici et maintenant.

Roman graphique pour prime-time

En 2021, la Commune, c’est toujours ici et maintenant, commémoration oblige, mais Arte ne coche plus la case du réalisateur art-et-essai/engagé/de prestige avec une diffusion à l’avenant (de multiples dissensions entre Watkins et la production avaient abouti à une programmation nocturne, condamnant le film à une audience réduite). La Commune se doit d’être une locomotive tous publics en prime-time, et quoi de mieux qu’un bédéaste en poupe pour adapter son propre roman-graphique ?

Les Damnés de la Commune – trois tomes aux éditions Delcourt – est exclusivement constitué de gravures d’époque (dont on doute qu’elles aient été créées dans un but révolutionnaire) découpées et pensées en bandes-dessinées par un graphiste de profession, Raphaël Meyssan qui va se livrer à une enquête-introspection sur l’insurrection populaire. Celle-ci débute comme une rêverie contemporaine, on y quête un communard lapin blanc, Lavalette, et on tombe sur une Alice qui a bien existé, Victorine Brocher, communarde rescapée des massacres qui écrira plus tard ses mémoires au très beau titre, Souvenirs d’une morte-vivante
Meyssan, qui a amassé une immense documentation, ne se cache pas d’avoir un point de vue partisan, et il est du côté des Communards, ce qui est fort louable.

Survol par un drone arthritique

Mais son adaptation en dessin animé pose des problèmes insolubles sur le fond et sur la forme. Prenons les gravures retenues dans la version filmique. D’un côté, des scènes de genre dramatiques avec harangues à la chaire, mouvement de foules, charges, blessés, massacres, dans un goût très second Empire. De l’autre, des vues de Paris, bâtiments, monuments, perspectives entrecoupées de cartes, un spectacle topographique avec lumières, effets de nuits, incendies, etc. La profondeur est toujours donnée par un élément mouvant : pluie, neige, flammes, balles traçantes, détonations au ralenti, alors qu’un zoom très lent pénètre ou se décale dans l’image. L’allure des mouvements de caméra est toujours la même, berçante, ronronnante. Les paysages urbains semblent ainsi survolés par un drone arthritique qui s’arrêterait net de fatigue.
La technique d’animation présentée comme un tour de force aboutit à un résultat vieillot et empesé, qui tient autant du diorama que du roman-photo et de la dramatique radio.
Il faut cinq minutes au film pour être en pilotage automatique, et dans l’incapacité de se dépasser plastiquement. Meyssan a bien la tentation peu probante d’énormes gros plans sur les hachures des visages aux moments les plus pathétiques mais, surprise, même grossi 50 fois, un réseau de hachures reste remarquablement peu expressif. Le rythme poussif qui en découle interdit toute progression, autrement que par l’incarnation vocale.

Vision simplificatrice et partiale

Projet porteur oblige, Meyssan a réuni de grands noms du cinéma et du théâtre, qui vont déterminer son axe : jouer l’identification du spectateur avec ce qu’il voit, par le biais d’une narratrice principale. Pour se faire, il se concentre sur Victorine dont on va suivre le destin tragique des débuts de la Commune jusqu’à la Semaine sanglante. Se produit un effet de loupe extrêmement simplificateur, parfois interrompu par des recadrages partiaux et sujets à caution. Adolphe Thiers est ainsi défini comme monarchiste, ce qui tendrait à le placer à l’extrême-droite politique, alors qu’il se situait en fait au centre-gauche de l’époque, quelque part dans le no man’s land qui va de François Hollande à Emmanuel Macron, si l’on convertit à nos réalités contemporaines.

Ce tour de passe-passe est signe d’une absence totale de mise en perspective historique, pour ne rien dire du nationalisme va-t-en-guerre des Communards à peine évoqué. Les insurgés sont plongés dans un présent resserré, sans perspective, à l’inverse des dégagements ouverts dans le Paris haussmannien. On a parfois l’impression d’être devant une sorte de Village d’Astérix pré-inclusif sans potion magique. Les passerelles avec notre époque sont lourdes, répétitives et volontiers synchrones avec le néo-féminisme atmosphérique (au sens que Kepel donne à cet adjectif pour qualifier le nouveau djihadisme). 

On retrouve ainsi les mantras ânonnés qu’on entend partout des informations radio et télévisuelles aux fictions subventionnées par le CNC, des publicités aux réseaux sociaux, une sorte de bruit blanc de l’époque qui ne veut plus rien dire, et ne provoque plus qu’une immense lassitude. Le mari de Victorine boit, il la bat, elle travaille pour deux, est payée deux fois moins que les gardes nationaux, etc. Ce dernier point s’explique très certainement par la probabilité bien plus forte qu’ils ont de mourir au combat, mais le commentaire préfère laisser planer l’aile de corbeau du patriarcat systémique.

Optique tire-larmes

Négligeant l’Histoire, Meyssan privilégie la trajectoire individuelle de Victorine qu’il traite en mélodrame gluant de pathos. Il va jusqu’à faire mourir son premier mari au combat, alors que dans les faits, Victorine et lui se sont quittés après la Commune. « On entre dans un mort comme dans un moulin », disait Sartre, mais quand même, évitons d’empoisonner la farine pour faire joli ! Cette optique tire-larmes est parfaitement rendue par l’interprète de Victorine, Yolande Moreau, qui délivre toutes ses répliques d’une voix de petite fille sénile. Au mépris du bon sens le plus élémentaire, Meyssan fait jouer sa mère, ancienne révolutionnaire de 1848, par… Fanny Ardant. Ce qui nous vaut entre elles des échanges croquignolets où la Duchesse d’Alice semble s’adresser à sa bonne geignarde. Particularité insupportable des dialogues souvent constitués de slogans, ce ne sont que des phrases courtes. 
Avec passage à la ligne.
A pratiquement chaque phrase.
Pour qu’on comprenne bien les trois mots qui se battent en duel.
Sans subordonnées.
(C’est trop compliqué)
La prime à l’émotion.
Avec viol et étripage à la fin.
Sous les yeux de Victorine, horrifiée.
(Parce qu’une femme violée, ça manquait)

Le bon goût bourgeois de notre époque

Autant dire qu’on ressort des Damnés de la Commune avec une féroce impression de kitsch indigent. On revoit même à la hausse le film de Watkins. Au moins, les deux camps y étaient envisagés, même si la dialectique grippait un peu. Ici, rien de tel, de l’embedded pataud sur fond d’images d’Epinal. Aucune ligne sur la Commune des écrivains de l’époque qui l’ont vécu de près ou de loin, aucune réflexion, aucune distance, du sentimentalisme, des violons et une manière de happy end. La faiblesse de la forme et du fond va jusqu’à contaminer l’image qu’on se fait de la Commune, très à la mode chez les Parisiens d’aujourd’hui qui ont chassé les pauvres, bien loin dans les banlieues.
On pourrait retourner à Meyssan la seconde moitié du compliment que Billy Wilder réservait au Journal d’Anne Frank (George Stevens, 1959) : « C’est bien, mais j’aurais aimé avoir le point de vue de l’adversaire. » Car Les Damnés de la Commune ne reflète au fond que le bon goût bourgeois de notre époque.
Nul.
Ou à peu près.

Les Damnés de la Commune de Raphaël Meyssan (sur Arte.TV)

Coupe du Monde 2022: le Qatar paiera pour la Chine

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La Chine et le Qatar font face à des menaces de boycott. Mais seul le Qatar doit vraiment s’inquiéter.


Les deux plus grands événements sportifs mondiaux de l’année 2022, la Coupe du monde de football organisée par la FIFA à Doha et les JO d’hiver prévus à Pékin, sont confrontés à des menaces de boycott. Lors des matchs des qualifications pour la Coupe du monde qui ont débuté la semaine dernière, les joueurs de trois équipes européennes ont saisi l’occasion pour protester contre la tenue du tournoi au Qatar. Ainsi les joueurs néerlandais ont porté des maillots avec la mention « Le football soutient le changement », ceux de la Norvège ont enfilé des maillots portant la mention « Droits de l’homme sur le terrain et en dehors » et enfin sur les maillots des joueurs de la Manschaft d’Allemagne on pouvait lire « Droits de l’homme. »

Doha très sensible à ce qui se dit en Europe

Pour ce qui concerne le Qatar, il semble que la pression – qui n’a pas commencé avec ces matchs de qualifications – porte ses fruits. Ainsi le royaume du Golfe, qui s’est vu reprocher les mauvaises conditions dans lesquelles vivaient et travaillaient les migrants employés dans les multiples chantiers du tournoi, a introduit un certain nombre de réformes. Plus généralement, Doha donne des gages et se montre très sensible à ce qui est dit et écrit notamment en Europe. Au-delà des manifestations comme celles mentionnées plus haut, les menaces de boycott – essentiellement de la part de quelques clubs norvégiens – ne créent pas une dynamique dans ce sens, sans doute à cause de l’ouverture des Qataris à la critique et de leurs efforts pour améliorer leur bilan. 

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Pour ce qui concerne les Jeux olympiques d’hiver de 2022, c’est une autre paire de manches. Des appels au boycott de l’événement à Pékin sont lancés essentiellement par des groupes de défense des droits de l’homme et des politiques, plutôt que par les athlètes eux-mêmes. C’est bien normal. Sociologiquement et économiquement, les sports d’hiver ne créent pas des stars jouissant de positions permettant une marge de manœuvre personnelle. Il faut de l’argent et de la notoriété pour prendre de tels risques. Et même pour ceux qui tiennent ces positions, ce n’est pas facile. C’est ce qu’a appris la star allemande du football Mesut Özil. En 2019, portant alors le maillot du club anglais d’Arsenal, il a publié un tweet condamnant la répression des musulmans ouïghours par la Chine. La réaction chinoise a été brutale : la télévision d’État chinoise a annulé la diffusion du prochain match d’Arsenal, et a ensuite refusé de mentionner le nom d’Özil à l’antenne. Résultat, avec ou sans lien avec cet incident, Özil ne fait plus partie des « Gunners ».

Puissance de feu chinoise

À peu près à la même période, Daryl Morey, le directeur général de l’équipe de basketball des Houston Rockets, a publié un tweet de soutien aux manifestants de Hong-Kong somme toute assez tiède : « Un message de soutien envers Hong Kong, pour une politique pro-démocratique ». La réaction chinoise a été là aussi dévastatrice. La CBA (ligue nationale de basket en Chine) a décidé de couper ses liens de coopération avec les Rockets, plusieurs marques de sport ont immédiatement cessé toute coopération avec la franchise et finalement Tencent, le diffuseur officiel de la NBA en Chine, a  suspendu toute diffusion de match des Rockets pour la saison à venir.

Face à la puissance de feu de la Chine et surtout à la mobilisation chinoise sans faille, les mouvements de boycott des JO de 2022 visent les partenaires, appelés à se retirer, et les grandes marques, appelées à s’abstenir de faire de la publicité pendant les jeux afin de priver les organisateurs de leurs recettes.

Ainsi, nous sommes aujourd’hui face à une situation ubuesque. Sans entrer dans le débat philosophique sur le boycott, nous avons d’un côté la Chine, imperméable à la critique, qui va probablement arriver à ses buts grâce à l’emploi de sa puissance économique et diplomatique, et de l’autre, le Qatar, plutôt coopératif et sensible aux reproches qui lui ont été adressées, qui risque de voir l’évènement qu’il organise gâché. Pire encore, Doha pourrait payer le prix de la frustration : ceux qui n’arrivent pas à faire bouger la Chine vont s’acharner sur le Qatar.

