Dans le film Coup de tête, scénarisé par Francis Veber et réalisé par Jean-Jacques Annaud, Patrick Dewaere incarne un bon gars, le loser idéal, un Français moyen au cheveu long et au « marcel » moulant, platement dénommé François Perrin, qui travaille à l’usine et occupe, durant ses loisirs, le modeste poste d’ailier de l’équipe réserve de football de Trincamp. Pour protéger la star de l’équipe, Perrin est bientôt faussement accusé de viol par une ville tout entière, viré de son boulot et foutu en taule sans autre forme de procès. Seul contre tous, il parvient à s’échapper et menace de violer vraiment Stéphanie, l’héritière qui avait cru reconnaître en lui son agresseur. Il ne passera jamais à l’acte, Stéphanie admettra son innocence et tombera amoureuse de notre héros, avant son inévitable retour en grâce suite à deux buts marqués en Coupe de France. L’ex-bouc émissaire Perrin, comblé d’honneur et logé gratis dans la suite la plus coûteuse du meilleur hôtel de la ville (le film ne dit pas si c’est un Sofitel), médite alors sa vengeance : à la suite d’un dîner épique pendant lequel il promettra aux notables du coin de terribles représailles (« J’hésite : le feu c’est joli, la hache ça défoule »), le prolo outragé savourera le spectacle des bourgeois de Trincamp appliquant rigoureusement le principe de précaution, foutant en l’air préventivement qui sa concession automobile, qui le rideau de fer de son magasin.

C’est ce genre de catharsis jouissive, comme on n’en voit plus même au cinéma, qu’on souhaiterait aux mâles français accusés de tous les maux de la Terre et du Ciel à la suite de l’affaire DSK.

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