Israël et les Territoires palestiniens constituent un laboratoire non seulement de polémologie (version longue durée), mais également d’observation et de traitement préventif des maladies génétiques. C’est ce que l’on découvre à la lecture d’un étonnant petit livre d’Yves Mamou[1. Israël : les maladies des religieux, un regard décalé sur le conflit israélo-palestinien. Editions Léo Scheer.] qui aborde la conflit israélo-palestinien par le biais de la génétique appliquée à la procréation.

Il se trouve en effet que des patients juifs et arabes se retrouvent dans le même hôpital de Jérusalem, pour effectuer des examens prénuptiaux visant à éviter le risque de transmission à leur descendance de maladies inscrites dans les gènes de chaque individu.

La fréquence de ces « couples à risque » est d’autant plus grande que l’endogamie, voire la consanguinité est forte dans les groupes ethniques et sociologiques concernés. La science a ainsi découvert des maladies spécifiques aux askhénazes (Juifs d’Europe de l’Est), sépharades (Juifs d’Orient), Arabes palestiniens, Druzes, Bédouins etc… Chez les Juifs, le risque de donner le jour à un enfant frappé d’une maladie génétique affecte principalement les communautés ultra-religieuses (Haredim), où les mariages s’effectuent au sein d’un groupe de taille réduite. On découvrira au fil du livre les astuces mises en œuvre par les uns et les autres pour concilier la tradition sociale ou impératifs religieux avec les avancées de la science.

L’idéal serait que les Juifs n’épousent que des Arabes et vice-versa, mais en attendant il faut bien se débrouiller autrement.

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