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Démasquer les antifas

Avant qu’il ne soit trop tard pour la démocratie...

Démasquer les antifas
Opposants à Eric Zemmour, Nantes, 30 octobre 2021 © Jeremias Gonzalez/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22620265_000005

La grande enquête du journaliste américain Andy Ngo sur le mouvement antifa, best-seller aux États-Unis, est aujourd’hui traduite en français chez Ring. Un récit qui nous plonge dans les dessous de l’organisation et la chasse à l’homme effrayante dont il a été victime. Bonnes feuilles.


Publié en anglais en février, le livre d’Andy Ngo sous le titre original : Unmasked. Inside Antifa’s Radical Plan to Destroy Democracy est immédiatement devenu un best-seller. C’est à la fois l’histoire d’une enquête journalistique témoignant d’un grand courage personnel et un exposé des principes, méthodes et origines des « antifa », ces militants américains d’extrême gauche qui, sous prétexte de combattre un fascisme largement imaginaire, utilisent la violence et l’intimidation pour ébranler les fondements mêmes de la société occidentale. Leurs tactiques et leurs objectifs sont déjà copiés par des activistes français et nous pouvons nous attendre à ce que cette influence grandisse au cours des prochains mois. Causeur est fier de publier aujourd’hui des extraits de la traduction française du livre d’Andy Ngo, avec la permission de son éditeur, Ring, et un mot d’introduction de sa traductrice, Anne-Sophie Nogaret. La publication en anglais a été salué en février par l’excellent blog de Michèle Tribalat et un article de Jeremy Stubbs dans Causeur au mois de mai  •  La rédaction.

Dans Démasqués, Andy Ngo précisément fait tomber le masque des antifa, pseudo antifascistes et véritables agents de destruction de la démocratie américaine, saccageant, pillant, agressant et parfois même tuant sous les yeux énamourés de médias et d’élus. 

Connaissant le parcours et le courage d’Andy Ngo, je me suis procuré l’ouvrage, dont la lecture m’a convaincue de proposer aux éditions Ring, détentrice des droits, d’en faire la traduction. La montée des antifa est la contrepartie brutale de la fulgurante progression du woke et de la cancel culture qui, en quelques années à peine, ont réussi à pourrir la vie intellectuelle, culturelle et artistique française. 

Le pire de ce qui se produit aux Etats-Unis arrive fatalement chez nous, par le truchement de relais patiemment installés au fil des décennies : universitaires et influenceurs diffusant la bonne parole de la race et du genre, soft power progressiste, médias pétris d’idéologie gauchisante. Le même écosystème qui outre-Atlantique offrit en 2020 une autoroute aux antifa, leur permettant d’exercer quasi impunément leur violence mortifère, est déjà à l’œuvre pour diffuser ce poison en France et ailleurs. Notre voisine, l’Allemagne, abrite la plus importante communauté antifa d’Europe qui cherche à répandre les phénomènes des « black-blocs » et des « zones autonomes », sous l’œil de policiers auxquels les pouvoirs publics auront demandé de ne pas intervenir. En France, nous avons déjà notre petit BLM à nous, le comité Adama, et sa figure emblématique, Assa Traoré, vénérée des médias et des marques de luxe, grands spécialistes du narratif des « violences policières ». 

Voulons-nous aussi voir s’étendre le pouvoir de nuisance des antifa, ultra-violents et lâches, incapables même de montrer leur visage ? Question rhétorique, bien entendu. Pour autant, nous devons savoir qui ils sont et comment ils agissent. Advienne que pourra : Andy Ngo, à tout le moins, nous aura prévenus… Anne-Sophie Nogaret.

