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Causeur Magazine : Crimes contre les humanités

Sommes-nous menacés – pour reprendre la redoutable formule de Basile de Koch – par l’inculture générale ? Hélas, il semblerait que oui. Dans la foulée de la suppression de l’épreuve de culture générale à Sciences Po, le constat dressé dans le dossier de ce numéro 44 contredit sensiblement les autocongratulations officielles de rigueur sur « les pratiques culturelles » des Français. D’où la mise en garde sévère lancée par Pierre Nora, dans le long entretien qu’il a accordé à la rédaction : « Dans un pays qui s’est tant défini par sa littérature, la destruction de la langue et ce qu’il n’est pas exagéré d‘appeler une « haine de la littérature » est une forme de suicide. » Oui, comme le rappelle Jérôme Leroy, il est loin le temps où Georges Pompidou commentait l’actualité du moment en citant de mémoire quelques vers d’Eluard.

Certes, on pourra approuver le sociologue François Dubet quand il explique que la culture générale est un bien trop précieux pour être réduit à son usage actuel de filtre scolaire, mais on pourra aussi penser avec Elisabeth Lévy qu’il n’y avait pas urgence à balancer le bébé avec l’eau du bain : « Il faut se demander ce qui a conduit la France à abandonner et même à mépriser ce qui a fait sa grandeur collective en offrant à chacun la possibilité de s’élever. Et sur ce point, droite et gauche sont pareillement responsables ». Autre invitée de marque, Natacha Polony nous raconte son expérience de l’enseignement de la culture générale à la “fac Pasqua”.

Actualité oblige, ce numéro consacrera également une large au place au débat suscité par le discours de Claude Guéant devant les étudiants de l’UNI, ou plutôt à l’absence de débat qu’il a provoqué, car comme le souligne Pierre-Henri Tavoillot, « certaines questions (toutes les civilisations se valent-elles ?), certains mots (identité nationale, immigration…), certains arguments sont totalement proscrits de l’espace public ». Sur ce sujet chaud bouillant, on pouvait compter sur Cyril Bennasar pour jeter de l’huile sur le feu. Rassurez-vous, il l’a fait !

Comme à l’habitude, ce numéro 44 scrutera le monde et ses craquements. Tout d’abord avec Alain Finkielkraut, qui revient sur l’urgence absolue de la relance du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, et donc de vraies concessions réciproques. On visitera aussi Taiwan en pleine crise d’identité avant de prendre le thé avec Paulina Dalmayer dans le living room d’un prince du sang afghan. En bonus track, on vous emmènera carrément dans un avenir hypothétique, avec les conseils avisés de Luc Rosenzweig à François Hollande pour sa première visite officielle en Allemagne, et même dans l’au-delà, avec une interview exclusive de Frédéric Bastiat par Georges Kaplan.

De culture, on causera derechef, bien sûr, dans la rubrique Humeurs : Roland Jaccard nous y fait découvrir Otto Gross, psychanalyste amoral et Phillipe Barret nous expliquera pourquoi il faut débaptiser le Prix Goncourt. Lionel Naccache, lui, est revenu furibard de l’expo sur les mathématiques à la fondation Cartier, contrairement à François-Xavier Ajavon, enchanté d’avoir pu voguer en transatlantique au côté de René Goscinny. Cerise sur le gâteau, Renaud Camus a lu pour nous les derniers livres d’Ivan Rioufol et de Jean Sévillia.

Nos abonnés recevront leur numéro en début de semaine prochaine. Pour les autres, vous avez comme chaque mois le choix entre l’achat au numéro (papier ou numérique), la souscription à l’offre Découverte (le dernier n° + les deux prochains pour seulement 12,90 €) ou l’abonnement 1 an (papier ou numérique). Et comme il fait trop froid pour gambader dehors, et qu’il y a mieux à faire sur son canapé que de relire les œuvres complètes de Daniel Pennac, Causeur vous offre ce mois-ci encore son numéro « Leçon de vivre-ensemble d’Alain Finkielkraut » en cadeau pour tout nouvel abonnement classique (papier + web). L’hiver a du bon, non ?

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Février 2012 . N°44

Article extrait du Magazine Causeur


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De l’Autonomie ouvrière à Jalons, en passant par l’Idiot International, la Lettre Ecarlate et la Fondation du 2-Mars, Marc Cohen a traîné dans quelques-unes des conjurations les plus aimables de ces dernières années. On le voit souvent au Flore.

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