Arguant de leur réelle détresse, Médecins sans frontières invite la France à accueillir sur son sol des milliers de mineurs isolés. MSF semble oublier que l’Etat n’a plus de moyens, et passe dans le plus grand des silences la criminalité qui s’organise autour de ce phénomène, tant au départ qu’à l’arrivée.


Médecins sans frontières (MSF) vient de publier un rapport édifiant sur le sort des mineurs isolés ou non-accompagnés. Un rapport poignant par la détresse qui se dégage des témoignages recueillis sur le terrain. Une synthèse à lire pour constater le retour en force de la violence la plus abjecte à quelques pas de l’Europe.

L’on est mis au fait des tortures et des viols pratiqués sur les candidats à l’immigration par les milices libyennes. L’on est confronté à des scènes terribles où des noirs sont revendus par des trafiquants arabes. L’on apprend, les yeux écarquillés, que des convois comportant jusqu’à 32 pick up remontent le désert du Niger avec leur « charge » humaine (le tout en pleine opération Barkhane…). Tout cela doit cesser. 

40 000 individus en 2018

Or, MSF recommande autre chose: toute la prose est dirigée aux autorités françaises qui sont intimées d’accueillir tous les mineurs (moins de 18 ans) et tous les jeunes (plus de 18 ans). On parle de 40 000 individus pour la simple année 2018. Accueillir signifier donner l’accès à l’Aide Sociale à l’Enfance, offrir un logement, un parcours de santé mentale, une aide à l’intégration. MSF feint d’ignorer que la France a changé, qu’elle est sortie des Trente Glorieuses il y a longtemps déjà. MSF passe outre le fait que les caisses sont vides et que l’État est en faillite. Les recommandations sont émises « hors sol » comme si la France n’avait pas accueilli des millions d’étrangers au nom du devoir de solidarité.  

Aucun mot non plus pour les victimes de ces dizaines de mineurs isolés qui volent et agressent. Rien sur le calvaire des habitants du 18e, de Barbès ou du centre-ville de Montpellier. Doit-on organiser des tours pédagogiques dans les villes françaises à l’intention des humanitaires ? Ou doit-on simplement leur faire parvenir la synthèse quotidienne des faits divers ? Est-ce que le Ministère de l’Intérieur est une source digne de confiance ou doit-on faire passer cette liste au crible des agences de lutte contre les fake news ? Sincèrement, je ne suis même pas sûr que cela serve à quelque chose car le progressiste refuse de considérer les conséquences négatives de ses préconisations. Il est « victime » d’un blocage. Il ne veut (et ne peut pas) admettre que parmi les « réfugiés » se faufilent des criminels et des gens malintentionnés. Il ne « sait » pas que des terroristes ont été infiltrés parmi les réfugiés de l’année 2015. Il n’est peut-être même pas au courant que des innocents ont été massacrés au Bataclan par des gens venus d’ailleurs. Le progressiste est irresponsable.

MSF n’a que faire des autochtones

Les victimes des agressions et des « incivilités » sont effacées. Elles n’ont qu’à se taire au nom du devoir de solidarité. Leur traumatisme (voire leur invalidité permanente) n’intéresse pas les humanitaires. Cette indignation sélective est un « marqueur » de la pensée progressiste. Elle doit servir à nous déniaiser pour ne pas tomber dans le piège de la culpabilisation : les progressistes ne sont pas mieux que nous, ils ne sont pas plus humanistes que nous, ils font le tri entre les « bonnes » et les « mauvaises » victimes, c’est tout.

MSF, à juste titre, exige des préfets l’application stricte du dispositif légal de protection de l’enfance. Ils pourraient en profiter pour exiger le respect des frontières, non ? Car traverser les frontières illégalement est un délit. Il y aurait donc des lois utiles (celles qui promeuvent la solidarité) et des lois inutiles (celles qui préservent la souveraineté). Cela revient à détricoter l’État de Droit, notre bien commun à nous tous.

