Qu’ont donc fait les enfants de notre République pour mériter que la rue de Grenelle leur jette encore un mauvais sort avec le projet des nouveaux programmes d’histoire ?

Lundi dernier, notre sirène nationale, Najat Vallaud-Belkacem est venue bercer Jean-Jacques Bourdin et les auditeurs de RMC de son chant envoûtant : « Non, l’enseignement des langues anciennes n’est pas menacé mais au contraire renforcé. Oui, on baigne dans la désinformation la plus complète, etc. »

Avis aux professeurs de lettres et aux intellectuels engagés pour la défense des humanités (Régis Debray, Marc Fumaroli). Vous faites de la désinformation, vous véhiculez de fausses rumeurs. Bref, vous êtes des menteurs, voici donc en substance le message transmis par Madame le ministre de l’Education nationale vous concernant. Nul doute que vous saurez la remercier comme il se doit pour l’extrême amabilité dont elle fait preuve à votre égard.

Et maintenant, le projet des nouveaux programmes d’histoire concocté par le Conseil supérieur des programmes et qui vient d’être rendu public sur le site du ministère de l’Education nationale.  Pour flatter le féminisme de Najat Vallaud-Belkacem, il faut relever la place accordée aux femmes dans le langage utilisé ; on ne parle pas dans les intitulés du programme de 3e des « Français » mais « des Françaises et des Français ».

Parlons plutôt du fond. Une distinction est faite entre les thèmes à aborder obligatoirement et les thèmes laissés au libre choix de l’enseignant. Tout ceci pourrait être réjouissant si le choix à la fois de certains thèmes et de ce qui est imposé ou non n’était pas proprement hallucinant !  Signalons au passage que l’Egypte ne devant plus figurer au programme de 6e, ces classes ne connaîtront des pyramides que celle de l’entrée du musée du Louvre.

Prenons pour exemple, le programme de 4e, dont la domination de l’Europe sur le monde constitue le leitmotiv, l’étude de la traite négrière est obligatoire mais pas celle des sociétés des Lumières.

Mais surtout, ce sont les élèves de 5e qui se verront enseigner une histoire du Moyen-Âge très particulière, où l’étude de l’islam sera obligatoire et celle du christianisme, optionnelle (non, je n’invente pas) ! De plus, celui-ci ne sera pratiquement abordé que dans le chapitre « une société rurale encadrée par l’Eglise ». Les cathédrales ayant, me semble-t-il, été érigées dans les villes et non dans les campagnes, elles n’auront donc plus leur place dans le programme de 5e !

Jean-Jacques Bourdin, vous qui aimez poser les questions qui fâchent, n’omettez pas, la prochaine fois que vous inviterez Mme Najat Vallaud-Belkacem, de lui poser la question suivante : « pourquoi au collège, en cinquième, sera-t-il obligatoire pour un enseignant d’aborder l’islam mais pas le christianisme? »

Est-ce pour prémunir nos collégiens du danger que représente l’islamophobie que le Conseil supérieur des programmes propose cette nouvelle mouture ?

Ce programme d’histoire de cinquième est un pas symbolique mais décisif dans l’esprit de « soumission » qui commence à animer nos gouvernants et certaines de nos élites qui ne voient pas d’inconvénient à faire de l’islam l’héritage principal de notre civilisation, les héritages gréco-romain et judéo-chrétien risquant, à terme, de devenir de purs accessoires. Le problème est que l’Andalousie et son magnifique patrimoine arabo-islamique sont géographiquement éloignés et que nos chers élèves n’auront pas d’autre choix que de visiter avec leurs professeurs d’histoire-géographie les mosquées de Seine-Saint Denis, qui n’ont pas encore le privilège de figurer parmi les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

*Photo : wikicommons.

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