Et si c’était lui? Notre dossier Napoléon

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Découvrez le sommaire de notre numéro d’avril


Paradoxe désolant : à l’heure où la pandémie expose un manque de direction au sommet de l’État et que les candidats aux élections présidentielles de 2022 commencent à sortir du bois, la France hésite à célébrer le bicentenaire de celui qui fut son plus grand dirigeant et le créateur d’un État régalien sans pareil. Les accusateurs de Napoléon, adeptes de la cancel culture, tentent de réduire son extraordinaire aventure au rétablissement de l’esclavage. Emmanuel Macron sera apparemment au rendez-vous le 5 mai pour « commémorer » l’Empereur, mais aura-t-il l’audace de le célébrer ? Comme l’écrivent Elisabeth Lévy, Gil Mihaely et Jonathan Siksou, « la France va-t-elle abjurer son passé ou s’en faire gloire, se soumettre à une moralisation rétroactive annonçant la normalisation, ou assumer ses rêves de grandeur passée, voire renouer avec eux ? »

Notre dossier va plutôt dans le sens de la grandeur. Pour Eric Zemmour, admirateur de Napoléon depuis l’enfance, le Premier Empire est le moment où les Français étaient « sur le toit du monde. » Le long déclin de la nation a commencé en 1815 et, aujourd’hui, nous ne pouvons avoir qu’un projet défensif : refaire des Français par assimilation. Napoléon fournit l’inspiration pour ce retour de la puissance militaire et du régalien – et sans qu’on ait besoin cette fois d’envahir l’Italie ! Un homme comme Napoléon, nous rappelle l’historien Patrice Gueniffey, ne peut pas être jugé à l’aune de la morale commune. Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon, affirme que, contrairement aux accusations, Napoléon n’avait aucun projet raciste et que ses réalisations ont survécu parce qu’elles étaient fondées sur des consensus. L’historien britannique, Andrew Roberts, nous révèle combien un certain Premier ministre qui résista au nazisme s’est, tout au long de sa vie, inspiré de Napoléon. Décisif, sûr de lui, entreprenant, ne comptant que sur l’effort collectif, Napoléon incarne, selon Franck Ferrand, tout ce que les Français ne sont plus. Décidément, 2022 nous fera regretter l’Empereur…

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La nouvelle gauche qui naît aujourd’hui, la gauche woke, est aux antipodes de Napoléon, qu’elle souhaite bien entendu « annuler ». Dans son éditorial, Elisabeth Lévy pointe les contradictions profondes de ces groupes de parole, promus par Audrey Pulvar et d’autres, qui sont réservés aux « racisés » ou qui interdisent aux Blancs de parler. « Comment accepter que tout ce qui est humain me soit étranger ? Que le partage, l’empathie, la compassion n’aient cours qu’entre membres du même groupe ? » Notre nouvelle rubrique, « A qui le tour », tenue par Erwan Barillot, dresse la liste des dernières victimes de la cancel culture, tandis que Didier Lemaire pose une question fondamentale : Qui a tué Samuel Paty ?  En plus des douze personnes qui sont pénalement comptables de ce crime, de l’assassin à la collégienne affabulatrice et son père le diffamateur, la responsabilité morale se partage entre ses collègues, sa hiérarchie, des décennies de politiques clientélistes – et finalement nous tous qui refusons d’être ce que nous sommes. Cyril Bennasar, se souvenant de ses années de collège à Saint-Chéron, se demande comment, quarante ans plus tard, devant ce même établissement, une collégienne de 14 ans a pu être poignardée à mort. L’enquête d’Erwan Seznec dans certains « quartiers » montre que la surenchère indigéno-racialiste chez de nombreux politiciens est motivée par leur supposition hâtive qu’elle sera électoralement payante. Gilles Kepel, se confiant à Causeur, met en lumière l’influence jusque dans ces quartiers français du projet islamiste du président turc qui se présente comme un nouveau calife. Enfin, triste constat que celui de Pierre Vermeren : à la faveur de la pandémie, les peine-à- jouir, l’esprit de prohibition et l’austérité l’ont emporté sur les valeurs de la jeunesse : l’amour, la vaillance, l’intrépidité et la liberté des trompe-la-mort. Pourquoi ? Parce que nos dirigeants font la politique de leurs électeurs vieillissants.

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Une note d’espoir est apportée par Eugénie Bastié qui se confie à Elisabeth Lévy. Dans son livre, La Guerre des idées, la journaliste et essayiste observe avec finesse le champ de bataille intellectuel français. Sa conclusion ? Malgré les sectarismes qui veulent interdire la contradiction, les idées retrouvent le pouvoir. Jérôme Leroy nous rassure aussi : le monde est certes une source de ce que Freud appelait « l’inquiétante étrangeté », mais deux maîtres de la littérature fantastique, Stephen King et Olga Tokarczuk, nous aident à y faire face. Justement, pour Françoise Bonardel, nous pouvons regretter la conquête actuelle de la planète Mars : si c’est une victoire pour la science, c’est une perte pour l’imagination humaine. Emmanuel Tresmontant nous raconte le succès grandissant du saucisson à l’heure du Covid. Cette gloire de la charcuterie française tire profit de notre besoin de confinés de résister à l’ambiance glauque par des apéros soignés. Et puisque certains des meilleurs saucissons sont corses, crions ensemble : « Vive l’Empereur ! »

On a cassé la république: 150 ans d'histoire de la nation

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Pour Napoléon

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Chauve qui peut!

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La victimisation tourne au grotesque. Le média ultra-progressiste Brut vient de découvrir une nouvelle discrimination. Selon l’écrivain Julien Dufresne-Lamy, l’homme chauve serait, lui aussi, une victime.


Vous redoutez un grand déclassement de la France de l’après Covid? Vous aimeriez que l’on festoie dignement le bicentenaire de la mort de Napoléon Ier? Ou encore, votre cœur saigne à chaque manifestant froidement assassiné par la junte birmane? Éteignez-tout, le vrai problème est ailleurs…

Dans une interview pour Brut, Julien Dufresne-Lamy, ancien étudiant à l’École normale supérieure de Lyon, revient sur son « traumatisme », et déplore que « les gens aujourd’hui ne considèrent pas ça comme une violence, comme une blessure ». Il y aurait donc plusieurs dizaines de millions de « traumatisés » en France, il faudrait demander aux rescapés du Bataclan ce qu’ils en pensent. Car la calvitie n’a rien de marginal: un quart des hommes de France était concerné par cette « violence » en 2015, selon l’IFOP, un tiers chez ceux de plus de 65 ans. Pis que ça: trois Français sur quatre non atteints de calvitie déclarent perdre leurs cheveux, un taux qui a grimpé en flèche par rapport à 1990 (44%)

Je ne me baigne plus pendant dix ans

Bientôt une épidémie de chauves? Ce sera sans Julien: « le chauve reste toujours un sous-homme, en tous cas il ne représente pas la puissance masculine », assure notre Caliméro blessé dans son égo depuis ses 22 ans. Ce jour-là, il réalise « cette vérité-là avant d’aller à la fac »: son caillou se clairsème. « Une conséquence des excès de jeunesse ou de la conception de grandes pensées », analysa Flaubert, qui déplora son alopécie précoce à trente ans auprès de son ami de jeunesse, le magistrat Ernest Chevalier en ces termes: « tu me dis que tes cheveux blanchissent, les miens s’en vont. Tu retrouveras ton ami à peu près chauve. La chaleur, le turban, l’âge, les soucis peuvent bien être la cause de cette sénilité précoce du plus bel ornement de ma tête ». Il publia Madame Bovary quelques années plus tard.

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Pour sa part, Julien Dufresne-Lamy a décidé de prendre les devants dès sa jeunesse normalienne: il passe alors 30 à 45 minutes tous les matins à se mettre du gel, il évite les stations de métro ventées et, plus étrange, il ne se « baigne plus pendant dix ans »! Si vous vous attendez à voir un Michel Blanc, un Louis de Funès ou, Mesdames, un Bruce Willis ou même un Sean Connery -lequel portait une perruque pour incarner James Bond- vous serez déçu. Julien n’est pas chauve du tout, il s’est fait faire des implants capillaires. « En fait, j’ai remédié à ce problème », admet-il un peu gêné, « pour ne plus avoir la silhouette du chauve désigné », argue-t-il.

Une victimisation qui défrise!

Rappelons à notre grand écorché que chaque année, plus de 150 000 personnes meurent d’un cancer en France, et que pour cela il n’y a pas de « remède ». Ce qui ne l’a pas empêché de relater ses malheurs dans Antichute, un récit que vient de publier Flammarion. Alors qu’il peut se prévaloir d’avoir déjà dix romans à son actif, l’écrivain nombriliste risque-t-il de laisser des plumes dans cette sortie médiatique? Après une avalanche de commentaires pour le moins sans empathie, et pour certains franchement hostiles à son égard sur la page Twitter de Brut, le magazine a fait disparaître le tweet relayant l’entretien. Julien Dufresne-Lamy semble envier les cheveux crépus d’Alexandre Dumas, la crinière de Samson -peut-être même se rêve-t-il en chevalier bellâtre aux cheveux longs courtisant dames de bonne famille avec des poèmes au Moyen-Âge. Qu’il nous ponde donc un roman sur ce sujet! Les sanglots narcissico-victimaires en public ne sont qu’un symptôme de plus de l’affaissement de notre société. Il ne manquait plus que les chauves s’y mettent…

Antichute: Une histoire de cheveux

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Réforme électorale aux USA: les Démocrates scellent leur pouvoir dans le marbre

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Le parti républicain menacé d’être définitivement hors jeu


Le projet de loi de réforme électorale dit « HR1 » (ou encore « Loi Pour le Peuple 2021 »), a passé le cap de la Chambre des Représentants début mars[tooltips content= »https://www.congress.gov/bill/116th-congress/house-bill/1″](1)[/tooltips]. Selon le sénateur républicain Ron Johnson, HR1 détruirait pour toujours les conservateurs et le parti républicain. Le projet élargit en effet considérablement les options pour voter par correspondance ou en avance. Il affaiblit en proportion les contrôles d’identité. Les Démocrates y voient une chance pour les minorités de se faire entendre.

C’est peu dire que si HR1 était votée par le Sénat, les prochaines élections déboucheraient probablement sur des allégations d’irrégularités électorales encore plus nombreuses que celles qui ont émaillé l’élection présidentielle de 2020…

Lobbies progressistes

Le projet de loi HR1 ou « For the People Act 2021 », une première fois voté par la Chambre en 2019 mais rejeté par un Sénat à l’époque majoritairement républicain, et réintroduit en 2021 par le député démocrate John Sarbanes, est soutenu par une série de lobbies progressistes, sans but lucratif, qui disposent de moyens considérables. Si HR1 était voté au Sénat, il légaliserait, au niveau fédéral, plusieurs mesures d’élargissement des conditions de vote décidées par plusieurs Etats dont la Pennsylvanie en 2020 pour « s’adapter » à la pandémie de Covid-19.

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Débattu à la va-vite (seuls 56 amendements ont été soumis au vote dont seulement 7 amendements républicains) et voté à la hussarde le 3 mars à la Chambre (220 Démocrates ont voté pour et un contre ; 210 Républicains ont voté contre et deux se sont abstenus), HR1 contient des dispositions très contestées : la possibilité dans tout le pays de s’inscrire en ligne avec des vérifications minimales (« nationwide online voter registration »), un amendement prévoyant l’inscription des jeunes de 16 et 17 ans à l’avance s’ils le souhaitent (ils devraient avoir 18 ans seulement le jour de l’élection), le vote anticipé permanent, pas ou peu de vérification des signatures en cas de vote par correspondance ou par procuration, la légalisation de l’obscure « récolte » des bulletins de vote, et le droit de vote accordé aux criminels à l’issue de leur peine. Toutes mesures favorables aux Démocrates. En outre, selon la Public Interest Legal Foundation, si HR1 devenait loi, « des millions de non-citoyens américains pourraient voter sans risque de se faire prendre ».

Atteinte à la liberté d’expression

L’Etat fédéral prendrait en charge une grande partie du processus électoral actuellement aux mains des différents Etats et la Commission électorale fédérale (FEC) serait transformée en une entité plus dépendante de la majorité en place (actuellement démocrate) et non plus bi-partisane (démocrates-républicains) comme c’est le cas actuellement.

Si les Démocrates arguent que HR1 facilite l’accès aux élections pour les minorités, réduisant ainsi les profondes inégalités qui persistent dans le système démocratique américain, le bouillant sénateur Ted Cruz (Texas) craint que les Démocrates ne s’assurent ainsi leur réélection « pour cent ans » (sic). Rodney Davis (Ilinois), Républicain en pointe sur ces sujets, estime que la Loi « attaque le droit à la liberté d’expression garanti par le premier amendement et finance publiquement les campagnes des membres du Congrès en utilisant l’argent des entreprises ». Le sénateur républicain Mitch McConnell, pourtant ami personnel de Joe Biden et persuadé que les récentes allégations de fraude étaient pur mensonge, a déclaré : « HR1 est le projet démocrate pour prendre le contrôle de toutes les élections américaines. »

Vérification d’identité

Dans l’œil du cyclone lors de l’élection de 2020, la Géorgie, gouvernée par les Républicains, a, entre-temps, resserré la vérification de l’identité des électeurs au nom de la transparence et de la lutte contre la fraude. La Géorgie exigera par exemple une photo ou une pièce d’identité approuvée par l’État pour voter par correspondance (ce qui vu d’Europe paraît le b.a.-ba). La loi géorgienne exige également que les boîtes de dépôt de bulletins sécurisées soient placées dans les lieux de vote anticipé, avec une surveillance constante et non plus « abandonnées » sur des parkings de supermarché…

Le sénateur américain nouvellement élu de Géorgie, le démocrate Raphael Warnock (rejoint par Joe Biden lors de sa première conférence de presse), a osé comparer ces mesures, frappées du bon sens, aux « lois Jim Crow sous de nouveaux habits »[tooltips content= »https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/mar/18/raphael-warnock-senator-condemns-voter-suppression. »](2)[/tooltips] lesquelles empêchaient les Noirs de voter juste après l’abolition de l’esclavage en 1867. Il a déclaré au Sénat : « Depuis l’élection de janvier, quelque 250 projets de loi de suppression des électeurs ont été introduits par les parlements des États, dans tout le pays, de la Géorgie à l’Arizona, du New Hampshire à la Floride en utilisant le grand mensonge, la fraude électorale, comme prétexte pour la suppression des électeurs. » Plusieurs CEO de multinationales américaines telle Coca-Cola se sont émus également des décisions de la Géorgie, arguant qu’elles sanctionnent surtout la minorité noire. Des dirigeants noirs d’entreprises américaines, comme Kenneth Frazier de la société pharmaceutique Merck, ont appelé d’autres CEO à condamner la loi.

