Ce n’est pas le moment d’acheter des actions bancaires, où que ce soit dans le monde. Partout les « earnings » baissent, partout sont annoncés des plans de restructuration ou d’allègement des effectifs pour redresserla profitabilité. Qu’il est loin le temps où les thuriféraires du système nous promettaient que les services bancaires seraient le grand gisement d’emplois propres et bien payés de la nouvelle économie globalisée !

C’est d’abord l’effet du ralentissement économique en cours depuis l’été 2014. C’est ensuite l’impact non désiré de la baisse des taux d’intérêt impulsée par les banques centrales pour doper la croissance : les marges bancaires se rétrécissent. C’est encore la conséquence des difficultés des compagnies minières et pétrolières, touchées par la chute imprévue du prix des matières premières. Mais c’est enfin le résultat de la récession subie par la zone euro : les banques grecques sont en sursis, nous l’avons dit[1. « Trop tard pour la Grèce », Causeur n° 27, septembre 2015.], dans l’attente d’une recapitalisation sur fonds européens, mais les banques italiennes aussi connaissent des jours difficiles.

 360 milliards d’euros de mauvaises créances

Il ne faut pas se tromper dans l’ordre des causalités. L’irresponsabilité des banquiers occidentaux est à l’origine de la grande récession de 2008, chacun sait cela. Mais dans le cas italien, c’est, en sens inverse, la récession à épisodes qui met en péril le système bancaire. Une chute de 9 % du PIB a entraîné l’insolvabilité d’innombrables de ces petites entreprises qui forment le tissu économique transalpin[2. 94 % des entreprises italiennes ont moins de dix salariés.].

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Jean-Luc Gréau
est un économiste français, ancien expert du MEDEF