Insécurité culturelle. Driss Ghali explique pourquoi il est urgent de combattre ces appels à la prière entendus dans certaines mosquées en Europe, à la faveur de la crise sanitaire. L’islam n’est pas chez lui et doit rester une religion invitée, pas plus.


Les appels à la prière (adhan) fleurissent en Europe à mesure que la crise du coronavirus s’approfondit. De la France à l’Espagne, des « petits malins » profitent de l’affolement et de l’incompétence des autorités pour appeler à la prière à partir de plateformes improvisées. Ils occupent un vide qui existe depuis longtemps. Plus qu’un vide, il s’agit d’un trou béant creusé par les capitulations successives des élites politiques européennes face à l’islamisme.

L’Europe n’est pas une terre d’islam

Ces manifestations publiques et ostensibles du culte islamique n’ont pas lieu d’être pour la bonne et simple raison que l’Europe n’est pas une terre d’Islam. Nous n’avons pas le droit de revenir sur une décision qui avait jusqu’à présent été tranchée en France au cours du VIII° siècle (à Poitiers puis à Narbonne), en Espagne en 1492 et en Autriche en 1529 (siège de Vienne) !

Nos anciens (dans mon cas, il s’agit d’une filiation morale et non génétique) ont délivré l’Europe de l’ouest de la présence de l’Islam qui représente une civilisation certes formidable, mais qui est à plus d’un titre une antithèse absolue de ce que veut dire l’Occident.

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Il n’appartient pas à notre monde occidental décadent (la gestion de la crise du coronavirus en offre une preuve de plus) de remettre l’Islam au cœur de l’Europe. C’est en ces termes qu’il faudrait, à mes yeux, poser le sujet. L’enjeu est de défendre une tradition léguée par des générations qui ont construit cet édifice merveilleux qu’est l’Europe, civilisation et territoire homogène. Accepter l’adhan reviendrait à détruire cet héritage, je m’exprime donc ici en tant que conservateur d’une œuvre humaine (l’Europe) et non en tant que pourfendeur de l’Islam. Je dirais la même chose si les bouddhistes voulaient édifier une statue géante en Alsace à l’effigie du Bouddha, je les inviterais dans ce cas à réinvestir la vallée du Gange et les riches vallées du Sri-Lanka.

Une religion invitée, c’est tout

D’ailleurs, il n’y a aucune contradiction entre respecter et aimer les musulmans d’Europe et restreindre fortement l’expression publique du culte musulman.  L’Islam en France et dans l’UE est une religion invitée et non enracinée. Elle occupe donc « la chambre des amis » et non le cœur de la maisonnée. Si nous voulons vraiment banaliser la présence musulmane en Europe et permettre à ceux qui veulent (et peuvent) s’assimiler de le faire alors il faudrait éteindre toutes les sources de friction et de méfiance dont les prières de rue, les adhan et autres provocations gratuites.

À titre personnel, l’appel à la prière me fait pleurer d’émotion quand je l’écoute au Maroc, au fond de mon jardin. Il soulève en moi la conviction que l’Islam est puissant et que Dieu a toujours le dernier mot. Par contre, à Paris, Malaga ou Milan, entendre l’appel à la prière musulmane me ferait pleurer des larmes de rage et de tristesse !  Défigurer l’Europe est un crime, une inanité commise par une génération d’irresponsables et d’inconscients. Que Dieu leur pardonne parce que moi je ne m’en sens pas capable. 

Maladie opportuniste

Nous avons tous le droit au dépaysement. Vous et moi. L’arabe musulman que je suis a le droit de se sentir « à l’étranger » quand il se balade sur les bords de la Marne ou du Tage. Vous, chers amis européens, êtes en droit de ressentir le frisson de l’exotisme en admirant la grande mosquée d’Abou Dhabi ou en vous promenant dans les jardins de la Menara. Ne vous laissez pas ôter ce droit de l’homme ! 

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L’Europe cède devant des islamistes qui n’ont ni la grandeur ni la fougue des grands conquérants de l’Islam, ce sont des petits joueurs qui enfument des pouvoirs aux abois. Ce sont des maladies opportunistes qui se greffent sur un corps dévasté par quarante ans de progressisme.

Peut-être que le réveil de l’Europe viendra de « métèques » qui se révolteront contre l’incurie de ceux qui sont censés être les héritiers légitimes de la plus sublime des civilisations, celle de Sénèque, Maquiavel et Saint-Exupéry.

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