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Il est vrai que de nombreux électeurs potentiels noirs américains n’ont pas de carte d’identité mais au lieu de faire en sorte que les minorités disposent davantage de moyens de prouver leur identité, les Démocrates préfèrent ouvrir les vannes… Ils espèrent également que des immigrés illégaux, qu’ils entendent légaliser en grand nombre d’ici 2024, et qui disposent souvent d’un permis de conduire, puissent voter. Ce type de tolérance a largement avantagé les Démocrates lors des dernières élections de 2020. Le vote par correspondance par exemple (100 millions en 2020 au lieu d’environ 30 millions en 2016) était acquis davantage aux Démocrates. Selon un sondage national YouGov/The Economist publié le 14 octobre 2020, 68 % des Américains qui avaient déjà voté pour l’élection de novembre avaient déclaré avoir voté pour Joe Biden, contre 29 % qui avaient voté pour Donald Trump[tooltips content= »https://www.forbes.com/sites/tommybeer/2020/10/14/democrats-dominating-early-voting-in-2020-election/?sh=1d60f5ed1715″](3)[/tooltips].

« Corruption politique »

Le 31 mars, le Comité national républicain (RNC) et le Comité sénatorial national républicain (NRSC) ont lancé des campagnes publicitaires contre le « coup de force » démocrate en espérant bloquer « For the People Act » au Sénat, puisque si les Républicains utilisent la « flibuste » (ou « obstruction parlementaire » qui fait le sel du système parlementaire américain[tooltips content= »https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210321-la-flibuste-l-arme-d-obstruction-syst%C3%A9matique-au-s%C3%A9nat-dans-le-viseur-de-joe-biden »](4)[/tooltips]), il faut une majorité des deux-tiers pour l’arrêter, soit 60 sénateurs/100 (les Démocrates disposent de 50 sénateurs/50).

Une des publicités financées par le NRSC, intitulée « Power Grab » (saisir le pouvoir), martèle : « Le coup de force de Washington. Vous l’avez déjà vu [en 2020]. Mais les Démocrates préparent le plus grand coup jamais vu. Pelosi (speaker de la Chambre, ndlr), Schumer (chef du groupe démocrate au Sénat, ndlr) et Warnock veulent utiliser l’argent de vos impôts pour financer leurs publicités politiques, et ils laissent les gens s’inscrire et voter sans montrer la moindre pièce d’identité. C’est de la corruption politique. Arrêtez l’accaparement ! Arrêtez la fraude ! Arrêtez la loi Warnock-Pelosi maintenant ! »

La population américaine semble d’ailleurs soutenir les vérifications d’identité. Selon l’association partisane Honest Election Project, les électeurs de Joe Biden sont favorables à la vérification de l’identité de l’électeur à 62%, les Noirs Américains sont pour à 64% et les Hispaniques à 78%.

On le voit : loin de vouloir améliorer l’efficacité d’un système électoral bancal, les Démocrates tendent à le rendre encore plus perméable à la fraude. Certains Républicains craignent, à juste titre, que tout cela empêche de revoir, avant très longtemps, un président républicain dans le bureau ovale.

Déficits: le déni français


Il y a quatre ans, le 4 avril 2017, se tenait le premier débat télévisé des onze candidats à la présidentielle. La France était déjà en faillite, mais aucun d’entre eux n’avait osé dire la vérité aux Français. Un terrible déni planait déjà sur le pays.


Ce jour-là, deux chaînes d’info, BFMTV et CNews, associées pour l’occasion, avaient mis les petits plats dans les grands. Au départ : une bonne idée. À l’arrivée : un concours de promesses démagogiques de candidats faisant assaut de complaisance devant leurs concitoyens. Résultat : ce premier débat contradictoire entre les onze, comme d’ailleurs le suivant, le 20 avril sur France 2, et comme le précédent, le 20 mars sur TF1, qui avait réuni les cinq candidats les plus « importants » (Macron, Le Pen, Fillon, Mélenchon et Hamon), n’aura pas fait avancer d’un pouce la connaissance des électeurs de la situation réelle de leur pays. Dix années de sarkozisme et de hollandisme étaient en train de se terminer avec au bout du bout un constat extravagant : une augmentation de la dette publique de 1 000 milliards d’euros. 

Comment nos pauvres électeurs déjà assommés par une massive et lancinante propagande étatique auraient-ils pu voter en connaissance de cause alors qu’à cette époque le pays devait supporter un déficit annuel de 75 milliards d’euros et emprunter 200 milliards chaque année pour arriver à payer les intérêts de sa dette gigantesque – 2 800 milliards aujourd’hui –, les retraites de ses fonctionnaires et obligés, et alimenter le puits sans fond de ses dépenses publiques et de sa distribution aveugle d’avantages sociaux et de cadeaux électoraux ? Ce 4 avril 2017, donc, à côté des cinq « candidats majeurs », on trouvait six prétendants « mineurs » que les sondages situaient dans une fourchette de voix de 0 à 3 %, deux à l’extrême gauche – Philippe Poutou et Nathalie Artaud –, trois énarques souverainistes, anciens hauts fonctionnaires – Jacques Cheminade, François Asselineau et Nicolas Dupont-Aignan –, et un « marcheur » populiste occitan – Jean Lassalle –, la plupart d’entre eux étant europhobes, alors qu’on venait de fêter dans toute l’Europe, le 25 mars précédent, les 60 ans du Traité de Rome.

Une comparaison dégradante pour la France

Sur onze candidats, hormis Macron et Fillon qui apparaissaient comme les plus crédibles, nous en comptions donc neuf, aussi démagogues les uns que les autres, extrémistes, irresponsables ou utopistes, tous distributeurs à tout-va de milliards empruntés, promettant monts et merveilles, et même la lune. Écrasée sous un chômage massif, la France avait alors presque autant de salariés protégés, de fonctionnaires et de chômeurs, 14 millions, que de salariés occupant un emploi marchand, 16 millions. En comparaison, le Royaume-Uni bénéficiait alors de 26 millions d’emplois marchands, soit 10 de plus ! Une comparaison dégradante pour la France entre deux pays d’une population comparable, l’un étouffé et suradministré par ses technocrates surdiplômés, incompétents mais bouffis d’importance, et l’autre géré par son élite libérale. 

Deux candidats seulement, semblaient donc être conscients des réalités, François Fillon, le représentant de la vieille droite classique, couturé de partout et à qui on avait coupé les ailes « en plein vol » avec une sordide affaire montée de toutes pièces,, et Emmanuel Macron, le porte-drapeau de la jeune gauche bobo techno, soutenu à fonds perdus par une coterie financière aux poches pleines. Aucun des deux ne dira la vérité aux Français : Fillon, parce qu’il avait été au pouvoir pendant cinq ans sous les ordres d’un président qu’il s’interdisait de critiquer en public de peur d’être associé au très mauvais bilan de son quinquennat, et Macron, pour à peu près les mêmes raisons, parce qu’il lui aurait fallu mettre en cause frontalement son bienfaiteur auquel il devait sa carrière politique ainsi qu’un poste de ministre de l’Économie qui lui avait permis de se faire connaitre. 

Suppression de l’ENA: le dossier finit en eau de boudin

Du moins, Macron était presque tout neuf, contrairement à Fillon, traînant avec peine une casserole bruyante. Et d’ailleurs, globalement, il est plus jeune, plus malin, plus intelligent, plus vicieux, plus fin, en un mot plus serpent que tout le monde, sauf que, comme les autres, il fait lui aussi des promesses, beaucoup de promesses, et annonce des jours meilleurs, des rayons de soleil partout et un avenir rose et brillant pour chacun sous le parapluie de sa protection étatique juvénile. On voit bien aujourd’hui à quel point les réformes qu’il avait imaginées, annoncées et soi-disant préparées n’étaient finalement que du pipeau électoral, à commencer par la suppression de l’ENA dont le dossier a fini en eau de boudin, ou la fausse suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) transformé en impôt sur la fortune immobilière.

Lorsque Roger Douglas en Nouvelle-Zélande, John Howard en Australie, Jean Chrétien au Canada ont voulu vraiment réformer leur pays, ils ont fait de la pédagogie auprès de leurs électeurs en commençant par leur dire la vérité. Ils ont expliqué pourquoi il fallait le réformer, ce qu’ils voulaient faire, quels efforts ils allaient demander à leurs concitoyens et quel était le but qu’ils voulaient atteindre. En France, rien de tout cela. Le déni est entretenu vaille que vaille. On ne parle pas de ce qui fâche, ce qui a pour conséquence que les gens sérieux ne veulent pas ou n’osent pas se lancer dans une arène encombrée de grandes gueules irresponsables, de démagogues professionnels rouges, roses, verts ou noirs et de populistes subventionnés. 

Voilà pourquoi, et depuis longtemps, les Français n’ont plus conscience des réalités. Un sondage avait d’ailleurs confirmé cette dangereuse tendance. Réalisé par OpinionWay les 1er et 2 mars 2017 pour le compte du « Printemps de l’économie », il témoignait du gouffre qui séparait déjà les citoyens des candidats les plus sérieux à l’élection présidentielle. À la question de savoir sur quels enjeux un candidat devrait d’abord les convaincre de voter pour lui, les trois premières réponses ne concernaient que le social : 59 % l’emploi, 51 % la protection sociale et 48 % le pouvoir d’achat. L’économie était loin derrière, avec 32 % pour la dette et les déficits et 31 % pour la compétitivité du pays. Concernant leur adhésion aux propositions économiques des candidats, les Français mettaient en premier, avec 78 % d’opinions favorables, l’une des plus farfelues : plafonner les hauts salaires… Comme quoi la démagogie des politiciens finit toujours par avoir un effet de contamination ! Quand on leur demandait quel était le programme qui répondait le mieux à leurs préoccupations, c’était celui de Marine Le Pen qui arrivait en tête avec 32 %, loin devant trois ex aequo, Macron, Fillon et Hamon, à 19 %. À pleurer !

L’implacable incompétence de nos hauts fonctionnaires

Avec Macron, on voit ce qu’il en est aujourd’hui, la pandémie ayant ajouté de la terreur à la tragédie humaine et au drame économique, lequel continue de se développer, sans queue ni tête, empilant des centaines de milliards d’euros d’emprunts supplémentaires aux centaines de milliards dilapidés pendant les années antérieures en raison de l’implacable incompétence de nos hauts fonctionnaires, ministres et présidents passés par l’ENA – 10 présidents et Premiers ministres depuis 1984 –, qui ont complètement phagocyté tous les leviers du pouvoir, pour finir par ruiner le pays. Ils ne sont même pas capables d’imaginer une seconde ne serait-ce que donner délégation à des managers expérimentés du privé pour (mieux) faire le boulot à leur place. Là aussi, la comparaison avec le Royaume-Uni nous ramène plus bas que terre. À Londres, pour la gestion des vaccins, une étroite collaboration entre l’État et le secteur privé, entre scientifiques, industriels et gouvernement a été établie dès le départ et à tous les niveaux sous la direction d’un ancien patron du groupe pharmaceutique Glaxo-SmithKline, Sir Patrick Vallance, et d’une brillante dirigeante issue du secteur du capital-risque, Kate Bingham. 

Une folie administrative en plein délire

Lorsqu’Emmanuel Macron du haut de sa tour d’ivoire élyséenne annonce le 31 mars dernier la mise en place de nouvelles mesures de restriction pour tout l’Hexagone, il déclenche un concert de couacs dans son entourage et relance la machine administrative infernale au point que sur le site de Matignon qui a mis en ligne une « foire aux questions » répertoriant toutes les attestations, règles et obligations en vigueur, le document fait maintenant 74 pages ! Terrible bilan, hélas provisoire, d’une dictature de la paperasse qui n’a plus de limites et d’une folie administrative en plein délire ! 

Le président est-il conscient qu’il vit dans une sorte de stratosphère détachée des réalités ? Dans son adresse au peuple, justifiant ses choix de n’avoir pas voulu précédemment confiner strictement  les Français, il leur déclare sans ciller : « Nous avons gagné par ces choix des jours précieux de liberté, des semaines d’apprentissage pour nos enfants, nous avons permis à des centaines de milliers de travailleurs de garder la tête hors de l’eau sans jamais perdre le contrôle de l’épidémie », s’enorgueillissant ainsi à vil prix et avec une arrogance mal placée. Remerciant ses concitoyens d’avoir adhéré à ses décisions, il ajoute que « croire en la responsabilité des Français, ce n’est jamais un pari », alors que ce serait plutôt le contraire : pour ses concitoyens à bout, écœurés et traumatisés par 26 ans de Mitterrand et de Chirac, 10 ans de Sarkozy et de Hollande et 4 ans de Macron, c’est croire en la responsabilité des dirigeants du pays qui est aujourd’hui un pari.

