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La moule de la discorde

La moule de la discorde
Image d'illustration Paul Einerhand / Unsplash

Le 11 août dernier, une information cruciale est tombée sur les téléscripteurs: en Gironde, des restaurateurs ont offert à chaque consommateur de moules une pince en plastique, en forme de moule, pour manger… leurs moules.


Aussitôt, « la toile s’est enflammée ». Une photographie de l’objet, publiée sur la page Facebook de « Mr Mondialisation », a été relayée plus de 26 000 fois en trois jours. « Les » internautes écœurés se sont interrogés quant à l’utilité d’un tel objet, et dans la foulée ont proposé (ordonné) de boycotter ces restaurants écocidaires. 

20 minutes, « Sain et Naturel » (agréé par Ouest France, excusez du peu)… ont relayé l’indignation. 20 minutes a « sollicité le groupe qui gère le restaurant et les trois autres enseignes identiques ». Celui-ci n’a pas donné suite mais « plusieurs sources » ont confirmé que (sacrilège écologique) cette pince a bien été offerte aux clients du restaurant. Ce n’était hélas pas une fake news.

Sauf que, les fausses moules incriminées, outil de communication proposé par CCAG, aux conchyliculteurs et aux restaurateurs qui en ces temps moroses en ont bien besoin,  sont biodégradables, recyclables, compostables, désintégrables et tout et tout…  Elles répondent à la très exigeante norme EN 12342, norme naturelplast européenne des plastiques. En plus, l’encre à l’eau, utilisée pour les personnaliser et rappeler au consommateur l’identité du donateur, est sans métaux lourds, et agréée contact alimentaire. Alors, vraiment ! à quoi ça sert que Claude Cagnon (l’inventeur morbihannais de ce gadget), il se décarcasse ? 

La bonne nouvelle, c’est que toute cette écume n’a eu aucun effet sur la fréquentation des restaurants de moules offrant la moule bonus réutilisable à la maison, ni sur les commandes de CCAG. Cliquer, cliquer il n’en restera pas grand-chose !

La grande partie des consommateurs sait bien que dans les régimes où les restaurateurs n’ont plus le droit d’offrir une moule en plastique à leurs clients, il n’y a pas non plus beaucoup de moules dans les assiettes. 

Revenons aux choses sérieuses. Histoire d’être tranquille, j’ai immédiatement filé acheter deux paires de méduses. Parce que, dans le cadre de son opération #balancetonproduit, ce Mr Mondialisation « publie chaque jour une aberration plastique » et il serait bien capable d’avoir ces sandales dans son collimateur. Et, je dois avouer que, aberration ou pas, je ne tiens pas à m’écorcher les pieds quand je vais à la pêche aux moules, mollusques et autres décapodes.

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