Au nom de la mixité sociale et de la standardisation internationale, l’Ecole normale supérieure se fond peu à peu dans le monde universitaire. Depuis peu, la direction a introduit un nouveau statut d’étudiant sélectionné sur dossier (et non plus sur concours). SOS, élitisme républicain en détresse !


« Dans dix ans, vous savez, les classes préparatoires auront disparu » : le proviseur adjoint en charge des prépas littéraires (CPGE, classes préparatoires aux grandes écoles) du Lycée Louis-le-Grand me fit cette confidence au printemps 2015 au cours d’une conversation qui avait un peu dérivé. L’année précédente déjà, lors d’un de ses cours vespéraux devant une classe d’hypokhâgne surchargée, notre professeur d’espagnol nous avait mis en garde : nous étions la dernière génération à connaître les prépas telles qu’elles existaient encore. Le contexte donnait du poids à ses propos, puisque Vincent Peillon venait de s’attaquer à la rémunération des professeurs qui enseignaient dans ces classes. Le message était clair : tout cela coûtait trop cher, quand, à l’entendre, on pouvait faire la même chose à la fac. Mais l’émoi suscité par cette attaque frontale fit capoter le projet.

Aucune tête ne doit dépasser

Cependant, le danger n’était pas écarté. En effet, les classes préparatoires sont entièrement solidaires des grandes écoles auxquelles elles préparent. Or, les grandes écoles, tout comme les classes préparatoires, mais aussi les BTS et les IUT, ont vocation à se fondre sous peu dans le moule universitaire. Aucune tête ne doit dépasser, et chacun s’y emploie à son échelle, sous l’impulsion du ministère. Ainsi, dans les écoles normales supérieures, qui constituent un débouché de choix pour les élèves de classes préparatoires, et même le débouché par excellence pour les classes littéraires, on s’active à la disparition de ces institutions datant de la Révolution.

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Novembre 2018 - Causeur #62

Article extrait du Magazine Causeur

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