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Matignon: pourquoi se contenter d’une femme?

Le regard libre d’Elisabeth Lévy

Matignon: pourquoi se contenter d’une femme?
Elisabeth Borne en février 2022 © Jacques Witt/SIPA

Exigeons une femme Premier ministre transgenre, voilée et noire!


Selon les journaux, le directeur de casting Emmanuel Macron n’avait toujours pas arrêté son choix mardi quant à son futur Premier ministre.

Ce dernier ne devra pas lui faire de l’ombre, bien sûr, et incarner le virage écolo de la « nouvelle ère » qui commence.

Parmi les noms qui se murmuraient dans Paris en début de semaine, Catherine Vautrin, Elisabeth Borne, Christine Lagarde ou même Nathalie Kosciusko-Morizet. Hier soir, sur Twitter, après ses exploits au ballon face à Manchester City, les internautes réclamaient Karim Benzema à Matignon. Mais il y a une condition que le joueur de Madrid ne satisfait pas ! En effet, Emmanuel Macron voudrait nommer une femme. C’est du moins ce que déclarait Clément Beaune, Secrétaire d’État aux Affaires européennes sur BFMTV, lundi.

Mais pourquoi donc se contenter d’une femme ? Pour cocher toutes les cases du progressisme, Emmanuel Macron devrait carrément nommer une femme transgenre, issue de la diversité, et souffrant de handicap. Et bien sûr, portant un voile islamique puisque désormais, il trouve que ça va très bien avec le féminisme

Une tendance lourde

Soyons honnêtes, cette instrumentalisation des femmes n’est pas l’apanage d’Emmanuel Macron. C’est la première chose qu’a dite Valérie Pécresse après sa nomination comme candidate au Congrès des Républicains. Je suis une femme, comme c’est moderne ! Anne Hidalgo a également essayé d’en jouer pendant la campagne. Et vous verrez que bientôt des femmes politiques ou leurs partisans nous expliqueront que leurs mauvaises performances s’expliquent par le machisme qui règne dans le monde politique…

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On peut évidemment nommer une femme à Matignon. Ce n’est bien sûr pas la nomination d’une femme qui pose problème en soi, mais cette affirmation que le président chercherait une femme par principe. C’est humiliant pour les femmes, et c’est d’ailleurs paradoxal, car si les femmes sont les égales des hommes – ce dont tout le monde est convaincu – pourquoi y aurait-il une façon féminine de gouverner ? Et c’est le même tarif si on nous disait qu’il faut nommer un Premier ministre noir, juif, musulman ou homosexuel. Dans cette optique où les gens sont regardés comme les représentants d’un groupe ou d’une communauté, ce n’est plus à la formation d’un gouvernement que nous assistons, mais bien à un casting.

« Envoyer un message »

De plus, les commentateurs nous disent qu’il s’agirait de « réparer une injustice ». Ce serait au tour des femmes, puisqu’il n’y a pas eu de Premier ministre femme dernièrement – ou de Premier ministre appartenant à l’une des autres catégories de la population susmentionnées.

Dans le cas qui nous occupe, ce qui est vraiment injuste, c’est que des hommes méritants ou talentueux seraient écartés par principe. Enfin, si vous privilégiez une catégorie parce que vous voulez « envoyer un message », le minimum serait de ne pas le dire. Soyez assurés que si c’est une femme ou un noir qui est nommé, tout le monde s’en rendra compte !

Le principe fondateur de la République, c’est l’universalisme – et la méritocratie qui en est le corollaire. Les gens occupent leur poste pour leur talent. S’agissant du choix du Premier ministre, il faut ajouter le critère des équilibres politiques. Il sera surtout intéressant de voir si Emmanuel Macron privilégie une personnalité marquée plutôt à droite ou plutôt à gauche. Que ce soit une femme ou un homme, on s’en fiche royalement. Les Français, dans leur sagesse, aussi. Sinon, Marine Le Pen ou Valérie Pécresse serait présidente de la République… ou même Anne Hidalgo !


Cette chronique a initialement été diffusée sur Sud Radio

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