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Bonne feuilles

« À qui sont ces rues ? À nous ! » scandait la foule qui, en ce mois de juin 2019, manifestait en plein centre de Portland. Certains affichaient leurs sympathies marxistes, chemises rouges et bandanas, agitant le drapeau rouge et rose du parti des Socialistes démocrates d’Amérique. Ils furent rejoints par les anarcho-communistes, entièrement vêtus de noir. La crise du Covid n’était pas encore passée par là, et pourtant la plupart étaient masqués. Nombre d’entre eux portaient un casque et des armes improvisées. Les manifestants, quatre-cents personnes environ, bloquaient la circulation : rien que de très habituel à la Cité des roses. Comme d’habitude, la police restait à distance, bien placée pour savoir à qui appartenait la rue… 

Muni de mon téléphone et d’une caméra GoPro, je me frayai un chemin vers la tête du cortège. J’étais en reportage ; quelques manifestants m’ont reconnu, dévisagé, puis se sont mis à faire des messes basses. Luis Enrique Marquez m’a regardé droit dans les yeux. À Portland, ce militant de 48 ans est de toutes les manifestations violentes ; il s’est si souvent fait arrêter qu’il ne se donne même plus la peine de se masquer. Quoiqu’il en fût, j’ignorai les regards et poursuivis ma route. À ce moment-là, le slogan a changé: «Pas de haine, pas de peur ! » a commencé à crier la foule. J’avais à peine parcouru quelques mètres que quelqu’un – ou quelque chose – m’a violemment heurté l’arrière du crâne ; le choc fut tel que j’en suis presque tombé. N’ayant jamais été bagarreur, j’ai naïvement pensé que, peut-être, quelqu’un derrière moi avait trébuché. J’eus à peine le temps de me retourner qu’une armada vêtue de noir m’encerclait. En arrière-fond, j’entendais toujours la foule scander : « Pas de haine ! » 

A lire aussi, Alexandre Mendel: Le maccarthysme passe à gauche

Cruelle ironie, je me suis dès cet instant confronté à l’incarnation même de la haine. Entouré d’une meute informe de fantômes sans visages, j’étais tétanisé. Soudain, tombant de tout côté, une pluie de coups s’est abattue sur ma tête. Sous l’assaut, mon genou droit a vrillé. Mes agresseurs masqués, qui me frappaient à coups de poing, portaient des gants spéciaux, rigidifiés par de la fibre de verre. Il n’est pas impossible que certains aient aussi utilisé des poings américains. En signe de reddition, j’ai levé les bras, ce qui eut pour seul effet d’accroître leur férocité à mon égard. On m’a alors arraché ma caméra, la seule preuve dont je disposais. Désespérément, j’ai tenté de la garder. En vain. Le voleur masqué s’est fondu dans la foule, technique typique des black blocs. Quelqu’un s’est rué vers moi, me décochant deux coups de pied à l’entrejambe. On m’a frappé à l’arrière du crâne, sans doute avec un panneau. 

L’agression m’a laissé en sang, complètement désorienté. Mon oreille saignait, j’avais des plaies sur tout le visage. Je sentais mes yeux s’injecter de sang. Je pensais que le lynchage était terminé… jusqu’à ce qu’une grêle de « milkshakes » façon antifa, d’œufs et d’objets divers s’abatte sur ma tête. Je titubais sous la mitraille, tandis que la foule hurlait de rire. 

Plusieurs cameramen me suivaient : j’ai cru qu’ils allaient venir à mon secours, mais ils se sont contentés de prendre des photos et de filmer. « Putain de vendu, salope!» a hurlé un militant local, transsexuel et membre des Antifacistes sataniques de Portland. À moitié aveuglé, je me suis dirigé vers le tribunal du comté en passant par Lownsdale Square, puis j’ai perdu l’équilibre. Plus tard, aux urgences de l’hôpital universitaire, on m’a dit que j’avais une hémorragie cérébrale. Lorsque je suis passé devant le Palais de justice du comté Multnomah, bâtiment qui regroupe le commissariat central, le bureau du shérif et les tribunaux, j’étais à l’agonie, anéanti par la foule déchaînée. À aucun moment la police n’est intervenue. Jim Ryan, reporter pour l’Oregonian, a filmé une partie du lynchage avec son portable. 