Tariq Ramadan se relance avec… un slam indigéniste

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Tariq Ramadan, Lille, 2016 © Michel Spingler/AP/SIPA Numéro de reportage : AP21855092_000006

L’islamologue se dévoile enfin sans fard dans un slam sans âme, pour nous dire que le mal c’est l’occident…


« Cela fait des siècles que vous volez et mentez
Vous seriez venus dites-vous pour nous civiliser
Vous avez méprisé nos langues, nos cultures, nos religions
Humilié nos mémoires, souillé nos traditions »
(…)
Attendez ! attendez ! qu’est-ce que vous croyez?
Que l’on va rester là assis à vous regarder
Piller nos terres, nos richesses, nos minerais,
Vous laisser tranquillement écrire l’histoire et la coloniser,
Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays
Nos continents, nos paysages autant que nos esprits ? »

Voilà ce que chante Tariq Ramadan. L’ancien prédicateur star, mis en examen pour viols en France et en Suisse, n’a pas oublié ses classiques : pour semer la haine, il faut d’abord commencer par réécrire l’histoire, désigner un coupable, des victimes et lancer le grand mercato de la haine et de la vengeance. Avec un tel cocktail, on sème la violence politique en espérant obtenir en retour la guerre civile, tout en faisant semblant de tenir un discours de justice sociale. L’idée est de faire passer la haine pour de la saine révolte afin de culpabiliser ceux que l’on veut détruire, et de trouver des alliés jusqu’au cœur de la cible que l’on vise. Tariq Ramadan n’a jamais fait que cela en France, il y a même trouvé des compagnons prestigieux, Edwy Plenel, Michel Tubiana et la Ligue des Droits de l’Homme, Alain Gresh…


Sans aucun complexe

Aujourd’hui, le voilà donc qui se dévoile enfin sans fard dans un slam sans âme pour nous dire que le mal c’est l’occident, responsable de tout, en tout lieu, et en tout temps. Le degré zéro de la complexité et de la justesse, mais un positionnement efficace quand on veut transformer une jeunesse peu éduquée en chair à canon de l’idéologie des frères musulmans. D’ailleurs, en bon connaisseur des débats qui ont agité notre pays, Tariq Ramadan rameute tous les termes susceptibles de mettre le feu. Cela donne « Vous allez perdre vos privilèges et votre identité, la mixité serait donc votre perte et bientôt vous serez sauvagement remplacé ». Sauvagement, autrement dit dans le sang ?

À écouter en entier la chanson, on comprend vite qu’il ne s’agit pas d’un slam mais d’une marche nuptiale, qui révèle la profondeur des alliances nouées entre islamistes et racialistes sur l’autel de la culture « woke ». D’ailleurs notre nouveau barde n’a de cesse de parler de « Sud éveillé ». On est ici dans l’expression la plus frustre de l’organisation politique, celle qui ne peut se passer du sacrifice du bouc émissaire et qui demande que, régulièrement, un groupe social ou ethnique tienne le rôle du bouc. C’est ce que tente de faire Tariq Ramadan avec nous. Car dans ce texte, le mal personnifié c’est la culture occidentale, la France, l’Europe, les Blancs, nous finalement. En revanche, l’opprimé, celui que l’on noie, méprise, humilie, dépouille et vole, c’est lui, Tariq Ramadan soi-même, érigé en représentant de tous les persécutés. Sa situation personnelle est le miroir de celle de l’Afrique, le décalque de celle de toutes les victimes de racisme. La chanson est une pièce à verser au procès, elle rejoint la défense mise en place face aux accusations de viol : il n’aurait pas été inquiété s’il avait été Blanc… Ce texte a néanmoins un mérite, il expose crûment la logique de vengeance que charrie le projet d’islamisation des frères musulmans : justifier la conquête de l’occident au nom de la réparation de la colonisation.

Une provocation arrogante

En attendant, le discours de l’ancienne star des islamistes puise abondamment dans les éléments de langage du Parti des Indigènes de la République. À écouter la chanson de Tariq Ramadan, on entend les chœurs d’Houria Bouteldja. Colonisation, accusation de pillage, de spoliation, l’histoire du monde selon Tariq Ramadan se résume ainsi : Occident = Grand Satan. On se croirait revenu au temps de la révolution iranienne et de Khomeyni. En tout cas voilà l’expression qui résume la vision que l’ancien prédicateur se fait du monde et le degré de complexité de sa pensée.

Mais s’il manque de souffle, notre homme ne manque pas d’air : c’est en effet à un deuxième come-back que nous assistons. Sa première tentative de retrouver un peu d’influence en 2020 avait fait flop. Il faut dire qu’ouvrir un centre de formation sur l’éthique et le féminisme quand on est accusé de viol était pour le moins audacieux, on n’ose écrire « couillu ». Du coup, le fait de recruter dans la foulée, un autre théologien, Yacob Mahi reconnu coupable en novembre 2019, en Belgique, d’attentat à la pudeur, d’incitation à la débauche et de harcèlement à l’égard d’un mineur de moins de 16 ans, ainsi que de coups et blessures à l’égard d’un autre élève, n’a pas aidé. La tentative de rédemption a été vue pour ce qu’elle était, une énième provocation mâtinée d’arrogance. 

Autre provocation et travestissement de la réalité, se présenter comme le porte-parole des damnés de la terre quand on a su fructueusement se faire entretenir par le Qatar. Parce que si notre futur crooner ne recule jamais devant le pathos, invoquant les migrants, les êtres déracinés, les bateaux de la honte et du désespoir, la mort au quotidien, la misère… Lui, en revanche, ne s’est jamais oublié. Il a su servir sa cause sans jamais oublier ses intérêts. D’après les « Qatar Papers », de Christian Chesnot et Georges Malbrunot l’homme touchait 35 000 euros par mois en tant que consultant à la Qatar Fondation au temps où prédicateur ne rimait pas avec fornicateur !

Alors, en attendant que cette tentative de retour sur le devant de la scène se solde par un nouvel échec, je vais réécouter les paroles du « Chanteur » de Balavoine, j’aime particulièrement ce passage: « Et partout dans la rue, J’veux qu’on parle de moi, Que les filles soient nues, Qu’elles se jettent sur moi, Qu’elles m’admirent qu’elles me tuent, Qu’elles s’arrachent ma vertu ». Allez savoir si de telles strophes n’auraient pas nourri la vocation du Frank Sinatra islamiste ? Devant tant de ridicule et d’outrance de la part du frère musulman déchu, on aimerait éclater d’un rire franc et joyeux, si la profondeur des liens entre les islamistes, racialistes, décoloniaux et islamogauchistes ne nous promettait pas des aubes tristes et des matins chagrins.

Qatar papers

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Quand la gauche s’éveillera

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La journaliste Elisabeth Lévy © Photo : Pierre Olivier

L’éditorial d’avril d’Elisabeth Lévy


Quand on ne veut pas voir la lune, on s’en prend au doigt. Anne Hidalgo est donc furieuse contre Sonia Mabrouk. Le 17 mars, sur Europe 1, dans un entretien mené comme toujours au canon dans un gant de soie, la journaliste a contraint la malheureuse Mélanie Luce, présidente de l’UNEF, à admettre en bafouillant que son syndicat organisait des réunions « en non-mixité raciale » – comprenez « interdites aux Blancs ». Ce fait était connu depuis longtemps et régulièrement dénoncé. L’aveu a pourtant déclenché une réaction en chaîne, faisant éclater au grand jour un autre secret de polichinelle, à savoir qu’une guerre fratricide divise la gauche. Entre les « laïcards » (pour parler comme Le Monde) et les « islamo-gauchistes » (pour faire simple), les ponts sont désormais coupés. Au grand dam de la maire de Paris qui se croyait capable de faire la synthèse, comme si ses proclamations creuses pour Charlie et la République avaient fait oublier qu’elle gouverne Paris avec l’islamo-écolo-gauche. Curieusement, Yannick Jadot a trouvé le moment opportun pour lancer un appel à l’union de toute la gauche. Au moins, il ne manque pas d’humour.

Audrey Pulvar et Anne Hidalgo, mars 2020 © BERTRAND GUAY / AFP
Audrey Pulvar et Anne Hidalgo, mars 2020 © BERTRAND GUAY / AFP

« Les Blancs feraient mieux de se taire » (en l’espèce, les Blancs qui assistent aux réunions fermées). Alors que les balles sifflent de toutes parts, le pas de côté calculé d’Audrey Pulvar est plus significatif que les dérisoires bisbilles municipales auxquelles nous sommes accoutumés. L’adjointe « en charge de l’alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts » (sic), également tête de liste du PS pour les régionales en Île-de-France, a pris le risque d’enrager sa patronne et de dévaster ce qui reste de son parti : pas seulement pour le bénéfice électoral qu’elle escompte d’une alliance avec les Insoumis et les Verts, mais parce qu’elle pense que l’avenir s’écrit là. Le pire, c’est qu’elle a probablement raison.

Cette déclaration ahurissante est peut-être l’acte de naissance de la gauche woke  – une gauche qui se réveillerait d’un long passé d’oppression pour demander des comptes. Elle n’a pas de nom, pas vraiment de parti, même si les boomers de la France insoumise s’emploient à lui complaire. C’est une nébuleuse en formation, une humeur idéologique tissée de ressentiments qui pénètre nombre de lieux où se fabrique l’opinion. Certes, elle n’est pas majoritaire dans son camp, à supposer que celui-ci existe encore, mais elle n’est plus groupusculaire. Et ce qui inquiète, c’est la facilité avec laquelle elle impose son langage et ses réflexes à une partie de la jeunesse, qui parle désormais de personnes racisées comme si ça allait de soi. Inutile d’insister sur l’obsession raciale, marqueur du nouvel esprit progressiste : le « non-Blanc » est exploité, le Blanc est exploiteur, le statut de victime comme celui de coupable se transmettant de génération en génération. Par le sang. Passons sur la complainte anti-discriminations et le chantage au sentiment érigé en méthode politique – « Je suis offensé ». Il faut s’arrêter un instant sur le retournement qui voit le « parti de l’Autre » devenir celui de l’entre-soi. Dans leur pathétique effort pour sauver le soldat Pulvar (qui y est allée un peu fort), les Insoumis et assimilés ont brandi l’argument des groupes de parole, comparant les réunions entre « racisés » à celles des alcooliques anonymes. Il est normal, disent-ils, que les victimes (passées ou futures, réelles ou imaginaires) de discriminations veuillent parler entre elles : les non-discriminés (les Blancs donc) ne peuvent pas comprendre. Cette assertion révèle une véritable reddition de l’esprit et du cœur. Chacun sa souffrance. Comment accepter que tout ce qui est humain – hormis moi-même – me soit étranger ? Que ni l’art, ni l’amour, ni la pensée ne permettent de transmettre une expérience ? Que le partage, l’empathie, la compassion n’aient cours qu’entre membres du même groupe ? Dans la logique de Pulvar, un Blanc ne peut pas comprendre Chester Himes, un homme ne peut pas comprendre (et encore moins écrire) Madame Bovary. Le salut passe par le rétrécissement du monde. C’est gai.

Face à cette force montante, victimiste et différentialiste, la vieille gauche n’a rien d’autre à opposer que des grands mots abstraits et creux. Quand les uns offrent la chaleur du groupe, le réconfort du malheur partagé et de la revanche annoncée, les autres convoquent l’universalisme et la laïcité. La préférence de cette gauche pour un registre idéologiquement inopérant s’explique largement par son obsession de se démarquer de la droite et de l’extrême droite dont elle partage pourtant nombre de points de vue. L’important, c’est de ne pas choisir entre les deux bras de la « tenaille identitaire ». Sauf que MacWorld versus Djihad, le combat est perdu d’avance. La seule chose qui puisse tenir tête aux identités particulières, c’est une identité collective. L’antidote au woke, ce n’est pas la République, c’est la France.

Les Rien-pensants

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Ecologistes et islamistes: l’alliance verte

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Présidente du Groupe EELV au Conseil de Paris, Fatoumata Koné (notre photo) s'était attirée les foudres d'Anne Hidalgo en contestant l'opportunité de renommer un lieu de la capitale en hommage à Samuel Paty © CELINE BREGAND/SIPA Numéro de reportage : 00943745_000031

Lorsque l’on s’inquiète du péril de l’islamo-gauchisme, on aurait grand tort de ne regarder que du côté de la France Insoumise.


Ils partagent une couleur : le vert. Mais pas seulement. Ils partagent aussi une approche totalitaire de la société.  

Les uns veulent nous soumettre à la Nature. Les autres veulent nous soumettre à Allah et aux préceptes du Coran. 

