Depuis cinq ans, des étudiants d’Afrique du Sud tournent en rond, tentant de définir ce que seraient une « algèbre décolonialisée » ou des interactions moléculaires indigènes.


À la base, un constat. Depuis un siècle, le corpus des connaissances est établi par des Blancs, principalement américains, britanniques, allemands, français et suédois. Ils trustent les récompenses, prix Nobel ou médaille Field [1], souvent pour des raisons évidentes. Les investissements en R&D de la France ou de l’Allemagne dépassent très largement ceux de l’Afrique entière, sans même parler des États-Unis. Et n’oublions pas l’écrasante domination des hommes chez les Nobel : 96 % des lauréats. Le débat a pris un tour aigu en Afrique du Sud, ou des activistes ont entrepris de décoloniser les sciences à partir de 2015, sous le mot d’ordre « Rhodes doit tomber » (Rhodes must fall). Allusion à Cecil J. Rhodes, magnat des mines, blanc, qui a donné le terrain où se trouve l’université du Cap.

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En arts ou en littérature, l’entreprise décoloniale n’est pas immédiatement vouée à l’échec. Il est toujours possible d’inscrire des auteurs africains ou des artistes antillais au programme, quitte à verser un peu dans la discrimination positive au nom de la diversité culturelle. En maths ou en physique, en revanche… « Ce qu’implique la décolonisation des maths n’est pas très clair », écrivait en décembre 2018 le magazine américain Undark, à prop

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Mars 2020 - Causeur #77

Article extrait du Magazine Causeur

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