En Israël, des kibboutz séparaient enfants et parents

En février 1848, quand le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels proclame la fin de la famille bourgeoise, ses lecteurs n’imaginent sans doute pas que ce projet sera mis à exécution soixante-dix ans plus tard par quelques dizaines de juifs russes à peine sortis de l’adolescence, dans l’un des coins les plus reculés de l’Empire ottoman. Pourtant, et c’est l’un des aspects les moins connus de l’histoire d’Israël, la destruction de la famille bourgeoise était au cœur du projet révolutionnaire sioniste.
Pour les pères fondateurs de l’État et du kibboutz, l’idée directrice de ce nouveau type de communauté collectiviste, dont la première a été fondée en 1909, n’était pas d’assurer son salut individuel mais bien de transformer en profondeur les cadres de l’existence du peuple juif, dans un premier temps, puis de l’humanité tout entière. La famille « à l’ancienne » représentait en effet un obstacle majeur sur le chemin menant au meilleur des mondes et à l’émancipation collective.

*Photo : maxnathans (Kibboutz Eilon)

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