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L’entarteur de la Joconde vote-t-il Aymeric Caron?

Quand Gaïa entarte Mona

L’entarteur de la Joconde vote-t-il Aymeric Caron?
L’homme de 36 qui a entarté "La Joconde" a été admis à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police après son geste. Capture Twitter

Dimanche, Mona Lisa a été entartée par un homme de 36 ans, déguisé en femme, qui a été ensuite admis à l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police. Le Musée du Louvre a déposé plainte…


Lundi, on a appris qu’une enquête avait été ouverte pour « tentative de dégradation d’un bien culturel ». Encore un fou qui court les rues ? On peut en douter étant donné qu’il y a entartage avec préméditation. Soi-disant désaxé, l’individu qui a commis l’attentat pâtissier avait en effet bien prévu son coup. Pour se frayer plus facilement un chemin à travers la masse de touristes agglutinés pour photographier machinalement le chef-d’œuvre léonardesque le plus célèbre au monde, il a eu l’idée de simuler un handicap. Grâce à son fauteuil roulant, il a pu s’approcher tranquillement du tableau, et tel l’infirme guéri par Jésus dans la Bible, lorsqu’il a été suffisamment prêt, il s’est soudainement levé pour lancer sa pâtisserie en direction du tableau, heureusement protégé par une vitre.

Antivalidistes, levez-vous, indignez-vous !

Devant ce subterfuge, on regrette que les collectifs antivalidistes, qui luttent contre l’handiphobie, ne se soient pas indignés contre cette odieuse instrumentalisation du handicap, lequel a servi de parfaite couverture pour vandaliser la Joconde. Pas un mot.
Passons, car le plus intéressant, dans cette étrange affaire, c’est la déclaration du vandale : “Il y a des gens qui sont en train de détruire la Terre. Pensez-y. Les artistes, pensez à la Terre. C’est pour ça que j’ai fait ça” a t-il déclaré en guise de justification à son geste fou. Un écolo, ça ose tout quand Gaïa est en danger ! Même s’il faudrait tout de même vérifier si la tarte employée était bio.

À lire aussi, Françoise Bonardel: De l’écologisme faisons table rase!

Plus sérieusement, loin d’être anodin, ce vandalisme a une portée symbolique.
La création artistique consiste à faire sortir du néant informe une forme qui n’existait pas auparavant. Des blocs de marbre surgit par exemple le sculptural David de Michel-Ange. De la matière informe de la nature émerge, grâce à la main de l’homme, une forme artistique qui rentre dans le monde de la culture et des arts, et qui se transmet en héritage aux générations futures. Entarter la Joconde, c’est en quelque sorte contester et nier ce geste créateur et punir l’Histoire. En couvrant de crème pâtissière le sourire énigmatique de Mona Lisa, on n’alerte donc pas seulement sur l’urgence climatique. On ne fait pas que tenter d’échapper aux sortilèges de l’effondrement écologique, on se rend coupable d’un sacrilège artistique, et on tente d’effacer les traces de notre héritage historique.

L’autre dérèglement

Derrière la sacro-sainte lutte contre le dérèglement climatique se cache donc aussi un vaste projet de dérèglement esthétique.
C’est la thèse de la philosophe Bérénice Levet, exposée dans son dernier essai, véritable réquisitoire contre l’écologisme et son entreprise de destruction massive de l’identité culturelle de notre pays. Selon elle, avec l’écologisme politique en vogue, il n’est pas tant question de sauver le climat en conservant les beautés du monde dont nous sommes les héritiers, mais de détruire l’histoire et d’enlaidir le monde.
Loin d’être tous de sympathiques hurluberlus mangeurs de soja filant sur leurs trottinettes électriques en rêvant à un monde décarbonné, les militants écologistes se révèlent parfois des Saint-Just du concombre qui instrumentalisent le climat, le bien-être animal et le salut de la planète, pour instruire le procès d’un Occident coupable de tous les maux: écocide, “féminicides”, sexisme et racisme “systémique”…
La main verte se révèle alors être une sacrée faucheuse qui éradique, défigure ou… entarte.
Mona Lisa vient d’en faire les frais.

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