Dresde bombardée

Voilà deux siècles que nous sommes entrés dans l’âge de la démocratie. Tout observateur honnête en conviendra, des boucheries napoléoniennes à l’abomination des camps de la mort, des tranchées de Verdun à Dresde, l’homme n’a guère connu âge plus barbare. Dans ces conditions, est-il si certain que la démocratie soit « le pire des régimes à l’exception de tous les autres » ? La formule de Churchill qu’un panurgisme de circonstance nous fait répéter sans soupçonner une seconde qu’elle pourrait être un pur sophisme, ne peut justifier à elle seule notre adoration spontanée d’un système politique dont la défense consiste généralement à accuser les autres des crimes qu’il commet ou, quand il est pris en flagrant délit, à les imputer à une résurgence inconsciente d’autre chose que lui − un reste de monarchie pour la corruption des élites, un glissement totalitaire quand il a recours à la torture ou les mauvais penchants du peuple quand celui-ci porte un tyran au pouvoir par les urnes.

Nous croyons à la démocratie, ce qui nous rend incapables de la penser. Puisqu’on m’autorise à jouer le rôle du diable en l’attaquant dans son principe même, je tenterai d’élucider ce qui, du point de vue des idées pures, la distingue des autres régimes.

L’Occident connaît deux grandes méthodes d’organisation de la vie de la Cité : la méthode aristocratique et la méthode démocratique, chacune ayant donné naissance à de nombreuses variantes, molles ou excessives.

Acheter ce numéro  /  Souscrire à l’offre Découverte (ce n° + les 2 suivants)  /  S’abonner à Causeur

Lire la suite