Pendant que j’étais aux urgences, la vidéo a tourné sur les réseaux sociaux, affichant des centaines de milliers de vues. Mon nom a commencé à circuler sur Twitter, alors que le grand public ne me connaissait pas. La presse progressiste, le New York Times, la BBC et CNN n’ont pas pu taire les faits. On avait raconté aux Américains que les antifa étaient de gentils « antifacistes », et voilà que sur cette vidéo, on voyait une meute masquée lyncher un journaliste, au cœur d’une grande ville américaine et sans que personne n’intervienne. Ces images confirmaient ce que certains dénonçaient depuis des années : sous couvert d’« antifascisme », ces militants étaient des extrémistes qui avaient fait le choix de la violence, et qui n’avaient pas uniquement les fascistes en ligne de mire. 

[…]

Le journaliste américain Andy Ngo © Sonia Fitoussi

Ceux qui écrivent sur ce mouvement en comprennent rarement la nature et les objectifs. Que ce soit dans la presse de gauche ou dans celle de droite, jugements erronés et fausses informations foisonnent. C’est le règne de la désinformation. À droite, on dépeint les antifa en voyous urbains, violents mais fragiles, jeunes gens atteints de troubles de l’identité de genre, « hommes soja » [1]. À gauche, on en fait de vaillants héros, qui combattent les suprémacistes blancs et les fascistes, et ne prennent les armes que pour se défendre. Les antifa et la menace qu’ils représentent pour la démocratie libérale et la république d’Amérique ne sont jamais véritablement pris en compte. 

Alors, qui sont vraiment les antifa, et que veulent-ils ? Les antifa (abréviation d’antifacistes, mot que l’on prononce en accentuant la première syllabe) sont un phénomène récent en Amérique. C’est en Europe que, pendant des décennies, leur idéologie et leur stratégie de la violence se sont affinées. Pour dire les choses simplement, le mouvement antifa relève de l’idéologie d’extrême gauche : grosso modo, ses membres sont soit des anarcho-communistes, soit des anarchistes adeptes de la collectivisation. Certains sont socialistes, adhérents des Socialistes démocrates d’Amérique ou d’autres partis de ce genre. Par-delà leur étiquette politique, ils se définissent essentiellement par leur opposition au libre-marché ainsi que par leur volonté de détruire les États-Unis, ses institutions, sa culture et son histoire. Contrairement à ce que pensent les gens de droite, ce ne sont pas des libéraux, même s’ils ont en effet radicalisé les Démocrates. 

Ceux qui appartiennent à cette mouvance ont comme dénominateur commun le combat contre le « fascisme », même si le plus souvent, ledit « fascisme » reste indéfini. Un flou délibérément entretenu qui leur permet de justifier toute forme de violence et d’extrémisme… au nom précisément de la lutte contre le « fascisme ». Certes, tous les sympathisants antifa ne sont pas violents. La plupart d’ailleurs ne le sont pas et préfèrent œuvrer au dénigrement de la démocratie libérale et de l’État-nation en recourant à un discours faussement philanthrope qui alimente en réalité une propagande de chaque instant. Depuis l’élection de Trump, l’expression de la mouvance aux USA, au Canada, et dans une moindre mesure dans les pays occidentaux, s’est unifiée en se calant sur une même ligne : celle, très contemporaine, d’un extrémisme de gauche qui privilégie l’action violente. Grâce à l’ascendant de BLM, des intersectionnels et des théories en vogue à l’université, les antifa américains exercent aujourd’hui une influence croissante sur la gauche en général. Aujourd’hui, les antifa américains ne sont plus ces marginaux groupusculaires, dont le pouvoir de nuisance ne s’exerce que dans quelques villes. Grâce aux compagnons de route qu’ils ont chez les enseignants, les journalistes, les juristes et les responsables politiques, leur entreprise a fort bien réussi. Il est vital de connaître et d’identifier cette mouvance: aux États-Unis, la violence urbaine politisée dont procèdent les antifa est le signe avant-coureur de ce qui attend la société, le canari au fond de la mine qui annonce les temps troublés à venir, peut-être même une guerre civile. Voilà ce qui nous attend si nous continuons à cautionner et à banaliser ce qu’ils pensent et ce qu’ils font.

[1] Traduction de « Soy boy ». L’expression désigne un jeune homme efféminé, qui fait preuve de sensiblerie.

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Journaliste américain

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