Marine Le Pen. Photo: Hannah Assouline

De nombreux citoyens français affichent leur hostilité à la France et à ses mœurs. On leur demande de s’intégrer mais à quoi doivent-ils s’intégrer ? S’il existe une « culture de référence » en quels termes la définissez-vous ? Et que ferez-vous pour la défendre ?

Je veux promouvoir l’assimilation républicaine, plus exigeante que l’intégration qui, par son ambiguïté, laisse place à des communautés certes intégrées, mais séparées. Je ferai inscrire dans la Constitution que « la République ne reconnaît aucune communauté ». Ainsi, la laïcité pourra être étendue à l’ensemble de l’espace public et protégée par le Code du travail. Les chefs d’entreprise ne doivent plus être soumis à d’incessantes revendications religieuses.

Et puis, comment voulez-vous que des citoyens français d’origine étrangère soient tentés de s’assimiler, et même de s’intégrer d’ailleurs, dans la nation française quand un Emmanuel Macron proclame qu’il n’y a pas de culture française, qu’il n’y a pas d’art français, pire que la France aurait commis des crimes contre l’humanité ? Il faut d’abord en finir avec ce dénigrement de la France par ses élites mondialisées. Je ne veux plus de ces repentances d’État qui divisent les Français entre eux. Au contraire, je veux une France fière d’elle-même, de son histoire et de sa langue. Pour vivre pleinement sa citoyenneté, un citoyen français doit posséder la langue française. À l’école primaire, la moitié du temps d’enseignement doit être réservée au français. Je dis bien « au français », et non « en français », comme essayent de le faire croire mes adversaires. Par ailleurs, je supprimerai « l’enseignement des langues et cultures d’origine » (ELCO), qui enferme les enfants dans une démarche communautariste.

Enfin, le retour à la croissance et à l’emploi éliminera bien des frustrations, d’autant qu’il profitera en premier lieu aux Français quelles que soient leurs origines ou leur religion. En effet, j’aurai inscrit la priorité nationale dans la Constitution. Il en résultera toute une législation qui mettra fin à la préférence étrangère, à la directive « Travailleurs détachés ».

>> A lire aussi: Marine Le Pen: “J’interdirai le drapeau européen sur les bâtiments officiels” – Notre entretien exclusif sur la France (1/2)

Nous avons déjà évoqué vos propositions (voir Causeur N°42). Dans vos meetings, il y a des gens très à cran sur ces sujets. Voyez-vous la xénophobie et le racisme progresser ?

Les Français sont inquiets devant la montée du communautarisme qui se développe, devant les zones de non-droit qui s’étendent, à moins qu’il s’agisse de l’emprise d’un autre droit, devant le terrorisme, devant les droits des femmes qui reculent. Ils ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, c’est-à-dire en France, pays de liberté et d’égalité. De ce point de vue, le voile est sûrement l’un des signes qui concrétisent le mieux ce sentiment de dépossession.

Il ne s’agit donc ni de racisme ni de xénophobie. Les Français restent l’un des peuples les plus accueillants et généreux du monde. Ils souhaitent simplement conserver leur mode de vie ou, tout au moins, qu’il évolue au rythme et de la manière qu’ils décident par eux-mêmes. Ils ne veulent pas que leur soient imposés des changements et surtout un changement de civilisation. Ils sont très attachés à la laïcité et à la neutralité de l’espace public. Devant la trahison de leurs élites qui prônent le multiculturalisme et autres fariboles du « vivre-ensemble », monte une exaspération certaine et parfois même de la colère. Que les mondialistes se croient alors autorisés à insulter ce peuple qu’ils méprisent n’a rien d’étonnant.

La crise de l’intégration est largement une crise de l’֤École, autre sujet très absent du débat. Sur TF1, on a surtout parlé d’apprentissage. Quelles sont les premières mesures que vous prendriez dans ce domaine ?

J’ai déjà mentionné un certain nombre de mesures. L’important, c’est qu’il faut restaurer l’École de la République, la remettre sur ses pieds. Il faut en finir avec le pédagogisme qui la mine et qui la ruine. L’École n’est pas un lieu de vie dans lequel l’enfant construit son savoir de manière ludique et festive, entouré de gentils animateurs qui l’encouragent en lui distribuant des smileys. Au centre de l’École, doit se trouver la transmission des connaissances, accumulées par l’humanité depuis des millénaires. Le maître qui sait doit être respecté par l’élève qui apprend. Le maître a toujours raison, sauf s’il est démontré qu’il a tort. Il est soutenu par principe par sa hiérarchie. Apprendre est une ascèse qui demande de l’effort et de la discipline.

Je reprendrai la belle formule de Jean Zay : « Faire de l’école un asile inviolable où les querelles des hommes n’entrent pas. » J’y imposerai donc non seulement la laïcité, mais également la neutralité et la sécurité. Elle ne doit pas être un lieu d’exhibition de la mode et des marques commerciales. L’instauration du port de l’uniforme évitera ces dérives. Bien sûr, je reviendrai sur la désastreuse réforme des rythmes scolaires. L’université pa

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Avril 2017 - #45

Article extrait du Magazine Causeur

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