Ils ont en commun un anti-occidentalisme marqué car à leurs yeux l’Occident, et en creux le Blanc, est responsable de tous les malheurs du monde. 

Les écolos nous accusent du saccage de la planète. Mais pas que. Ils ont, depuis des années, rejoint le camp de l’indigénisme et du communautarisme, épousant la cause de ceux qui accusent la France de racisme systémique, de discrimination globale anti-noire et arabe. À ce titre, ils vont plus loin que la gauche républicaine qui, elle, tente de maintenir un équilibre précaire entre dénonciation d’actes individuels de racisme et défense d’une république universaliste. 

La drôle d’alliance

Les islamistes eux s’en foutent royalement de la planète. Mais la lutte anti-occidentale et l’exploitation des frustrations de certaines minorités en proie à la rude compétition de la mobilité sociale en Europe çà leur parle, ça leur sert. Et c’est ainsi que s’est forgée une alliance informelle, tacite mais tangible. 

Prenons par exemple Esther Benbassa, sénatrice Europe Écologie-Les Verts, présente à la manifestation contre l’islamophobie du 10 novembre 2019, en compagnie d’une poignée de manifestants portant sur leurs manteaux une étoile jaune qui rappelle celle que devaient porter les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale – bien qu’elle n’ait que cinq branches et non six comme l’étoile de David. Au centre de l’étoile, le mot « muslim ». Et, à côté, un croissant jaune. Elle n’en était pas à sa première provocation islamophile. En avril 2016, elle publiait une tribune dans Libération, dans laquelle elle affirme : « Le voile n’est pas plus aliénant que la minijupe ».

A lire aussi: Léonore Moncond’huy, la maire EELV de Poitiers, trie les déchets et les rêves des enfants

Tollé dans une grande partie de la classe politique. Mais soutien total de son parti qui n’y voit rien de choquant.

Mais les choses s’emballent ces derniers mois. 

En septembre 2020, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, défendait devant le conseil fédéral du parti le port du burkini dans les piscines municipales.

Autre date, autre exemple. Conseil de Paris le 17 novembre 2020. Anne Hidalgo, peu suspecte d’islamophobie, propose de rebaptiser une rue de notre capitale du nom d’un héros de la lutte pour la laïcité, décapité par un immigré tchétchène islamiste : Samuel Paty. 

Hidalgo demande à ce que les Verts sortent de l’ambiguïté

Qui s’y oppose « pour des raisons techniques » ? Le groupe « Les Verts » menés par Fatoumata Koné, une Ivoirienne d’origine, qui revendique son identité musulmane. Gros malaise dans la classe politique, y compris chez Anne Hidalgo, qui demande aux écolos qu’ils « sortent de leur ambiguïté ».

Mais restons à Paris. Qui se souvient que ce groupe « Les Verts » avait, en novembre 2018, formulé une proposition visant à faire adopter des créneaux non-mixtes dans les installations sportives de la capitale ?

Le 14 février dernier, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, demande une étude sur l’islamo-gauchisme à l’université. Un secret de polichinelle sur lequel un ministre consent enfin à jeter un regard furtif. Énorme bronca dans une partie du monde universitaire, gangréné depuis longtemps par le gauchisme et plus récemment par l’islamisme. D’où, d’ailleurs, la fusion de ces deux concepts dans le néologisme « islamo-gauchisme » qui met les gauchos en furie. Les appels à la démission de Madame Vidal fusent. Mais qui sont les plus virulents parmi les politiques ? Jean-Luc Mélenchon bien sûr car l’islamo-gauchisme des « Insoumis » n’est plus un mystère pour personne. Mais aussi Yannick Jadot, le très « propre sur lui » patron des Verts et candidat à la présidentielle de 2022.  

Et puis arrive la mère de tous les scandales islamo-gauchistes. Le principe d’une subvention de la mairie EELV de Strasbourg en faveur de la construction de la mosquée pro-Erdogan de l’association Millî Görüs qui a refusé de signer la « charte des principes pour l’islam de France » votée le 22 mars par la majorité verte-rose-rouge. Une nouvelle polémique encore plus énorme que les précédentes. Nouveau soutien inconditionnel de la direction des Verts en faveur de leur maire et qui va jusqu’à un dépôt de plainte en diffamation contre Gérald Darmanin et Marlène Schiappa, deux membres du gouvernement qui s’étaient légitimement émus de la complaisance des écolos avec l’islam politique.  

Drôles de cultures!

Mais ce que cette affaire a masqué, c’est la décision de la maire verte de refuser la définition de l’antisémitisme proposée par l’Alliance Internationale de la Mémoire de l’Holocauste et pourtant déjà adoptée par les mairies de Paris, Nice, l’Assemblée nationale, le Conseil de l’Europe, le Parlement européen.  

Pensez donc ! Cette définition considère comme antisémite le fait de nier au peuple juif son droit à l’autodétermination ou d’affirmer que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste ou encore le fait de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis. Définition qui percute le logiciel antisémite et antisioniste de toute une partie de l’électorat islamique et indigéniste que cultivent les verts, sans jeu de mots bien sûr.

A lire aussi: Islamo-gauchisme: comment la société française en est arrivée là

Mais gardons-nous de penser que ce phénomène est purement français. Chez nos voisins Belges, et plus particulièrement les Wallons francophones, c’est pareil. Et même pire. Le parti « Ecolo », alter-ego de notre parti EELV outre-Quievrain défend le port du voile par les agents publics. Il a mis ses actes en concordance avec ses paroles en élisant, pas plus tard que le 2 avril dernier, Farida Tahar, une belgo-marocaine voilée, comme présidente du groupe vert au parlement francophone de Bruxelles. 

Les Verts ont une image plus sympathique que Mélenchon

Mais l’islamo-gauchisme des Verts est bien plus grave que celui de l’extrême-gauche de la France Insoumise. Il associe, en effet, une cause sympathique, la défense de la nature, avec une cause mortifère pour la France et sa civilisation, à savoir l’islamisation de notre pays.

Mais ce qui précède ne signifie nullement que nous devons nous détourner de la protection de notre environnement et de la lutte contre le dérèglement climatique qui sont absolument cruciaux. Ne jetons pas avec l’eau du bain putride de l’islamo-gauchisme le beau bébé que nous ont légué des pionniers remarquables de l’écologie comme Brice Lalonde, Antoine Waechter, Corinne Lepage et, disons-le, un Nicolas Hulot qui est certes excessif, mais sincère et très éloigné des dérives délétères de ceux qui ont kidnappé l’écologie au profit du gauchisme et de l’islam politique. Le combat du camp de la France c’est aussi, bien sûr, le combat pour préserver et améliorer notre cadre de vie. C’est-à-dire de vivre Français en France.

Au menu du Français anxieux, «tout vaccin» et «bien mourir»

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Image d'illustration Unsplash

Une tribune libre de Jean-Frédéric Poisson, président de VIA la voie du peuple et candidat à la présidentielle 2022


Primum non nocere : d’abord, ne pas nuire. Dans le monde de la médecine, ce principe de prudence est fondamental. Il est hélas victime dans nos sociétés modernes d’une affection grave – mais sans doute pas incurable : le mépris. Entre la gestion dangereuse de la crise sanitaire, la pression en faveur d’une vaccination généralisée sans préoccupation des effets secondaires, et la nouvelle proposition de loi à l’initiative de parlementaires radicaux et LREM, examinée actuellement à l’Assemblée nationale, et visant à légaliser l’euthanasie, on ne voit plus ce qui lie la médecine moderne à cette précaution hippocratique.

Est-ce objectivement le meilleur moment pour faire adopter cette loi que celui de la saturation massive de notre système de santé ? Les inlassables et déterminés promoteurs de l’euthanasie font preuve d’un certain opportunisme, même si l’ordre du jour des séances ne dépend pas totalement d’eux. Maintenir l’examen parlementaire d’un pareil texte au moment même où les Français craignent qu’un tri soit effectué dans les hôpitaux pour l’entrée des patients en réanimation paraît déplacé. Et pourtant, la première étape sur la voie de la légalisation de l’euthanasie a bel et bien été franchie le 31 mars dernier à l’Assemblée nationale avec l’adoption en Commission des Affaires Sociales de cette proposition de loi « Droit à une fin de vie libre et choisie », ce qui ouvre la voie à la discussion en séance publique ce jeudi 8 avril 2021.

En 2016, la loi Claeys-Leonetti avait déjà légalisé la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès. Cinq ans plus tard, il faudrait encore aller plus loin

Deux arguments principaux se dégagent des discussions. D’abord l’argument immanquable du progressisme : puisque c’est autorisé ailleurs, il faudrait absolument que ce le soit également en France pour rattraper notre retard. Sans cela, nous serions non seulement un pays d’arriérés mais aussi d’hypocrites, laissant à nos voisins belges et suisses la responsabilité de permettre cette « ultime liberté ».

A lire aussi, du même auteur: Non à cette société qui confine pour protéger d’une mort hypothétique…

Car tel est le second argument : l’accès à l’euthanasie laisserait à l’individu libre, la possibilité de rester maître de son destin jusqu’à la fin. Les promoteurs de l’euthanasie – et de la fausse bioéthique en générale – ne se posent pas la question de savoir si les barrières légales qui régissent encore la fin de vie ne présentent pas des vertus protectrices malgré leur aspect contraignant. Qui peut garantir que les personnes concernées, par principe déjà soumises à une grande détresse existentielle, ne subiront pas la pression de leur proches ou des établissements de santé, eux-mêmes soumis à des exigences de rentabilité ?

Depuis 2016, la loi Claeys-Leonetti avait déjà légalisé la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès, pour les personnes dont le pronostic vital est engagé à court terme. Cinq ans plus tard, il faudrait encore aller plus loin au motif que cette procédure serait trop passive. Il faudrait permettre un droit « actif » à l’euthanasie avec, pour seule condition, la reconnaissance du caractère « grave et incurable » de l’affection subie. Le propre du progressisme étant de vouloir aller toujours plus loin, il faut s’interroger sur la suite, l’étape suivante, et celle d’après… Jusqu’où ? Dans quel but ? Là n’est pas la question semble-t-il. Et pourtant.

Cette proposition de loi appelle un double motif d’opposition. Opposition sur le fond comme évoqué précédemment, mais aussi opposition sur la forme. La situation sociale et politique de la France ne permet pas que cette question soit assortie du débat public qu’elle mérite. Les Français sont plongés dans un état d’anxiété patente depuis un an. Sans certitude d’en sortir prochainement, préoccupés de mille sujets, et privés des liens sociaux propices à l’information et à la délibération démocratique, ils ne sont actuellement pas armés pour prendre sereinement la mesure de ce sujet. La décence voudrait que ce débat soit, au minimum, reporté.

La voix du peuple

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La Commune selon Arte: copie à revoir

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Capture d'écran Arte.tv

Célébrer la Commune, pourquoi pas? Mais pourquoi le faire à la manière d’Arte avec « Les Damnés de la Commune » de Raphaël Meyssan, un film au kitsch indigent?


La Commune ne réussit pas à Arte. Il y a 20 ans, Peter Watkins accouchait douloureusement d’un film de près de 5 heures à leur intention, sobrement intitulé La Commune (Paris, 1871). Conçu tout au long d’un processus démocratique et participatif, des amateurs recrutés pour leurs affinités avec les deux camps (communards et versaillais) y pratiquaient une sorte de jeu de rôle immersif dans un hangar, filmés en noir et blanc. On en a gardé le souvenir de deux blocs de didactisme s’affrontant de loin, avec ces fameux effets anachroniques de micros tendus aux interviewés qu’affectionne Watkins, quelque siècle où l’on se trouve. La Commune, c’était ici et maintenant.

Roman graphique pour prime-time

En 2021, la Commune, c’est toujours ici et maintenant, commémoration oblige, mais Arte ne coche plus la case du réalisateur art-et-essai/engagé/de prestige avec une diffusion à l’avenant (de multiples dissensions entre Watkins et la production avaient abouti à une programmation nocturne, condamnant le film à une audience réduite). La Commune se doit d’être une locomotive tous publics en prime-time, et quoi de mieux qu’un bédéaste en poupe pour adapter son propre roman-graphique ?

Les Damnés de la Commune – trois tomes aux éditions Delcourt – est exclusivement constitué de gravures d’époque (dont on doute qu’elles aient été créées dans un but révolutionnaire) découpées et pensées en bandes-dessinées par un graphiste de profession, Raphaël Meyssan qui va se livrer à une enquête-introspection sur l’insurrection populaire. Celle-ci débute comme une rêverie contemporaine, on y quête un communard lapin blanc, Lavalette, et on tombe sur une Alice qui a bien existé, Victorine Brocher, communarde rescapée des massacres qui écrira plus tard ses mémoires au très beau titre, Souvenirs d’une morte-vivante
Meyssan, qui a amassé une immense documentation, ne se cache pas d’avoir un point de vue partisan, et il est du côté des Communards, ce qui est fort louable.

