Les petits arrangements de la gauche avec la vérité dans le 5e arrondissement


Avez-vous vu hier soir le débat entre Florence Berthout et Marie-Christine Lemardeley sur France 3 ? Non ? Normal, il n’a pas eu lieu. Annulé à la demande de la candidate d’Anne Hidalgo dans le 5e arrondissement de Paris qui a estimé que c’était un « guet-apens » ourdi par le maire sortant, à la tête de la Liste d’union de la droite et du centre. Accusée d’avoir menti en annonçant un rendez-vous télévisé qui n’aurait jamais été programmé, le maire du 5e, Florence Berthout, a dû produire les échanges de textos avec France Télé pour prouver que le mensonge provenait du camp adverse. Voilà pour l’ambiance, en cette dernière semaine de campagne à l’ombre des grands hommes du Panthéon ; et une belle leçon de démocratie donnée par l’Hôtel de Ville.

Ce débat aurait pourtant eu quelque intérêt car les Parisiens semblent souvent ignorer que ce scrutin a une particularité : c’est une élection à trois tours. Les premier et deuxième sont ouverts au commun des mortels muni d’une carte d’électeur, et le troisième est réservé aux maires d’arrondissements fraichement (ré)élus. Ce sont eux qui élisent directement le maire de la capitale. Voulez-vous reconduire Hidalgo ? Votez pour un candidat de gauche ou écolo. Voulez-vous goûter à d’autres joies urbaines que celles du vélo et des pique-niques ?  Votez pour un candidat de l’opposition (il en reste encore quelques-uns).

Il faut dire que la candidate de la Ville aurait eu du mal à dézinguer le bilan de la mandature qui s’achève dans le 5e pour une simple raison : il est bon ! De l’aveu-même de certaines personnalités de gauche… L’ouverture d’un foyer d’hébergement pour les femmes à la rue, la protection dans le plan local d’urbanisme des commerces de proximité, une programmation culturelle florissante (Florence Berthout préside aussi le FRAC Ile-de France) comprenant notamment la préemption des locaux vacants pour les métiers du livre, de nouvelles lignes de bus, sans parler de la décision d’alimenter les cantines scolaires avec 75% de produits bio issus de la filière courte, permettant de valoriser directement une douzaine de paysans et de maraîchers. Si elle était élue, Mme Lemardeley rabaisserait cette proportion à 50% car Mme Hidalgo souhaite que tous les écoliers de la capitale mangent à la même enseigne : 50% bio-50% grande distribution. Cette centralisation de la caisse des écoles, jusqu’ici chasse-gardée de chaque maire d’arrondissement, n’est pas du goût des parents. 

Refuser de débattre du bilan du maire sortant, c’est comme refuser de noter Florence Berthout en contrôle continu, (alors que c’est sur cette base que les lycéens obtiendront leur bac cette année) ! Une curieuse vision des choses quand on sait que Marie-Christine Lemardeley est une « spécialiste » de l’éducation, adjointe au maire de Paris chargée de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante. Mais il y a peut-être une autre raison : accepter de débattre signifiait aussi pour elle de défendre le bilan d’Anne Hidalgo (saleté, pollution, embouteillages, absence de politique patrimoniale, achat au prix fort de logements dans les beaux quartiers – donc moins d’unités – à des fins sociales etc.)

Il est en tout cas un rendez-vous qu’elle ne pourra pas annuler, c’est celui avec les électeurs, ce dimanche 28 juin.

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