Nécessité d’une collaboration sud-sud

Pire, on semble oublier la loi naturelle. Après tout, un enfant ou un adolescent doit être sous la tutelle de ses parents et de son pays d’origine. Il n’est pas censé être à la merci de mafiosi et de trafiquants d’être humains. Il faudrait donc s’interroger sur ce qui se passe dans les pays émetteurs dont plusieurs ne sont pas en guerre comme la Côte d’Ivoire et la Guinée Conakry. Est-ce qu’un problème familial à Bamako, Bangui ou Kaboul doit obligatoirement se traduire par la traversée de 4000 km de désert en direction de la France ? En d’autres termes, les élites du sud ne doivent pas échapper à leurs responsabilités. Elles n’ont pas à exporter leurs problèmes. Ce n’est pas la première fois que des familles se déchirent ou que des événements malheureux se produisent, il faut gérer les crises localement et non pousser les gens au départ au péril de leur vie.

Qu’en est-il de l’Union Africaine, de la Ligue Arabe et de l’Organisation de la Coopération Islamique ? Que font ces organisations devant le martyre des candidats à l’immigration ? On parle quand même de viols de masse et d’esclavage. Est-ce que ce genre de problème ne peut pas être réglé entre pays islamiques, au sein d’une collaboration sud-sud ?

Complexe de supériorité

Derrière les bons sentiments des humanitaires se cache l’ultime relique de l’européocentrisme. L’homme blanc se sent responsable de tout ce qui se passe au-delà de ses frontières. Après avoir colonisé (pour civiliser disait-on à l’époque), il a imposé l’aide au développement. Ça n’a pas marché. Ensuite, il est revenu à la charge avec le développement durable et les objectifs du millénaire. Nouvel échec. Il ne lui reste plus qu’à déplacer le sud vers le nord. Tel un demi-Dieu, un Hercule 2.0, l’homme blanc se croit capable de remblayer le détroit de Gibraltar et d’ouvrir la mer selon les besoins des passeurs.

Le transfert de la jeunesse (voire de l’enfance) africaine serait le dernier recours, l’ultime tentative pour sauver des « grands enfants » incapables de s’en sortir sans l’aide de l’Européen. Au lieu d’aller distribuer des sacs de riz sur les plages de Somalie, on veut répartir des kits de survie sur les rivages de Calais et des Baléares. En filigrane, se dessine le même complexe de supériorité et la même volonté d’ingérence. 

Combattre les mafieux et les passeurs

Le monde a changé. L’Europe n’est plus le centre de la planète. L’Européen n’a plus le monopole du savoir ou de l’intelligence. La Chine est revenue, les pays émergents font désormais jeu égal avec l’Union Européenne à plus d’un titre. Écoutons ce qu’ils ont à dire sur le sujet. Qu’ils prennent aussi leur responsabilité. Peut-être qu’un Chinois, un Indien ou un Coréen aura des choses à dire aux jeunes afghans, syriens et ivoiriens qui se jettent dans la Méditerranée. 

Ne ferait-on pas mieux d’aller chercher ces mafias et de les traduire en justice ? Prendre le problème à la racine. À l’instant où vous lisez ces quelques lignes, il y a un candidat à l’immigration en train de se faire fouetter par une brute épaisse dans une prison sordide au Sinaï, au Soudan ou dans le sud libyen. Quitte à dépenser l’argent que nous n’avons plus, il vaudrait mieux combattre le crime organisé chez lui. Éliminer ceux qui prospèrent sur la sueur et les larmes des migrants. 

Paroles sacrilèges lorsqu’on sait que nos propres gouvernements collaborent avec les ONG qui coordonnent le transfert des migrants avec ces mêmes trafiquants dont je viens de parler. Cela se passe en Méditerranée occidentale, de Malte à l’est à Almeria à l’ouest. Inutile de citer les noms de ces ONG, elles auront bientôt des rues et des places à leur effigie, si ce n’est déjà le cas.

Le rapport de MSF est disponible ici.

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