Depuis sa mort, Philippe Muray est dans une santé éclatante. Comme toujours. Plus que jamais. D’une foulée joviale, féroce et détendue, il gravit quatre à quatre les marches de la gloire. Il écoute d’une oreille distraite les trompettes de la renommée en continuant tranquillement à fumer son cigare. Terrassés par son verbe, l’animal médiatique et la bête universitaire, ses deux antiques ennemis, s’agenouillent l’un après l’autre à ses pieds. Il leur tend sa main auguste afin d’y recevoir avec longanimité leurs tardifs baisers. Mais quand personne ne regarde, il se départit un instant de la noblesse qui est de mise dans les contrées éternelles et en profite aussi tout de même pour leur filer quelques baffes ou leur enfoncer cruellement un doigt dans l’oreille.
Muray ne se trompait pas lorsqu’il disait à Mark Greene ou à Dominique Noguez, quelques mois avant sa mort : « Moi, je vais bien : c’est la mort qui va très mal. » Après les multiples ouvrages consacrés à son oeuvre en 2011, 2012 est encore une année faste pour lui.

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