Survol par un drone arthritique

Mais son adaptation en dessin animé pose des problèmes insolubles sur le fond et sur la forme. Prenons les gravures retenues dans la version filmique. D’un côté, des scènes de genre dramatiques avec harangues à la chaire, mouvement de foules, charges, blessés, massacres, dans un goût très second Empire. De l’autre, des vues de Paris, bâtiments, monuments, perspectives entrecoupées de cartes, un spectacle topographique avec lumières, effets de nuits, incendies, etc. La profondeur est toujours donnée par un élément mouvant : pluie, neige, flammes, balles traçantes, détonations au ralenti, alors qu’un zoom très lent pénètre ou se décale dans l’image. L’allure des mouvements de caméra est toujours la même, berçante, ronronnante. Les paysages urbains semblent ainsi survolés par un drone arthritique qui s’arrêterait net de fatigue.
La technique d’animation présentée comme un tour de force aboutit à un résultat vieillot et empesé, qui tient autant du diorama que du roman-photo et de la dramatique radio.
Il faut cinq minutes au film pour être en pilotage automatique, et dans l’incapacité de se dépasser plastiquement. Meyssan a bien la tentation peu probante d’énormes gros plans sur les hachures des visages aux moments les plus pathétiques mais, surprise, même grossi 50 fois, un réseau de hachures reste remarquablement peu expressif. Le rythme poussif qui en découle interdit toute progression, autrement que par l’incarnation vocale.

Vision simplificatrice et partiale

Projet porteur oblige, Meyssan a réuni de grands noms du cinéma et du théâtre, qui vont déterminer son axe : jouer l’identification du spectateur avec ce qu’il voit, par le biais d’une narratrice principale. Pour se faire, il se concentre sur Victorine dont on va suivre le destin tragique des débuts de la Commune jusqu’à la Semaine sanglante. Se produit un effet de loupe extrêmement simplificateur, parfois interrompu par des recadrages partiaux et sujets à caution. Adolphe Thiers est ainsi défini comme monarchiste, ce qui tendrait à le placer à l’extrême-droite politique, alors qu’il se situait en fait au centre-gauche de l’époque, quelque part dans le no man’s land qui va de François Hollande à Emmanuel Macron, si l’on convertit à nos réalités contemporaines.

Ce tour de passe-passe est signe d’une absence totale de mise en perspective historique, pour ne rien dire du nationalisme va-t-en-guerre des Communards à peine évoqué. Les insurgés sont plongés dans un présent resserré, sans perspective, à l’inverse des dégagements ouverts dans le Paris haussmannien. On a parfois l’impression d’être devant une sorte de Village d’Astérix pré-inclusif sans potion magique. Les passerelles avec notre époque sont lourdes, répétitives et volontiers synchrones avec le néo-féminisme atmosphérique (au sens que Kepel donne à cet adjectif pour qualifier le nouveau djihadisme). 

On retrouve ainsi les mantras ânonnés qu’on entend partout des informations radio et télévisuelles aux fictions subventionnées par le CNC, des publicités aux réseaux sociaux, une sorte de bruit blanc de l’époque qui ne veut plus rien dire, et ne provoque plus qu’une immense lassitude. Le mari de Victorine boit, il la bat, elle travaille pour deux, est payée deux fois moins que les gardes nationaux, etc. Ce dernier point s’explique très certainement par la probabilité bien plus forte qu’ils ont de mourir au combat, mais le commentaire préfère laisser planer l’aile de corbeau du patriarcat systémique.

Optique tire-larmes

Négligeant l’Histoire, Meyssan privilégie la trajectoire individuelle de Victorine qu’il traite en mélodrame gluant de pathos. Il va jusqu’à faire mourir son premier mari au combat, alors que dans les faits, Victorine et lui se sont quittés après la Commune. « On entre dans un mort comme dans un moulin », disait Sartre, mais quand même, évitons d’empoisonner la farine pour faire joli ! Cette optique tire-larmes est parfaitement rendue par l’interprète de Victorine, Yolande Moreau, qui délivre toutes ses répliques d’une voix de petite fille sénile. Au mépris du bon sens le plus élémentaire, Meyssan fait jouer sa mère, ancienne révolutionnaire de 1848, par… Fanny Ardant. Ce qui nous vaut entre elles des échanges croquignolets où la Duchesse d’Alice semble s’adresser à sa bonne geignarde. Particularité insupportable des dialogues souvent constitués de slogans, ce ne sont que des phrases courtes. 
Avec passage à la ligne.
A pratiquement chaque phrase.
Pour qu’on comprenne bien les trois mots qui se battent en duel.
Sans subordonnées.
(C’est trop compliqué)
La prime à l’émotion.
Avec viol et étripage à la fin.
Sous les yeux de Victorine, horrifiée.
(Parce qu’une femme violée, ça manquait)

Le bon goût bourgeois de notre époque

Autant dire qu’on ressort des Damnés de la Commune avec une féroce impression de kitsch indigent. On revoit même à la hausse le film de Watkins. Au moins, les deux camps y étaient envisagés, même si la dialectique grippait un peu. Ici, rien de tel, de l’embedded pataud sur fond d’images d’Epinal. Aucune ligne sur la Commune des écrivains de l’époque qui l’ont vécu de près ou de loin, aucune réflexion, aucune distance, du sentimentalisme, des violons et une manière de happy end. La faiblesse de la forme et du fond va jusqu’à contaminer l’image qu’on se fait de la Commune, très à la mode chez les Parisiens d’aujourd’hui qui ont chassé les pauvres, bien loin dans les banlieues.
On pourrait retourner à Meyssan la seconde moitié du compliment que Billy Wilder réservait au Journal d’Anne Frank (George Stevens, 1959) : « C’est bien, mais j’aurais aimé avoir le point de vue de l’adversaire. » Car Les Damnés de la Commune ne reflète au fond que le bon goût bourgeois de notre époque.
Nul.
Ou à peu près.

Les Damnés de la Commune de Raphaël Meyssan (sur Arte.TV)

Coupe du Monde 2022: le Qatar paiera pour la Chine

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Le footballeur norvégien Erling Haaland, Malaga, 27 mars 2021 © Fermin Rodriguez/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22552867_000004

La Chine et le Qatar font face à des menaces de boycott. Mais seul le Qatar doit vraiment s’inquiéter.


Les deux plus grands événements sportifs mondiaux de l’année 2022, la Coupe du monde de football organisée par la FIFA à Doha et les JO d’hiver prévus à Pékin, sont confrontés à des menaces de boycott. Lors des matchs des qualifications pour la Coupe du monde qui ont débuté la semaine dernière, les joueurs de trois équipes européennes ont saisi l’occasion pour protester contre la tenue du tournoi au Qatar. Ainsi les joueurs néerlandais ont porté des maillots avec la mention « Le football soutient le changement », ceux de la Norvège ont enfilé des maillots portant la mention « Droits de l’homme sur le terrain et en dehors » et enfin sur les maillots des joueurs de la Manschaft d’Allemagne on pouvait lire « Droits de l’homme. »

Doha très sensible à ce qui se dit en Europe

Pour ce qui concerne le Qatar, il semble que la pression – qui n’a pas commencé avec ces matchs de qualifications – porte ses fruits. Ainsi le royaume du Golfe, qui s’est vu reprocher les mauvaises conditions dans lesquelles vivaient et travaillaient les migrants employés dans les multiples chantiers du tournoi, a introduit un certain nombre de réformes. Plus généralement, Doha donne des gages et se montre très sensible à ce qui est dit et écrit notamment en Europe. Au-delà des manifestations comme celles mentionnées plus haut, les menaces de boycott – essentiellement de la part de quelques clubs norvégiens – ne créent pas une dynamique dans ce sens, sans doute à cause de l’ouverture des Qataris à la critique et de leurs efforts pour améliorer leur bilan. 

A lire aussi: Le Paris-Dakar de MBS: on se tait et on profite du spectacle

Pour ce qui concerne les Jeux olympiques d’hiver de 2022, c’est une autre paire de manches. Des appels au boycott de l’événement à Pékin sont lancés essentiellement par des groupes de défense des droits de l’homme et des politiques, plutôt que par les athlètes eux-mêmes. C’est bien normal. Sociologiquement et économiquement, les sports d’hiver ne créent pas des stars jouissant de positions permettant une marge de manœuvre personnelle. Il faut de l’argent et de la notoriété pour prendre de tels risques. Et même pour ceux qui tiennent ces positions, ce n’est pas facile. C’est ce qu’a appris la star allemande du football Mesut Özil. En 2019, portant alors le maillot du club anglais d’Arsenal, il a publié un tweet condamnant la répression des musulmans ouïghours par la Chine. La réaction chinoise a été brutale : la télévision d’État chinoise a annulé la diffusion du prochain match d’Arsenal, et a ensuite refusé de mentionner le nom d’Özil à l’antenne. Résultat, avec ou sans lien avec cet incident, Özil ne fait plus partie des « Gunners ».

Puissance de feu chinoise

À peu près à la même période, Daryl Morey, le directeur général de l’équipe de basketball des Houston Rockets, a publié un tweet de soutien aux manifestants de Hong-Kong somme toute assez tiède : « Un message de soutien envers Hong Kong, pour une politique pro-démocratique ». La réaction chinoise a été là aussi dévastatrice. La CBA (ligue nationale de basket en Chine) a décidé de couper ses liens de coopération avec les Rockets, plusieurs marques de sport ont immédiatement cessé toute coopération avec la franchise et finalement Tencent, le diffuseur officiel de la NBA en Chine, a  suspendu toute diffusion de match des Rockets pour la saison à venir.

Face à la puissance de feu de la Chine et surtout à la mobilisation chinoise sans faille, les mouvements de boycott des JO de 2022 visent les partenaires, appelés à se retirer, et les grandes marques, appelées à s’abstenir de faire de la publicité pendant les jeux afin de priver les organisateurs de leurs recettes.

Ainsi, nous sommes aujourd’hui face à une situation ubuesque. Sans entrer dans le débat philosophique sur le boycott, nous avons d’un côté la Chine, imperméable à la critique, qui va probablement arriver à ses buts grâce à l’emploi de sa puissance économique et diplomatique, et de l’autre, le Qatar, plutôt coopératif et sensible aux reproches qui lui ont été adressées, qui risque de voir l’évènement qu’il organise gâché. Pire encore, Doha pourrait payer le prix de la frustration : ceux qui n’arrivent pas à faire bouger la Chine vont s’acharner sur le Qatar.

Et si c’était lui? Notre dossier Napoléon

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© Causeur

 


Découvrez le sommaire de notre numéro d’avril


Paradoxe désolant : à l’heure où la pandémie expose un manque de direction au sommet de l’État et que les candidats aux élections présidentielles de 2022 commencent à sortir du bois, la France hésite à célébrer le bicentenaire de celui qui fut son plus grand dirigeant et le créateur d’un État régalien sans pareil. Les accusateurs de Napoléon, adeptes de la cancel culture, tentent de réduire son extraordinaire aventure au rétablissement de l’esclavage. Emmanuel Macron sera apparemment au rendez-vous le 5 mai pour « commémorer » l’Empereur, mais aura-t-il l’audace de le célébrer ? Comme l’écrivent Elisabeth Lévy, Gil Mihaely et Jonathan Siksou, « la France va-t-elle abjurer son passé ou s’en faire gloire, se soumettre à une moralisation rétroactive annonçant la normalisation, ou assumer ses rêves de grandeur passée, voire renouer avec eux ? »

Notre dossier va plutôt dans le sens de la grandeur. Pour Eric Zemmour, admirateur de Napoléon depuis l’enfance, le Premier Empire est le moment où les Français étaient « sur le toit du monde. » Le long déclin de la nation a commencé en 1815 et, aujourd’hui, nous ne pouvons avoir qu’un projet défensif : refaire des Français par assimilation. Napoléon fournit l’inspiration pour ce retour de la puissance militaire et du régalien – et sans qu’on ait besoin cette fois d’envahir l’Italie ! Un homme comme Napoléon, nous rappelle l’historien Patrice Gueniffey, ne peut pas être jugé à l’aune de la morale commune. Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon, affirme que, contrairement aux accusations, Napoléon n’avait aucun projet raciste et que ses réalisations ont survécu parce qu’elles étaient fondées sur des consensus. L’historien britannique, Andrew Roberts, nous révèle combien un certain Premier ministre qui résista au nazisme s’est, tout au long de sa vie, inspiré de Napoléon. Décisif, sûr de lui, entreprenant, ne comptant que sur l’effort collectif, Napoléon incarne, selon Franck Ferrand, tout ce que les Français ne sont plus. Décidément, 2022 nous fera regretter l’Empereur…

Lire le magazine

La nouvelle gauche qui naît aujourd’hui, la gauche woke, est aux antipodes de Napoléon, qu’elle souhaite bien entendu « annuler ». Dans son éditorial, Elisabeth Lévy pointe les contradictions profondes de ces groupes de parole, promus par Audrey Pulvar et d’autres, qui sont réservés aux « racisés » ou qui interdisent aux Blancs de parler. « Comment accepter que tout ce qui est humain me soit étranger ? Que le partage, l’empathie, la compassion n’aient cours qu’entre membres du même groupe ? » Notre nouvelle rubrique, « A qui le tour », tenue par Erwan Barillot, dresse la liste des dernières victimes de la cancel culture, tandis que Didier Lemaire pose une question fondamentale : Qui a tué Samuel Paty ?  En plus des douze personnes qui sont pénalement comptables de ce crime, de l’assassin à la collégienne affabulatrice et son père le diffamateur, la responsabilité morale se partage entre ses collègues, sa hiérarchie, des décennies de politiques clientélistes – et finalement nous tous qui refusons d’être ce que nous sommes. Cyril Bennasar, se souvenant de ses années de collège à Saint-Chéron, se demande comment, quarante ans plus tard, devant ce même établissement, une collégienne de 14 ans a pu être poignardée à mort. L’enquête d’Erwan Seznec dans certains « quartiers » montre que la surenchère indigéno-racialiste chez de nombreux politiciens est motivée par leur supposition hâtive qu’elle sera électoralement payante. Gilles Kepel, se confiant à Causeur, met en lumière l’influence jusque dans ces quartiers français du projet islamiste du président turc qui se présente comme un nouveau calife. Enfin, triste constat que celui de Pierre Vermeren : à la faveur de la pandémie, les peine-à- jouir, l’esprit de prohibition et l’austérité l’ont emporté sur les valeurs de la jeunesse : l’amour, la vaillance, l’intrépidité et la liberté des trompe-la-mort. Pourquoi ? Parce que nos dirigeants font la politique de leurs électeurs vieillissants.

