Le bon fonctionnement de la démocratie dépend de la bonne santé mentale des citoyens et de leurs gouvernants. C’est justement celle-ci qui est mise à rude épreuve par la pandémie. Le diagnostic de l’inventeur de la Thérapie sociale.


Les malades mentaux sont enfermés dans des institutions psychiatriques mais la société regorge de fous en liberté, hommes et femmes : pervers, narcissiques, sociopathes, paranoïaques, dépressifs à l’excès. Certains se font remarquer, d’autres sont plus discrets. La violence est leur langage de communication sous toutes ses formes : maltraitance, humiliation, abandon, culpabilisation.

Une démocratie ne peut résister aux tentations totalitaires que si ses citoyens sont en bonne santé mentale.

Dans une période de crises multiples, où les peurs de vivre et les souffrances s’accumulent, les folies ordinaires se réveillent, un peu partout, chez les puissants comme chez les plus humbles… C’est ainsi que s’explique l’irrationalité des comportements qui s’expriment par l’intimidation ou la soumission, l’égoïsme le plus cruel ou la philanthropie affectée, la violence gratuite ou l’adhésion aux thèses les plus délirantes. Une démocratie ne peut résister aux tentations totalitaires que si elle est forte et ses citoyens, du haut en bas de l’échelle sociale, en bonne santé mentale.

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Alors, avant de crier au loup, balayons devant notre porte.

Les mensonges répétés des propagandes, la novlangue qui fabrique des mots pour inventer des ersatz de réalités, l’opacité des décisions politiques prises dans des cénacles hors d’atteinte et irresponsables, l’étendue et la généralisation des corruptions, les administrations pléthoriques et souvent inefficaces, la soumission politique aux experts et hauts fonctionnaires technocrates, les algorithmes qui orientent nos choix, les violences de la vie familiale et professionnelle, l’insécurité  qui se diffuse dans le tissu social, l’enseignement en déroute et la véritable culture réservée à une minorité, l’immigration de masse qui puise les ressources et détruit le tissu culturel homogène qui fait l’identité d’une nation, la division du pays en identités et idéologies de plus en plus antagonistes ou indifférentes les unes aux autres, la création de zones du territoire échappant à la loi commune et, pour parachever le tout, une pandémie qui incruste la peur et la méfiance dans toute notre vie quotidienne…, est-ce vraiment avec tout cela qu’on peut résister à un totalitarisme sournois et terrorisant, ressuscitant des visions du monde archaïques et régressives?

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Charles Rojzman
Essayiste et fondateur d'une approche et d'une école de psychologie politique clinique, " la Thérapie sociale", exercée en France et dans de nombreux pays en prévention ou en réconciliation de violences individuelles et collectives.
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