Il arrive au citoyen juriste d’être asphyxié par l’air du temps. D’étouffer sous la bêtise ambiante. D’être surtout effrayé par un système judiciaire lui-même intoxiqué par une pensée unique capable de broyer les individus. Le citoyen juriste qui signe cet article n’est pas le plus mal placé pour affirmer, par exemple, que la pénalisation de l’infraction de harcèlement au travail a entraîné une inflation de plaintes judiciaires de nature à paralyser des tribunaux correctionnels déjà largement inertes. Avant cette pénalisation, qui a ravi les syndicats, le comportement incriminé – dont il n’est pas question de nier l’existence – était sanctionné par la justice prud’homale, et c’était très bien ainsi.

La création du délit pénal de harcèlement est d’autant plus malvenue que sa définition est évanescente, vague, floue, cotonneuse et que la preuve du comportement dénoncé en est d’autant plus difficile à apporter. Ajoutez à cela que la CGT, dont on connaît l’esprit de tempérance, en a fait un cheval de bataille publicitaire et un fonds de commerce financier, et vous comprendrez pourquoi une foultitude de procédures lourdes et inquiétantes encombrent les chambres correctionnelles.

Parmi celles-ci et à côté d’affaires sérieuses, on trouve des dossiers montés de toutes pièces par des petits malins, syndicalistes ou non, qui n’hésitent pas à alléguer des tentatives de suicide imaginaires ou des arrêts de travail à répétition pour cause de dépression, avalisés et cautionnés par des médecins ou des inspecteurs du travail militants ou naïfs.

guignols couverture causeur

Également en version numérique avec notre application :

Lire la suite