Lire le magazine

Une note d’espoir est apportée par Eugénie Bastié qui se confie à Elisabeth Lévy. Dans son livre, La Guerre des idées, la journaliste et essayiste observe avec finesse le champ de bataille intellectuel français. Sa conclusion ? Malgré les sectarismes qui veulent interdire la contradiction, les idées retrouvent le pouvoir. Jérôme Leroy nous rassure aussi : le monde est certes une source de ce que Freud appelait « l’inquiétante étrangeté », mais deux maîtres de la littérature fantastique, Stephen King et Olga Tokarczuk, nous aident à y faire face. Justement, pour Françoise Bonardel, nous pouvons regretter la conquête actuelle de la planète Mars : si c’est une victoire pour la science, c’est une perte pour l’imagination humaine. Emmanuel Tresmontant nous raconte le succès grandissant du saucisson à l’heure du Covid. Cette gloire de la charcuterie française tire profit de notre besoin de confinés de résister à l’ambiance glauque par des apéros soignés. Et puisque certains des meilleurs saucissons sont corses, crions ensemble : « Vive l’Empereur ! »

On a cassé la république: 150 ans d'histoire de la nation

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Pour Napoléon

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Chauve qui peut!

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Bruce Willis © SB2/ZOB/WENN.COM/SIPA SIPAUSA31203821_000003

La victimisation tourne au grotesque. Le média ultra-progressiste Brut vient de découvrir une nouvelle discrimination. Selon l’écrivain Julien Dufresne-Lamy, l’homme chauve serait, lui aussi, une victime.


Vous redoutez un grand déclassement de la France de l’après Covid? Vous aimeriez que l’on festoie dignement le bicentenaire de la mort de Napoléon Ier? Ou encore, votre cœur saigne à chaque manifestant froidement assassiné par la junte birmane? Éteignez-tout, le vrai problème est ailleurs…

Dans une interview pour Brut, Julien Dufresne-Lamy, ancien étudiant à l’École normale supérieure de Lyon, revient sur son « traumatisme », et déplore que « les gens aujourd’hui ne considèrent pas ça comme une violence, comme une blessure ». Il y aurait donc plusieurs dizaines de millions de « traumatisés » en France, il faudrait demander aux rescapés du Bataclan ce qu’ils en pensent. Car la calvitie n’a rien de marginal: un quart des hommes de France était concerné par cette « violence » en 2015, selon l’IFOP, un tiers chez ceux de plus de 65 ans. Pis que ça: trois Français sur quatre non atteints de calvitie déclarent perdre leurs cheveux, un taux qui a grimpé en flèche par rapport à 1990 (44%)

Je ne me baigne plus pendant dix ans

Bientôt une épidémie de chauves? Ce sera sans Julien: « le chauve reste toujours un sous-homme, en tous cas il ne représente pas la puissance masculine », assure notre Caliméro blessé dans son égo depuis ses 22 ans. Ce jour-là, il réalise « cette vérité-là avant d’aller à la fac »: son caillou se clairsème. « Une conséquence des excès de jeunesse ou de la conception de grandes pensées », analysa Flaubert, qui déplora son alopécie précoce à trente ans auprès de son ami de jeunesse, le magistrat Ernest Chevalier en ces termes: « tu me dis que tes cheveux blanchissent, les miens s’en vont. Tu retrouveras ton ami à peu près chauve. La chaleur, le turban, l’âge, les soucis peuvent bien être la cause de cette sénilité précoce du plus bel ornement de ma tête ». Il publia Madame Bovary quelques années plus tard.

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Pour sa part, Julien Dufresne-Lamy a décidé de prendre les devants dès sa jeunesse normalienne: il passe alors 30 à 45 minutes tous les matins à se mettre du gel, il évite les stations de métro ventées et, plus étrange, il ne se « baigne plus pendant dix ans »! Si vous vous attendez à voir un Michel Blanc, un Louis de Funès ou, Mesdames, un Bruce Willis ou même un Sean Connery -lequel portait une perruque pour incarner James Bond- vous serez déçu. Julien n’est pas chauve du tout, il s’est fait faire des implants capillaires. « En fait, j’ai remédié à ce problème », admet-il un peu gêné, « pour ne plus avoir la silhouette du chauve désigné », argue-t-il.

Une victimisation qui défrise!

Rappelons à notre grand écorché que chaque année, plus de 150 000 personnes meurent d’un cancer en France, et que pour cela il n’y a pas de « remède ». Ce qui ne l’a pas empêché de relater ses malheurs dans Antichute, un récit que vient de publier Flammarion. Alors qu’il peut se prévaloir d’avoir déjà dix romans à son actif, l’écrivain nombriliste risque-t-il de laisser des plumes dans cette sortie médiatique? Après une avalanche de commentaires pour le moins sans empathie, et pour certains franchement hostiles à son égard sur la page Twitter de Brut, le magazine a fait disparaître le tweet relayant l’entretien. Julien Dufresne-Lamy semble envier les cheveux crépus d’Alexandre Dumas, la crinière de Samson -peut-être même se rêve-t-il en chevalier bellâtre aux cheveux longs courtisant dames de bonne famille avec des poèmes au Moyen-Âge. Qu’il nous ponde donc un roman sur ce sujet! Les sanglots narcissico-victimaires en public ne sont qu’un symptôme de plus de l’affaissement de notre société. Il ne manquait plus que les chauves s’y mettent…

Antichute: Une histoire de cheveux

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Réforme électorale aux USA: les Démocrates scellent leur pouvoir dans le marbre

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Le Démocrate Raphael Warnock soutient le projet de loi de réforme électorale dit « HR1 » © Nathan Posner/Shutterstock/SIPA Numéro de reportage : Shutterstock40832463_000014

Le parti républicain menacé d’être définitivement hors jeu


Le projet de loi de réforme électorale dit « HR1 » (ou encore « Loi Pour le Peuple 2021 »), a passé le cap de la Chambre des Représentants début mars[tooltips content= »https://www.congress.gov/bill/116th-congress/house-bill/1″](1)[/tooltips]. Selon le sénateur républicain Ron Johnson, HR1 détruirait pour toujours les conservateurs et le parti républicain. Le projet élargit en effet considérablement les options pour voter par correspondance ou en avance. Il affaiblit en proportion les contrôles d’identité. Les Démocrates y voient une chance pour les minorités de se faire entendre.

C’est peu dire que si HR1 était votée par le Sénat, les prochaines élections déboucheraient probablement sur des allégations d’irrégularités électorales encore plus nombreuses que celles qui ont émaillé l’élection présidentielle de 2020…

Lobbies progressistes

Le projet de loi HR1 ou « For the People Act 2021 », une première fois voté par la Chambre en 2019 mais rejeté par un Sénat à l’époque majoritairement républicain, et réintroduit en 2021 par le député démocrate John Sarbanes, est soutenu par une série de lobbies progressistes, sans but lucratif, qui disposent de moyens considérables. Si HR1 était voté au Sénat, il légaliserait, au niveau fédéral, plusieurs mesures d’élargissement des conditions de vote décidées par plusieurs Etats dont la Pennsylvanie en 2020 pour « s’adapter » à la pandémie de Covid-19.

A lire aussi: Election de Biden: c’est casher mais ça pue!

Débattu à la va-vite (seuls 56 amendements ont été soumis au vote dont seulement 7 amendements républicains) et voté à la hussarde le 3 mars à la Chambre (220 Démocrates ont voté pour et un contre ; 210 Républicains ont voté contre et deux se sont abstenus), HR1 contient des dispositions très contestées : la possibilité dans tout le pays de s’inscrire en ligne avec des vérifications minimales (« nationwide online voter registration »), un amendement prévoyant l’inscription des jeunes de 16 et 17 ans à l’avance s’ils le souhaitent (ils devraient avoir 18 ans seulement le jour de l’élection), le vote anticipé permanent, pas ou peu de vérification des signatures en cas de vote par correspondance ou par procuration, la légalisation de l’obscure « récolte » des bulletins de vote, et le droit de vote accordé aux criminels à l’issue de leur peine. Toutes mesures favorables aux Démocrates. En outre, selon la Public Interest Legal Foundation, si HR1 devenait loi, « des millions de non-citoyens américains pourraient voter sans risque de se faire prendre ».

Atteinte à la liberté d’expression

L’Etat fédéral prendrait en charge une grande partie du processus électoral actuellement aux mains des différents Etats et la Commission électorale fédérale (FEC) serait transformée en une entité plus dépendante de la majorité en place (actuellement démocrate) et non plus bi-partisane (démocrates-républicains) comme c’est le cas actuellement.

Si les Démocrates arguent que HR1 facilite l’accès aux élections pour les minorités, réduisant ainsi les profondes inégalités qui persistent dans le système démocratique américain, le bouillant sénateur Ted Cruz (Texas) craint que les Démocrates ne s’assurent ainsi leur réélection « pour cent ans » (sic). Rodney Davis (Ilinois), Républicain en pointe sur ces sujets, estime que la Loi « attaque le droit à la liberté d’expression garanti par le premier amendement et finance publiquement les campagnes des membres du Congrès en utilisant l’argent des entreprises ». Le sénateur républicain Mitch McConnell, pourtant ami personnel de Joe Biden et persuadé que les récentes allégations de fraude étaient pur mensonge, a déclaré : « HR1 est le projet démocrate pour prendre le contrôle de toutes les élections américaines. »

Vérification d’identité

Dans l’œil du cyclone lors de l’élection de 2020, la Géorgie, gouvernée par les Républicains, a, entre-temps, resserré la vérification de l’identité des électeurs au nom de la transparence et de la lutte contre la fraude. La Géorgie exigera par exemple une photo ou une pièce d’identité approuvée par l’État pour voter par correspondance (ce qui vu d’Europe paraît le b.a.-ba). La loi géorgienne exige également que les boîtes de dépôt de bulletins sécurisées soient placées dans les lieux de vote anticipé, avec une surveillance constante et non plus « abandonnées » sur des parkings de supermarché…

Le sénateur américain nouvellement élu de Géorgie, le démocrate Raphael Warnock (rejoint par Joe Biden lors de sa première conférence de presse), a osé comparer ces mesures, frappées du bon sens, aux « lois Jim Crow sous de nouveaux habits »[tooltips content= »https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/mar/18/raphael-warnock-senator-condemns-voter-suppression. »](2)[/tooltips] lesquelles empêchaient les Noirs de voter juste après l’abolition de l’esclavage en 1867. Il a déclaré au Sénat : « Depuis l’élection de janvier, quelque 250 projets de loi de suppression des électeurs ont été introduits par les parlements des États, dans tout le pays, de la Géorgie à l’Arizona, du New Hampshire à la Floride en utilisant le grand mensonge, la fraude électorale, comme prétexte pour la suppression des électeurs. » Plusieurs CEO de multinationales américaines telle Coca-Cola se sont émus également des décisions de la Géorgie, arguant qu’elles sanctionnent surtout la minorité noire. Des dirigeants noirs d’entreprises américaines, comme Kenneth Frazier de la société pharmaceutique Merck, ont appelé d’autres CEO à condamner la loi.

