De « terribles » images ressorties du passé reviennent en pleine figure de Justin Trudeau, idole mondiale du multiculturalisme. Quand on est blanc, chantre de l’antiracisme et dirigeant du premier État « post-national », mieux vaut ne pas s’être déguisé en Aladin dans sa jeunesse. Ce type de phénomène stupide gagne d’autres pays occidentaux.


Quand les prêcheurs de morale se font prendre le doigt dans le pot de confiture, leurs cibles habituelles du vieux monde peuvent brièvement jubiler. Quand une photo de Justin Trudeau, le visage grimé de noir, déguisé en Aladin est publiée dans le magazine Time, on hésite entre l’arroseur arrosé ou le singe qui veut monter au cocotier

L’antiracisme devenu fou

Justin Trudeau n’est pas un militant ordinaire de l’antiracisme, mais le premier ministre du Canada qui a porté à son paroxysme le multiculturalisme comme une nouvelle religion d’Etat. Depuis 1988, le multiculturalisme est inscrit dans la loi canadienne. Selon ses déclarations au New York Times, « Le Canada n’a pas d’identité profonde, d’identité commune ou dominante […] ce qui fera du Canada le premier État post-national1 ». Et dans sa bouche, cela constitue un atout incontestable dans le grand brassage multiculturel qu’il appelle de ses vœux : « Les pays avec une identité nationale forte éprouvent des problèmes à intégrer les immigrants qui viennent de partout ». Donc débarrassons-nous de notre identité pour faire place à celles des cultures des allochtones !

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Ce genre de déclarations, sa volonté d’incarner le Bien en toute circonstance, ainsi que sa propension à larmoyer en public, en ont fait une icône internationale aux yeux des médias, l’anti-Trump sur le continent nord-américain, l’ami de Merkel, celle qui ouvre grand ses frontières, ”le politicien le plus sexy de la planète selon, non pas les tabloïds The Sun ou Bild, mais le très austère quotidien allemand Die Welt.

Tartuffe

Sa relative chute médiatique a commencé avec une catastrophique visite en Inde (l’invitation d’un ex-terroriste séparatiste indien à un dîner officiel et le port de tenues traditionnelles indiennes), puis, plus récemment, avec l’affaire SNC-Lavalin où il a été accusé de faire pression sur la justice.

Face à ce cliché embarrassant, « Justin Kumbaya Trudeau » comme l’appelle Richard Martineau, un chroniqueur du Journal de Montréal, a présenté ses plus profondes excuses, ajoutant que « la photo était raciste mais qu’il n’en avait pas conscience à l’époque ». Cette phrase mérite que l’on s’y arrête un instant. En clair, de son propre aveu, Trudeau était raciste en 2001, à 30 ans, un âge où normalement les convictions politiques sont déjà bien ancrées. Ce qui fait que beaucoup au Canada dénoncent son hypocrisie: leur premier ministre « serait nu » ou aurait des convictions à géométrie très variable.

En réalité, Trudeau n’était pas plus raciste hier qu’aujourd’hui. Le jeune adulte de 2001, professeur à l’époque, avait raison de vouloir rire et s’amuser, comme il y a un demi-siècle, on jouait sans malice aux cow-boys et aux indiens.

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Ce qui a changé, c’est le succès de l’offensive des minorités activistes qui réussissent de plus en plus à imposer leur langage, leur vision du monde et leur politique, tout en cherchant à nous culpabiliser afin de démasquer le raciste qui sommeille en chaque Blanc.

Offensive contre les pères fouettards

L’offensive contre le Blackface prend en Europe l’aspect de la volonté d’interdire toute manifestation culturelle ou folklorique où des Blancs se déguiseraient en Noirs, tel le célèbre Père Fouettard qui accompagne Saint Nicolas en Belgique et aux Pays Bas.

Dans ce pays, malgré l’attachement des Néerlandais à cette tradition, la polémique se fait chaque année plus vive lorsque, en novembre, Saint-Nicolas arrive en bateau d’Espagne accompagné de ses célèbres Pères Fouettards. Le New York Times, le Washington Post et The Economist, les plus prestigieux gardiens du temple du politiquement correct, ont condamné cette coutume.

En Belgique, en août dernier, un obscur « collectif », Bruxelles Panthers, a demandé le retrait de la Ducasse d’Ath (une kermesse populaire) du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, en raison de la présence dans le cortège du « Sauvage ». Le bourgmestre local a résisté et le défilé a eu lieu, mais la polémique a occupé les journaux pendant quelques jours.

L’année précédente, il avait suffi d’une simple lettre de ce collectif pour que le bourgmestre de Lessines en Belgique interdise la sortie du « Groupe des nègres » lors de La Ducasse des Culants » dans le Hainaut. Pourtant, selon les organisateurs, « Il s’agit de représenter la libération du Congo durant les années 1960. On voit les Noirs, sous dominance belge qui reprennent leur indépendance, sous l’œil éloigné du roi Baudouin. »

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Une autre manifestation traditionnelle bruxelloise, les Noirauds, est aussi dans le collimateur des Bruxelles Panthers, malgré son but philanthropique. « Costumés de couleurs vives, le visage noirci, ses membres font le tour des restaurants de la capitale pour récolter des fonds en faveur des enfants en difficulté2 ».

Complaisance médiatique

A chaque fois, les médias se contentent de qualifier ces Bruxelles Panthers d’organisation antiraciste et leur donnent largement la parole sans s’interroger sur l’idéologie de cette organisation : « la lutte contre toutes les formes de domination impériale et coloniale, sioniste y comprise, qui fondent et perpétuent la suprématie blanche à l’échelle internationale (…) La lutte contre les inégalités raciales qui cantonnent les immigrés et leur descendance à un statut analogue à celui des indigènes dans les anciennes colonies ». Ce discours est d’autant plus paradoxal que plusieurs ministres, parlementaires et bourgmestres bruxellois sont désormais issus de l’immigration. La lutte antiraciste est un combat sans fin qui s’auto-alimente.

Pendant qu’il devient interdit à des Blancs de se déguiser en Noirs, les émissions, films, séries qui critiquent ou se moquent des Blancs se multiplient, comme Dear white peole sur Netflix ou les saillies du célèbre humoriste Trevor Noah, vedette du Daily Show. Ce serait même, selon Le Monde, le dernier chic du web américain.

Notre société devient de plus en plus schizophrène. Elle condamne toute forme de racisme. En même temps, comme dirait le président Macron, elle nous renvoie de plus en plus à des identités définies selon des critères raciaux, exacerbant des tensions raciales qu’elle prétend combattre. L’antiraciste militant est un pompier pyromane.

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