Sur le site “Arrêts sur image”, le dernier billet de Daniel Schneidermann nous plonge dans un abîme de perplexité. À gauche, d’aucuns estiment que la journaliste Christine Kelly n’est qu’une boniche qui passe les plats à un odieux mâle blanc hétérosexuel et juif.


Mais où diable Daniel Schneidermann voulait-il en venir, en écrivant sa chronique titrée “Zemmour et sa servante”, hier ? 

Estime-t-il qu’il y a trop de juifs dans les médias ?(1) Reproche-t-il à Eric Zemmour de se victimiser en tant que séfarade ?(2) Ou déplore-t-il la présence de Christine Kelly sur CNews aux côtés de l’intellectuel préféré de la droite ? Les trois, peut-être. 

Voilà les questions qui me passent par la tête lorsqu’Elisabeth Lévy – Lévy, qu’est-ce qu’on disait… – porte à ma connaissance le curieux texte du facétieux journaliste de Libération.

L’Oscar de la chronique fielleuse est attribué à…

Ce qui est certain, c’est que pour s’en prendre à Zemmour, tous les moyens sont bons. 

Cette fois c’est Christine Kelly qui en fait les frais. Entre autres douceurs, notre confrère la traite donc de “servante”. Mais aussi de “quota” et d’”alibi” ! La grande classe. “Femme de couleur”, elle aurait assisté à “sa propre humiliation” lors d’un débat sur les Oscars.

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Zemmour, on s’en doute, déplorait que l’académie cède aux minorités, chose qu’expliquait très bien Stéphane Germain hier sur Causeur. Schneidermann, de son côté, trouve formidable qu’Hollywood compte désormais le nombre de Noirs ou d’homos dans la distribution des futurs chefs-d’œuvre, avant de leur décerner une récompense.

Indignation à géométrie variable

Tous les petits copains de Schneidermann sont tombés comme lui à bras raccourcis sur la fiction de Valeurs actuelles présentant la députée Obono en esclave. Il est cocasse de constater qu’imaginer Kelly en servante “docile et “muette” à la botte du méchant Zemmour ne leur pose pas de problème.

II n’y a pas trois jours sur France inter, entre deux rires gênants, le brave Maxence Lambrecq mettait en garde toute cette vigilante patrouille : “la droite conservatrice et identitaire mène un combat culturel et médiatique.” Zemmour demeure l’homme à abattre. Son émission quotidienne, décriée par toute la bonne presse, a été renouvelée pour une seconde année. Toutefois Eric Zemmour ne rassemble “que” 400 000 personnes sur CNews, c’est dix fois moins qu’un JT, se rassure-t-on. Et le tirage de Télérama demeure cinq fois supérieur à celui de Valeurs actuelles, ajoute Lambrecq. Ouf, sauvés !

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Avec son papier racialiste, Schneidermann monte au front de façon assez grotesque. Il nous décrit le patron de Cnews et inventeur des Autolib’ Vincent Bolloré comme “pervers et cynique”. Il démontre surtout qu’il est lui benêt et prévisible. 

Alors que le procès de l’Hypercacher va débuter, en sous-entendant que Zemmour et les juifs séfarades pourraient se complaire dans une position de victimes, il se fourvoie totalement. Et en empruntant l’idée assez crasse du nègre de maison, à la mode à gauche chez les décoloniaux (ou à minima, en flirtant avec ce concept dans le titre de son article), Schneidermann démontre que le racisme se porte décidément très bien. Dans son bord politique et pas celui de Zemmour, ne lui deplaise. 

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