Avec Ivan Rioufol et Jeremy Stubbs.
Lors de la cérémonie de panthéonisation de Marc Bloch, le chef de l’Etat semblait d’accord avec l’auteur des Rois thaumaturges: ce qui caractérise actuellement la « vie publique », c’est « l’esprit de défaite ». Si c’est le cas, qui en est responsable? Pour Ivan Rioufol, c’est Emmanuel Macron lui-même qui en est responsable. De même que la France de 1940 était menacée par l’envahisseur nazi, celle d’aujourd’hui est menacée par une autre forme de fascisme, l’extrémisme islamiste. Et si la défaite de la France en 1940 était la responsabilité des élites de cette époque, la situation critique de la France de notre époque est imputable à nos propres élites incapables de résister aux forces qui cherchent à imposer une « nouvelle » France.
A lire aussi, Richard Prasquier: Amour de la France, culte des faits: ce que Marc Bloch nous dit à l’ère de la post-vérité
Le chef de l’Etat souhaitait sans doute détourner l’attention des Français des problèmes qui accablent le pays, mais c’est Jean-Luc Mélenchon et LFI qui, avec une grande habileté, ont su s’approprier l’hommage à Marc Bloch. Pourtant, il ne faut pas désespérer. Pour l’auteur de La révolution des oubliés, il y a des signes de résistance au niveau populaire. Les familles de victimes, notamment dans le cas de Lyhanna, demandent des comptes à la justice et aux autorités politiques. Ce mouvement de révolte contre les castes de technocrates qui sont au pouvoir depuis des décennies prendra de l’ampleur si leurs demandes continuent à être ignorées ou étouffées.
A lire aussi, Pierre-Romain Thionnet: Marc Bloch, antidote à la «Nouvelle France»
A cet égard, la nouvelle mise en demeure de CNews par l’Arcom est révélatrice : l’Etat sous sa forme actuelle ne peut pas tolérer des voix dissidentes, et, à travers cette institution qui n’est en réalité qu’un instrument du pouvoir, s’en prend de manière récurrente au groupe Bolloré. Le plus tragique dans cette affaire, c’est que la campagne contre CNews a été initiée par des journalistes. Comme dans l’URSS à la fin de l’ère communiste, nous avons besoin de notre propre glasnost. Le 7 juillet, la Cour d’Appel se prononcera sur l’éligibilité à l’élection présidentielle de Marine Le Pen. A l’heure où 65% des Français ne font pas confiance à la justice, c’est une opportunité pour les magistrats de montrer qu’ils respectent la séparation des pouvoirs, en diminuant la sévérité de la peine. Ecoutez 👇
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !




