Ils sont vraiment merveilleux, les Allemands : non seulement ils produisent de plus belles choses que nous, ils les vendent mieux, ils savent faire le sacrifice de leurs réductions du temps de travail, de leur système social et ils acceptent sans rechigner de partir à la retraite de plus en plus tard. Un peuple de rêve, quoi, flexible, sérieux, discipliné…

Pas comme ces fainéants surmutualisés de Français qui s’obstinent à croire que c’est l’économie qui est au service de l’homme et non l’inverse. C’est dommage de raisonner comme ça parce que les Français, du coup, ils n’auront pas de jolies primes comme les travailleurs allemands. En effet, c’est tellement bien, l’Allemagne, que les patrons eux-mêmes n’hésitent pas à récompenser les ouvriers qui ont aidé aux jolis bénéfices des entreprises.

Certains d’entre eux vont par exemple, notamment dans le secteur automobile, toucher jusqu’à huit mille euros. Ce n’est pas négligeable même si on peut se dire que c’est la moindre des choses quand on voit les profits inédits engrangés par exemple en 2011 par Audi : 5,8 milliards d’euros. Ou que Martin Wax, le pédégé de Volkswagen, a établi, au pays du gentil capitalisme rhénan modéré, le record de rémunération d’un patron du Dax (le CAC 40 allemand) en doublant son salaire et en s’octroyant dix-sept millions d’euros.

On pourra aussi penser que dans un tel contexte, ces primes généreusement accordées ne sont pas si mirobolantes que ça et surtout sont un moyen d’acheter la paix sociale en évitant de débattre du fond, comme le veulent les syndicats qui demandent une augmentation générale des salaires de 6,5% et des embauches à la place du recours systématique aux heures supplémentaires. Mais là, les patrons allemands, y compris Marin Wax, exigent des partenaires sociaux de la « prudence ».

Bref, en Allemagne, ce n’est pas le salaire qui prime…

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