A lire aussi: Après avoir vérifié tous les dires de Trump, le « Washington Post » ne veut plus examiner ceux de Biden

Il est vrai que de nombreux électeurs potentiels noirs américains n’ont pas de carte d’identité mais au lieu de faire en sorte que les minorités disposent davantage de moyens de prouver leur identité, les Démocrates préfèrent ouvrir les vannes… Ils espèrent également que des immigrés illégaux, qu’ils entendent légaliser en grand nombre d’ici 2024, et qui disposent souvent d’un permis de conduire, puissent voter. Ce type de tolérance a largement avantagé les Démocrates lors des dernières élections de 2020. Le vote par correspondance par exemple (100 millions en 2020 au lieu d’environ 30 millions en 2016) était acquis davantage aux Démocrates. Selon un sondage national YouGov/The Economist publié le 14 octobre 2020, 68 % des Américains qui avaient déjà voté pour l’élection de novembre avaient déclaré avoir voté pour Joe Biden, contre 29 % qui avaient voté pour Donald Trump[tooltips content= »https://www.forbes.com/sites/tommybeer/2020/10/14/democrats-dominating-early-voting-in-2020-election/?sh=1d60f5ed1715″](3)[/tooltips].

« Corruption politique »

Le 31 mars, le Comité national républicain (RNC) et le Comité sénatorial national républicain (NRSC) ont lancé des campagnes publicitaires contre le « coup de force » démocrate en espérant bloquer « For the People Act » au Sénat, puisque si les Républicains utilisent la « flibuste » (ou « obstruction parlementaire » qui fait le sel du système parlementaire américain[tooltips content= »https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210321-la-flibuste-l-arme-d-obstruction-syst%C3%A9matique-au-s%C3%A9nat-dans-le-viseur-de-joe-biden »](4)[/tooltips]), il faut une majorité des deux-tiers pour l’arrêter, soit 60 sénateurs/100 (les Démocrates disposent de 50 sénateurs/50).

Une des publicités financées par le NRSC, intitulée « Power Grab » (saisir le pouvoir), martèle : « Le coup de force de Washington. Vous l’avez déjà vu [en 2020]. Mais les Démocrates préparent le plus grand coup jamais vu. Pelosi (speaker de la Chambre, ndlr), Schumer (chef du groupe démocrate au Sénat, ndlr) et Warnock veulent utiliser l’argent de vos impôts pour financer leurs publicités politiques, et ils laissent les gens s’inscrire et voter sans montrer la moindre pièce d’identité. C’est de la corruption politique. Arrêtez l’accaparement ! Arrêtez la fraude ! Arrêtez la loi Warnock-Pelosi maintenant ! »

La population américaine semble d’ailleurs soutenir les vérifications d’identité. Selon l’association partisane Honest Election Project, les électeurs de Joe Biden sont favorables à la vérification de l’identité de l’électeur à 62%, les Noirs Américains sont pour à 64% et les Hispaniques à 78%.

On le voit : loin de vouloir améliorer l’efficacité d’un système électoral bancal, les Démocrates tendent à le rendre encore plus perméable à la fraude. Certains Républicains craignent, à juste titre, que tout cela empêche de revoir, avant très longtemps, un président républicain dans le bureau ovale.

Déficits: le déni français

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Emmanuel Macron au débat BFMTV/CNews, 4 avril 2017 © LIONEL BONAVENTURE-POOL/SIPA Numéro de reportage : 00801028_000014

Il y a quatre ans, le 4 avril 2017, se tenait le premier débat télévisé des onze candidats à la présidentielle. La France était déjà en faillite, mais aucun d’entre eux n’avait osé dire la vérité aux Français. Un terrible déni planait déjà sur le pays.


Ce jour-là, deux chaînes d’info, BFMTV et CNews, associées pour l’occasion, avaient mis les petits plats dans les grands. Au départ : une bonne idée. À l’arrivée : un concours de promesses démagogiques de candidats faisant assaut de complaisance devant leurs concitoyens. Résultat : ce premier débat contradictoire entre les onze, comme d’ailleurs le suivant, le 20 avril sur France 2, et comme le précédent, le 20 mars sur TF1, qui avait réuni les cinq candidats les plus « importants » (Macron, Le Pen, Fillon, Mélenchon et Hamon), n’aura pas fait avancer d’un pouce la connaissance des électeurs de la situation réelle de leur pays. Dix années de sarkozisme et de hollandisme étaient en train de se terminer avec au bout du bout un constat extravagant : une augmentation de la dette publique de 1 000 milliards d’euros. 

Comment nos pauvres électeurs déjà assommés par une massive et lancinante propagande étatique auraient-ils pu voter en connaissance de cause alors qu’à cette époque le pays devait supporter un déficit annuel de 75 milliards d’euros et emprunter 200 milliards chaque année pour arriver à payer les intérêts de sa dette gigantesque – 2 800 milliards aujourd’hui –, les retraites de ses fonctionnaires et obligés, et alimenter le puits sans fond de ses dépenses publiques et de sa distribution aveugle d’avantages sociaux et de cadeaux électoraux ? Ce 4 avril 2017, donc, à côté des cinq « candidats majeurs », on trouvait six prétendants « mineurs » que les sondages situaient dans une fourchette de voix de 0 à 3 %, deux à l’extrême gauche – Philippe Poutou et Nathalie Artaud –, trois énarques souverainistes, anciens hauts fonctionnaires – Jacques Cheminade, François Asselineau et Nicolas Dupont-Aignan –, et un « marcheur » populiste occitan – Jean Lassalle –, la plupart d’entre eux étant europhobes, alors qu’on venait de fêter dans toute l’Europe, le 25 mars précédent, les 60 ans du Traité de Rome.

Une comparaison dégradante pour la France

Sur onze candidats, hormis Macron et Fillon qui apparaissaient comme les plus crédibles, nous en comptions donc neuf, aussi démagogues les uns que les autres, extrémistes, irresponsables ou utopistes, tous distributeurs à tout-va de milliards empruntés, promettant monts et merveilles, et même la lune. Écrasée sous un chômage massif, la France avait alors presque autant de salariés protégés, de fonctionnaires et de chômeurs, 14 millions, que de salariés occupant un emploi marchand, 16 millions. En comparaison, le Royaume-Uni bénéficiait alors de 26 millions d’emplois marchands, soit 10 de plus ! Une comparaison dégradante pour la France entre deux pays d’une population comparable, l’un étouffé et suradministré par ses technocrates surdiplômés, incompétents mais bouffis d’importance, et l’autre géré par son élite libérale. 

Deux candidats seulement, semblaient donc être conscients des réalités, François Fillon, le représentant de la vieille droite classique, couturé de partout et à qui on avait coupé les ailes « en plein vol » avec une sordide affaire montée de toutes pièces,, et Emmanuel Macron, le porte-drapeau de la jeune gauche bobo techno, soutenu à fonds perdus par une coterie financière aux poches pleines. Aucun des deux ne dira la vérité aux Français : Fillon, parce qu’il avait été au pouvoir pendant cinq ans sous les ordres d’un président qu’il s’interdisait de critiquer en public de peur d’être associé au très mauvais bilan de son quinquennat, et Macron, pour à peu près les mêmes raisons, parce qu’il lui aurait fallu mettre en cause frontalement son bienfaiteur auquel il devait sa carrière politique ainsi qu’un poste de ministre de l’Économie qui lui avait permis de se faire connaitre. 

Suppression de l’ENA: le dossier finit en eau de boudin

Du moins, Macron était presque tout neuf, contrairement à Fillon, traînant avec peine une casserole bruyante. Et d’ailleurs, globalement, il est plus jeune, plus malin, plus intelligent, plus vicieux, plus fin, en un mot plus serpent que tout le monde, sauf que, comme les autres, il fait lui aussi des promesses, beaucoup de promesses, et annonce des jours meilleurs, des rayons de soleil partout et un avenir rose et brillant pour chacun sous le parapluie de sa protection étatique juvénile. On voit bien aujourd’hui à quel point les réformes qu’il avait imaginées, annoncées et soi-disant préparées n’étaient finalement que du pipeau électoral, à commencer par la suppression de l’ENA dont le dossier a fini en eau de boudin, ou la fausse suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) transformé en impôt sur la fortune immobilière.

Lorsque Roger Douglas en Nouvelle-Zélande, John Howard en Australie, Jean Chrétien au Canada ont voulu vraiment réformer leur pays, ils ont fait de la pédagogie auprès de leurs électeurs en commençant par leur dire la vérité. Ils ont expliqué pourquoi il fallait le réformer, ce qu’ils voulaient faire, quels efforts ils allaient demander à leurs concitoyens et quel était le but qu’ils voulaient atteindre. En France, rien de tout cela. Le déni est entretenu vaille que vaille. On ne parle pas de ce qui fâche, ce qui a pour conséquence que les gens sérieux ne veulent pas ou n’osent pas se lancer dans une arène encombrée de grandes gueules irresponsables, de démagogues professionnels rouges, roses, verts ou noirs et de populistes subventionnés. 

Voilà pourquoi, et depuis longtemps, les Français n’ont plus conscience des réalités. Un sondage avait d’ailleurs confirmé cette dangereuse tendance. Réalisé par OpinionWay les 1er et 2 mars 2017 pour le compte du « Printemps de l’économie », il témoignait du gouffre qui séparait déjà les citoyens des candidats les plus sérieux à l’élection présidentielle. À la question de savoir sur quels enjeux un candidat devrait d’abord les convaincre de voter pour lui, les trois premières réponses ne concernaient que le social : 59 % l’emploi, 51 % la protection sociale et 48 % le pouvoir d’achat. L’économie était loin derrière, avec 32 % pour la dette et les déficits et 31 % pour la compétitivité du pays. Concernant leur adhésion aux propositions économiques des candidats, les Français mettaient en premier, avec 78 % d’opinions favorables, l’une des plus farfelues : plafonner les hauts salaires… Comme quoi la démagogie des politiciens finit toujours par avoir un effet de contamination ! Quand on leur demandait quel était le programme qui répondait le mieux à leurs préoccupations, c’était celui de Marine Le Pen qui arrivait en tête avec 32 %, loin devant trois ex aequo, Macron, Fillon et Hamon, à 19 %. À pleurer !

L’implacable incompétence de nos hauts fonctionnaires

Avec Macron, on voit ce qu’il en est aujourd’hui, la pandémie ayant ajouté de la terreur à la tragédie humaine et au drame économique, lequel continue de se développer, sans queue ni tête, empilant des centaines de milliards d’euros d’emprunts supplémentaires aux centaines de milliards dilapidés pendant les années antérieures en raison de l’implacable incompétence de nos hauts fonctionnaires, ministres et présidents passés par l’ENA – 10 présidents et Premiers ministres depuis 1984 –, qui ont complètement phagocyté tous les leviers du pouvoir, pour finir par ruiner le pays. Ils ne sont même pas capables d’imaginer une seconde ne serait-ce que donner délégation à des managers expérimentés du privé pour (mieux) faire le boulot à leur place. Là aussi, la comparaison avec le Royaume-Uni nous ramène plus bas que terre. À Londres, pour la gestion des vaccins, une étroite collaboration entre l’État et le secteur privé, entre scientifiques, industriels et gouvernement a été établie dès le départ et à tous les niveaux sous la direction d’un ancien patron du groupe pharmaceutique Glaxo-SmithKline, Sir Patrick Vallance, et d’une brillante dirigeante issue du secteur du capital-risque, Kate Bingham. 

Une folie administrative en plein délire

Lorsqu’Emmanuel Macron du haut de sa tour d’ivoire élyséenne annonce le 31 mars dernier la mise en place de nouvelles mesures de restriction pour tout l’Hexagone, il déclenche un concert de couacs dans son entourage et relance la machine administrative infernale au point que sur le site de Matignon qui a mis en ligne une « foire aux questions » répertoriant toutes les attestations, règles et obligations en vigueur, le document fait maintenant 74 pages ! Terrible bilan, hélas provisoire, d’une dictature de la paperasse qui n’a plus de limites et d’une folie administrative en plein délire ! 

Le président est-il conscient qu’il vit dans une sorte de stratosphère détachée des réalités ? Dans son adresse au peuple, justifiant ses choix de n’avoir pas voulu précédemment confiner strictement  les Français, il leur déclare sans ciller : « Nous avons gagné par ces choix des jours précieux de liberté, des semaines d’apprentissage pour nos enfants, nous avons permis à des centaines de milliers de travailleurs de garder la tête hors de l’eau sans jamais perdre le contrôle de l’épidémie », s’enorgueillissant ainsi à vil prix et avec une arrogance mal placée. Remerciant ses concitoyens d’avoir adhéré à ses décisions, il ajoute que « croire en la responsabilité des Français, ce n’est jamais un pari », alors que ce serait plutôt le contraire : pour ses concitoyens à bout, écœurés et traumatisés par 26 ans de Mitterrand et de Chirac, 10 ans de Sarkozy et de Hollande et 4 ans de Macron, c’est croire en la responsabilité des dirigeants du pays qui est aujourd’hui un pari.